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samedi, 06 février 2010

Entrevue avec Lola Rasmussen-Luche, présidente de la CEAMD

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 La montagne de l'Ange bleu, où les amoureux de Marlène Dietrich se réunissent chaque année, au solstice d'été. Phot. Sara


AlmaSoror a obtenu une entrevue avec Lola Rasmussen-Luche, présidente de la Confraternité Européenne des Amoureux de Marlene Dietrich.

Edith de CL : Lola, merci d’avoir accepté cette entrevue . Depuis un an, vous présidez la Confraternité européenne des Amoureux de Marlène Dietrich. Vous êtes la première femme à assumer cette responsabilité. Pouvez-vous nous parler de cela ?

Lola Rasmussen-Luche : Pendant longtemps, on n’a pas reconnu à une femme la possibilité d’être folle amoureuse de Marlene Dietrich. C’était une erreur affligeante et je souhaite rappeler les nombreuses femmes qui ont été éperdument amoureuse de Marlène, sans que jamais cet état de fait dans leur cœur soit officiellement reconnu. Mais depuis un an, la Confraternité a prononcé des excuses pour cette erreur et de plus en plus de femmes rejoignent nos rangs. Je vous rappelle que notre emblème est le blason représentant le baiser que Marlène échangea avec Edith Piaf.

 

Edith de CL : Comment vous êtes-vous rendue compte que vous étiez amoureuse de Marlène Dietrich ?

Lola Rasmussen-Luche : Contrairement à beaucoup d’autres amoureux de Marlène, je n’ai pas eu à proprement parler un coup de foudre. Je l’ai vu dans plusieurs films lors de mon adolescence, sans éprouver de grand amour. Simplement, je l’aimais bien. La révélation est venue peu à peu. On peut dire que mon sentiment s’est exhalé au fil des années, si bien que j’ai bien été, à un moment, obligée de reconnaître ma situation amoureuse.

 

Edith de CL : Votre Confédération, européenne dans ses statuts et son intitulé, est ouverte aux non européens.

Lola Rasmussen-Luche : L’amour n’a pas de frontière dans le temps. La preuve en est que Marlène est morte depuis longtemps et continue à avoir des histoires d’amour avec nous. L’amour n’a pas non plus de frontière dans l’espace. Nous ne pouvons priver un Chinois ou un Inca de vivre publiquement son histoire d’amour avec Marlène, qui elle-même était philanthrope et n’aurait jamais fait de ségrégations nationalistes ou civilisationnelles. Je vous rappelle une phrase d’Arletty, actrice du XXème siècle : « mon cœur est français, mon cul est international ». Je crois que Marlène aurait pu dire – je sais qu’elle ne l’a pas dit, je ne veux pas lui faire dire ce qu’elle n’a pas dit, je dis juste que je crois qu’elle aurait pu le dire – « mes jambes sont allemandes, mon cœur est international ». Ces deux phrases sont belles et reflètent des personnalités distinctes, mais ressemblantes. Je ferme cette parenthèse délicate.

 

Edith de CL : Fermons-la, en effet. Comment se passe une histoire d’amour avec Marlène Dietrich ?

Lola Rasmussen-Luche : C’est une question à laquelle personne ne pourra jamais répondre. Parce que toute histoire d’amour est unique. La rencontre, les premières caresses, les mots qui s’échangent… Comment pourrait-on généraliser tout cela ?

Je ne vous raconterais pas mon histoire particulière, parce qu’elle ne concerne que moi. Ma vie intime n’intéresse personne, n’est-ce pas ?

 

Edith de CL : À propos de la relation physique qui vous unit à Marlène Dietrich, comment vivez vous cette inexistence physique ?

