Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 19 décembre 2013

R.I.P.

39.jpg

Il n'y a aucune raison, aucune raison pour que je parte, aucune raison pour que je reste. Il y eut des soleils matinaux et des après-midi de pluie, ton regard éternel et ta silhouette qui vaquait. Désolation de savoir que nous nous sommes si peu compris. Il y eut l'attente, la terreur, les mots durs, l'âme chiffonnée et l'envie d'en finir - et puis toujours la carte bancaire qui autorisait une réconciliation au milieu des autres, au cœur de la ville, là où toutes les disputes commencent et s'achèvent. Il y eut les tentatives d'isolement, quinze jours à la campagne avec une voiture qui démarrait une fois sur deux. Tes bouteilles d'alcool dans le coffre et mon renoncement à te faire des réflexions. J'avais l'impression réelle de vivre, à certains moments, dans les rires comme dans les pleurs et dans les courses après les amis qui allaient et venaient. Il y eut surtout l'impression de sous-vivre, de ne pas vivre, de ne plus ressentir ni le manque, ni la nuit en impulsion. Je ne sais même plus comment nous nous sommes rencontrés, sans doute un jour sans soleil ni pluie où nous avons cru pouvoir croire à un éternel présent ?

Te voilà parti, fils du rock français et de la chanson américaine, amoureux de tout ce qui ne te remettait pas trop en question. Te voilà claqué, sans avoir été trop longtemps HS. Te voilà habillé de velours, dans ce linceul qui te sied mal. Te voilà perdu pour les sensations, pour les bars, pour les étonnements, pour les cris, pour les larmes et pour la stimulation intellectuelle. La bande passante de tes humeurs s'est stoppée net. Des images de toi, des photographies de nous  - ratées -, des dialogues amusants que nous eûmes surgissent du passé et se dressent en un panthéon dans mon esprit mortel, mais vivant.

Ta mort me touche, ta mort s'exprime tellement mieux que nous tous. Elle dit : "c'est fini" et elle ajoute "et c'est tout". Qu'importe les disputes psycho-sociales autour de ta dépouille et de cet accompagnement aux portes de l'Adieu... D'autres souffrent beaucoup plus que moi, d'autres ont tout perdu et n'emportent, de ces longues années à tes côtés, que l'image finale d'un mercredi matin où tout a basculé.

R.I.P. : ce pourrait être une marque de fringues, un groupe musical, un code clanique ; ce sont les initiales de Requiescat in pace.

Ce matin, j'écoutais Hyacinthe House en contemplant rien du tout qui passait par la fenêtre.

mardi, 17 décembre 2013

La maternité

la maternité, mathieu simonet

"Parfois, elle arrête le temps pour écouter, fervente, Can't get enough de Barry White, ou les Nocturnes de Chopin. Elle aurait voulu être un gros bonhomme noir américain originaire de la Nouvelle-Orléans, qui fume des cigares en faisant le piano-bar dans des boites new-yorkaises. C'est raté".

Témoignage 199

Sur l'un des blogs de Mathieu Simonet, La Maternité, les témoignages se succèdent et coexistent.

dimanche, 15 décembre 2013

Songe d'une brume gothique

 songe d'une nuit gothique.jpg

 Ils se sont pendus dans la maison où dormaient tranquillement leurs enfants. Ils ont sauté par la fenêtre un jour d'été (au déjeuner il y avait eu une crise de fou rire, puis de la musique pendant un bon café). Ils se sont jetés sous un train une semaine après l'annonce d'une bonne nouvelle. Ils ont avalé cent pilules dans une salle de bains éclairée aux néons. Ils ont décroché le fusil de chasse du vieux mur et l'ont tournés sur eux par une nuit étoilée. Il ont sauté du Pont-Neuf ou du pont du Gard, ils ont roulé à 280  kilomètres heures vers un platane.

Des gens les aimaient. Des enfants les attendaient. Des chiens les veillaient. Des parents les pleurent encore.

