jeudi, 05 novembre 2009
L’enfant au tambour
Sur la route parapapam pam
Petit tambour s’ enva parapam pam
Il sent son cœur qui bat parapam pam
Au rythme de ses pas parapapam pam rapapam pam rapapam pam
Oh petit tambour parapapam pam
Ou vas-tu
Vers mon père parapapam pam
A suivi le tambour parapapam pam
Le tambour de soldat parapqapam pam
Alors je vais au ciel parapapam pam rapapam pam rapapam pam
Car je veux donner pour son retour
Mon tambour
Tous les anges parapapam pam
Ont pris leur beau tambour parapapam pam
Et ont dit à l'enfant parapapam pam
Ton père est de retour parapapam pam rapapam pam rapapam pam
Et l’enfant s’éveille parapapam pam
Sur son tambour rapapam pam rapapam pam
Et l’enfant s’éveille parapapam pam
Sur son tambour rapapam pam rapapam pam
(chanson)
22:07 Publié dans Fragments | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : l'enfant au tambour, chanson
dimanche, 25 octobre 2009
vers de Jules Laforgue
Sous le ciel pluvieux, noyé de brumes sales,
Devant l'océan blême, assis sur un îlot,
Seul, loin de tout, je songe au clapotis du flot
Dans le concert hurlant des mourantes rafales.
Crinière échevelée, ainsi que des cavales,
Les vagues en se tordant arrivent au galop
Et croulent à mes pieds avec de longs sanglots
Qu'emporte la tourmente aux haleines brutales.
Partout le grand ciel gris, le brouillard et la mer,
Rien que l'affolement des vents balayant l'air.
Plus d'heures, plus d'humains, et solitaire, morne,
Je reste là, perdu dans l'horizon lointain
Et songe que l'espace est sans borne, sans borne,
Et que le temps n'aura jamais... jamais de fin.
Jules Laforgue
21:47 Publié dans Fragments | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jules laforgue
jeudi, 15 octobre 2009
So we’ll go no more a-roving
So we’ll go no more a-roving
So late into the night,
Though the heart be still as loving,
And the moon be still as bright.
For the sword outwears its sheath,
And the soul outwears the breast,
And the heart must pause to breathe,
And love itself have rest.
Though the night was made for loving,
And the day returns too soon,
Yet we’ll go no more a-roving
By the light of the moon.
Lord Byron
21:43 Publié dans Fragments | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lord byron
mercredi, 14 octobre 2009
Guibert de Nogent et la dépravation des femmes
Nous sommes vers l'an 1100 (excusez mon inexactitude : à l'époque, je mangeais à la table des anges).
Guibert de Nogent, désabusé, profondément inquiet, écrit sur les nouvelles manières des femmes. C'était environ 800 ans avant Hollywood.
"Hélas, la modestie et l'honneur virginaux ont été misérablement délaissés, et l'autorité maternelle affaiblie à la fois en apparence et en fait, si bien que toute leur conduite ne révèle qu'une gaieté indécente, qui ne fait entendre que des moqueries, accompagnées de clins d'yeux et des langues qui caquettent, une démarche sans retenue, et des façons tout à fait ridicules. La qualité de leurs vêtements les éloigne tant de la réserve d'autrefois que dans l'élargissement de leurs manches, le resserrement de leurs corsages, leurs souliers en maroquin de Cordoue à pointe retroussée - bref, toute leur personne ignore la honte. Chacune croit avoir atteint le plus bas échelon de l'infortune si elle est privée d'hommages amoureux et mesure la splendeur de sa noblesse ou de son élégance au nombre croissant de tels prétendants... C'est de cette façon que nos temps modernes se corrompent."
Cité ( et traduit de l'ancien français) par Joan Evans, in La civilisation en France au Moyen Âge, Payot, Paris, 1930. 80 gravures.
13:59 Publié dans Fragments | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guibert de nogent, joan evans, moyen Âge, an 1000
lundi, 05 octobre 2009
Anne
Anne qui se mélange au drap pale et délaisse
Des cheveux endormis sur ses yeux mal ouverts
Mire ses bras lointains tournés avec mollesse
Sur la peau sans couleur du ventre découvert.
