lundi, 22 février 2010
Le Docteur Porstmann, la Reine d'Angleterre et racine carrée de 2
Laurent Moonens descend de son nuage abstrait, charmé par sa récente compréhension du format du papier. Il nous fait partager (mathématiquement quand même) sa récente découverte. Le mathématicien belge en profite abusivement pour blaguer le mariage royal du président français.
Le format A : hommage au docteur Porstmann, à la reine d'Angleterre et à racine carrée de 2
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dimanche, 21 février 2010
Oui !
Dire oui en finnois, par M.G.
Chère lectrice, cher lecteur,
Saviez-vous qu’en finnois il existait différentes manières de dire « oui »? Je ne parle pas ici de transformations dérivées de « oui » et de « non » telles que « ouais » ou «ouaip ». En finnois, il existe des mots vraiment différents. Des « oui » plus ou moins sûrs, des « oui » d’écoute ou de compréhension, des « oui » de surprise ou d’assentiment.
1) L’interlocuteur est sûr de ce qu’il dit. Il reprend seulement le verbe et le conjugue, ou ajoute joo/ kyllä (plus littéraire que joo) en début de phrase
A :Oletko Mika ? (Es-tu Mika ?)
B: Olen. (Je suis)
A) Oletko Mika ?(Es-tu Mika?)
B) Joo, olen. (Oui, je suis)
A) Oletko Mika ? (Es-tu Mika?)
B) Kyllä, olen. (Oui, je suis)
2) L’interlocuteur écoute et le montre en disant ”niin”, sans forcément être d’accord avec ce qu’il entend
A: Mika on mies. (Mika est un homme)
B: Niin. (oui)
A: Marja on näinen. (Marja est une femme)
B: Niin. (oui)
A : Mika ja Marja ovat hyviä ystäviä. (Mika et Marja sont bons amis)
B: Niin. (oui)
3) L’interlocuteur est tout à fait d’accord
A:Mika ja Marja ovat hyviä ystäviä
B: Aivan ! (oui, tout à fait)
4) L’interlocuteur est surpris
A. Mika ja Marja ovat hyviä ystäviä
B. Aivan? (Ah oui ?)
Voilà, pour cette petite explication sur les différentes manières de dire « oui » en finnois. Pouvoir jouer avec ces différents « oui » peut être un véritable régal pour le Français qui ne connaît que oui et si. A bientôt !
Manuel Gerber
Bruxelles
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samedi, 20 février 2010
La derrota del césar
Dejó en el lecho a la tierna gacelilla, paladeando aún el eco de sus últimos gemidos. La luz del aseo le devolvió, al otro lado del espejo, una reminiscencia de brillo depredador que insuflaba algo de vida a los ojillos oscuros y algo enrojecidos que le miraban, cercados por incipientes arrugas. La ceja ligeramente arqueada, aunque despeinada, establecía una sutil complicidad autosatisfecha con la leve contracción en la comisura izquierda de los finos y apretados labios. Cierta dilatación en las fosas de la pequeña nariz aportaba algo de intensidad al conjunto. Sin embargo, ajenos del todo a esa conexión, los prominentes y sonrosados mofletes prestaban a aquel ensayo de mirada un inesperado envoltorio de redondez que encontraba en la parte superior cierta coherencia o hasta plenitud en una extensa y reluciente calva blanca. A los lados de la esfera, subrayando la separación entre el hemisferio encendido y el pálido, unas azarosas greñas grises de considerable extensión aspiraban a una tortuosa horizontalidad, a modo de excesiva e indisciplinada corona de laurel. Entonces, de manera casi imperceptible, la ceja descendió, cesó la dilatación nasal, se entreabrieron los labios y el rubor se intensificó en las mejillas. Apagó la luz.
Antonio Zamora
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vendredi, 19 février 2010
Les sacrifiés
Marin Dupondt nous envoie cette réflexion étrange, écrite sur son I-Phone
sous un bigaradier portugais.
Les monarchies européennes actuelles ne respectent pas la dignité de certaines personnes : les rois.
Les rois ont un pouvoir symbolique qui les prive de leur pouvoir citoyen (la plupart n'ont pas le droit de vote) sans leur donner de pouvoir monarchique. Ils n'ont donc aucune voix ! Mieux vaut donc être un citoyen dans le plein exercice et dans la jouissance de ses pouvoirs qu'un monarque castré, privé des biens et des pouvoirs du monarque et du citoyen !
