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samedi, 07 mars 2015

Midi

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Midi : l'heure de la révolution silencieuse. L'heure du partage, l'heure de la transfiguration. L'heure de la mue. Dans quelques minutes, je ne serai définitivement plus celle qui écrit à cet instant. Se dire adieu à soi-même au bord de la transformation intérieure, et oser croire qu'on va saluer un être autre, un autre soi, dans moins d'un quart d'heure. 

La renaissance est un mystère. 

vendredi, 06 mars 2015

Orgie d'hypocondrie

Poursuivre :

La première minute

La seconde minute

La troisième minute

La quatrième minute

La cinquième minute

jeudi, 05 mars 2015

Nous demandons aux anges gardiens de se manifester

 

Marginal, je ne te demande pas qui tu es ni comment tu en es arrivé là, parce que je te ressemble et que j'y ai échappé belle. Entré par la porte de la mouvance festive, te voilà assis sur les marches du centre de première ligne. Tu ne viens pas précisément pour le traitement de substitution aux opiacées, mais pour garder le contact avec certains usagers et bénévoles qui te connaissent ici. Les expressions « petit trafic », « revendeur », « partiellement inséré » ne te concernent pas. Tu n'es rattaché par rien au monde inséré. Or, il y a cinq ans, rien ne te prédisposait à ce décrochage, à cette errance qu'on peut imaginer sans retour. Peu de sanglots authentiques pourraient dire la misère d'une telle épreuve. Ils ne sauraient la transcrire sans témoigner aussi de toute sa richesse. Ce que tu sais, ce que tu vois, ce que tu vis en toi, forme une information humaine et (péri-)urbaine à laquelle peu de gens ont accès. Tu as grandi dans le Vexin, entre deux incertitudes affectives. Tu arpentes Paris sans savoir où aller. Où sont les anges gardiens ?

 

mardi, 03 mars 2015

fascisme, non sans beauté...

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Fascisme, non sans beauté, de l'architecture des grands ensembles. Le spectre esthétique propose toutes les options de la laideur, mais parfois, l'on y décèle quelque chose qui apaise le regard, des lignes, des blocs, un mode de vie qui nous sauverait de toute angoisse. A moins que cela ne soit qu'une illusion, l'illusion de quelqu'un qui passe en rêvant. Quelqu'un qui ne sait plus quoi faire de ses journées : solitude et chômage peuplent les heures. Tant qu'il y aura des parpaings empilés, se posera comme un dépôt, au fond des âmes vides, la question fondamentale de l'existence de l'individu.

dimanche, 01 mars 2015

Le choléra de 1832 à Paris

Nous reproduisons ci-dessous un fragment d'un chapitre du livre de Louis Chevalier, historien natif de l'Aiguillon-sur-Mer, Classes laborieuses et classes dangereuses, publié en 1958, dans cette belle collection dirigée par Philippe Ariès, Civilisation d'hiver et d'aujourd'hui, qui vit fleurir les œuvres de Michel Foucault, de Victor-Lucien Tapié, de Louis Chevalier et de Philippe Ariès lui-même.

On y découvre à quel point Paris a changé : les quartiers alors pauvres, vus comme infréquentables, sont aujourd'hui huppés et proprets. Mais ce que l'on ne trouve point modifié, c'est la frontière invisible et pourtant implacable que créée l'argent. Ni la Révolution, ni la République, avec leurs grands discours et leurs crimes "justifiés", n'ont aboli cette frontière. Parfois, elles l'ont même rendue encore plus efficace en niant son existence.

Mortalité cholérique et mortalité normale

Catastrophe exceptionnelle, sans doute, que ce choléra de 1832 qui succédait à une longue période, pendant laquelle on pouvait croire que de tels fléaux s'étaient à jamais évanouis. "Les grandes mortalités sont devenues rares", écrivait un peu vite le statisticien de la ville, présentant, en 1823, le deuxième tome des Recherches statistiques concernant Paris. Comment ne pas voir plutôt en cette mortalité exceptionnelle une forme exaspérée de la mortalité normale, une solennelle et monstrueuse expérience, plus lisible et plus incontestable, de cette quotidienne mortalité ? Pour l'une et l'autre, les causes véritables sont les mêmes. Non ce microbe, monté de proche en proche des bouches du Gange, mais cette vieille misère accumulée, cet ancien fond de sous-alimentation, de fatigue et d'usure : terrain de choix, et à tous moments, pour la plus forte mortalité des plus misérables ; favorable aussi, mais accessoirement et secondairement, à une épidémie dont il faut bien reconnaître qu'elle est restée sans prise sur les régions de France, même urbaines, où la misère et, en même temps qu'elle, la mortalité normale étaient le plus faible.