Elle vide, elle enfle d'ombre sa gorge lente,
Et comme un souvenir pressant ses propres chairs,
Une bouche brisée et pleine d'eau brûlante
Roule le goût immense et le reflet des mers.
Enfin désemparée et libre d'être fraîche,
La dormeuse déserte aux touffes de couleur
Flotte sur son lit blême, et d'une lèvre sèche,
Tête dans la ténebre un souffle amer de fleur.
Et sur le linge où l'aube insensible se plisse,
Tombe, d'un bras de glace effleuré de carmin,
Toute une main défaite et perdant le délice
A travers ses doigts nus dénoués de l'humain.
Au hasard! A jamais, dans le sommeil sans hommes
Pur des tristes éclairs de leurs embrassements,
Elle laisse rouler les grappes et les pommes
Puissantes, qui pendaient aux treilles d'ossements,
Qui riaient, dans leur ambre appelant les vendanges,
Et dont le nombre d'or de riches mouvements
Invoquait la vigueur et les gestes étranges
Que pour tuer l'amour inventent les amants...
Paul Valery
21:40 Publié dans Fragments | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : paul valéry, anne
vendredi, 25 septembre 2009
An Angel Runs

An angel runs
Thru the sudden light
Thru the room
A ghost precedes us
A shadow follows us
And each time we stop
We fall
James Douglas Morrison
21:37 Publié dans Fragments | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : james douglas morrison
lundi, 21 septembre 2009
Contre la télévision - Pasolini
Extraits de Contre la télévision, de Pier Paolo Pasolini.
Il émane de la télévision quelque chose d'épouvantable. Quelque chose de pire que la terreur que devait inspirer, en d'autres siècles, la seule idée des tribunaux spéciaux de l'Inquisition. Il y a, au tréfonds de la dite "télé", quelque chose de semblable, précisément, à l'idée de l'Inquisition : une division nette, radicale, taillée à la serpe, entre ceux qui peuvent passer et ceux qui ne peuvent pas passer : ne peut passer que celui qui est imbécile, hypocrite, capable de dire des phrases et des mots qui ne soient que du son ; ou alors celui qui sait se taire - ou se taire en chaque moment de son discours - ou bien se taire au moment opportun, comme le fait aussi Moravia, quand il est interviewé ou qu'il participe à des "tables rondes", toujours viles et pédantes, naturellement. Celui qui n'est pas capable de ces silences ne passe pas. On ne déroge pas à pareille règle. Et c'est en cela - essayez de bien y réfléchir - que la télévision accomplit la discrimination néo-capitaliste entre les bons et les méchants. Là réside la honte qu'elle doit cacher, en dressant un rideau de faux "réalismes".
(...)
"Au sein de la terreur qui règne en amont du petit écran, comme à l'intérieur du petit écran, la terreur de prononcer certains mots, d'affirmer certains arguments, d'assumer simplement certaines tonalités de voix, tel ou tel mensonge ou mystification, préside à toute opération linguistique. (...)
Les politiques et leurs commentateurs se cachent tous derrière un masque qui ne se trahit jamais, qui ne cède jamais à un sourire, à une timidité, à quelque incertitude : à la fraternité. Tout est déjà préétabli et assuré : soyez tranquilles ! On se donne du mal, et l'on s'en donnera toujours plus. En bref, la télévision est "paternaliste" : voilà son possible slogan définitif. Les préceptes du père sont une énumération rigide de ce qui peut et ne peut pas être dit ou fait.
IL n'y a au fond qu'une seule chose qui échappe à la surveillance - au fond filiale, obsessionnelle, désespérée, mesquine, terrorisée - du "père télévisuel" et qui ne peut pas ne pas lui échapper, parce que cette chose est en lui, elle est sa propre réalité : c'est la vulgarité. Tout ce qui apparaît dans le petit écran et en amont du petit écran, toute la préparation et l'organisation de l'emballage protecteur de l'information - est vulgaire.
