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dimanche, 10 juin 2018

au jour le jour, images téléphonées

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Sur Latitude, la trace visuelle des jours qui fuient.

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Mes photos sont souvent ratées, toujours prises avec mon téléphone portable. Je ne les retouche pas, je les laisse parler de ce que je crois vivre.

C'est ici que, dans un dévergondage de compétition sociale, je me vante visuellement de mes expériences. Regardez comme ma vie est belle, oh oui, whisky le soir devant un coucher de soleil urbain en écoutant la guitare de Ry Cooder se promener dans les étendues du Texas. Ou simplement une vague, ne t'inquiète pas si tu t'ennuies dans le métro la boule au ventre en allant au boulot, je viens de la surfer, cette vague bleue de la baie dont je tairai le nom. Sur ces autoportraits je suis une dissidente politique, une écrivain libre, une voyageuse à la parole errante, j'ai des livres, des amitiés, des rendez-vous, et tellement de temps libre - à la mode et irrécupérable. La preuve par images, rien de mieux.
Mais si tu crois un jour que tu m'aimes, reviens de temps en temps poser ton regard sur le vide entre les photos. Tu entendras ma voix, la vraie, sombre, bien plus sombre que celle qui résonne quand j'éclate de rire.

samedi, 09 juin 2018

Liquéfaction

Devant l'écran d'ordinateur, toi, devant l'écran d'ordinateur, moi, chacune à quelques mètres de distance, sur des chaises, nous tournant le dos. Les fauteuils sont vides. Dans la bibliothèque, les livres dorment. Par les stores, le crépuscule dissout peu à peu les lumières. Nous ne voyons pas les ombres qui se tordent sur les meubles et le tapis. Liquéfaction de la relation, de la soirée, de la vie.

Deux boussoles attendent sur la table de nuit : Julien l'apostat (ses lettres) et Vladimir Grossman (Vie et destin). Mais... les boussoles de papier paraissent des dieux morts à l'ère des écrans avaleurs du Temps.

 

Ailleurs sur AlmaSoror :

Comme un souffle trop fragile

Marketingue

vendredi, 08 juin 2018

"J'ai trempé ma foi dans l'enfer" Vassili Grossman

samedi, 02 juin 2018

Des désirs secrets

Une purification, malgré la lourdeur des mots, la banalité des intentions. Un voyage qui se créée malgré l'absence d'harmonie. Des halages, des pauses, la chanson de Johnny Guitar qui rappelle des étés, des bières dans des bars, des attentes trop chaudes. Des halages, des pauses, des désirs secrets. Des non-dits, des impensés, des tentatives de voir clair. J'entends quelquefois mon autre voix surgir du temps passé, revenir un instant, au creux du temps présent.

Et les nuages, par le vasistas, dans les ciel très haut. Des halages, des pauses, des éphémérides. Une femme rousse à qui je n'ai jamais, jamais osé dire la vérité. Une guitare et un garçon qui ne s'appelle pas Johnny. Plutôt Kévin. Je le trouve beau. Nous nous regardons à peine. Comme une rencontre manquée.

C'était avant mes premiers cheveux blancs. C'était quand il restait encore le temps. Le temps de choisir d'autres voies. Le temps d'aimer par d'autres moyens. C'était encore le temps du processus biologique, c'était le temps des insouciances (courses, nuits blanches à la montagne Sainte-Victoire puis grasses matinées jusqu'au zénith, bouteilles du Var et de la Catalogne, nectars ensoleillés). Je regarde cette femme qui a cinquante-quatre ans je crois et qui semble sûre d'elle, mais l'est-elle ? Je ne sais si je l'aime ou la crains, je ne m'en détache pas encore. Elle ressemble un peu à ce que je voudrais être et pense tout ce que je déteste. Et des halages, des pauses, des plaisirs discrets. Avant d'ouvrir le portail à la Mort, cette beauté fatale qui exige un baiser rouge pour vous prendre avec elle pour toujours.

jeudi, 31 mai 2018

Banale exctraction du jour

J'ai descendu dans mon jardin pour y cueillir du romarin et une vague de tristesse est montée dans mon cœur, sans doute à cause d'un vent venu d'ailleurs. Je me suis allongée au divan des nuages et j'ai laissé venir l'intrication des tristesses, ma tristesse musicale, ma tristesse universitaire et ma tristesse cinématographique. Un paysage sonore défilait devant mes yeux, c'était comme une pensée qui naît au bord d'un monde à demi-dévoilé.

