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dimanche, 18 janvier 2015

Feux électriques

 

Grâce à Tieri, j'ai feuilleté il y a quelques jours un roman d'Alex La Guma, dont l'atmosphère m'habite encore par moments, par vagues. Et, en me souvenant de cette ambiance à peine lue, j'écoute le Lux aeterna de Ligeti. Ceci dans une chambre d'une ville tranquille située au bord de l'océan Atlantique. Presque pas de vent ce soir – qui pourrait croire que la nuit dernière tonnait sous la tempête ?

Dans le train, l'autre jour, un jeune homme très bien habillé et très sérieux travaillait sur son joli ordinateur portable, et j'ai vu son nom s'afficher sur son écran alors que je ne le souhaitais même pas. Prise ensuite d'un voyeurisme que je trouvais moi-même insupportable, mais incapable de me retenir, j'ai tapé son nom sur le moteur de recherche « google » de l'écran de mon téléphone. Effrayée par cette attitude inique quoiqu'invisible, j'ai tout de même, en quelques secondes, réalisé où il avait grandi, effectué ses études... Quelle horreur que la modernité, me disais-je, pour rejeter la faute de mon immorale indiscrétion sur la modernité. Mais l'époque ne fait que refléter ceux qui l'habitent, et les techniques ne font qu'obéir aux humains qui les utilisent. Quoi qu'il en soit, le jeune homme au bout d'une heure a éteint son ordinateur et sorti un livre : le portrait de l'aventurier, de Roger Stéphane. Je me suis souvenue alors assez confusément de ce livre, et très précisément de la préface de Jean-Paul Sartre, présente également dans l'édition de mon voisin « auditeur financier» dans un cabinet international. Sartre, ce grand menteur, cet idéologue plein d'intelligence, de morgue et de bassesses, y détaille brillamment les personnalités de l'aventurier et du militant – que tout oppose.

Et moi, à cause d'événements récents de l'actualité, bien que l'actualité n'existe pas, l'actualité n'est qu'une proposition indécente de voir telles choses du monde, d'une telle manière, tous ensemble, et de croire que voici l'histoire qui défile, moi donc, je m'interrogeais sur le profil du rebelle. Celui qui refuse de n'être qu'un rouage du système, quel que soit le niveau du rouage, l'importance sociale qu'on lui donne.

Le rebelle individuel, qui se dresse contre le système, est broyé en moins de temps qu'il ne faut pour qu'il comprenne l'inanité de son geste héroïque et inutile.

Le rebelle enrôlé, quant à lui, dans quelque combat collectif, a plus d'espoir, plus de soutien, et s'il peut finir lâché par ceux de sa cause et broyé, il peut également vivre une vie de combattant au long cours, ou même devenir ministre à la place du ministre si la révolution qu'il sert a lieu.

Mais, même si la cause est perdue, le rebelle engagé savoure quelques bienfaits qui ne sont pas donnés à celui qui se soumet ou qui vit sans s'en faire, dans l'adaptation totale au monde. En effet, il prend du recul par rapport au système, menant une double vie ; il est soutenu par une idéologie forte, qui lui permet de traverser les coups durs, privés comme sociétaux ; il reçoit une préparation physique, mentale, intellectuelle et technique qui l'aide à se construire, à progresser, à élever ses enfants s'il en a. Il connaît la joie des réseaux parallèles, et garde le temps de son engagement de goût de liberté et de bravade que l'on ne connaît souvent qu'à l'ère courte de la jeunesse, et dont le malaise intérieur de l'adolescence nous empêche trop souvent de profiter. Si le rebelle se sacrifie à sa cause, il connaît une gloire, payée le prix fort, et devient le héros d'une communauté (diabolisé par le système, mais le regard qui compte pour lui est celui de la communauté).