Lola Rasmussen-Luche : Je suis gênée par le mot inexistence. Marlène a existé. Elle a eu un corps. Le fait que ce corps soit mort est différent du fait qu’il n’aurait pas existé. Nous avons des images de son corps, des intuitions personnelles sur ce qu’auraient pu être ses gestes envers nous. Mais cet aspect délicat et compliqué des choses n’est pas simple. En effet, il faut inventer, composer avec cette situation d’amour entre un être vivant et un être mort. Rien n’est simple, mais la foi en l’amour arrange tout. Ne jamais perdre espoir, c’est notre leitmotiv.

 

Edith de CL : Que pensez-vous des avancées que votre confédération a obtenues récemment ?

 

Lola Rasmussen-Luche : Je me réjouis de la reconnaissance de notre vie commune avec Marlène ait pu aboutir à un mariage de type CK-22. J’encourage tous ceux qui veulent épouser Marlène à suivre cette solution. Mais je ne peux que déplorer la frilosité des pouvoirs, et notamment ce refus qu’on nous oppose constamment de reconnaître à Marlène la maternité de nos enfants. Quand donc la société sortira de cette ornière poussive, intolérante ?

 

Edith de CL : Vous arrive-t-il de tromper Marlène Dietrich ?

 

Lola Rasmussen-Luche : Tromper Marlène ?! Je ne le pourrai jamais. Mais j’ai connu des infidélités. L’absence est triste, hélas, et j’ai vu tous les films.

 

Propos recueillis par Edith de Cornulier Lucinière, le 37 ventôse 2031, à Sucy en Brie.

 

 

 

vendredi, 05 février 2010

René Lalou : les témoignages sur la Guerre II

 

J'ai trouvé le tome I de ce livre dans les affaires de mon grand-père. Publiée en 1946,L'histoire de la littérature française et contemporaine (1870 à nos jours) , de René Lalou, comporte d'assez beaux passages. 

En voici un, que je recopie à l'usage de ceux qui trouvent amusant de lire un critique du milieu du XXème siècle sur la littérature "contemporaine".

 

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Le chapitre « les témoignages sur la guerre » est émouvant, guirlande des traumatisés de 14-18 (cette guerre votée par des députés qui ne la firent point, mais continuèrent leur tranquille vie tandis que la jeunesse masculine française était envoyée à la boucherie).

Des soldats revenants, beaucoup écrirent, sans espoir.

 

 

 

La guerre de 14-18 a brisé beaucoup d’œuvres de jeunes écrivains qui commençaient, comme Alain-Fournier et son Grand Meaulnes ; elle a ensuite donné des raisons d’écrire à ceux qui n’en auraient pas eu l’idée sans elle.

 

 

 

Pour voir les premier épisode de ce chapitre, sur le Feu d'Henri Barbusse, cliquez ICI.

 

 

II Vie des martyrs, de Georges Duhamel

 

 

 

«…la seule chose certaine à cet instant du siècle » : la souffrance humaine.

 

 

 

C’est l’absence d’esprit partisan que l’on aima d’abord chez Georges Duhamel dont la Vie des martyrs confondit tout ceux, « membres de l’Institut, actrices de café-concert, politiciens et vedettes de la prostitution » qui « ont travaillé à donner de la guerre une image littéraire congrue et définitive ».
Il leur opposait « la seule chose certaine à cet instant du siècle » : la souffrance humaine ; il montrait la mort, « intimement mêlée aux choses de la vie ». Il était à la fois le médecin (« sous leurs pansements, il y a des plaies que vous ne pouvez pas imaginer ») et le poète pour qui rien n’est sans importance : « ne perdons rien de leurs humbles propos, décrivons leurs moindres gestes ».

Sans déclamation il peignait les tragédies et les délicatesses de l’hôpital ; sans généraliser, il montrait toutes les nuances de l’émotion jusqu’au « frêle pont » tendu entre lui et un blessé allemand par un motif de l’Eroïca. Avec une puissante sobriété il réclamait seulement que la mémoire de tant de douleurs ne mourût pas ; il appelait de ses vœux « l’union des cœurs purs pour la rédemption du monde malheureux ».