Je suis restée longtemps autour des herbes folles et médicinales, sans accorder d'attention aux grenouilles de la mare ni au choucas des tours qui traçait des cercles au-dessus du chêne rouge d'Amérique (quercus rubra).

Il ne me reste plus qu'à rentrer préparer la ratatouille, sous le signe de la quatrième tristesse, celle qui me sépare des hommes, à cause de leur voix grave, de leur carrure et de leur étrangeté.

mercredi, 30 mai 2018

Lecture par un après-midi trop chaud

Torpeur sur l'appartement plein de lumière dans lequel je viens de lire un article de Cécile Rastoin/Soeur Cécile de J-A

« La pensée moderne se caractérise par une conscience aiguë de l’historicité des normes et leur remise en cause, la difficulté à penser des frontières et la fascination de l’hybridité, une exigence d’égalité universelle et le refus de la violence exercée au nom de normes. Ces caractéristiques ont paradoxalement leurs racines dans la tradition biblique, comme nous l’avons constaté : l’interprétation des normes au-delà de la lettre à chaque génération, le refus du modèle païen d’humanité à étages (ou castes) et la mission d’une fraternité universelle, au nom d’un père unique. Mais ces caractéristiques ont peu à peu subverti nos réalités les plus familières jusqu’à la racine, elles ont rongé de l’intérieur nos certitudes faciles et nous ont extraits de tout confort de pensée. Notre société de confort est devenue la plus inconfortable intellectuellement qui soit ! La difficulté à penser les frontières et la fascination de l’hybridité semblent, nous l’avons vu, causées par les progrès de l’observation scientifique et les analyses déconstructionnistes. Peut-on y répondre en les intégrant ? »

L'article est lisible ici : What's the trouble ?

... et me change de ma relecture d'hier, dans un autre genre, tout aussi troublant, d'un vieil article d'Yves Bonnardel sur les Cahiers antispécistes : Pour un monde sans respect

 

Ailleurs sur AlmaSoror : Adélaïde

lundi, 28 mai 2018

Gwerzioù

Je cherche une langue pour exprimer mes peurs et que la sonorité de leurs mots les dissolve dans la lumière. Je marche sur une route sans panneaux indicateurs et à chaque carrefour, je vais où sont les fleurs. Il y avait un château dans mon enfance lointaine, et près des écuries, les crapauds croassaient quand le serein tombait. Il y avait un château de famille qui dort encore au bord de la rivière rapide, si loin de nous.

Par les persiennes fermées de ce matin tiède, m'apparaissent des éclats d'un avenir incertain. Je n'ai pas encore trouvé le lieu où poser mes valises, où adopter un chien.

Ceux qui sont nés sans patrie, ceux qui ont quitté la leur, ajoutent à nos vieilles antiennes des sons venus d'un dissonnant ailleurs. Ils écrivent sur les murs pour oublier qu'ils n'entendent pas leur voix.

Emmurée dans la mémoire d'un mur de pierre jaune claire, où croassent les crapauds et volètent les libellules, je cherche une langue ancienne où réfugier mon cœur, que la musique des mots le berce sous les étoiles.

 

K M-L

 

Sur AlmaSoror :

Insomnie bretonne à Paris

Occident de Jean Bouchenoire

Digestion, par Romain Rolland

Beauté des affiches

dimanche, 20 mai 2018

Au seuil du deuil crépusculaire

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Ce jour là, je m'en souviens. Il y avait cette lumière, ma lecture de Jan Zabrana et la chanson Kukushka de Kino (Кино). Je m'étais photographiée au téléphone, on voyait ma tête dans la glace et l'ombre de ma silhouette sur le mur.

 

Sur AlmaSoror : Deuil d'une illusion

dimanche, 13 mai 2018

Geminae

Derrière ma politesse, cette sempiternelle gentillesse qu'on ne m'envie pas, tu n'as pas deviné à quel point je suis sans pitié. Je te regarde tomber avec un sourire intérieur. Toi, tu me méprises parce que tu te crois ferme et tu me trouves trop douce, trop faible, trop affectueuse. Tu ne sais pas que chacun de tes coups de canifs a creusé ma puissante indifférence à ton sort. Sûre de ta force, sûre de ton droit, sûre de ta raison, tu agis avec la croyance que tu marches droit sur un chemin rationnel. Je t'observe et, sans rien dire, j'évalue ton approche inconsciente du gouffre. Tu m'envoies des signaux de dédain, soudain tu me tends une main que tu retires aussitôt, tu souris d'une manière fausse, tes reproches sont ineptes, tes solutions bancales, tes idées patraques. Tu penses que je suis à demi-incapable et cela t'agace. Tu as décidé de te détacher de moi, croyant te délester d'un poids. Tu marches à ta perte. Je ne te pousserai jamais dans le vide, je t'ai trop aimée. Mais suis-je encore capable de te crier : attention ! Au moment où tu percutes la falaise ?