Mais ce qui est amusant, c'est que Ligeti s'est tu depuis longtemps. J'ai eu Laurence P au téléphone et nous avons parlé de l'amour, de l'argent, des bébés, de la jeunesse qui passe et de la fête qu'il faut continuer, et puis nous avons raccroché. Elle, rue de la Roquette, moi, à quatre heures de train de Paris, vers l'Ouest. Time is a liar, chante une voix d'homme faussement douce, une voix de crooner qui m'emporte loin de Ligeti mais dans laquelle il reste un peu des atmosphères d'Alex La Guma.

 

samedi, 17 janvier 2015

Comme la colombe inaperçue

 

Savoir que nous sommes baignés aujourd'hui dans une lumière qui va s'éteindre, et qui est née, qui a grandi sans que personne ne la remarque, dans des lieux porteurs, encore inconnus, vers lesquels seule l'intuition guidait des êtres hors normes. Ces lieux pouvaient être physiques et géographiques ou intellectuels, artistiques, politiques, visuels, mentaux. Ce qui portera les esprits des gens demain existe aujourd'hui dans la plus parfaite indifférence. Les modes vers lesquelles nous nous tournons sont déjà mortes. L'influence, nous sommes sous influence, sous une influence qui disparaît, qui s'efface. Demain nos cerveaux, nos corps, notre monde seront portés par des conflits, des aspirations, des images que seuls quelques uns d'entre nous commencent à appréhender. Toi qui marches dans la gloire illuminée, ton ombre bientôt s'éteindra. Toi qui peines dans l'obscurité, ta splendeur demain resplendira.

 

vendredi, 16 janvier 2015

Les sans-maîtres

Dans la rue, dans les dîners, sur les blogs, à la messe lors de la prière universelle, dans les rassemblements politiques anticapitalistes, dans des endroits que tout oppose, j'entends des gens que rien ne rassemble utiliser sempiternellement le même vocabulaire : "les élites", "les experts", "nos gouvernants".

Que signifient ces expressions soumises ? Pourquoi cette communion dans la soumission ?

Nous ne devrions laisser personne gouverner les institutions. "Nos gouvernants" devraient être de simples exécutants d'une volonté générale très fréquemment mise à jour. Quant aux "élites", qui sont-elles réellement ? Des gens que nous acceptons de payer très cher pour qu'ils se servent eux-mêmes, ou pour qu'ils servent d'autres maîtres que nous ?

Si un homme est libre, qu'il dirige lui-même sa vie et participe à la guidance de sa Cité en commun avec les autres personnes qui forment la société. Tout le reste est dictature, quels que soient les mots écrits aux frontons des mairies ou le nom du régime dont les accapareurs de pouvoir se réclament.

jeudi, 15 janvier 2015

"Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne"

sables d'olonne

"Il s'accouda à la balustrade et fuma se première cigarette en regardant les oiseaux tomber sur le sable", écrit Romain Gary en incipit de sa nouvelle, Les oiseaux vont mourir au Pérou.

sables d'olonne, romain gary, les oiseaux vont mourir au Pérou, soleil couchant

Mais toute la littérature ne commence ou ne finit pas au bord de la mer. Dans les hôpitaux, meurent des personnes qui ont rêvé de la Nouvelle-Orléans. En réalité elles n'y sont pas allées. En vérité, elles ont fait vivre cette ville plus intensément que beaucoup de gens qui y sont véritablement nées. C'est du moins ce que pense l'homme à qui j'ai parlé dans le bar qui jouxte la rue des Crabes. Il a lu Tennessee Williams, il a lu Truman Capote. Il a eu deux labradors, Tennessee et Truman. "Ils sont au paradis des chiens", m'a-t-il dit.

sables d'olonne, romain gary, les oiseaux vont mourir au Pérou, soleil couchant

"Un jour, écrit Truman Capote en préface à sa Musique pour Caméléons, je me suis donc mis à écrire, ignorant que je m'enchaînais pour la vie à un maître très noble mais sans merci. Quand Dieu vous donne un don, il vous gratifie aussi d'un fouet ; et ce fouet est strictement réservé à l'autoflagellation." Ce passage est cité dans un film d'Almodovar, par un jeune homme de dix sept ans qui vit ses dernières heures, et l'ignore. 