La ressemblance va plus loin : jusque dans une même inégalité des pertes qu'elles infligent l'une et l'autre aux groupes sociaux. La seule différence est que, le chiffre des décès cholériques étant plus élevé, la répartition par classe, en 1832, est plus nette et qu'il est possible d'aller jusqu'à ces catégories infimes qui, dans les statistiques de mortalité normale, n'apparaissent pas : non plus seulement aux bourgeois et au peuple, mais parmi eux, aux groupes professionnels, avec leurs niveaux de vie et leurs genres de vie, leur condition matérielle et morale, leurs travaux, leurs gains, leurs plaisirs, leurs passions ; non plus seulement aux arrondissements et aux quartiers, décrits en fonction de leur population prédominante, bourgeoise ou ouvrière, mais aux rues et aux logements, observés avec leurs caractères variés d'ensoleillement, de ventilation, d'humidité, de propreté. Toute une répartition sociale se lit en cette répartition de la mortalité : rentiers, petits patrons, travailleurs en atelier ou en chambre, travailleurs en plein air, travailleurs du fleuve, et même ces catégories inférieures ou considérées comme telles, journaliers, porteurs d'eau, chiffonniers enfin, chargés des déchets de la ville et du dégoût de tous. Tout un paysage urbain aussi, dans un grand détail de rues et d'impasses, dans une minutieuse classification qui n'est qu'une reproduction de la nomenclature des décès.

L'épidémie est une première et incontestable expérience de l'inégalité sociale, pour le statisticien de la ville qui fait, de l'inégalité devant la mort, une découverte dont nous décrirons les phases : mais elle l'est aussi, et immédiatement, pour les habitants de la ville, et d’abord pour les plus infimes et les plus férocement frappés par le mal. C'est à juste titre que Jules Janin évoque, en pleine épidémie, cette "peste d'une populace qui se meurt seule et la première, donnant par sa mort un démenti formidable et sanglant aux doctrines d'égalité dont on l'a amusée depuis un demi-siècle". Démenti, par l'apparition du fléau dans les quartiers les plus pauvres : sont tout d'abord atteints, le 13 février 1832, un portier de la rue des Lombards, puis une petite fille de la rue du Haut-Moulin, dans le quartier de la Cité, puis une marchande ambulante de la rue des jardins-Saint-Paul, puis un marchand d'oeufs de la rue de la Mortellerie. Démenti, par les cynique commentaires de la presse bourgeoise : "Le choléra-morbus est dans nos murs, écrit le Journal des Débats, le 28 mars. Hier, un homme est mort dans la rue Mazarine. Aujourd'hui, neuf personnes ont été portées à l'Hôtel-Dieu, dont quatre déjà sont mortes. Tous les hommes atteints de ce mal épidémique, mais qu'on ne croit pas contagieux, appartiennent à la classe du peuple. Ce sont des cordonniers, des ouvriers qui travaillent à la fabrication des couvertures de laine. Ils habitent les rues sales et étroites de la Cité et du quartier Notre-Dame".

Louis Chevalier, IN Classes laborieuses et Classes dangereuses

 

Sur AlmaSoror :

Encore un adieu

Bourg choisi

Caste, classe : le théâtre de la distinction sociale

Où étaient les enfants ?

L'échec social et la mort

La mort et les matérialistes

Etat-civil, état des personnes

Au matin parisien du 4 juillet 2014

Visages hâves des parisiens des bas-fonds...

Pensées d'une fenêtre

Extase

Balzac et un verre de Marsannay

Souviens-toi de l'été dernier

La marée orange

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La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.