Civilisation faisait plus que continuer Vie des martyrs : il le complétait. Le comique, dansUn Enterrement et l’admirable Cuirassier Cuvelier, y paraissait plus macabre ; la révolte, dans les Maquignons et Discipline, plus âpre. Duhamel y posait plus catégoriquement le problème de la civilisation : « Si elle n’est pas dans le cœur de l’homme, eh bien ! elle n’est nulle part ».
Dix ans après l’armistice, il publia les Sept Dernières Plaies, recueil formé d’éléments très divers qui vont de la brève méditation au long récit dramatique : de toutes ces pages montait la même émotion, le même rappel de la fraternité humaine devant la souffrance.

 

Pour voir les premier épisode de ce chapitre, sur le Feu d'Henri Barbusse, cliquez ICI.

 

 

jeudi, 04 février 2010

ROUAHOU !

 

 

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Photo Sara

 

 

Chère lectrice, cher lecteur,

L’homme parle, cause, dialogue, discute, prend la parole, jase, murmure, nasille, bafouille, prononce des mots, baragouine, rabâche, soliloque, dit, baratine, périphrase, radote, s’exprime, pérore… La liste des verbes est encore très longue. Mais, me permettez-vous de vous poser une question ? Et les autres animaux ? Que font-ils ? Une baleine discute-t-elle ? Un dindon prend-il la parole ? Une mouette soliloque-t-elle ? Une souris s’exprime-t-elle ?

En cet après-midi gris et bleu, je vous propose de prendre le dictionnaire et de tenter de répondre aux questions suivantes. Pour faciliter l’exercice et le rendre aussi un peu plus ludique, vous trouverez ci-dessous la liste des verbes. Pour répondre, il vous suffira juste de les mettre à côté du bon animal.

A vous !

Causer - glottorer - piauler - striduler - chanter - rire - glouglouter - lamenter ou vagir - râler - caracouler - trompeter - réclamer - chicoter - bêler

  1. Quel cri fait l’aigle ?

  1. Quel cri fait la baleine ?

  1. Quel cri fait le dindon ?

  1. Quel cri fait la souris ?

  1. Quel cri fait la mouette ?

  1. Quel cri fait le goéland ?

  1. Quel cri fait le phoque ?

  1. Quel cri fait le faon ?

  1. Quel cri fait la sauterelle ?

  1. Quel cri fait la tourterelle ?

  1. Quel cri fait le faucon ?

  1. Quel cri fait la cigogne ?

  1. Quel cri fait la buse ?

  1. Quel cri fait le crocodile ?

  1. Quel cri fait le perroquet ?

  1. l’aigle trompette
  2. La baleine chante
  3. Le dindon glougloute
  4. La souris chicote
  5. La mouette rit
  6. Le goéland pleure
  7. Le phoque bêle
  8. Le faon râle
  9. La sauterelle stridule
  10. La tourterelle caracoule
  11. Le faucon réclame
  12. La cigogne glottore
  13. La buse piaule
  14. Le crocodile lamente
  15. Le perroquet cause

Imaginez-vous de dire maintenant :

  1. La femme et la mouette rient
  2. L’enfant et le goéland pleurent
  3. L’homme et le faon râlent
  4. Le bébé et le faucon réclament
  5. La buse et moi piaulons
  6. Pierre et le crocodile lamentent
  7. Léa et le perroquet causent

Bien amicalement !

Manuel Gerber, Bruxelles

manuelgerber@gmail.com

 

 

mercredi, 03 février 2010

Labrador dans la Ville océan II

mardi, 02 février 2010

L'escalier du Diable de Cantor

 

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Urville - Sara

Salve Amici,

 

Ceux d'entre vous qui en ont le courage, la valeur et la folie peuvent tenter d'emprunter l'escalier du Diable. Notre accompagnateur, Laurent Moonens, nous y emmène par le document pédéhaif que voici :

 

Vade retro Cantor et ton escalier diabolique

 

Sur Laurent Moonens

 

lundi, 01 février 2010

Le train rouge

 