Ne cherche pas d'indices dans leur vie, dans leurs rapports avec les gens qui les entourent, dans leurs hauts et bas ; c'est leur âme qui appartient à la mort. Nul culpabilité ; mais un engrenage, un cercle infernal au sein duquel ils sont prisonniers, comme dans des sables mouvants.

Ne te fouette pas, ne t'ensevelis pas sous des seaux de culpabilité inadéquats. C'est leur âme qui appartient à la mort, comme la tienne appartient à la vie. Vos chemins se sont croisés sans que tu n'aies rien pu faire. Tu les as aimés tous les jours de ta vie sans que cela les retienne.

Ils étaient détestés, charmants, enviés, adorés, tolérés, beaux, laids, forts, fragiles, intelligents, médiocres, tendres, violents, fidèles, instables, rigides, détendus, amoureux, solitaires, fêtards, religieux, bon vivants, végétaliens, chasseurs, surfeurs, poètes, comptables, souriants, boudeurs. Vous vous ressembliez comme deux gouttes d'eau peut-être. Tu te demandes pourquoi tu te lèves encore lorsqu'ils ont quitté cette vie par effraction. C'est leur âme qui appartenait à la mort et qu'aucun contre-sortilège n'a su charmer.

 Edith

(Sur AlmaSoror : les yeux, les tombeaux, l'esclave)

 

samedi, 14 décembre 2013

κούφα σοι χθὼν ἐπάνωθε πέσοι

a_travers_2.jpg
Image extrait d'À TRAVERS LA VILLE, de Sara

 Alexandre Marius Jacob fut l'anarchiste qui inspira à Maurice Leblanc le personnage d'Arsène Lupin. Chef de la bande des Travailleurs de la nuit, rois de la cambriole, il mena plus de 150 vols de riches maisons, récolta un butin démentiel (qui équivaudrait aujourd'hui, d'après de savants calculs, à 15 millions d'euros), butin consacré entièrement à la cause anarchiste (publication aux revues, aide aux familles des prisonniers...)

Face à ses juges, M.A. Jacob ne perdait ni sa verve, ni le Nord, comme en témoigne le texte qu'il leur adressa, Pourquoi j'ai volé.

"Plutôt que d’être cloîtré dans une usine, comme dans un bagne ; plutôt que mendier ce à quoi j’avais droit, j’ai préféré m’insurger et combattre pied à pied mes ennemis en faisant la guerre aux riches, en attaquant leurs biens. Certes, je conçois que vous auriez préféré que je me soumette à vos lois ; qu’ouvrier docile et avachi j’eusse créé des richesses en échange d’un salaire dérisoire et, lorsque le corps usé et le cerveau abêti, je m’en fusse crever au coin d’une rue. Alors vous ne m’appelleriez pas « bandit cynique », mais « honnête ouvrier ». Usant de la flatterie, vous m’auriez même accordé la médaille du travail. Les prêtres promettent un paradis à leurs dupes ; vous, vous êtes moins abstraits, vous leur offrez un chiffon de papier.

Je vous remercie beaucoup de tant de bonté, de tant de gratitude, messieurs. Je préfère être un cynique conscient de mes droits qu’un automate, qu’une cariatide.

Dès que j’eus possession de ma conscience, je me livrai au vol sans aucun scrupule. Je ne coupe pas dans votre prétendue morale, qui prône le respect de la propriété comme une vertu, alors qu’en réalité il n’y a de pires voleurs que les propriétaires.

Estimez-vous heureux, messieurs, que ce préjugé ait pris racine dans le peuple, car c’est là votre meilleur gendarme. Connaissant l’impuissance de la loi, de la force pour mieux dire, vous en avez fait le plus solide de vos protecteurs. Mais prenez-y garde ; tout n’a qu’un temps. Tout ce qui est construit, édifié par la ruse et la force, la ruse et la force peuvent le démolir.

Le peuple évolue tous les jours".

La suite se lit par ici...

