Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 17 septembre 2018

La meute

Perdue dans la meute, si heureuse de hurler avec les autres et si seule au milieu des autres, amoureuse du croissant de lune blanc, excitée par le noir nocturne, dans l'odeur mouillée de la terre et des arbres centenaires, tu ne penses pas, tu vis, tu sens, tu aimes.

samedi, 15 septembre 2018

"L'image illusionne, à cause de sa manière de ressembler au réel"

20180914_163427.jpg

Auto-Interview, de Sara, aux éditions du Sonneur

vendredi, 14 septembre 2018

La traque et l'auto-interview de Sara

20180914_131443.jpg

Chère Sara, tu nous offres deux beaux livres pour cette rentrée de septembre. 

La traque, aux éditions Thierry Magnier : un chasseur partant chasser sans son chien.... 

et l'Auto-interview, aux éditions du Sonneur, où tu te houspilles et te racontes en te cachant derrière les vérités que tu mets en avant. 

mercredi, 12 septembre 2018

Vive l'Europe des créateurs, vive la souveraineté des Européens

Les députés européens se sont ressaisis aujourd'hui, après nous avoir fait peur en juillet dernier ; ils ont eu l'intelligence de voter pour la survie matérielle des créateurs européens et la possibilité d'un Internet européen.

Google avait dépensé 30 millions d'euros pour convaincre les députés de détruire le système du droit d'auteur européen et ainsi continuer, avec ses amis Facebook et Youtube, à distribuer gratuitement les contenus artistiques et informatifs qui les rendent si désirables. Cette campagne des Gafam (google-amazon-facebook-apple-microsoft) fut soutenue par le parti Pirate qui représente un nombre infime de citoyens et dont le nom même promeut le vol et l'illégalité.

L'Europe semble vouloir malgré tout rester elle-même et refuser de sacrifier ses enfants aux ogres états-uniens. Merci aux députés !

Il faudra continuer de récupérer notre autonomie, obliger les gafam à payer leurs impôts en Europe, développer des services respectueux des données privées et du droit d'auteur, bref, nous sommes au début d'un chemin d'espérance.

On peut écouter l'appel d'Emily Loizeau.

Et revoir la mobilisation des créateurs d'Europe et l'appel de Murray Head.

 

IMG-20180911-WA0007.jpg

Photo strasbourgeoise de Marie Sellier

dimanche, 09 septembre 2018

de commencements en commencements

Les idées de Hassan Fathy (Egypte, 1900-1989) feront des petits. En Europe, bientôt, les architectes (avec ou sans diplôme) bâtiront des maisons inspirées des maisons médiévales européennes, avec des matériaux anciens et neufs, mêlés.

Une architecture qui chante avec le soleil et danse avec le froid.

Demain, pourquoi pas ? Mais cette maison mienne existe déjà, avec ses portes qui attendent d'être poussées, ses cheminées qui attendent d'être allumées. Elle m'attend et j'arrive très très lentement, mais sûrement.

20180909_180642.jpg

 

L'angélus

20180908_192835.jpg
6h- midi - 18h

Les croisades du Renouveau se font sans chefs de guerre ni vêtement religieux, disait cette dame habillée en noir au café du douzième arrondissement. L'avenue Daumesnil et son église de brique et de fer paraissaient un décor pour les temps nouveaux. J'écoutais cette voix sage et judicieuse en buvant lentement un chocolat chaud que le serveur mi-basque, mi-peul m'avait servi avec élégance. Toutes ces croix qui reviennent aux cous des gens qu'on ne voit pas aux sorties des églises le dimanche matin. Tous ces trains qui partent vers les campagnes à repeupler. Tous ces chants qui se fomentent dans la moiteur bétonnée des enfances muettes, blanches, déstructurées. Aucune patience n'est trop patiente lorsque la marée monte, aucun ciel n'est trop bas pour la tempête qui vient. 

 

 

De Angelus : 

Je crois vous reconnaître, homme bizarre qui m'évitez

Mourir au bout du chemin

Ta musique, ma disparue

Occident

Nostalgie

Au pays frais des vins et des chansons

samedi, 25 août 2018

(noir du ciel, blanc de la voie lactée)

J'aimerais vivre à une époque sans ordinateur, sans béton, sans pantalons en jean ni sweatshirt, sans crématoriums.

Mon père fut le premier de sa lignée depuis des siècles et des siècles à ne pas descendre dans la tombe. Il est vrai aussi qu'il fut le premier à divorcer et à se remarier, c'est d'ailleurs cette nouvelle femme qui a imposé l'incinération. Briser la tradition de la lignée, pourquoi ? Pour quoi ? Pour suivre la mode, pour éclater une famille, pour se dissoudre dans l'oubli ? Totale coupure. Pourvu que ce ne soit qu'une parenthèse, une erreur, un cul-de-sac isolée dans la lignée.

Je cherche à retrouver le chemin de la tradition, mais le passé ne revient jamais. Il faut réinventer l'enchantement des héritages spirituels, des découvertes naturelles, des saisons.