 

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Le train rouge a filé sur les brumes du ciel

et l'enfant qui savait a sucé le bonbon

j'oublie tout des années de silence cruel

je maudis la raison. 


les voix coulent ce soir et les coeurs téléphonent

dans l'immense brouillard du restaurant d’hôtel

il a plu sur la ville et les motards frissonnent

en attendant le temps des duels



et nos mains ont voulu recommencer l'amour

mais les yeux trahissaient les rancoeurs du passé

et l’enfant qui savait l’indigence du jour

souriait à la nuit à quelques pas du pré


La nuit n’a jamais sauvé personne

au bout de sa route nous sommes tous demi-loups

Dans le creux de tes bras mon coeur frissonne

et mon âme est partie avec les douze coups

Mon coeur tatonne, mes doigts cherchent l’aurore

Mais l’esprit souffle où il peut.

Et dans le grand désert poussiéreux de mon corps

il n’y a plus de feu.

 

 

 

Édith de CL

dimanche, 31 janvier 2010

Nocturne estival I : sous le royaume des étoiles

 

Siobhan H continue de nous envoyer ses instantanés de deltaplane. Je les reçois dans un style textoïsé : fautes d'orthographe, grammaire abrégée. Je fais des liens entre les mots pour qu'on comprenne et elle refuse brutalement de relire pour dire si mes retouches lui conviennent. Alors tant pis pour elle et à bientôt !

(Édith & AlmaSoror)

 

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Je vous dis que c’était si beau que j’aurais voulu ne jamais redescendre. Mais la terre humide, comme si le soir aussi avait sa rosée, m’accueillit plus doucement que d’habitude, comme si elle avait compris que j’avais besoin d’amour et de tendresse encore plus que d’habitude.

Les lumières du club de deltaplane où j’atterrissais m’éblouirent. Après la ténèbre total du vol, entrecoupée d’étoiles, par cette nuit sans lune, ce fut un choc de retrouver les réverbères et le goudron. Alors tout me parut irréel. Seule la nuit noire, le ciel et le vol libre étaient vrais : la terre et sa vie grouillante, pour l’instant endormie, était devenue féérique et je me demandais si, le lendemain, tout redeviendrait comme avant.

Tout redevint comme avant : mais je suis désormais une chouette. J’attends la nuit pour voler, et je hulule en faisant des cercles dans l’air.


Siobhan

 

vendredi, 29 janvier 2010

Angoisse

 

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Qu'est-ce qu'un enfant ?

 

jeudi, 28 janvier 2010

Actéon : un opéra de chasse

 

Actéon (1684)

Opéra de chasse par Marc-Antoine Charpentier (1643-1704)

 

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Cet opéra de Marc-Antoine Charpentier, opéra de chasse, baroque en diable, est "mal vu", il faut trouver qu'il n'est pas de bon goût... Pourtant, quelles belles scènes amusantes ! Quelle musique entraînante ! Inspiré des métamorphoses d'Ovide, je l'ai découvert sur le site de Sara, une de nos auteurs et photographes. Sara a illustré les métamorphoses d'Ovide et elle présente sur son site l'oeuvre d'Ovide, l'opéra de Charpentier et son album en papier déchiré à elle. C'est ICI

 

Les images qui suivent et accompagnent le livret de l'opéra sont extraites du livre de Sara.


Scène Première

Dans la vallée de Gargaphie

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Bruit de chasse

CHŒUR DES CHASSEURS

Allons, marchons, courons, hastons nos pas.

Quelle ardeur du soleil qui brusle nos campagnes;

Que le pénible accès des plus hautes montagnes

Dans un dessein si beau ne nous retarde pas.

 

ACTÉON

Déesse par qui je respire,

Aimable Reyne des forêts,

L'ours que nous poursuivons désole ton empire

Et c'est pour immoler à tes divins attraits

Que la chasse icy nous attire.

Conduis nos pas, guide nos traits,

Déesse par qui je respire,

Aimable Reyne des forêts.

