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lundi, 19 juin 2017

Le vide dominical

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C'est dans la douleur dominicale, isolée dans un square du boulevard Richard Lenoir, que j'ai découvert ce poème-miroir. Ecrit au XIXème siècle par Georges Rodenbach, il m'a transmis l'écho de mon propre vide, de ma déréliction de femme du XXIème siècle horrifiée par son propre fantôme, qui peut-être n'était que mon corps. 

Dimanche : un pâle ennui d'âme, un désœuvrement
De doigts inoccupés tapotant sourdement
Les vitres, comme pour savoir leur peine occulte ;
- Ah ! Ce gémissement du verre qu'on ausculte ! -

Dimanche : l'air à soi-même dans la maison
D'un veuf qui ne veut pas aider sa guérison
Quand les bruits du dehors se ouatent de silence.
Dimanche : impression d'être en exil ce jour,

Long jour que le chagrin des cloches influence,
Et sans cesse ce long dimanche est de retour !
Ah ! Le triste bouquet des heures du dimanche ;
C'est un triste bouquet de fleurs qui lentement

Meurt dans un verre d'eau sur une nappe blanche...
M'en sauver, le pourrai-je ? Et l'éviter, comment ?
Ce jour de demi-deuil aux couleurs trop calmées
Où mon coeur otieux s'en va dans les fumées.

J'en ai l'obsession, j'en ai peur, j'en ai froid
Du spleen hebdomadaire où ce jour me ramène :
Tandis que je me leurre au long de la semaine,
Flux et reflux de jours qui s'accroît et décroît,

Dont l'écume est un peu de vanité qui chante,
Voici que le repos dominical me hante
Et déjà m'apparaît comme un repos amer,

Repos nu d'une grève au départ de la mer,
Grève morte du long dimanche infinissable
Qui coagule au loin ses silences de sable...

Georges Rodenbach

(1855-1898)

Georges Rodenbach détestait tellement les dimanches qu'il a pondu un autre poème, dominical encore, intitulé Dimanches.

samedi, 10 juin 2017

Nos papas les états-uniens

On comprend que des gens écrasés sous le joug du colonisateur n’aient pas apprécié de devoir réciter à l’école : « nos ancêtres les Gaulois » lorsque leurs ancêtre étaient peuls ou mandingues. Mais au moins n’était-ce pas servile de leur part : ils n'avaient pas beaucoup de choix pour tenter d'améliorer leur condition.

En apparence maîtres chez nous, nous prouvons notre soumission totale lorsque nous baptisons à Paris un parc « Martin Luther King », comme nous avons baptisé une station Rosa Parks. Deux états-uniens qui ont combattu des oppressions typiquement états-uniennes et qui sont à bon droit honorés à grands cris dans leur pays.

Mais pourquoi importer cette histoire, qui n’est pas la nôtre ? Pour bien faire croire à la jeunesse d’ici que tout, le passé, le présent et l’avenir, nous vient des Etats-Unis ?

Nous avons notre propre histoire, et s’il faut honorer des personnalités africaines d'origine, un grand jardin Toussaint Louverture, une gare Abd-el Kader ou Léopold Sédar Senghor, seraient plus appropriés à Paris.

Mais il semble que la colonisation intellectuelle soit bien réussie et que les élus du peuple, très mystifiés, soient devenus les domestiques de l'Oncle Sam. Quand oncle Sam nous engage à bombarder une ville, oui ! oui ! oui ! Vite, envoyons des soldats, tuons des civils ! Quand oncle Sam nous apprend à ne pas être raciste et à honorer la diversité des couleurs de peau, oui ! oui ! oui ! Honorons les héros des grandes villes américaines ! Tout nous botte, tout nous enchante, tout nous ravit, pourvu que cela vienne des Etats-Unis !