Paul Eluard, L’amour la poésie, 1929

samedi, 28 février 2015

Souvenir d'un rêve

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vendredi, 27 février 2015

La bande originale d'une vie

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La vie est un film. Si vous entendiez ma bande sonore, vous danseriez, immobiles, intenses, en contemplant les interstices miraculeux qui se glissent en loucedé dans cette infâme prison mentale qu'est la réalité.

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Ailleurs/ici :

Alix d'air et de feu

Autel

jeudi, 26 février 2015

Le lycée parisien, un personnage secondaire de choix

édith de cornulier, dominique le brun, le lycée parisien, éditions du mécène

Devant les façades sombres et froides piquées du drapeau français, se dissimulent de véritables palais urbains dédiés aux adolescents.

Les lycées de Paris constituent un patrimoine inconnu du public. Anciennes institutions du haut Moyen Âge, casernes d'éducation voulues par Napoléon, bâtisses égrenées par la troisième République conquérante, fleurons Art Déco des Années Folles, concepts bétonnés de la modernité des années 1960 : ces monuments seront un jour les témoins intimes de l'épopée de la jeunesse française.

Voyage dans les arcanes de la ville, dans les affres de l'Histoire et dans les grandeurs d'un projet collectif français déchiré entre l'égalité et l'élite. Le lycée parisien reflète les ivresses et les tourments d'un rêve éducatif transmué en réalité nationale.

 

Textes d'Edith de Cornulier, photographies de Dominique Le Brun

Editions du Mécène, janvier 2015

 

 

mercredi, 25 février 2015

La vitalité brute

Aucune époque future ne parviendra à comprendre le degré de consommation industrielle auquel nous sommes arrivés : nous achetons des dentifrices, des déodorants, des shampoings, de la lessive, sans lesquels nous n'imaginons plus vivre décemment, quand l'argile, le gros sel non raffiné, le vinaigre et le citron peuvent rendre des services inestimables - avec moins de toxicité !

 

mardi, 24 février 2015

La quête du courage

 

La lecture des sinistres et troubles expériences de Stanley Milgram fait froid dans le dos en dépit du chaud chandail qu'on porte en ces jours hivernaux. Le visionnage du documentaire de Carmen Castillo sur la Flaca Alejandra, cette femme chilienne qui, retournée sous la torture par ses bourreaux, passa une partie de sa vie à trahir ses anciens camarades de lutte, complète notre vision sombre des comportements auxquels les personnes les mieux intentionnées au monde sont susceptibles de s'adonner, dès lors que la pression – physique ou mentale – devient trop forte.

Comme le dit une ancienne camarade de la Flaca, qui, contrairement à elle, n'a pas trahi malgré la torture, il est faux qu'il y a, d'un côté les gens courageux, qui tiennent, et de l'autre, les lâches, qui succombent. Malgré son courage face à la torture, le refus de condamner son ancienne camarade traîtresse a valu à cette femme des ennemis haineux. Des parangons de vertu qui n'ont jamais été torturés se détournent d'une héroïne parce qu'elle ne les rejoint pas dans leur condamnation morale ! Pourtant, si une femme qui a subi la torture et a tenu bon face à ses bourreaux affirme qu'elle ne doit pas son courage à sa haute éthique, mais à sa constitution intérieure, nous devrions l'écouter... Cette femme sait que si elle a tenu bon, et que l'autre a trahi, c'est que chacune a agi au mieux pour elle-même au plus profond de la souffrance. Peut-être que chacune a choisi la survie de la parcelle d'elle-même à laquelle elle avait accès. Face à une tension insoutenable, la réaction provient, non pas du choix présent de la personne, mais de conditionnements intimes venus depuis la nuit des temps de son identité, peut-être la toute petite enfance, peut-être encore plus tôt dans la constitution de notre intégrité.

De même que, comme l'affirme le Comité invisible dans Son Insurrection qui vient, « être pacifiste sans pouvoir faire feu n'est que la théorisation d'une impuissance », de même juger le courage ou la traîtrise d'un être sans être passé par ce qu'il a vécu revient à se revêtir d'une morale inepte et hasardeuse.