 

DEUX CHASSEURS

Vos vœux sont exaucés et par le doux murmure

Qui vient de sortir de ce bois le ciel vous en assure,

Suivons ce bon augure.

 

Allons, marchons, courons . . .

 

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Scène Deuxième

DIANE

Nymphes, retirons nous dans ce charmant boccage.

Le cristal de ses pures eaux,

Le doux chants des petits oyseaux,

Le frais et l'ombrage sous ce verd feuillage

Nous ferons oublier nos pénibles travaux.

Ce ruisseau loin du bruit du monde

Nous offre son onde,

Délassons nous dans ce flots argentés,

Nul mortel n'oserait entreprendre

De nous y surprendre,

Ne craignons point d'y mirer nos beautés.

 

CHŒUR DES NIMPHES

Charmante fontaine,

Que votre sort est doux,

Notre aymable reyne

Se confie à vous.

D'un tel avantage

L'Idaspe et le Tage

Doivent estre jaloux.

 

DAPHNÉ ET HYALE

Loin de ces lieux tout cœur profane;

Amants, fuyex ce beau séjour,

Vos soupirs et le nom de l'amour

Troubleraient le bain de Diane.

Nos cœurs en paix dans ces retraites

Goustent de vrais contentements.

Gardez vous, importuns amants,

D'en troubler les douceurs parfaites.

 

ARTHÉBUZE

Ah! Qu'on évite de langueurs

Lorsqu'on ne ressent point les flammes

Que l'amour, ce tyran des cœurs,

Allume dans les faibles ames.

Ah! Qu'on évite de langueurs

Quand on mesprise ses ardeurs.

 

CHŒUR DES NIMPHES

Ah! Qu'on évite de langueurs

Quand on mesprise ses ardeurs.

 

ARTHÉBUZE

Les biens qu'il nous promet

N'en ont que l'apparence,

Ne laissons point flatter

Par ses appas trompeurs

Notre trop crédule espérance.

Ah! Qu'on évite de langueurs

Quand on mesprise ses ardeurs.

 

CHŒUR DES NIMPHES

Ah! Qu'on évite de langueurs

Quand on mesprise ses ardeurs.

 

ARTHÉBUZE

Pour nous attirer dans ses chaines

Il couvre ses pièges de fleurs,

Nimphes, armez vous de rigueurs

Et vous rendrez ces ruzes vaines.

Ah! Qu'on évite de langueurs

Lorsqu'on ne ressent point les flammes

Que l'amour, ce tyran de nos cœurs,

Allume dans les faibles ames.

Ah! Qu'on évite de langueurs

Quand on mesprise ses ardeurs.

 

CHŒUR DES NIMPHES

Ah! Qu'on évite de langueurs

Quand on mesprise ses ardeurs.

 

 

Actéon 9.jpg

 

 

Scène Troisième

ACTÉON

Amis, les ombres raccourcies

Marquant sur nos plaines fleuries

Que le soleil a fait la moitié de son tour,

Le travail m'a rendu le repos nécessaire;

Laissez moi seul resver dans ce lieu solitaire

Et ne me renvoyez que sur la fin du jour.

 

Agréable vallon, paisible solitude,

Qu'avec plaisir sur vos cyprès

Un amant respirant le frais

Vous feroit le récit de son inquiétude;

Mais ne craignez de moy ny plaintes ny regrets.

Je ne connois l'amour que par la renommée

Et tout ce qu'elle en dit me le rend odieux.

Ah! S'il vient m'attaquer, ce Dieu pernicieux,

Il verra ses projets se tourner en fumée.

 

Liberté, mon cœur, liberté.

Du plaisir de la chasse,

Quoy que l'amour fasse,

Sois toujours seulement tenté.

Liberté, mon cœur, liberté.

 

Mais quel objet frappe ma vue?

C'est Diane et ses sœurs, il n'en faut point douter.

Approchons nous sans bruit, cette route inconnue

M'offrira quelqu'endroit propre à les écouter.