On peut aussi lire ses Souvenirs d'un révolté par là.

 

Alexandre Marius Jacob passa 23 ans au bagne de Cayenne, puis revint vivre dans la commune de Reuilly. Il s'y suicida en 1954 par injection volontaire d'une overdose de morphine (et suicida aussi son chien Negro), le jour de ses 75 ans, après avoir offert un dernier goûter aux enfants du village, et l'on retrouva chez lui ces mots : ...linge lessivé, rincé, séché, mais pas repassé. J'ai la cosse. Excusez. Vous trouverez deux litres de rosé à côté de la paneterie. À votre santé

a_travers_5.jpg

Sit tibi terra levis...

vendredi, 13 décembre 2013

Hors les murs

Cette nuit au creux d'un rêve, deux femmes ne parlaient presque pas dans le grand salon d'un appartement dont les fenêtres donnaient sur Beaubourg. Au-dessus des lumières artificielles de la ville, la face de la lune souriait. Une musique d'Interzone donnait l'impression de naviguer sur un vaisseau de sons. Chacune sirotait son verre de porto, l'une à la fenêtre, l'autre accoudée à un grand fauteuil de cuir bordeaux. 

L'interprétation des rêves m'a été enseignée par Venexiana, mon ennemie jurée. Celui-ci me laisse songeuse ; aujourd'hui que je dors éveillée, au milieu des pilules et des kleenex, en écoutant le ciel passer de l'autre côté de la vitre, je me fais l'exégète de ces non-dits nocturnes, et je crois que leur signification reflète la Grande Ourse. 

Car si l'on accepte de regarder en face son désir, quel fracas pourra éclore d'une vie possible ? 

Mais je divague. Instances pures, ruines du temps passé, caresses ébauchées, à peine osées, délires à naître, je vous somme de prendre forme. Votre symbole m'accompagnera. 

Et toi qui buvais (cette nuit, sans le savoir) ce porto dans cette grande pièce créée pour nous, sache que ton coeur et ton regard forment le ciel et la mer d'un horizon fascinant. 

Sache que ton style est un ciselet qui sculpte des phrases que j'apprends par coeur. 

Sache que ton corps est le temple de la majestueuse et délicate Adoration. 

Sache que ta vibration résonne en moi comme mille cordes de guitares pincées au fond d'un puits sans fond. 

Mais je divague. Présence pure, bruines des temps à venir, soleils brouillés, à peine remarqués, plaisir de renaître, je crois qu'une aventure a commencé. Quand le rêve et le réel se reconnaissent, échos et reflets jouent le grand jeu de la beauté. 

 

Édith

mercredi, 11 décembre 2013

Le flot urbain

Jean Bouchenoire, frère égaré dans des zones mentales, sans ozone imaginaire, nous autorise à publier quelques extraits de son roman Baksoumat.

Année 1969. Un vieux village de l'Île de France mourait sous le déversoir des camions de béton : des maisons d'un âge désuet, qui avaient vu naître et mourir des générations familiales à travers les décennies, tombaient sous les coups, pour être remplacées par de hautes tours de béton et de fer. Les possesseurs de ces anciennes maisons recevaient un petite somme qui ne comblait pas la perte de leur histoire, de leur région, de leur village, et qui ne leur permettait même pas de s'acheter une autre maison. Aussi étaient-ils relogés dans un appartement d'une de ces tours.

Ces immeubles s’élevaient dans la satisfaction des architectes et des hommes politiques, fiers de bâtir ainsi la grande œuvre du XXème siècle : la civilisation universelle, où les flux de routes longent des champs de tours capables d’abriter des centaines d’habitations. En échange de la disparition des villages, des familles et des coutumes locales, en échange de la mort des cerfs, des sangliers, des chevreuils, des oiseaux de l’Île de France, des villes nouvelles traduiraient la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen en réalité.