vendredi, 09 juin 2017

Sur le seuil

Chants orthodoxes russes ? Oui. Pain d'épices ? Non. Si, avec du thé. Paroles latines de psaumes juifs ? Oui et non. Voix de basse ? Certainement, toujours, dans ce palais à demi-détruit. Existe-t-il une beauté de notre temps ? Non et oui. Quelle heure est-il ? Oublie l'heure, nous vivons au rythme des saisons. Le printemps n'en finit pas d'éclater vers l'été. La nuit de la Saint-Jean s'approche sur son chariot d'étoiles. Mais toi ? Moi ? Toi ! Moi je danse avec les enfants du village. Je prie des vieilles antiennes dont tu ne connais pas le premier mot. Je ris de plus en plus, c'est la vieillesse qui s'installe. Je meurs très lentement, très doucement, dans la joie et la bonne humeur. Et ta sœur ? Regarde comme elle est belle ! Son visage aujourd'hui reflète l'éternelle bonté. Cela fait longtemps qu'elle ressemble à l'amour, qu'elle a oublié les latences jalouses et rageuses des douleurs inqualifiées. Alors tu ris, alors tu chantes, avec ou sans ta sœur, alors tu pries dans les calendes des saisons ? Oui. Le Pérou ? Non, la France. Ils se ressemblent tous les deux, parfois. Parfois seulement. Décris-moi ce qui se trouve autour de toi ! Un mur de briques, les carreaux des fenêtres, une tasse à moitié bue, la lumière qui descend, le chien berger qui s'éloigne. Et tout cela, à toi ? Tout cela, à moi et aux autres, à toi si tu veux, si tu restes avec nous, si tu partages la table et le toit. Je le voudrais, oui. Alors ôte tes sandales, assis-toi sous la pergola, oublie tes volontés et tes rêves et laisse-toi traverser par la vie qui vibre ici-bas. 

jeudi, 01 juin 2017

Solstice dans les veines

Mon hiver intérieur, voilà que ton solstice nous glace et nous illumine. Dans mon âme transie le désir d'amour se répand comme un liquide sacré. Qu'il reste confiné en moi et ce venin m'arrachera perfidement la vie. Qu'il se tourne vers les êtres connus et inconnus et ce feu réchauffera une étendue du monde. Surcharge d'hiver charriant des passions lourdes comme des remords. Vivification du carbone.

(Merci à mes sœurs aux chevelures vertes de ne pas me laisser seule quand tout se décompose).

mardi, 30 mai 2017

Ô Nuit !

La musique du requiem for a friend de Zbignew Preisner embellit la soirée. Contrairement à tant de maisons où les lumières très intensives ne laissent pas de zones d'ombre, ici, nous n'avons que trois petites lampes allumées, avec des abats-jours beige, rouge et vert, qui diffusent des halos de lumière tendre et laissent des pans d'ombre et permettent la rêverie et le mystère.

Depuis combien de temps n'ai-je pas vu la nuit, la vraie nuit, la nuit noire, ou la nuit éclairée uniquement par les astres ? Les lumières artificielles sont partout. Oh, nuit ! Nuit ! Nuit ! Je voudrais te contempler telle que tu es, dans ta splendeur noire, dans ta réalité brute, sans que t'atténuent les éclairages des humains.

dimanche, 28 mai 2017

De Pierre à Anne-Elisabeth

 

J'en parle à Anne-Elisabeth par mail. Je lui écris : « Je repense à la famille de Margelain-Bouvent, à Rupt sur Othain... à ce rêve illusoire, dont je voudrais me rapprocher sans en sentir les entailles meurtrières ». Elle répond : « Quel est le rêve Margelain-Bouvent et que sont les entailles meurtrières ? »

Je m'explique alors : « le rêve ? Celui d'une famille élégante, excentrique, cultivée, proche des bêtes, loufoque, avec beaucoup de tenue, pleine de châteaux anciens, une immense beauté et aucun confort.

Les entailles : le narcissisme familial, la cruauté des relations, la noyade de l'individu dans le clan, le crash de la noblesse dans le platane de la modernité ».

Anne-Elisabeth m'écrit aussi : « Le rêve se fait réalité pour certains. Probablement une question de disposition d'esprit. Eh bien, Pierre, pourquoi ne pas entrer dans la bonne disposition d'esprit ? »

 

Sur AlmaSoror :

Comme la colombe inaperçue

jeudi, 25 mai 2017

Nostalgie

 

Nostalgie de ce que l'on va perdre... mélancolie qui flotte au fond d'une petite joie. Amour de toi, amour du monde, malgré parfois le manque de foi.