 

DIANE

Nimphes, dans ce buisson quel bruit viensje d'entendre?

 

ACTÉON

Ciel! Je suis découvert.

 

CHŒUR DES NIMPHES

Oh! Perfide mortel,

Oze tu bien former le dessein criminel

De venir icy nous surprendre.

 

ACTÉON

Que feray-je, grands Dieux?

Quel conseil dois-je prendre?

Fuyons, fuyons!

 

DIANE

Tu prends à fuyr un inutile soin,

Téméraire chasseur, et pour punir ton crime

Mon bras divin poussé du courroux qui m'anime

Aussi bien que de préz te frappera de loin.

 

ACTÉON

Déesse des chasseurs, escoutez ma deffence.

 

DIANE

Parle, voyons quelle couleur,

Quelle ombre d'innocence

Tu puis donner à ta fureur.

 

ACTÉON

Le seul hazard et mon malheur

Font toute mon offense.

 

DIANE

Trop indiscret chasseur,

Quelle est ton insolence!

Crois tu de ton forfait déguiser la noirceur

Aux yeux de ma divine essence?

Que cette eau que ma main fait rejaillir sur toy

Apprenne à tes pareils à s'attaquer à moy!

 

CHŒUR DES NIMPHES

Vainte toy maintenant, profane,

D'avoir surpris Diane

Et sœurs dans le bain,

Va pour te satisfaire,

Si tu le peux faire,

Le conter au peuple Thébain.

 

 


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Scène Quatrième

ACTÉON

Mon cœur autre fois intrépide,

Quelle peur te saisit?

Que vois-je en ce miroir liquide?

Mon visage se ride,

Un poil affreux me sert d'habit,

Je n'ay presque plus rien de me forme première,

Ma parole n'est plus qu'une confuse voix.

Ah! Dans l'estat ou je me voys,

Dieux qui m'avez formé du noble sang des Royx,

Pour espargner ma honte

Ostez moy la lumière.

 

 

Scène Cinquième

Actéon en cerf

CHŒUR DES CHASSEURS

Jamais trouppe de chasseurs

Dans le cours d'une journée

Fut-elle plus fortunée,

Jamais trouppe de chasseurs

Reçut elle un jour du ciel plus de faveurs.

 

Actéon, quittez la resverie,

Venez admirer la furie

De vos chiens acharner sur ce cerf aux abois.

Quoy! N'entendez vous pas nos voix?

 

Que vous perdez, grand prince, à resver dans un bois,

Croyez qu'à nos plaisirs vous porterez envie,

Et dans tous le cours de la vie

Un spectacle si doux ne s'offre pas deux foix.

 

 

Scène Sixième

JUNON

Chasseurs, n'appelez plus qui ne peut vous entendre.

Actéon, ce héros a Thèbes adoré,

Sous la peau de ce cerf a vos yeux déchiré et par ses chiens dévorés

Chez les morts vient de descendre.

Ainsi puissent périr les mortels odieux

Dont l'insolence extrême

Blessera désormais les Dieux,

La puissance suprême.

 

CHŒUR DES CHASSEURS

Hélas, déesse, hélas!

De quoy fut coupable

Ce héros aymable

Pour mériter l'horreur de si cruel trépas?

 

JUNON

Son infortune est mon ouvrage

Et Diane en vangeant l'outrage

Qu'il fit à ses appas

N'a que presté sa main à ma jalouse rage.

Ouy Jupiter, perfide espous,

Que ta charmante Europe au ciel prenne ma place

Sans craindre mes transports jaloux.

Mais si jusqu'à son cœur n'arrivent pas mes coups,

Actéon fut son sang et je jure à sa race

Une implacable haine, un éternel courroux.

 

Elle s'envole.

CHŒUR DES CHASSEURS

Hélas, est-il possible

Qu'au printemps de ses ans ce héros invincible

Ayt vu trancher le cours de ses beaux jours.