sables d'olonne, romain gary, les oiseaux vont mourir au Pérou, soleil couchant

Toute vie est lumière, tout instant est intense. Ici et là, dans le couloir sombre d'un bâtiment gris, ou devant ces mers éternelles - des gens trouvent, des gens sont la lumière. Le temps d'une pensée, d'un éclair dans l’œil, le temps d'une prise de liberté.

mercredi, 14 janvier 2015

Accepter de vivre et de mourir

Sur son blog Slate Star Codex, Alexander Scott, médecin psychiatre à l'hôpital, aux États-Unis, évoque la mort inhospitalière à l'hôpital. Il rappelle que beaucoup de médecins sont moins jusqu'au boutistes lorsqu'ils sont eux mêmes malades que lorsqu'ils doivent soigner les autres. Un choix fait en connaissance de cause, une connaissance très professionnelle.

Voici un extrait de son article Who by very slow decay, un titre extrait de la chanson de Leonard Cohen Who by fire.

"I was sitting in an ICU room yesterday where a patient’s body had just been brought out after their death. My attending was taking care of the paperwork in the other room, and I was sitting there reflecting, and I started thinking about what it would be like to die in that room. There was a big window, and it was a sunny day, and although I mostly had a spectacular view of the hospital parking lot, a bit further in the distance I could see a park full of really big trees. And I knew that if I were dying in that room my last thought would be that I wanted to be outside.

I think if I were very debilitated and knew I would die soon, I would want to go to that park or one like it on a very sunny day, surround myself with my friends and family, say some last words, and give myself an injection of potassium chloride.

(this originally read “morphine”, but just today the palliative care doctor at my hospital gave an impassioned lecture about how people need to stop auto-associating morphine with euthanasia, because it makes it really hard for him to offer morphine painkillers to patients who need them without them freaking out. So potassium chloride it is.)

This will never happen. Or if it did, it would be some kind of huge scandal, and whoever gave me the potassium chloride would be fired or something. But the people dying demented and hopeless connected to half a dozen tubes in ICU rooms aren’t considered scandals by anybody. That’s just “the natural way of things”.

I work in a Catholic hospital. People here say the phrase “culture of life” a lot, as in “we need to cultivate a culture of life.” They say it almost as often as they say “patient-centered”. At my hospital orientation, a whole bunch of nuns and executives and people like that got up and told us how we had to do our part to “cultivate a culture of life.”

And now every time I hear that phrase I want to scream. 21st century American hospitals do not need to “cultivate a culture of life”. We have enough life. We have life up the wazoo. We have more life than we know what to do with. We have life far beyond the point where it becomes a sick caricature of itself. We prolong life until it becomes a sickness, an abomination, a miserable and pathetic flight from death that saps out and mocks everything that made life desirable in the first place. 21st century American hospitals need to cultivate a culture of life the same way that Newcastle needs to cultivate a culture of coal, the same way a man who is burning to death needs to cultivate a culture of fire".

 

Who by very slow decay, par Scott Alexander. L'article entier est sage, intéressant et invite à la réflexion. Le blogueur nous invite ensuite à lire l'article How doctors die, sur la manière dont les médecins eux mêmes font face à leur propre fin.