Les honneurs ne relèveront jamais personne d'un déshonneur.
NB : Dieudonné Beanclair me fait part d'une idée : ce sont des sacrifiés, qui représentent l'ancien monde. Ils jouent le rôle du poids mort de l'horloge dont parlait Bernadette Soubirous.
Marin Dupondt
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jeudi, 18 février 2010
Un père
Souvenirs d'enfance de Chateaubriand : la présence du père.
Les soirées d'automne et d'hiver étaient d'une autre nature. Le souper fini et les quatre convives revenus de la table à la cheminée, ma mère se jetait, en soupirant, sur un vieux lit de jour de siamoise flambée ; on mettait devant elle un guéridon avec une bougie. Je m'asseyais auprès du feu avec Lucile ; les domestiques enlevaient le couvert et se retiraient. Mon père commençait alors une promenade, qui ne cessait qu'à l'heure de son coucher. Il était vêtu d'une robe de ratine blanche, ou plutôt d'une espèce de manteau que je n'ai vu qu'à lui. Sa tête, demi-chauve, était couverte d'un grand bonnet blanc qui se tenait tout droit. Lorsqu'en se promenant, il s'éloignait du foyer, la vaste salle était si peu éclairée par une seule bougie qu'on ne le voyait plus ; on l'entendait seulement encore marcher dans les ténèbres : puis il revenait lentement vers la lumière et élergeait peu à peu de l'obscurité, comme un spectre, avec sa robe blanche, son bonnet blanc, sa figure longue et pâle. Lucile et moi, nous échangions quelques mots à voix basse, quand il était à l'autre bout de la salle : nous nous taisions quand il se rapprochait de nous. Il nous disait, en passant : « De quoi parliez-vous ? » Saisis de terreur, nous ne répondions rien ; il continuait sa marche. Le reste de la soirée, l'oreille n'était plus frappée que du bruit mesuré de ses pas, des soupirs de ma mère et des murmures du vent.
Dix heures sonnaient à l'horloge du château : mon père s'arrêtait ; le même ressort, qui avait soulevé le marteau de l'horloge, semblait avoir suspendu ses pas. Il tirait sa montre, la montait, prenait un grand flambeau d'argent surmonté d'une grande bougie, entrait un moment dans la petite tour de l'ouest, puis revenait, son flambeau à la main, et s'avançait vers sa chambre à coucher, dépendante de la petite tour de l'est. Lucile et moi, nous nous tenions sur son passage ; nous l'embrassions, en lui souhaitant une bonne nuit. Il penchait vers nous sa joue sèche et creuse sans nous répondre, continuait sa route et se retirait au fond de la tour, dont nous entendions les portes sse refermer sur lui.
Le talisman était brisé ; ma mère, ma soeur et moi, transformés en statues par la présence de mon père, nous recouvrions les fonctions de la vie. Le premier effet de notre désanchantement se manifestait par un débordement de paroles : si le silence nous avait opprimés, il nous le payait cher.
François-René de Chateaubriand in Les mémoires d'outre-tombe
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mercredi, 17 février 2010
La nouvelle religion
Le politiquement-correct et la sacralisation de l'humanisme, devenu non plus seulement une volonté positiviste, mais une croyance, mènent à l'idolâtrie.
De cela surgit le rétablissement du blasphème, l'interdiction de la pensée iconoclaste.
Puiqu'il y a blasphème lorsqu'on remet en question une certaine idée de l'homme, de l'humanité, cet humanisme ne peut pas être considéré comme une pensée athée, bien qu'elle ne croit pas en Dieu. Car l'athéisme ne reconnait pas de blasphème.
Nous voyons donc l'éclosion d'un humanisme religieux.
Toute religion suppose un culte. Le culte de cet humanisme religieux est d'abord un culte linguistique. Toute parole exprimant le recul vis à vis de cet humanisme est assimilé à son objet. C'est à dire que la parole d'une personne est assimilée à une croyance : dire une idée, c'est y être assimilée.
Ceci implique le retour des imprécations magiques : on ne peut prononcer des idées en désaccord avec l'humanisme religieux sans précautions oratoires. Ces précautions oratoires visent à éloigner de soi l'essence de l'idée qu'on va relater. Avec force répétitions, on exprime des imprécations et condamnations des idées qu'on mentionne, pour s'assurer la bienveillance du clergé. Le clergé, c'est toute la société.