Quel cœur, à ce malheur, ne seroit pas sensible.

 

Faisons monter nos cris jusqu'au plus haut des airs,

Que les rochers en retentissent,

Que les flots écumans des mers,

Que les aquilons en mugissent,

Qu'ils pénètrent jusqu'aux enfers.

 

Actéon n'est donc plus,

Et sur les rives sombres

Le modelle des souverains,

Le soleil naissant des Thébains

Est confondu parmy les ombres.

 

 

 

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SARA

 

 

 

 

 

 

 

mercredi, 27 janvier 2010

En la vida

 

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phot Sara

 

 

Iba a darle un desganado sorbo al tinto con gaseosa cuando la vi. Apareció a la derecha de la Juani, al otro lado de la cristalera sucia. Fue como un resplandor de tela blanca muy fina. Vaporosa. Tan ceñida en las caderas y tan libre bajo las rodillas que parecía una cascada. Embobado, seguí con la mirada a aquellas gasas temblorosas. Casi podía olerlas. Hasta que en el camino me encontré el cabezón de la Juani, a medio metro, con esa geta de mala leche que cada vez pone más. “¡Qué!”, me soltó con asco. Me di cuenta de que tenía el vaso a medio coger y la boca abierta. “¿Qué de qué?”, dije un poco brusco, y bebí, ignorándola como se merece. Pero, de reojo, busqué la falda blanca, que ahora se contoneaba a la izquierda de la Juani, alejándose. Cruzando la calle. Qué espectáculo, Señor. Se paró en la acera de enfrente y se giró para que la viera bien. En la vida podría esta ponerse algo así, pensé. En la vida.

Un deportivo rojo la ocultó y se detuvo justo delante. Entonces sí que empecé a sentirme raro de verdad. Cada uno de sus neumáticos, relucientes, era como cuatro de los de mi furgoneta. ¿Adónde iba a ir yo con ese trasto sucio y ruidoso, a punto de cumplir ya nueve años? En cambio aquel ejemplar rojo intenso, tan brillante, parecía recién salido de la fábrica. Con un bicho así ya podría yo, ya. Me imaginé el rugido de sus doscientos cincuenta caballos bajo mi asiento, el suave tacto del cuero del volante, hasta su olor. Una falda blanca entrando a mi derecha. “¡Y ahora qué!”, la geta otra vez. “¡Déjame en paz!”, la despaché mirándola de medio lado. Cuando quise volver a mirar, el deportivo había desaparecido. Con la falda. En la vida podría comprarme algo así, pensé. En la vida.

 

Antonio Zamora

 

mardi, 26 janvier 2010

Colonisation, par Sara

 

Le donjuanisme, ressort caché de la colonisation

Le site de l'auteur : http://universdesara.org/

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Un âne enfermé dans un zoo, par Sara

"On est partagé entre le ciel et la fragrance du trop plein végétal. Deux sources de révélations, de tristesses et des joies les plus secrètes : des sources vives qui offrent pour la première fois la joie de vivre, d'être vivant, de se mouvoir et de respirer librement, sans souci, sans règle, sans restriction... Comment apaiser la soif de ses yeux, de ses bras - une soif de sensations vertigineuses et fortes, une soif de se consumer, une soif de mort ?" Ce texte est extrait de l'Inde de Mircea Eliade, écrit à partir des notes qu'il a prises lors de son séjour en Inde entre 1928 et 1932.

Mircea Eliade est en train de nous dire qu'il habite un corps mort, un corps qui ne ressent plus rien. Il est donc obligé de partir loin, très loin pour que des sensations nouvelles excitent son corps, ses émotions, ses sensations et lui donnent le sentiment qu'il vit, ou qu'il meurt d'extase ("une soif de mort").