 

mardi, 13 janvier 2015

Rypdal sur fond de vents coulis

Terje Rypdal, c'est ta musique qui peuple l'appartement de la ville maritime encore aujourd'hui, sous le ciel blanc, alors que des vents coulis s'engouffrent entre les murs du béton des années 1950. Un livre interrompu somnole sur une table depuis plusieurs semaines, écorné : l'histoire de l'Irlande et des Irlandais, par Pierre Joannon. Une ampoule cassée n'est toujours pas jetée. Des stores rouges attendent d'être installés le long des trois fenêtres. Plusieurs images défilent dans ma mémoire. Des vacances à quelques dizaines de kilomètres de Marseille, à vingt ans, dans la très belle propriété de la famille d'une lycéenne du lycée Montaigne nommée Raphaëlle. Le Larcomar de Lima, noyé dans la brume, et les péruviens qui sirotent leurs cocktails entre deux achats face à la mer triste et grise, l'hiver, au mois d'août. Un petit hameau de Bretagne et sa vieille maison de pierres où l'on se gèle en buvant du cidre blindé de pesticides. Des lectures en anglais et en espagnol, à l'époque où les langues étrangères osaient passer par ma bouche. Des exercices de grammaire nahuatl et des textes de Nemesio Zuñiga Cazorla appris par cœur. Il faut bien que jeunesse se passe. Peu à peu, l'apprentissage de la normalité érode les formes de la personnalité. Il faut bien que jeunesse se lasse. Je contemple une chapka qui n'a jamais connu les neiges de la Finlande. Il paraît qu'il ne faut jamais citer une phrase sans l'avoir lue dans son contexte. Cela paraît intelligent, évidemment. La recherche du contexte perdu, c'est le fil d'une pensée à rétablir entre deux ondes d'émotions agrémentées de mille milliards de citations. Rimbaud effrayé par une jeune fille se décrivait « effaré comme trente-six millions de caniches nouveaux-nés », mais je n'ai pas lu la lettre complète. Dans ce contexte exactement, celui qui vous a amené sur ce billet de blog almasororien, je confirme être avide de calme comme trois hippopotames allongés au soleil au bord d'une eau gabonaise. Mais, pour l'heure, les heures passent, peu à peu des pans entiers de ce jour s'effacent, loin de Paris je cherche un sens unidirectionnel à ma vie démantelée en écoutant la musique de Terje Rypdal.

 

Le musicien Terje Rypdal sur AlmaSoror :

Il est mentionné dans La vie tranquille de Dylan-Sébastien M-T

Il est mentionné dans La trace de l'archange

Il est mentionné dans Musiques de notre monde

 

La langue nahuatl sur AlmaSoror :

In Tlicuilitl, poème nahuatl

Villa Montsouris

Sommaire de la dernière messe

La roseraie d'Aztlan

Mélange de paternités

Dans l'avenue desbordes-valmore

La liberté mentale en Europe

lundi, 12 janvier 2015

Deux de l'adolescence

 

Dans mon adolescence, j'ai eu accès à deux œuvres qui ont marqué ma pensée en construction.

La première fut le film Une journée particulière, d'Ettore Scola. C'est notre professeur d'histoire qui nous l'a passé, par un après-midi d'hiver, au lycée Buffon. Ce film raconte la rencontre entre un homme et une femme, seuls individus à être restés dans leur groupe d'immeubles alors que la ville entière défile sur les grandes artères, derrière le Duce Mussolini, en hommage à un homme d'Etat étranger en visite à Rome.

Quant à la deuxième œuvre, il s'agit d'une petite nouvelle, qui était insérée dans mon livre bilingue de nouvelles allemandes. Il s'agit de Mein trauriges Gesicht, mon visage triste en français, une courte nouvelle de Heinrich Böll. Un homme erre solitaire dans la ville, quant un policier l'arrête : il a le visage triste alors qu'aujourd'hui est jour de fête nationale, et que les citoyens doivent donc être joyeux. L'on apprend ensuite que dix ans auparavant, l'homme avait été condamné pour le même genre de délinquance.

 

Je suis contente d'avoir eu accès à cet âge tendre à ce livre et à ce film, non pas pour recevoir un message de leur part, mais parce que ce sont des œuvres pleines de beauté et de profondeur, des œuvres qui installent des espaces dans notre être intérieur, espaces à partir desquels naissent de nouvelles attentes, de nouvelles pensées (peut-être aussi de nouveaux silences).