 

Sur AlmaSoror :

La quête du courage

Clair-obscur à Alma-Ata

1999

Tu jouais des ondes Martinot, Luc critiquait le remembrement de la France et nous nous adonnions à des jeux noirs et blancs au fond d'une maison de Montreuil-sous-Bois, sans bois ni abeilles, que du béton et des chansons qui depuis sont mortes.

Amour, jeunesse, joie et tristesse, je trônais au centre des étoiles, lune en l'air au milieu du ciel, lune en vierge d'un soir, lune mollement offerte au hamac suspendu entre ciel pollué et pots de coquelicots.

Digitales, deviennent nos caresses depuis que le vent du progrès a chassé la vieillesse.

Et nous prenions parfois la voiture jusqu'à Guitrancourt. Goûters d'anniversaires des enfants des copains : pornographie de décorations roses, de princesses, de dinosaures, de cadeaux en plastique et de bonbons acidulés. Papas buvant des bières, mamans s'observant par en dessous tout en se souriant d'un air complice. Petites filles roses corsetées dans leurs obligations d'être amoureuses et de colorier sans déborder, garçonnets en quête de prairies et de ballons qu'on leur interdisait pour cause de pluie.

Le soir, retour à Montreuil-sous-Bois, vodka Belvédère pour moi et vodka zubrowka « herbe de bison » pour Luc et toi. Tu jouais des ondes Martinot, Luc déchiffrait des algorithmes pour le développement économique de la diagonale du vide et nous nous adonnions à des jeux indicibles dans la chambre noire et blanche d'une maison construite en 1920, retapée en 1960, rafraîchie en 1982 par tes parents un an avant leur mort sur le Périphérique.

mardi, 08 mai 2018

Ce qui pourrait avoir lieu

 

Ce qui pourrait avoir lieu est né au bord de tes lèvres hier quelques secondes avant midi. Ce que tu pourrais devenir s'inscrit quelquefois entre tes deux sourcils. Ce que je pourrais vivre m'appelle du tréfonds de mes profondeurs et crie dans la nuit. Ce que nous pourrions partager glisse sur une vague qui ne nous rejoindra jamais.

 

Sur AlmaSoror : Désir de mort

mercredi, 02 mai 2018

Maudit M

M (de l'index des noms de ce blog)

Pierre Mac Orlan

Il est cité dans Des inconvénients qui naissent de leur inconsistance

Amandine Maissiat

Elle est mentionnée dans Musique d'un exil provincial

Émile Mâle

Il est cité dans Saba

Il est cité dans Étoffes de pierre

Il est cité dans Naissance de saint Jean Baptiste à travers les arts

Hector Malot

Il est mentionné dans Une enfance littéraire française : Invitation au voyage II

Il est cité dans La tourelle du hibou

Thomas Mann

Il est cité en exergue de L'amour en trois volets

Il est mentionné dans à Venise après Giorgione

Il est cité dans Tadzio

Il est mentionné dans Puissance et décadence de la bourgeoisie

Il est mentionné dans Toi, le limnologue

Il est mentionné dans Jours étranges

Il est mentionné dans Jean-Christophe : expérience de lecture commune

Il est cité dans Etat-civil sans regard

Il est mentionné dans La ville des écrivains

Il est cité dans Cher Hanno

Esther Mar

Elle est l'auteur d'une Lettre d'amour de droite

Elle est l'auteur de Oh, zones...

Elle est l'auteur de Vendée, 1784 - Rwanda, 1994

Sandor Maraï

Il est mentionné dans La vie magique

Martin

Il est l'auteur de 1984

Frank Martin

Il est mentionné dans Musiques de notre monde

Monique Martin (voir à Gabrielle Vincent)

Thérèse Martin (voir à Thérèse de Lisieux)