En dépit de la destruction du pittoresque, une croyance lumineuse interdisait toute plainte : l’espoir qu’enfin meurent les patries figées, refermées sur leur histoire locale, au profit du rassemblement de l’humanité. Comment regretter des maisons, et leurs humbles histoire, des rivières, et leurs cours discret entre des bois méconnus, des plantes, et leur charme ignoré, des allées, et leurs passants oubliés, des histoires particulières, si jolies soient elles, quand c’était le chant de l’avenir qui se dressait, certes laid comme un adolescent boutonneux aux proportions déséquilibrées par la croissance, mais chargé d'énergie nouvelle ?

Jean Bouchenoire, In BAKSOUMAT


Jean Bouchenoire sur AlmaSoror

Autres extraits de Baksoumat

mardi, 10 décembre 2013

Vous reviendrez vivre et aimer

6.jpg

Photographie de David Hamilton

 

Amis, lecteurs inconnus, lecteurs mystérieux, visiteurs d'AlmaSoror, vous que nous ne connaissons pas et qui venez quelquefois, ou si souvent,

voudrez-vous participer à l'Âme-Soeur, le temps d'un billet ? Le temps d'écrire, dessiner ou photographier quelque chose qui aurait pour titre :

 

À Saintes, dans cette chambre qui donne sur la rue Bourignon...

 

La date butoir pour envoyer votre contribution à AlmaSoror (almasoror.plateforme AT  gmail.com) est le 31 décembre 2013.

Car c'est pour ouvrir en beauté l'année 2014 qu'AlmaSoror vous désire, ardemment. Les contributions seront publiées au compte-gouttes, chaque semaine.

 

Edith, barmaid du blogzinc

dimanche, 08 décembre 2013

Coco littérature

J'ai demandé à quelques personnes de m'envoyer un texte contenant ces éléments :

oh mon âme
le plus vieil été du monde
c'était si pur
ta
mère absente
coco

Répondirent à l'appel : J.B, Alexandre Loisnac, Mathieu Granier, Henri-Pierre Rodriguez, Mavra Novogrochneïeva, Les Calcinés, Laurence Bordenave, Martin, Kevin de Motz-Loviet et moi-même.

(Nous attendons quelques retardataires : qu'ils envoient quand ils le peuvent !)


Voici ce que nous pondîmes :


J-6 avant l'automne, de Mathieu Granier

Dialogus, de J.B

Eau de coco, de Laurence Bordenave

Oh mon âme..., d'Henri-Pierre Rodriguez

Eh Coco ? De Mavra Novogrochneïeva

Je n'abats jamais, des Calcinés

1984, de Martin

Vers, de Kevin de Motz-Loviet

Poème, d'Aleixandre Loisnac

Aranjuez, d'Edith de Cornulier-Lucinière


samedi, 07 décembre 2013

Eau de coco, de Laurence Bordenave

Laurence Bordenave se balade entre deux mondes, elle connaît celui des toutes petites bêtes et celui des textes et des images.

En décembre 2013, elle répond à l'appel d'AlmaSoror, qui propose d'écrire un texte contenant :

oh mon âme
le plus vieil été du monde
c'était si pur
ta mère absente
coco

 

Eau de Coco

Ce quidam, tu sais, celui qui ne savait pas ce qu’il voulait combattre. Un officier que seule la lune pouvait voir. Il est mort.

Il n’a pas fallu longtemps au massacreur pour subjuguer notre inconscient tant il est vrai qu’apparemment la mouche et l’homme se ressemblent.

Avec l’été – le plus vieil été du monde, maintenant, je le sais, l’orage grondait au fond d’un cri que ni toi, ni moi, n’aurions pu percevoir, ou peut-être le chat. Les chats perçoivent.

Mais dans cet air putride et vert, gonflé d’un océan d’oiseaux, l’officier, que l’eau de coco n’a pas suffit à ranimer, chargea le cœur des médecins d’une douleur inavouable. Que faire alors ? Aucun de nous ne s’attarda sur ce conflit. Ta mère absente, la mienne aussi, nous étions donc unis par les liens de la fuite. Te souviens-tu alors quand nous courûmes ?