Les courages sont nombreux et ne se ressemblent pas. La lucidité est un courage qui peut coexister avec la couardise ; et l'héroïsme du sacrifice peut cohabiter avec une incapacité à regarder en face la vérité. Certains héros d'un jour sont incapables de faire face aux multiples engagements et efforts que la vie quotidienne exige de nous. Une personne qui tient ferme son secret face à la torture pourrait n'avoir aucun courage politique. Le courage du quotidien consiste à vaillamment faire face à la peine de chaque jour ; le courage moral, à agir selon ce que l'on croit bien et bon, quelle qu'en soit les conséquences pour son confort. Le courage physique, à endurer la douleur sans se transformer en guenille déshumanisée ; le courage intellectuel, à regarder la vérité même si elle fait s'écrouler ce qu'on aime comme un château de cartes ; le courage politique, à se dresser avec vigilance contre les abus de pouvoir et les dégoulinades émotionnelles collectives. Qui peut prétendre les allier tous, à tous les instants, dans toutes les situations ? Qui peut savoir ce qui motive ces multiples courages ? Qui pourrait sans ridicule énoncer une hiérarchie de ces courages et distribuer des bons points aux uns et aux autres ?

Le doute est immense, la fatalité nous cerne. Pourtant, le courage est un sujet crucial qu'aucun de nous ne peut enfermer dans le placard des choses obsolètes.

Dans la vie professionnelle, les discours et les actes s'opposent sous nos yeux sans que les personnes que nous contemplons ne semblent s'en apercevoir. L'on trébuche de surprise face aux attitudes si iniques, si banales et si quotidiennes que l'on décèle, mais soi-même, on ne se voit jamais en entier...

Il faudrait une recette pour tenir debout et ferme sous les pressions destructrices. Au fond de quel grimoire, au fond de quel chaudron dort-elle !

 

Ici et là, sur AlmaSoror :

Clair-obscur à Alma-Ata

Comme il est facile de juger, et difficile de vivre...

Où il y a jugement, il y a injustice...

Lu dans les toilettes d'un bar à la station Robespierre (Montreuil)

L'ange et l'archange (Saint-Just et La Rochejacquelein)

La robe rouge de Dana

"Malheureux ! s'écria Mercedes". La liberté d'échouer

Le salariat

Le bien-être des porcs : un argument publicitaire

L'humanisme et les droits de l'homme au regard des langues quechua et tahitienne

 

lundi, 23 février 2015

Exercice d'un après-midi d'hiver

Chacun d'entre nous devait tirer trois enseignements de la période écoulée entre le mois de mai 2013 et celui de janvier 2015.

Voici ce que j'écrivais dans l'espace réservé à ce petit exercice :

1- L'enfermement est mental, la délivrance est mentale. Même un gros problème minant et insoluble peut se dissoudre dans l'air en quelques instants, par la grâce d'un tout petit détail technique auquel on n'avait pas pensé, ou par la modification radicale du point de vue.

2- Les amitiés, les bonnes ententes et la capacité à se fréquenter avec plaisir dépendent de circonstances extérieures propices, (et non pas d'une entente de fond, abstraite).

3- Le bonheur provient essentiellement d'une décision personnelle de cultiver la joie et d'un renoncement à la satisfaction mesurable.

 

La lente heure du thé

Comme l'enfant s'ennuie, pendant que les grandes personnes prennent le thé dans le salon sombre et froid derrière l'escalier.

 

dimanche, 22 février 2015

Paupières

 Dans ce rêve je me mouvais ostensiblement dans les tableaux d'Osbert et de Le Sidaner, une fleur de lys dans la main gauche, un sourire flottant sur les lèvres, et j'attendais avec passion que rien n'advienne. Ma fièvre de vivre encore ce moment en instance, cet instant prolongé, plissait quelque peu mes paupières. Mes paupières, oui. Mais ce sont les tiennes que j'imagine maintenant, aujourd'hui, sous ce ciel plus gris qu'une colombe. Tes paupières sur la peau desquelles parfois du rose, parfois du bleu, transparaissent, mystères émouvants venus de l'autre côté de ta peau.

Un soir - t'en souviens-t-il ?

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Un soir... oui, un soir de paix sur la Terre.

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