 

samedi, 10 janvier 2015

Le moine-soldat (11)

Dès que tu t'extrais de ta position de victime, ton problème devient ta solution.

 

(#moine-soldat)

 

vendredi, 09 janvier 2015

Concert d'opinions communes

Unanimité : « Fait que des personnes réunies en groupe ou appartenant à une collectivité soient toutes du mêmes avis, aient toutes la même réaction devant un événement ».

Cette concentration des réactions extérieures a pour corollaire la déconcentration intérieure ; chaque individu qui participe à l'unanimité s'éloigne de son propre esprit.

L'unanimité, concentration des points de vue en un point de vue collectif, s'accompagne de la déconcentration des esprits singuliers. Il devient difficile de penser en cas d'unanimité. Penser différemment, même, devient suspect : que signifie cet écart par rapport à l'union ? Moi-même, je deviens suspect à mes propres yeux. Je me demande : "mais qu'est-ce que j'ai ? Pourquoi ne fais-je pas, ne ressens-je pas comme tous les autres ?"

L'unanimité n'a jamais lieu en temps normal ; elle n'est même pas désirée. Elle s'impose lorsque la pression monte. On l'exige soudain. Elle s'impose justement pour dissimuler quelque chose qui ferait divergence.

Unanimes et déconcentrés, nous rapetissons le champ de notre expérience personnelle au fur et à mesure que nous adhérons.

Adhérents à la paroi collective, nous ne gênons plus le passage des tanks.

Et le passage des tanks ne nous gêne plus.

mardi, 06 janvier 2015

Index Nominum : S

L'index des noms propres d'AlmaSoror, encore bien incomplet, permet de retrouver d'anciens articles ou de faire la psychanalyse de la tenancière du blog. Au hasard, la lettre S.

S

Lain Sainclair

Il est mentionné dans des thèmes, quelques œuvres

Charles-Augustin Sainte-Beuve

Il est mentionné dans Auto-(?)censure

Il est cité dans La gloire de l'imagination et l'industrie de la gloire

Antoine de Saint-Exupéry

Il est mentionné dans La bibliothèque éparpillée : Citadelle

Louis-Antoine de Saint-Just

Il est mentionné dans L'ange et l'archange

Sébastien Saint-Kévin

Il est l'auteur de Des thèmes, quelques œuvres

Ernst von Salomon

Il est mentionné dans L'humiliation

Il est cité dans Mon frère, je contemple ton visage

George Sand

Elle est citée dans Tombées du soir, traqués les loups

Thomas Sankara

Il est cité dans Instant banal à Ouaga : le taxi, la radio, la rue

Sara

Conjointement à Mavra Novogrochneïeva, Sara est la photographe d'une grande partie des photos qui illustrent les billets d'AlmaSoror, dont celle de l'Esclave.

Elle est mentionnée dans L'université de Poitiers rencontre Sara

Elle est l'auteur de L'humiliation

Elle est mentionnée dans L'homme des villes de sable en librairie

Satan

Il est mentionné dans Mascara

Jon Savage

Il est mentionné dans Moineville : la ville des écrivains

Eugène Savitskaïa

Il est mentionné dans Mystique littéraire

Florent Schmitt

Il est mentionné dans Florent Schmitt, l'éclat de votre musique nous fascine

Walter Scott

Il est mentionné dans La bibliothèque éparpillée : une histoire symbolique du moyen âge

Chief Seattle

Il est mentionné dans Charte du Mandé, Discours de Seattle, Pièce de la mort d'Athahualpa : des "faux".