Oh, mon âme ! Te souviens-tu ?

C’était si pur.

 

Laurence Bordenave

 

1984, de Martin

Martin et la barmaid d'AlmaSoror, anciens élèves du lycée Buffon, ne s'étaient pas vus depuis bien longtemps, lorsqu'en décembre 2013, il répondit au mail d'AlmaSoror, qui proposait d'écrire un texte contenant :

oh mon âme
le plus vieil été du monde
c'était si pur
ta mère absente
coco

 

1984

C'était un soir frais du début de l'automne – ou de la fin de l'été. L'année ? 1984. Sa jeunesse me damnait, Ô mon âme, je croyais vivre enfin le grand amour, mais ce n'était que le plus vieil été du monde, celui qui même aux senteurs des tilleuls le chaud appel des étourneaux étourdis par l'accouplement. C'était si pur, ta tendresse. Nous étions libres (ta mère absente), et heureux. Coco courait au loin devant nous dans les bois dont nous remontions les sentiers chaque soir, jusqu'à la cabane en haut de la colline. Qu'es-tu devenu ? Je l'ignore, et de par les maisons que j'ai visité cet été, nul ne le sait. Je n'ai jamais si si je t'ai donné ou blessée. Incapacité de me juger moi-même, Ô mon grand amour, seule que j'ai aimée.

Martin

 

Je n'abats jamais - Les calcinés

Les Calcinés sert dans un bar du sixième arrondissement et boit après le travail dans un bar du septième arrondissement.

En décembre 2013, il répond à l'appel d'AlmaSoror, qui propose d'écrire un texte contenant :

oh mon âme
le plus vieil été du monde
c'était si pur
ta mère absente
coco


Je n'abats jamais

 

Je n'abats jamais mon jeu, ni mon ennemi. Je n'abats que le travail de chaque jour, j'avance bardé, armuré, chamarré de plomb et d'argent vers des lignes d'épure où je planterai ma tente finale, à l'horizon des crépuscules. Peu importe la douleur tiède des éveils de défaite, des gueules de bois des lendemains de fête, j'avance lentement vers le plus vieil été du monde.

Au temps des jeunesses, nous avons partagé des espoirs hilarants, oh mon âme, c'était si pur de croire en un avenir soyeux. C'était si bête aussi, oh mon corps, empli de cicatrices et vieilli, aujourd'hui, tu pleures ta mère absente, son odeur Coco Chanel, son allure coquette, ses blagues cocorico, des larmes sans sel se souviennent des moments sucrés.

Car plus rien ne reste des hivers où nous espérions. La vie a rempli son rôle d'éducatrice : je sais désormais que, soldat voué à une mort vaine, j'avance sans plier ni blesser vers la porte fermée, vers l'impasse dernière, vers le plus vieil été du monde. Je n'abats jamais mon ennemi, je n'abats jamais mon jeu. Je ne bats que la carte du Tendre, enfuie d'un tarot taré.

 

Les Calcinés

 

Vers, de Kevin de Motz-Loviet

 Kevin de Motz-Loviet est membre de la confrérie de Baude Fastoul. Il a participé trois fois à AlmaSoror, un premier extrait, un second extrait, ainsi qu'une lettre à L.N.

En décembre 2013, il répond à l'appel d'AlmaSoror, qui propose d'écrire un texte contenant :

oh mon âme
le plus vieil été du monde
c'était si pur
ta mère absente
coco

Le résultat est en vers :


Oh mon âme alourdie ne pèse plus ses mots -

Elle se remémore un souvenir de Nantes

Par le plus vieil été du monde, du Coco

Dans un lagon de rhum au bar des années 30

 

Sur nos vies planait l'ombre de ta mère absente

C'était si pur ce son du pianiste enivré

Je croyais vivre enfin l'amitié des atlantes

En sirotant le punch et ton sourire ambré

 

C'était si pur ce son du pianiste enivré

Dans un lagon de rhum au bar des années 30,

Je voyais rire enfin ta bouche surannée

Titubant à ton bras dans les ruelles de Nantes


Kevin de Motz-Loviet

 

Dialogus, de J.B

J.B travaille dans une banque. Il lit souvent AlmaSoror.