La mort me fait à moitié peur ce soir, d'autres soirs, elle me terrifie. Je prie l'angélus, trois fois par jour, mais je suis seule : les cloches ne sonnent plus, les paysans, les commerçants ne s'arrêtent plus s'agenouillant dans le champ, dans la boutique...

Je mène une vie déconsidérée par vous, mes frères, une vie de péché, une vie en discordance, et pourtant le Rosaire m'accompagne, je l'effeuille au fil des jours. Il est écrit : Désordre, sur la porte de ma maison. Mais il est écrit : Amour, sur la porte de mon cœur. Il est écrit Péché sur ma carte d'identité, mais il est écrit : Pardon sur la partie cachée de mon front.

Certains matins, la vie me fait si peur que je voudrais me blottir à nouveau au fond du ventre de ma mère, dont j'ai je crois des souvenirs. M'y blottir à neuf mois, puis à huit, puis à sept, et remonter le temps jusqu'à la petite graine, qui rapetisse, devient goutte de néant dans le Néant.

Hélas, la vie ne se donne pas à l'envers. Elle se déroule et se dévide dans le sens des aiguilles d'une montre. Je suis le fil du temps, comme un cheval dans un manège, je cours sans savoir pourquoi, ou bien je m'arrête et personne n'est content de moi.

Nostalgie de ce que l'on va perdre. Car la nuit recouvre ce qui a été. Mélancolie qui flotte au fond d'une petite joie. Car la paix n'est jamais complète ici-bas. Amour de toi, amour du monde, malgré tes défauts qui m’obsèdent, malgré les combats perdus et les chemins renoncés. Au fond de moi encore un peu de foi.

 

mercredi, 24 mai 2017

Ce que je sais

 

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Je sais que tu ne dors pas. Je fais semblant d'y croire. De croire à ton long souffle, de croire à ton silence.

Je sais que tu ne m'aimes pas. Je fais semblant d'y croire. De croire à l'avenir, de croire à ta présence.

Je sais que tu ne pleures pas. Je fais semblant d'y croire. De croire à tes sourires et à tes sentiments.

Il est tard, vraiment tard et par la baie vitrée, les tours de la banlieue s'éteignent lentement.

Je sais que j'ai eu tort, je voudrais réparer la peur de prendre un risque et mes médicaments.

Je t'attendrai pourtant, je t'attendrai toujours, que veux-tu, j'ai trop mal à la séparation.

J'attendrais doucement que tu perdes raison dans le studio bruyant place de la Nation.

 

Nous avons des remords, tous autant que nous sommes. Dans la nuit qui commence, les miens me revisitent.

Nous avons des douleurs qui guident nos chemins, vers les impossibles délices de face à face trop composites.

Nous avons des ardeurs qui calment nos matins et creusent nos arthrites.

 

Je sais que tu ne mords pas, je fais semblant d'y croire. De croire à ta violence, de croire à autre chose qu'à ton indifférence.

 

mercredi, 10 mai 2017

Le silence du lointain

Dans le jardin, entre l'épicéa et le chêne, les deux chiens, Tolstoï et Yourcenar, paressent sur la marche de pierre. 

Il n'y a pas de bruit dans la ruelle, ruelle ouverte par trouées sur la vallée. 

Des oiseaux de proie de temps en temps traversent le ciel. Un engoulevent se tait. 

Le temps coule lentement. C'est la fin de l'hiver. 

Le potager recouvre peu à peu ses parures comestibles. 

Tu as quitté la ville, depuis deux ans, jour pour jour.

Tu n'es plus qu'un souvenir (ton visage, ton rire), pour beaucoup de gens.

Peu viennent te voir.

Tu ne t'y rends presque plus.

dimanche, 07 mai 2017

Le trident dominical

Le trident dominical se poursuit tant bien que mal, vaille que vaille, et son sens s'éloigne de nos sens pour mieux les ébaudir - ou les énerver. 