La peur de la déviance crée un retour de l'exorcisme. L'exorcisme a lieu comme un lavage de cerveau, par une rhétorique accompagnée de supports visuels insérés partout, dans les lieux et les documents publics et semi-publics.
Nous sommes revenus à l'interdit verbal. Toutes les idées ne sont pas prononçables, ou alors elles doivent être accompagnées d'imprécations.
Le politiquement-correct et la sacralisation de l'humanisme, devenu non plus seulement une volonté positiviste, mais une croyance, mènent à l'idolâtrie.
C'est pourquoi notre société renoue depuis quelques années avec le blasphème, le culte, les imprécations, l'exorcisme et l'innomable.
La difficulté de cerner cette nouvelle religion vient du fait qu'elle ne se reconnaît pas comme une religion, ni comme une théologie, mais comme la vérité morale indépassable.
Axel Randers, Édith de Cornulier-Lucinière et Esther Mar
(Cet article est issu du Dictionnaire de la délivrance psychique (inachevé), supervisé (voire hypervisé) par Conan Kernoël.
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lundi, 15 février 2010
Chutes et créations des civilisations
Texte & photo par Sara
La Gaule, au VI° siècle.
Cela fait un siècle que les francs ont déferlé sur la Gaule avant et après d'autres peuples barbares, venus du nord et de l'est. L'empire romain d'occident s'est écroulé doucement. Les structures anciennes tiennent tant bien que mal : les sénateurs restent les personnages importants du pays.
Le christianisme s'installe. Les évêques sont souvent choisis dans les vieilles familles gallo-romaines. C'est le cas de Grégoire de Tours, l'auteur de "L'histoire des francs".
Cependant, le faste, la haute culture romaine, elle-même héritée des grecs, s'effondre. Les gens, issus de famille autrefois cultivées, le savent : cela les inquiète, ils s'en plaignent. Conscient de l'insuffisance de sa propre instruction, Grégoire de Tours décide cependant d'écrire ce qu'il voit, ce qu'il vit. C'est grâce à lui que les historiens connaissent cette période mieux que celles qui vont suivre.
"Le culte des belles lettres est en décadence et même il se meurt dans les villes de Gaule. Aussi tandis que de bonnes et mauvaises actions s'accomplissaient, que la barbarie des peuples se déchaînait, que les violences des rois redoublaient, que les églises étaient attaquées par les hérétiques et protégées par les catholiques ;(…) on ne pouvait trouver un seul lettré assez versé dans l'art de la dialectique pour décrire tout cela en prose ou en vers métriques. Souvent beaucoup se lamentaient en disant : "Malheur à notre époque parce que l'étude des lettres est morte chez nous et qu'on ne trouve dans le peuple personne qui soit capable de consigner par écrit les événements présents". Or comme je ne cessais d'entendre ces réflexions et d'autres semblables, je me suis dit que pour que le souvenir du passé se conservât, il devait parvenir à la connaissance des hommes à venir même sous une forme grossière. (…) Mais tout d'abord je prie les lecteurs de m'excuser si dans les lettres et les syllabes, il m'arrive de transgresser les règles de l'art de la grammaire que je ne possède pas pleinement."
Un millénaire auparavant, Thucydide, l'historien grec, écrit une œuvre inachevée sur les guerres qui ont provoqué la chute d'Athènes. Toute la différence est là, dans le style. A travers les traductions, on sait que Thucydide est un auteur d'une civilisation accomplie, qu'il bénéficie d'une haute culture. Pourtant lui aussi raconte la détresse des hommes de son pays :
"Il est clair que le pays appelé aujourd'hui Hellade n'était pas autrefois habité de façon stable. Il fut à l'origine le théâtre de migrations et les populations abandonnaient sans résistance les terres qu'elles occupaient, sous la pression des nouveaux arrivants qui se trouvaient être chaque fois plus nombreux. Le commerce était inexistant. Par terre comme par mer, les communications étaient peu sûres. On ne tirait du sol que ce qui était strictement nécessaire pour subsister et il n'y avait pas d'excédent qui permit de capitaliser. On ne faisait pas de plantations, car on se demandait toujours s'il n'allait pas survenir à un moment ou à un autre quelque intrus qui s'en approprierait le produit et cela d'autant plus facilement qu'il n'y avait pas de murailles. Comme on pensait pouvoir trouver n'importe où la subsistance journalière, on décampait sans difficulté."