Brice Matthieussent

Il est mentionné dans Mémoires de nos lectures

Guy de Maupassant

Il est cité dans Souviens-toi de l'été dernier

Charles Maurras

Il est mentionné dans 5 livres au hasard

Jazz Maynard

Il est mentionné dans Faits et foi

Allec Mellor

Il est cité dans 5 livres au hasard

Il est cité dans Le crime de lèse-majesté

Il est cité dans La torture des hérétiques

Catulle Mendès

Il est cité dans Catulle Mendès et Renée Vivien : quelques vers

Porfirio Meneses

Il est mentionné dans La ville de perdition

Marcia Alejandra Merino

Elle est mentionné dans Clair-obscur à Alma-Ata

Michel-Ange

Son esclave est photographié dans Les yeux, les tombeaux, l'esclave

Sa pieta est comparée dans Pleines de grâce

Il est mentionné dans J'ai replongé

Jean-Christian Michel

Il est mentionné dans Je crois vous reconnaître, homme bizarre qui m'évitez

Stanley Milgram

Il set mentionné dans La quête du courage

Henry Miller

Il est cité dans Si les murs étaient peints en noir

Hubert Mingarelli

Il est cité et mentionné dans Hommes sans mères, d'H Mingarelli

Christophe Miossec

Il est cité (sans que son nom soit mentionné) dans Deuil d'une illusion

Mocke

Il est mentionné dans Le règne de la pluie

Le Moine-Soldat

Il est cité à de nombreuses reprises

Mondkopf

Il est mentionné dans Un samedi soir dans un port en avril

Nils Petter Molvaer

Il est mentionné dans A jamais inconnus l'un à l'autre

Il est mentionné dans Quelle musique écouter dans sa salle de bains ?

Il est mentionné dans Lancement de la rubrique Vol Libre : hymnes au deltaplane

Il est mentionné dans Musiques d'un exil provincial

Il est mentionné dans A jamais inconnus l'un à l'autre

Jean Monnet

Il est mentionné et cité dans Hommage à Jean Monnet

Henry de Montherlant

Il est cité en exergue de Vers la lumière

Il est cité dans La guerre civile

Il est cité dans La guerre civile, scène 6

Il est cité dans ... comme il est facile de juger, et difficile de vivre

Il est mentionné dans Dans l'avenue Desbordes-Valmore

Le maréchal de Montluc

Il est cité dans Mélange de paternités

Pierre Mornet

Il est mentionné dans Hommes sans mères, d'H Mingarelli

Edith Morning

Elle est citée dans Souffle et drogues autogénérées : le psychédélisme au naturel

Ennio Morricone

Il est mentionné dans Musiques de notre monde

James Douglas, dit Jim Morrison

Il est cité dans An angel runs

Il est mentionné dans Carte d'identité, carte de fumée

Il est mentionné dans Villa Montsouris

Il est mentionné dans Souffle et drogues autogénérées : le psychédélisme au naturel

Il est cité dans Le sexe des anges

Il est cité dans Faking the Streets

Il est mentionné dans L'avenue Desbordes-Valmore

Il est mentionné dans Autobiographie (tentative sérieuse)

Moondog

Il est mentionné dans Le groove dans l'écriture et dans le blog

Laurent Moonens

Il est filmé dans Peut-on réaliser une carte géographique parfaite ?

Dylan-Sébastien Möse-Thierre

Il est mentionné dans La vie tranquille de Dylan-Sébastien Möse-Thierre

Il est mentionné dans La vie tranquille de Marc-Alexis

Edith Morning

Elle est citée en exergue d'Intemporalité

Romain Motier

Il est cité dans Traité de la délation

Kevin de Motz-Loviet

Il est l'auteur de Vers

Il est l'auteur d'un extrait de son Journal

Il est l'auteur d'un extrait II de son Journal

Il est l'auteur d'une lettre à L.N.

Il est l'auteur de Aide à vivre

Il est membre de la Confrérie de Baude Fastoul

Il est mentionné dans Kévin

Bob Mushran

Il est mentionné dans Les Basaltiques : critique d'un album musical

mardi, 01 mai 2018

Naissance de saint Jean Baptiste à travers les arts

Un fragment du livre d'Emile Mâle, Les Saints Compagnons du Christ, écrit en 1952 et publié à titre posthume en 1958.

 

« L'Annonciation de saint Jean Baptiste est suivie de sa Nativité. Elle se présente sous des formes qui ne varient guère. Élisabeth est dans son lit ; des servantes s'empressent autour d'elle et généralement deux d'entre elles lavent l'enfant dans un cuvier. Cette nativité de saint Jean Baptiste est donc conçue exactement comme celle de la Vierge telle que les artistes ont l'habitude de la représenter. On aurait de la peine à les distinguer l'une de l'autre sans deux particularités qui caractérisent celle de saint Jean.