Comtesse de Ségur

Elle est mentionnée dans Une enfance littéraire française : Invitation au voyage II

Elle est mentionnée dans Auto(?)censure

Elle est mentionnée dans La tourelle du hibou

Lhasa de Sela

Elle est mentionnée dans Tombées du soir, traqués les loups

Gilles Servat

Il est mentionné dans Insomnie bretonne à Paris

Michel Simon

Il est mentionné dans Auto(?)censure

Mathieu Simonet

Il est mentionné dans La Maternité

Dorian de Smythe-Winter

Il est l'auteur de Variation 14

Lilas L.S. Snuk

Elle est mentionnée dans Les Basaltiques : Critique d'un album musical

Sofia Sombreur-Noir

Elle est mentionnée dans Les Basaltiques : Critique d'un album musical

Alexandre Soljenitsyne

Il est cité dans Chaque jour que Dieu fait

Sophocle

Il est mentionné dans L'enfance, la civilisation et le monde sauvage

Sainte Bernadette Soubirous (de Lourdes)

Elle est mentionnée dans Auto(?)censure

Sylvester Stallone

Il est mentionné dans La ville de perdition

David Nathanaël Steene

Il est l'auteur de l'Ode aux hommes en jupe

Il est l'auteur de Etat-civil sans regard

Il est l'auteur d'Aléa toi R

Nadège Steene

Elle est l'auteur de La musique de Nadège

George Steiner

Il est mentionné dans L'enfance, la civilisation et le monde sauvage

Gustav Streeseman

Il est mentionné dans L'humiliation

Anne-Marie Stretter

Elle est mentionnée dans Des thèmes, quelques oeuvres

Suho

Il est mentionné dans La tourelle du hibou

Jules Supervielle

Il est cité dans Le forçat innocent

lundi, 05 janvier 2015

Veille

 C'est à toi que je pense ce soir, après ces quelques mots au téléphone, toi que j'ai tant aimé jadis, que j'aime encore peut-être. Toi l'homme qui me donnais ta main, ton beau visage d'ange, ta voix d'airain, toi que j'ai tant désiré, toi qui t'es détourné par un matin sans lendemain.

Là où tu dors ce soir, les murs sont blancs comme le beau linge d'antan, celui que ta mère pliait soigneusement, avec ses bonnes, avant de pleurer seule en se cachant, avant le chamboulement, avant la ruine. Là où tu dors ce soir, les couloirs sont vides, mais le cœur bat, et le sommeil te prendra, limpide. Tu ressemblais à celui dont on rêve, et l'on attendait tellement que c'était presque la mort de joie quand tu venais – et puis l'instant fugace, et puis la déception, et puis la bruine sur les joues tristes.

Mon cœur pleure ce soir, mon cœur te téléphone, je pense à ce grand parc enveloppé de nuit, à quelques pas de toi. Je pense à ces angoisses qui serrent ta poitrine, je pense à cet amour qui nous unit encore malgré nos solitudes impartageables. Comme est grande la distance qui nous sépare. Comme l'espérance m'a quittée ! Vrai, tu faisais mal avec tant d'insouciance, que tu pensais qu'il fallait vite te pardonner.

Et il m'arrive de croire que je t'ai pardonné.

A l'intérieur de moi, quelqu'un t'aime. Que l'ange qui te ressemble prenne soin de toi.

Il y a longtemps déjà que je t'ai dit : "adieu".

 

dimanche, 04 janvier 2015

Si les murs étaient peints en noirs

Je me pose la question des murs noirs, des plafonds noirs, afin de savoir s'ils peuvent se dresser en remparts contre la blafardisation de la lumière, le matin, l'hiver. Revenue dans ce lit avec le café qui fume encore, plongée dans le Rimbaud de Henry Miller, je lève quelque fois les yeux sur un portrait qui me fait face. Il représente moi-même, à dix-neuf ans. Le croquis en a été fait dans un restaurant qui n'existe plus : l'Auberge d'Italie, rue Mayet. La petite toile fut peinte dans les jours qui suivirent. Je me souviens d'une autre toile de la même artiste et ne suis pas certaine qu'elle continue à peindre. Pourtant, "Peindre, c'est aimer à nouveau".