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Il se lit en entier par là-bas, voici toutefois les plus récentes strophes : 

 

Soudain ravagée,

Ma mémoire

De corps outragé,

 

Opulente moire

Au fond d'une

Mystérieuse armoire,

 

Discerne les runes

Que tes gestes

Tracèrent en dunes

 

Au cours de nos siestes

Où se fit

Le long palimpseste.

 

Allons si le cœur nous en dit voir la page du Trident dominical 

vendredi, 28 avril 2017

Vestiges d'une épure

I

C'était en Ariège, dans la patrie maternelle d'Hugues, lors d'une semaine de sessions musicales, entrecoupées de balades sauvages à travers les montagnes et les cours d'eaux qui tortillent le long des escarpements.
Le massif de Tabe à l'aurore : découverte du silence pour cette jeunesse urbaine. Les visages s'étaient fait graves, absents aux soucis du monde, perdus dans un lointain qui prenait des saveurs différentes pour chacun. La naissance du soleil scintillait sur les herbes jaunes. Des mouflons dévalaient la vallée fumante de brume.
Il partagèrent les escarpements rocheux menant aux abris pyrénéens ; des bœufs musicaux sur les soulanes au coucher du soleil ; un déjeuner dans un restaurant de la ville de Foix. Ce déjeuner, on l'aurait voulu éternel tant fut douce la perfection de l'amitié, de la cuisine, du vin de Corbières. L'aïgo bullido ouvrit le palais ; l'azinat cuisinée par des mains chargées d'une expertise ancestrale ;  le bamalou jeta un pont entre le plat et les tendres flocons d'Ariège qui closirent le repas.
Ils montèrent ensuite en Languedoc, où l'Aude prend sa source, pour redescendre en kayak jusqu'au canal de la Robinne.
A Narbonne la truculente, soûlé de vin de Banyuls, Michel avait écrit un poème intitulé Loup de Foix, inspiré des campagnes militaires médiévales du fils bâtard de Raimond-Roger de Foix et d'Ermengarde de Narbonne. Destiné à devenir un opéra, Loup de Foix n'avait jamais vu le jour, mais dans la perfection de ces journées en pays catalan, qui aurait pu prédire que leur amitié vivait ses dernières heures ? De Narbonne ils étaient rentrés à Paris par un vieux train qui cahotait sur les rails.

II

Au cours de la soirée, ils écoutèrent en boucle une belle interprétation du poème symphonique Dans les Steppes de l'Asie Centrale, de Borodine. Saylor Géraud l’avait programmée pour passer treize fois. Ils eurent l'impression d'être tous trois nus dans un sauna de sons où leurs cœurs se dilataient. Lorsque la musique se tut, ils revinrent à eux et au monde, peu à peu, et ne se parlèrent plus. Dans ce silence ils se sentaient en pleine communion. Les bruits de la rue – cris de jeunes gens excités, freinages brusques de voitures, sirènes de la police et du Samu – leur venaient adoucis et leur paraissaient musique, continuation de la musique. Au lieu de rendre les sons criards du quotidien plus laids encore à leurs oreilles, la musique profonde et mystérieuse de Borodine leur avait ouvert la porte de l'amour de chaque son, de tous les sons.

samedi, 22 avril 2017

La vie tranquille de Marc-Alexis, frère de Dylan-Sébastien M-T

La nuit, tu t'exerces à disparaître de l'Internet, à fuir les espions informatiques qui te traquent. Ensuite, tu écoutes la musique de Paris-Texas en sirotant un punch, tu respires les effluves du cannabis que tu as planté par principe dans ton petit jardin, mais que tu ne fumes jamais (par principe).

Et puis tu dors, à l'étage.

Le matin, tu paresses au lit avec un café.

A midi, tu pars avec ton pan bagnat dans ton sac. Le vélomoteur t'emporte derrière le lac, au milieu des pins.
Tu tends la sangle entre deux troncs et tu t'exerces à marcher en équilibre, tu déjeunes assis dans les épines, exactement là où le soleil traverse la clairière.