La première est empruntée à l’Évangile de saint Luc : « Le temps, dit l’Évangéliste, où Élisabeth devait enfanter, arriva, et elle mit au monde un fils. Ses voisins et ses parents apprirent que le Seigneur avait fait éclater envers elle sa miséricorde et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour ils vinrent pour circoncire l'enfant et ils l'appelaient Zacharie du même nom que son père. Mais sa mère prit la parole et dit : « Il sera appelé Jean ». Ils lui dirent : « Il n'y a dans la famille personne qui porte ce nom ». Et ils firent des signes à son père pour savoir comment il voulait qu'on l'appelât. Zacharie prit des tablettes et il écrivit : « Jean est son nom », et tous furent dans l'étonnement. Au même instant sa langue s'ouvrit, sa bouche se délia et il parla, bénissant le Seigneur. »

Zacharie écrivant le nom de son fils : telle est la première particularité qui fait reconnaître la nativité de saint Jean Baptiste. Et voici la seconde : la femme qui prend dans ses bras le petit enfant porte le nimbe qui indique la sainteté. Cette femme, en effet, est la Vierge.

Nous entrons ici dans le domaine de la légende. Saint Luc, dans son Évangile, nous dit simplement que la Visitation de la Vierge se prolongea et qu'elle resta trois mois auprès de sainte Élisabeth. Jacques de Voragine dans la Légende dorée et Ludolphe le Chartreux dans sa Vie de Jésus Christ partirent de là pour affirmer que la Vierge avait assisté à la naissance de saint Jean. On voulait que Jésus Christ, encore au sein de sa mère, et le Précurseur au moment de sa naissance, eussent été rapprochés.

(Note de la blogueuse : « au sein de sa mère » signifie ici, non sur son ventre entrain de téter, mais à l'intérieur du ventre, bien au chaud dans le placenta).

Ce n'est qu'à partir du XIVème siècle que l'art a représenté cette légende. L'exemple le plus ancien que j'en connaisse en France se voit dans un détail de l'église Saint-Père de Chartres qui est du XIVème siècle. C'est au XIVème siècle également que ce détail apocryphe apparaît en Italie. On le remarque dans la porte de bronze d'Andréa Pisano au Baptistère de Florence. On voit la Vierge nimbée présentant l'enfant à Zacharie écrivant sur ses tablettes. Il suffira de citer un exemple charmant, une page des Heures d’Étienne Chevalier enluminées par Jean Fouquet, un des chef d’œuvre du musée de Chantilly. L'accouchée, toute pâle, est dans son lit que la sage-femme est occupée à refaire : une commère boit un bol de bouillon qui était sans doute destiné à réconforter la mère exténuée. Une servante verse de l'eau dans un cuvier pour laver l'enfant et elle s'assure avec sa main qu'elle est assez chaude. Une autre, devant la cheminée, fait chauffer des langes. Ce mélange d'ironie, de tendresse et de vérité est le secret de ce charmant peintre. On se croirait, non en Palestine au premier siècle, mais en Touraine au XVème. Ce qui prouve bien qu'il s'agit ici, non d'une scène familière, mais d'un solennel chapitre de l’Évangile, c'est la présence, au premier plan, de Zacharie écrivant sur ses tablettes le nom de saint Jean Baptiste et de la Vierge nimbée portant l'enfant dans ses bras ».

 

On peut lire, d'Emile Mâle, sur AlmaSoror, d'autres fragments :

Sur la reine de Saba

Sur les étoffes de pierre

Et d'Albert-Pomme de Mirimonde, ce commentaire instructif sur une Vanité du musée du Louvre

lundi, 30 avril 2018

Annonciation

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(Le mystère est entrain de naître)

vendredi, 27 avril 2018

Détails

J'ai peur de devenir sourd à l'essence des détails, aux détails du désir. Dans le sein de la matrice, quelque chose qui grossit m'effraie. Les espaces de vie sont petits et mal meublés, l'argent est trop fluide pour pénétrer nos pores bouchées. Celle qui doit revenir fait mine de rebrousser chemin. L'Etat n'a plus mon matricule dans ses fichiers. Il y a la tristesse qui monte, le bonheur qui vacille, l'être chéri à qui l'on ne sait comment s'adresser quand la joie est absente du regard.

Je crois en l'espérance, l'espérance espère en nous.

J'ai des déprimes après chaque sortie dans le monde, de retour à mon silence qui ressemble au vide. Cela me donne l'impression de n'avoir rien construit, que les autres sont du roc et que je ne suis qu'un fantôme de sable.

Je crois en l'espérance, l'espérance espère en nous.

 

K ML