Ce visage de jeune fille qui ne me regarde pas, c'est le mien et c'est celui d'une autre. C'est surtout le reflet encore lumineux et vivace d'une jeunesse dont les saveurs s'estompent chaque année un peu plus. Des rêves d'expression personnelle qui épouseraient le monde, ces rêves que nous faisions ensemble, et qui se sont déformés sur le mur des réels et des (im)possibles.

Alors que dire d'un passage combatif, que dire de phrases taillées dans la pierre de la langue par un salaud talentueux ?

"Dans tout cela, je retrouve ma propre condition. Je n'ai jamais abandonné la lutte. Mais quel prix n'ai-je pas payé ! Ce fut une guérilla, ce combat désespéré qui naît seulement du désespoir. L'oeuvre que je m'étais donné la tâche d'écrire n'est pas encore écrite, ou ne l'est qu'en partie. Rien que pour élever la voix, pour parler à ma manière, j'ai dû gagner chaque pouce de terrain de haute lutte. Le bruit de la bataille a presque fait taire la chanson. Qu'on parle du regard fatigué qui fait faner les fleurs et pâlir les étoiles ! Mon regard à moi est devenu corrosif : c'est un miracle que, sous mon oeil sans pitié, les fleurs et les étoiles ne soient pas pulvérisées. Voilà pour le fond de mon être. Quant à l'extérieur, eh bien, l'homme superficiel a, peu à peu, appris à s'accommoder des façons du monde. Il peut être dans le monde sans être du monde. Il peut être aimable, gentil, charitable, hospitalier. Pourquoi pas ? "Le vrai problème", comme l'a montré Rimbaud, "est de faire l'âme monstrueuse", c'est-à-dire non pas hideuse mais prodigieuse ! Quel est le sens du mot "monstrueux" ? D'après le dictionnaire : "toute forme organisée de vie fortement déformée par le manque, l'excès, le déplacement ou la défiguration de certaines parties ou de certains organes ; tout ce qui est hideux ou anormal ou composé de parties ou de caractères inconsistants, qu'ils soient repoussants ou non". La racine est dérivée du mot latin monere, qui signifie avertir. En mythologie, le monstrueux s'exprime dans les formes de la Harpie, de la Gorgone, du Sphinx, du Centaure, de la Dryade, de la Sirène. Tous sont des prodiges ; et c'est là le caractère essentiel du monstrueux : ils ont détruit la norme, l'équilibre. N'est-ce pas la seulement la peur du petit homme médiocre ? Les âmes timides voient partout des monstres sur leur route, qu'on les appelle hippogriffes ou hitlériens. Ce que l'homme redoute le plus, c'est l'expansion de la conscience de soi. Tout ce qu'il y a d'effrayant, de sinistre dans la mythologie vient de cette peur. "Vivons en paix, en harmonie", prie le petit homme. Mais la loi de l'univers, c'est que la paix et l'harmonie ne peuvent être gagnés que par une lutte intérieure. Le petit homme ne veut pas payer le prix de ce genre de paix et d'harmonies ; il les veut toutes faites, comme un complet de confection."

Henry Miller, IN RIMBAUD. Traduction par F. Roger-Cornaz

vendredi, 02 janvier 2015

Lorenzo : les dernières semaines

lorenzo jaramillo

Il était beau et peintre ; c'était un ami de ma mère. J'ai raconté ici la dernière fois que je l'ai vu.

Voici le film de ses dernières semaines.

"Nuestra película" from Luis Ospina on Vimeo.

jeudi, 01 janvier 2015

Poésie grecque (6°siècle avant JC)

Cléobule, poésie grecque

dimanche, 28 décembre 2014

Itaparica

Tu clignes des yeux. Deux clients peuplent lacunairement le bar. Tu te souviens d'Itaparica.

Itaparica.jpg

"I have no mercy or compassion in me for a society that will crush people, and then penalize them for not being able to stand up under the weight".

The Autobiography of Malcolm X, 1965.