Pier Paolo Pasolini - Contre la télévision
Editions les Solitaires Intempestifs.
Traduction de Caroline Michel et Hervé Joubert-Laurencin
14:00 Publié dans Fragments | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pasolini, télévision
mardi, 15 septembre 2009
Dans l'air frais du matin ...
Dans l'air frais du matin où s'effare la feuille,
Dans la jeune clarté des jours roses et bleus,
Dans la nuit solennelle et pure où se recueille
L'âme présente encor des bergers fabuleux,
Dans le cristal des eaux, dans le velours des mousses
Dans l'innocence en fleur des jardins radieux,
Dans le concert que font toutes les choses douces,
Je retrouve, ô ma sœur, la douceur de tes Yeux.
Le printemps odorant la divine féerie,
Le renouveau fêtant sa jeune volupté
S'incarne pour mon cœur dans ta robe fleurie
Et dans ton corps exquis comme un rêve sculpté.
Les Parfums, les Couleurs, la tendresse de vivre,
Le mois vierge baigné de souffles et d'encens,
L'enluminure d'or aux marges du Vieux Livre,
O mon âme, c'est dans ton cœur que je les sens.
Le désir qui palpite à travers la nature
Et s'élance en festons étoilés dans les bois,
Je le sens frissonner parmi ta chevelure
Et je le vibre entier, rien qu'à serrer tes doigts.
Ce qui couve d'ardeurs suaves et de fièvres
Au sein mystérieux de la création
Se ramasse en mon cœur pour jaillir vers tes lèvres
Et ruisseler dans l'ombre en adoration.
Voici venir les temps où tu marches déesse,
Où la rose d'amour fleurit à tes seins blancs,
Où ton nom murmuré fiance une caresse
A la suavité des narcisses tremblants.
Voici venir les temps où tes beaux yeux limpides
Semblent plus clairs encore et plus profonds qu'hier,
Et versent à mon cœur plein de songes viriles
L'ivresse d'un lever de lune sur la mer.
Et les fleurs sont tes yeux, et la lumière blonde
Ton sourire, et le ciel bleu-frêle ta douceur,
Et tout l'amour fumant de l'encensoir du monde
Ta lèvre sur mon âme appuyée, ô ma sœur.
Albert Samain
21:33 Publié dans Fragments | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : albert samain, sara
mercredi, 13 mai 2009
Vous n'avez faim que de bêtes innocentes et douces...
Fragments
La rubrique Fragments offre des morceaux de textes classiques, connus ou inconnus, qu'il est heureux de relire.
Vous n'avez faim que des bêtes innocentes et douces…
Plutarque,
cité dans Emile ou de l'éducation
de Jean-Jacques Rousseau
"Mais vous, hommes cruels, qui vous force à verser du sang ? Voyez quelle affluence de biens vous environne! combien de fruits vous produit la terre! que de richesses vous donnent les champs et les vignes! que d'animaux vous offrent leur lait pour vous nourrir et leur toison pour vous habiller! Que leur demandez-vous de plus ? et quelle rage vous porte à commettre tant de meurtres, rassasiés de biens et regorgeant de vivres ? Pourquoi mentez-vous contre votre mère en l'accusant de ne pouvoir vous nourrir ? Pourquoi péchez-vous contre Cérès, inventrice des saintes lois, et contre le gracieux Bacchus, consolateur des hommes ? comme si leurs dons prodigués ne suffisaient pas à la conservation du genre humain! Comment avez-vous le cœur de mêler avec leurs doux fruits des ossements sur vos tables, et de manger avec le lait le sang des bêtes qui vous le donnent ? Les panthères et les lions, que vous appelez bêtes féroces, suivent leur instinct par force, et tuent les autres animaux pour vivre. Mais vous, cent fois plus féroces qu'elles, vous combattez l'instinct sans nécessité, pour vous livrer à vos cruels délices. Les animaux que vous mangez ne sont pas ceux qui mangent les autres : vous ne les mangez pas, ces animaux carnassiers, vous les imitez ; vous n'avez faim que des bêtes innocentes et douces qui ne font de mal à personne, qui s'attachent à vous, qui vous servent, et que vous dévorez pour prix de leurs services.