Dans les films d'Ozu, qu'on peut aller regarder au Louxor en ce moment, j'admire qu'il exige la vérité, sans l'endurcir. La vérité catastrophique des guerres perdues, de la domination culturelle américaine, des modernités castratrices du sens.

J'aimerais vivre à une époque où l'on ne tond pas les pelouses, ni ne souffle les feuilles mortes. Des prairies et des tapis de feuilles rousses, des nuits réelles au-dessus de nos têtes (noir du ciel, blanc de la voie lactée), la possibilité de croire en demain.

 

Hors nos terres

La testostérone du jardinage (sur les souffleurs à feuilles mortes)

Eloge du pissenlit (ou la catastrophique mode de la pelouse tondue)

La pelouse américaine en guerre

samedi, 18 août 2018

La mort de Bismarck racontée par Bülow

« Fin juillet le bruit se répandit d'une aggravation inquiétante de l'état de santé du prince. Le 30 juillet, à 11h du soir, il entrait dans l'éternité. Une dame, amie de lui et de sa famille, qui assista à ses derniers moments, m'a raconté que, dans son délire, le prince de Bismarck avait nommé la Serbie, la Russie et l'Angleterre, crié à plusieurs reprises : « Au secours ! Au secours ! » et gémi : « Mais, hélas, l'Allemagne, l'Allemagne, l'Allemagne ! » Les anciens avaient raison de croire qu'en une dernière vision les dieux montrent au mortel le malheur imminent, les périls prochains. Quand le fondateur de l'Empire, mourant, cria : « Hélas ! L'Allemagne ! Au secours ! » et nomma successivement la Serbie, la Russie, l'Angleterre, vit-il se dresser à ses yeux les écueils, contre lesquels sa création se brisa vingt ans plus tard ? Le dernier mot perceptible de Bismarck fut : « La raison d’État. » À Sainte-Hélène, mes pensées de Napoléon mourant planaient sur le champ de bataille : « Tête de l'armée », furent ses dernières paroles. Les derniers sentiments, les derniers vœux et soucis du prince de Bismarck allèrent à l’État, qu'il avait servi comme pas un ».

 

Extrait des Mémoires du Prince Chancelier von Bülow,

Tome des années 1897-1902.

Traduction (trop rapide ?) de Paul Roques et Henri Bloch

bernhard von bulow,prince de bismarck

 

Bernhard von Bülow avait déjà égayé nos insomnies blogales :

Quatre gros livres près de la table de nuit

Fraîches étaient les forêts du Taunus

mardi, 14 août 2018

Jeux d'enfants

Dans vos petites mains, je lis l’espoir du Nord, je lis l’espoir du Sud, je lis notre avenir. Vous marchez en pensant, courez dans le jardin, sautez sur le ruisseau avec les chiens. Dans notre salon brut, résonne la kora qu’un ami africain nous offrit autrefois. C’est lui qui nous apprit, par ses mots profonds et purs, qu’il faut s’aimer soi-même pour tendre la main à celui qui viendra. Il est mort maintenant et son corps repose dans un cimetière fleuri à Lomé, tout là-bas. Dans vos cheveux châtains et blonds, je passe mes longs doigts et je prie pour qu’un jour vous deveniez parents, et je prie pour que ce jour le pays soit redevenu lui-même. Je vois un champ d’étoiles sur un pré de glaïeuls, là où aujourd’hui des barres d’immeubles abritent ceux qui veulent vous cracher dessus, à cause de vos grands yeux plein de ciel, à cause de la douleur de leurs pères.

J’espère que la vie de vous éloignera pas trop l’un de l’autre, j’espère que l’amour toujours sera plus fort que les rancœurs indicibles. Je vois la lune éclairer de blanc les rides de vos visages devenus vieux. Maintenant vous dormez, tout-petits, essoufflés et ravis, en ce jour estival vous n’avez pas compris la peur qui nous assaille quand résonnent les cris des racailles de l’autre côté de la route. Vous n’avez pas compris l’urgence dans les yeux de votre mère quand elle plante les semences de l’an prochain ; vous n’avez pas compris la pression dans les yeux de votre père qui érige le bardage isolant pour l’hiver. Vous avez ri avec votre tante qui faisait semblant de croire à vos jeux. Je vois demain ou après-demain les rires du soulagement, je vois les hêtres qui s’alignent et se saluent jusqu’à l’océan, éternel, incertain.

20180813_221603.jpg

Sur AlmaSoror :

Le pouvoir de la kora

Le sacrifice

Dernier voyage en Amérique

lundi, 13 août 2018

Des coucougnettes au Mont-Blanc

Je suggère à toute personne désirant se distraire de lire cette formidable entrevue entre le maire de Saint-Gervais, commune qui a le bonheur de comprendre le majestueux sommet du Mont-Blanc, et le journal Lyon-Capitale.