Seulement, pour lui c'est du passé. Il vit dans la plus ville la plus célèbre et la plus enviée de son temps. Il ne sait pas qu'il décrit le début de la chute de sa civilisation. De même que Grégoire ne sait pas qu'il raconte les débuts d'une grande civilisation, en croyant décrire la fin de celle dont il est issu.
Deux livres pour inciter à méditer sur notre civilisation.
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dimanche, 14 février 2010
Vol de pluie
Vol de nuit fut une de mes lectures favorites et j’en rêve la nuit quand je vole. Mais avant de voler de nuit j’ai volé de pluie. Et la première expérience était imprévue : j’ai décollé au sec ; je me suis pris la flotte, averse sévère, au bout d’une demi heure de vol. J’ai cru que j’allais mourir au début, et j’avais peur. Et puis j’ai adoré.
La pluie à terre c’est déjà pas mal. La pluie dans un lac ou dans la mer c’est une expérience magique. La pluie dans le ciel : indescriptible. Les sensations s’effacent toutes, sauf celle de se déployer à travers les gouttes. Bruits, mouvements, tout est goutteux. On est tout mouillé et on voudrait devenir EAU.
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samedi, 13 février 2010
René Lalou : les témoignages sur la Guerre III
J'ai trouvé le tome I de ce livre dans les affaires de mon grand-père. Publiée en 1946, L'histoire de la littérature française et contemporaine (1870 à nos jours) , de René Lalou, comporte d'assez beaux passages.
En voici un, que je recopie à l'usage de ceux qui trouvent amusant de lire un critique du milieu du XXème siècle sur la littérature "contemporaine".
Le chapitre « les témoignages sur la guerre » est émouvant, guirlande des traumatisés de 14-18 (cette guerre votée par des députés qui ne la firent point, mais continuèrent leur tranquille vie tandis que la jeunesse masculine française était envoyée à la boucherie).
Des soldats revenants, beaucoup écrirent, sans espoir.
La guerre de 14-18 a brisé beaucoup d’œuvres de jeunes écrivains qui commençaient, comme Alain-Fournier et son Grand Meaulnes ; elle a ensuite donné des raisons d’écrire à ceux qui n’en auraient pas eu l’idée sans elle.
III Les Croix de bois, de Roland Dorgelès
Les Croix de bois de Roland Dorgelès apparurent comme une sorte de mise au point du roman de guerre : aucun témoignage de combattant n’avait offert pour ses héros, chefs et soldats, intellectuels et ouvriers, la large impartialité qui distingue les robustes récits de ce livre et du Cabaret de la Belle Femme.
Les chapitres qui décrivaient la vie dans les tranchées et les attaques égalaient les pages tragiques du Feu ; mais jamais l’auteur ne prétendait généraliser rien ; il n’excluait point « la blague divine qui faisait plus forts » ses camarades. Ses traits les plus vigoureux ressuscitaient le réalisme des combattants : « La Marne, c’est une combine qu’a rapporté quinze sous aux gars qui l’ont gagnée ». Courageusement il soulignait la « terrible grandeur » de cet aveu de Sulphart : « J’trouve que c’est une victoire, parce que j’en suis sorti vivant ».
On trouverait difficilement dans toute la littérature de guerre un résumé des sentiments qu’elle provoqua chez les poilus plus simple et plus complet que les 30 pages qui retracent l’assaut, la descente des tranchées, le défilé glorieux, le sursaut d’orgueil enfin qui justifie un bref commentaire : « Allons, il y aura toujours des guerres, toujours, toujours ». Ce sobre réalisme est bien la qualité maîtresse de Dorgelès : le Saint-Magloire où il raconta l’échec d’un apôtre dans la société d’après-guerre verse dans le journalisme dès que l’auteur n’y observe plus cette discipline qui a donné aux Croix de bois, livre si spontané, une manière de style.
RENÉ LALOU
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vendredi, 12 février 2010
Un problème variationnel
Laurent Moonens, le plus sérieusement du monde, nous montre que le chemin le plus court est celui qu'on croyait déjà.