L'après-midi (14h-19h30), tu travailles au bar du Temps.

Tu passes chez Alphonse et Marie sur le chemin du retour, vous jouez de la musique quand la mer est plate, vous glissez sur les vagues lorsqu'elles vous appellent à grands cris de houle. Souvent, ils t'invitent à dîner.

Tu rentres chez toi un peu après l'arrivée de la nuit, en cette entre-deux-saisons. Tu allumes ton ordinateur.

Et tout recommence.

 

à lire aussi :

La vie tranquille de Dylan-Sébastien M-T

Marquetingue

jeudi, 13 avril 2017

Enalsinior ! Avril défile.

Écriture à quatre mains d'un ouvrage semi-biographique, semi-apologétique : voix d'une mère, plume d'une fille.

Fabrication, dans le ventre d'une jeune femme à la hanche tatouée, d'un neveu dont j'espère l'amitié.

Célébration (avec des coupelles en cristal, des verres rouges, un plat mystérieux) de la rencontre, un douze avril 2013, entre une louve et un oiseau, ou, pour être plus précise, entre une étoile et une chienne.

Écoute de Coil, de sa musique industrialo-planante. Personne ne me voit descendre les escaliers du son pur.

Trois films m'attendent, me poursuivent, me harcèlent, me torturent : Caravaggio de Derek Jarman, Thérèse, d'Alain Cavalier et Teresa el cuerpo de Cristo de Ray Loriga. Italie, France, Espagne, les pervers et les saints.

Un certain mois d'avril auprès de l'océan Atlantique.

lundi, 10 avril 2017

Kévin

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Qui es-tu, Kévin ? Je marche à côté de toi.

Tu es beau soudain quand tu parles de toi. Nous nous sommes rencontrés il y a quelques années, nous avions échangé quelques phrases, banales, dans un café, après l'exposition des photographies de Josef Sudek. Tu étais un ami d'amis d'amis et ta manière de regarder les images m'avait plu. Tu ne t'exprimais pas beaucoup, tu souriais calmement. Tu semblais réservé.

Ce soir, sur la plage, te revoilà, comme sorti d'un film ou d'un conte. Nous avons fait quelques pas après que nos regards se sont croisés, il faut du temps pour se reconnaître quand on ne s'est vu qu'une seule fois, il y a déjà plusieurs années. Je me suis retournée, en même temps que toi. Un sourire, des mots gênés, le souvenir des noirs et blancs du photographe tchèque.

La raison de ta présence sur cette plage, loin de Paris, semble floue. La mienne est évidente, ne présente que peu d'intérêt. Nous marchons vers le phare, nous traversons les ruelles du port, nous observons les silhouettes des bateaux dans la nuit.

Tu ressembles à quelqu'un, mais je ne sais pas qui.

 

vendredi, 07 avril 2017

La Parole attendue

 

Esmerine ta musique coule dans la maison au bord de la route et accompagne mes aspirations en déroute.

Sainte Thérèse d'Avila, deux ou trois phrases de toi lancinent mon cœur, oscillation de ton océan spirituel inaccessible.

Louis XVII, tu ressembles aux enfants d'aujourd'hui qu'on suicide et qu'on bat dans le silence feutré des appartements. De temps en temps, l'un de vous meurt et l'on fait un procès qui retentit dans le fatras pouilleux des médias officiels, et puis voilà.

Étoile, mon étoile, tu es partie dans ton village natal, où les tracteurs escaladent les collines pour toucher les vignes proches du ciel.

Âme, mon âme, personne n'a pu encore démontrer ton existence.

Frère, sœur, devenus adultes vous vous êtes éloignés de moi, où pétillait l'intimité retentit désormais votre part de mystère et vous ne pleurez plus sur mon épaule.

Mon fils, tu n'es pas (encore) né.

Couvent de ma retraite, je ne t'ai pas encore trouvé.

Mes premiers cheveux blancs il y a quelques jours, cachés pour l'instant sous les autres cheveux.

Je cherche la Parole, qu'elle soit tienne ou divine, je cherche la voix qui me sauvera, ou qui me consolera.