 

Le maire de Saint-Gervais en guerre contre les faux-culs

 

 

samedi, 11 août 2018

Fraîches étaient les forêts de hêtres du Taunus

Sur AlmaSoror, déjà, nous avions cité le chancelier de Bülow, né fils d'un diplomate danois et devenu chancelier allemand dans ce coin d'Europe où les frontières des pays semblent toujours en suspension entre deux décisions.

C'était dans cet article : Quatre gros livres près de la bouteille d'Armagnac. Il y parlait de la France multireligieuse de l'orée du XXème siècle, où imam, rabin, évêque et pasteur chantaient ensemble l'hymne patriote. Il y évoquait la douce ville allemande de Nüremberg, vierge encore des procès ultérieurs.

Voici un autre extrait de ses passionnants Mémoires, une simple description d'un paysage de son enfance dorée, cultivée et sage.

« Une des raisons pour lesquelles les visites à Rumpenheim me plaisaient, c'est qu'on traversait une contrée charmante. Le Main, belle rivière de la Franconie, n'est pas, comme le Rhin, illustre par la légende, il n'a pas coûté autant de sang, il n'a pas joué un pareil rôle historique, mais son cours tranquille le rend cher à tous ceux qui comme moi ont vécu sur ses bords aimables. Je ne connais guère de contrée plus propre à éveiller le sens des beautés naturelles, que les environs de Francfort. Le Taunus, avec ses pentes douces et ses sommets arrondis, en est assez éloigné pour ne pas paraître banal par l'accoutumance et garde ainsi des séductions toujours nouvelles. J'ai vu, depuis, le Tyrol et les Carpathes, les montagnes d'Italie et de Grèce, et surtout les Alpes de Suisse, mais aucune cime n'a autant occupé mon imagination que le Feldberg avec sa pierre de Brunhilde et que l'abrupt Altkönig, dont le sommet est entouré d'un mur de pierre érigé, dit-on, par les Germains. Combien fraîches étaient les forêts de hêtres du Taunus, combien splendide la vue qu'on avait de là-haut sur la vaste plaine, les nombreux et riches villages, les hauteurs lointaines et bleues. Souvent nous nous rendions au petit bois de Francfort, situé près de la ville, dans lequel Bismarck lui aussi aimait se promener avec sa femme et ses trois enfants. Nous allions au pavillon de chasse ou au moulin. Par un beau dimanche de Pâques mon père nous conduisit jusqu'à cette pierre où l'on dit que Goethe composa la scène de la Promenade de Pâques, dans laquelle nous voyons Faust se reposer avec son famulus Wagner, contempler dans le divin rayonnement du soir le monde paisible à ses pieds, et s'abandonner à une rêverie nostalgique et exaltante :

 

Quand au-dessus de nos têtes, perdue dans l'espace bleu,

L'alouette lance son chant sonore,

Quand sur les hauteurs abruptes couvertes de pins

L'aigle plane, les ailes toutes grandes,

Et que, par-dessus les plaines, par-dessus les mers,

La grue vole à tire d'ailes au pays natal ».

 

Chancelier Prince von Bülow, Mémoires - Tome des années 1849-1896 (traduction de Henri Bloch et Paul Roques)

vendredi, 10 août 2018

Ma couturière chérie

20180810_163646.jpg

mardi, 07 août 2018

Pulvis et umbra sumus

IMG_20180804_210157.jpg
Photo Lau

damna tamen celeres reparant caelestia lunae :

nos ubi decidimus,

quo pius Aeneas, quo dives Tullus et Ancus, 

pulvis et umbra sumus.

Horace, ode septième du livre IV

(du moins les dommages que cause le ciel, les lunes rapides les réparent-elles ;

mais nous, une fois descendus où est Énée le pieux, où sont les opulents Tullus et Ancus,

nous ne sommes plus que poussière et ombre).

lundi, 06 août 2018

Vaincus en apparence

Qui chantera la litanie des meurtres dont les hommes politiques ne parlent pas ? Qui criera sa colère quand les médias font preuve, soudain, d'une retenue inhabituelle ? Les sites internet très méchants, peut-être. Ou les rockeurs infréquentables. Je croise, deux ou trois fois par semaine, des jeunes gens assez polis, assez étranges.

 Je les ai repérés depuis que je suis arrivée dans cette ville, ces jeunes en bande, tatoués, aux cheveux courts, avec des blousons l'hiver et des chemises à manches courtes l'été. Quelquefois, une ou deux filles les accompagnent (la caissière du Carrefour Market, l'apprentie coiffeuse de l'avenue Blonde).

Ils écoutent Vae Victis et Burzum. Ils mangent des raclettes à l'arrière d'une camionnette, sur le parking des Pins. Méfiance ou tendresse, c'est selon, voilà ce qu'ils inspirent aux passantes, aux passants. Jamais de jalousie, malgré un certain honneur, une certaine beauté.

 

dimanche, 05 août 2018

Mère Vendée

20180805_221151.jpg

Ô mère amère, amersoir, amérique d'ici...

Au fond des armoires qui restent dorment les coiffes des aïeules.

Au nom de la mère, de la fille et de l'âme éternelle,

Ainsi soit-il.