O meurtrier contre nature! si tu t'obstines à soutenir qu'elle t'a fait pour dévorer tes semblables, des êtres de chair et d'os, sensibles et vivants comme toi, étouffe donc l'horreur qu'elle t'inspire pour ces affreux repas ; tue les animaux toi-même, je dis de tes propres mains, sans ferrements, sans coutelas ; déchire-les avec tes ongles, comme font les lions et les ours ; mords ce bœuf et le mets en pièces ; enfonce tes griffes dans sa peau ; mange cet agneau tout vif, dévore ses chairs toutes chaudes, bois son âme avec son sang. Tu frémis! tu n'oses sentir palpiter sous ta dent une chair vivante! Homme pitoyable! tu commences par tuer l'animal, et puis tu le manges, comme pour le faire mourir deux fois. Ce n'est pas assez : la chair morte te répugne encore, tes entrailles ne peuvent la supporter ; il la faut transformer par le feu, la bouillir, la rôtir, l'assaisonner de drogues qui la déguisent : il te faut des charcutiers, des cuisiniers, des rôtisseurs, des gens pour t'ôter l'horreur du meurtre et t'habiller des corps morts, afin que le sens du goût, trompé par ces déguisements, ne rejette point ce qui lui est étrange, et savoure avec plaisir des cadavres dont l'oeil même eût eu peine à souffrir l'aspect."
18:52 Publié dans ANIMA L, Fragments | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : animaux, végérarisme, antispécisme, cruauté, rousseau, plutarque, emile ou l'éducation
vendredi, 08 mai 2009
The Lover and the Beloved
Fragment
La rubrique Fragments offre des morceaux de textes classiques, connus ou inconnus, qu'il est heureux de relire.
The Lover and the Beloved
The Ballad of the Sad Café
Penguin Books, 1963
First published in 1951 (USA)
Carson McCullers
“First of all, love is a joint experience between two persons – but the fact that it is a joint experience does not mean that it is a similar experience to the two people involved. There are the lover and the beloved, but these two come from different countries. Often the beloved is only a stimulus for all the stored-up love which has lain quiet within the lover for a long time hitherto. And somehow every lover knows this. He feels in his soul that is love is a solitary thing. He comes to know a new, strange loneliness and it is this knowledge which makes him suffer. So there is only one thing for the lover to do. He must house his love within himself as best he can ; he must create for himself a whole new inward world – a world intense and strange, complete in himself. Let it be added here that this lover about whom we speak need not necessarily be a young man saving for a wedding ring – this lover can be man, woman, child, or indeed any human creature on this earth.
Now, the beloved can also be of any description. The most outlandish people can be the stimulus for love. A man may be a doddering great grand-father and still love only a strange girl he saw in the streets of Cheehaw one afternoon two decades past. The preacher may love a fallen woman. The beloved may be treacherous, greasy-headed, and given to evil habits. Yes, and the lover may see it as clearly as anyone else – but that does not affect the evolution of his love one whit. A most mediocre person can be the object of a love which is wild, extravagant, and beautiful as the poison lilies of the swamp. A good man may be the stimulus for a love both violent and debased, or a jabbering madman may bring about in the soul of someone a tender and simple idyll. Therefore, the value and quality of any love is determined solely by the lover himself.
It is for this reason that most of us would rather love than be loved. Almost everyone wants to be the lover. And the curt truth is that, in a deep secret way, the state of being beloved is intolerable to many. The beloved fears and hates the lover, and with the best of reasons. For the lover is for ever trying to strip bare his beloved. The lover craves any possible relation with the beloved, even if this experience can cause him only pain”.
18:47 Publié dans Fragments | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : carson mc cullers, amour, passion, déchirure, ballad of the sad café, ballade du café triste