Lisez ceci dans ce document pédéhaif, que vous ouvrirez en cliquant sur le lien :
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jeudi, 11 février 2010
Depuis l'aube... Chanson pour Christ
Depuis l'aube où sur la terre
Nous t'avons revu debout
Tout renaît dans la lumière
Ô Jésus, reste avec nous !
Si parfois sur notre route
Nous menace le dégoût
Dans la nuit de notre doute
Ô Jésus, marche avec nous !
Tu cherchais les misérables,
Ton amour allait partout
Viens t'asseoir à notre table
Ô Jésus, veille avec nous !
Si ta croix nous semble dure,
Si nos mains craignent les clous,
Que ta gloire nous rassure
Ô Jésus, souffre avec nous !
Au delà de ton Calvaire,
Tu nous donnes rendez-vous.
Dans la joie, près de ton Père,
Ô Jésus, accueille-nous.
(Rimaud-Geoffroy)
Photos de Sara pour VillaBar
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mercredi, 10 février 2010
Labrador dans la Ville océan III
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mardi, 09 février 2010
Les deux hypocrisies
Les deux plus grands tentateurs de l’humanité depuis l’aube de l’histoire, le sexe et l’argent, se partagent la gauche et la droite.
Chaque pôle son hypocrisie et son diable. La gauche hait l’argent et s’en met plein les fouilles en douce. La droite hait le sexe et se déprave entre deux portes.
La condamnation vociférante qui cache un certain trouble est leur fatigant point commun.
Axel Randers
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lundi, 08 février 2010
Un père
Souvenirs d'enfance de Chateaubriand : la présence du père.
Les soirées d'automne et d'hiver étaient d'une autre nature. Le souper fini et les quatre convives revenus de la table à la cheminée, ma mère se jetait, en soupirant, sur un vieux lit de jour de siamoise flambée ; on mettait devant elle un guéridon avec une bougie. Je m'asseyais auprès du feu avec Lucile ; les domestiques enlevaient le couvert et se retiraient. Mon père commençait alors une promenade, qui ne cessait qu'à l'heure de son coucher. Il était vêtu d'une robe de ratine blanche, ou plutôt d'une espèce de manteau que je n'ai vu qu'à lui. Sa tête, demi-chauve, était couverte d'un grand bonnet blanc qui se tenait tout droit. Lorsqu'en se promenant, il s'éloignait du foyer, la vaste salle était si peu éclairée par une seule bougie qu'on ne le voyait plus ; on l'entendait seulement encore marcher dans les ténèbres : puis il revenait lentement vers la lumière et élergeait peu à peu de l'obscurité, comme un spectre, avec sa robe blanche, son bonnet blanc, sa figure longue et pâle. Lucile et moi, nous échangions quelques mots à voix basse, quand il était à l'autre bout de la salle : nous nous taisions quand il se rapprochait de nous. Il nous disait, en passant : « De quoi parliez-vous ? » Saisis de terreur, nous ne répondions rien ; il continuait sa marche. Le reste de la soirée, l'oreille n'était plus frappée que du bruit mesuré de ses pas, des soupirs de ma mère et des murmures du vent.
Dix heures sonnaient à l'horloge du château : mon père s'arrêtait ; le même ressort, qui avait soulevé le marteau de l'horloge, semblait avoir suspendu ses pas. Il tirait sa montre, la montait, prenait un grand flambeau d'argent surmonté d'une grande bougie, entrait un moment dans la petite tour de l'ouest, puis revenait, son flambeau à la main, et s'avançait vers sa chambre à coucher, dépendante de la petite tour de l'est. Lucile et moi, nous nous tenions sur son passage ; nous l'embrassions, en lui souhaitant une bonne nuit. Il penchait vers nous sa joue sèche et creuse sans nous répondre, continuait sa route et se retirait au fond de la tour, dont nous entendions les portes sse refermer sur lui.
Le talisman était brisé ; ma mère, ma soeur et moi, transformés en statues par la présence de mon père, nous recouvrions les fonctions de la vie. Le premier effet de notre désanchantement se manifestait par un débordement de paroles : si le silence nous avait opprimés, il nous le payait cher.
François-René de Chateaubriand in Les mémoires d'outre-tombe
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dimanche, 07 février 2010
Les carrières de sable
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