En décembre 2013, il répond à l'appel d'AlmaSoror, qui propose d'écrire un texte contenant :

oh mon âme
le plus vieil été du monde
c'était si pur
ta mère absente
coco

C'est sa première participation au blog de l'âme-soeur.

 

DIALOGUS

Si la vie t'était donnée deux fois, tu te souviendrais du plus vieil été du monde, père de tous les étés. Tu puiserais aux sources de ses jours les joies que tu n'as pas connues, à cause de ton frère malade, ta mère absente, ta puissance amputée.

- Oh mon âme, dirais-tu, n'ai-je pas tout le temps de me tromper ?

- Non mon coco, car la seconde vie est faite de toutes les libertés que tu as tissées au cours de la première. L'immortel est un homme parfait.

 

J.B

 

eh coco ? de Mavra Nicolaïevna Novogrochneïeva

Mavra Novogrochneïeva est membre de la confrérie de Baude Fastoul. Elle est une des photographes attitrées d'AlmaSoror et tient par ailleurs un blog monomaniaque sur sa passion des grues.

En décembre 2013, elle répond à l'appel d'AlmaSoror, qui propose d'écrire un texte contenant :

oh mon âme
le plus vieil été du monde
c'était si pur
ta mère absente
coco

Le résultat est l'autobiographie déchirante du flingue Coco, que connaissent déjà les lecteurs des Mémoires d'une voyouse


eh coco?

« Coco, eh coco?

Coco c'est moi, c'est le flingue. Et la voyouze, de temps en temps, elle me parle. Moi j'aime bien. Elle me raconte sa vie et elle me montre quand elle aime bien les paysage, les gens. Elle me sort et elle vise. Moi j'aime bien.

Un jour, on est allé au bout du monde. C'est là qu'il y avait eu le plus vieil été du monde, avec des dinosaures. La preuve, les arbres, énormes. C'était si pur, pas de bruit dans la forêt sauf quelques bruissements, et puis la résonance de quand elle vise sur un arbre. Le ricochet sur les tronc. C'était si pur.

Oh mon âme, elle pleure en se souvenant. Après la forêt, les arbres, elle a été prise de nostalgie ma voyouze, et elle a voulu voir sa maison. Elle aurait pas dû. C'est ça qui l'a perdue. Elle a pleuré et elle m'a raconté: "tu sais pas ce que c'est, ta mère absente pendant des jours, la peur dans la nuit, toute seule, c'est pour ça que je t'aime mon coco, eh coco, mon poteau."
Puis elle a visé, une dernière fois, c'était elle qu'elle visait, la voyouze. Elle me manque ma voyouze. »

 

Mavra, 18 nov 2013 entre 21h et 22h

 

Oh mon âme, mon Édith, d'Henri-Pierre Rodriguez

Henri-Pierre Rodriguez - HP pour les très intimes - tient le blog Crescent.

En décembre 2013, il répond à l'appel d'AlmaSoror, qui propose d'écrire un texte contenant :

oh mon âme
le plus vieil été du monde
c'était si pur
ta mère absente
coco

Le résultat fit rougir la barmaid du zinc almasororien :


Oh mon âme, mon Édith

Oh mon âme, mon Édith, ne crois pas que j'oublie

Mais même si mes nouvelles semblent aussi lointaines que le plus vieil été du monde

Ne crois pas que j'oublie, nous avons affronté tant et tant de turbulences que nous avons la nostalgie d'hier,c'était si pur

Mais comme jamais ta mère absente ne saurait être, crois-moi, nous non plus n'étions jamais bien loin

Ne me crois pas vilain coco même si pour un peu je dépassais la date

 

Henri-Pierre Rodriguez