Les champs, les cieux, les bêtes de sa Roumanie natale ne le touchent pas. Les beaux paysages de France où il a vécu également ne peuvent émouvoir ses sens épuisés. Ce ne sont pas les lieux qui sont en cause. De nombreux peintres ou écrivains ont vibré de toutes les fibres de leur sensibilité à la beauté des paysages de France ou de Roumanie. Les sens engourdis de Mircea Eliade ne lui permettent plus de ressentir.

Cette propension à chercher toujours plus loin la sensation, le désir de vivre "sans règle, sans restriction" - pourtant l'Inde est une vieille civilisation à la religion millénaire remplie de codes et d'obligations - rappelle un personnage de notre littérature : Don Juan qui s'épuise dans une quête vaine d'un "autre" qui soit capable de le faire vibrer. Mais la rencontre échoue toujours. Toujours, il est déçu. Il part de nouveau à la recherche d'autres émotions. En vain.

Le livre de Mircea Eliade est rempli de mortification, de haine de sa civilisation, de sa culture, de lui-même enfin. Il croit trouver ailleurs l'extase. Il est atteint de ce qu'on pourrait appeler le "donjuanisme ethnologique". Comme Don Juan, il ne regarde que lui-même. Il ne sait s'il se hait ou s'il s'adore.


Deux livres parmi les plus beaux albums de la littérature jeunesse contemporaine abordent ce thème : les Don Juan de la colonisation. Seulement les auteurs y apportent un esprit critique, une analyse subtile une dénonciation efficace des ressorts cachés de la colonisation par la fiction, par le style, par les images superbes. Ils mettent en scène cette recherche de terres ou d'êtres nouveaux, inconnus.

Dans "Les derniers géants", François Place imagine la prise de conscience de l'explorateur. Ce scientifique du XIX° siècle part, seul, à la recherche de géants dont il découvre la civilisation cachée. Quand il revient dans son pays, il se taille un immense succès avec sa découverte qu'il clame dans des conférences, des articles de journaux… Il trouve facilement de l'argent pour monter une expédition scientifique jusqu'à ce pays mystérieux et inaccessible des Géants. Mais c'est la mort de ceux-ci qu'il découvre en arrivant : "Soudain un silence vertigineux de révolte, d'horreur et de douleur m'enveloppa. Et j'entendis, du fond de cet abîme de chagrin, une voix mélodieuse - oh ! comme je la reconnaissais ! - me reprocher dans sa belle langue musicale : Ne pouvais-tu garder le silence ?".


Dans "Jeanne et le Mokélé", Fred Bernard, accompagné des illustrations de François Roca, choisit une héroïne qui refuse les découvertes de son père :

"Sur le navire qui nous ramène en France, je veux jeter les films à la mer.

Le désaccord. Avec mon père et la science. Avec Eugène et l'argent.

La tempête.

Le destin en ma faveur : le naufrage. Le bateau sombre. Les bobines coulent."

Son journal de bord ressemble à des litanies comme si c'était leur récitation qui avait le pouvoir de contrecarrer les expéditions des "découvreurs".


L'histoire du monde est remplie de ces batailles de domination de peuples par d'autres. Ce sont des histoires de guerriers et de pouvoirs. La caractéristique de notre décolonisation est dans la mauvaise conscience du colonisateur et la transformation de son désir de domination en une recherche affectée de la nature de l'autre civilisation. Il faut se diriger vers le rayon "enfants" d'une librairie pour trouver des livres qui disent quelque chose de juste sur le sujet.

 


Sara

 

lundi, 25 janvier 2010

Plongez dans la langue italienne et traduisez une lettre

 

Langue magique ! Langue d’une douceur incroyable et tellement accessible pour nous francophones ! Nous devrions tous la parler car elle offre la possibilité d’un voyage linguistique facile et d’une grande beauté. Je crois que vous pourriez la lire sans lexique. Peut-être vous faudra-t-il cependant deviner certains mots.

par Manuel Gerber

 

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la belle Mathilde

 

 

Laura cara,

 

Sono così triste.

 

I miei amici sono partiti e la bellezza invernale di questo paesaggio toscano rende la mia solitudine ancora più grande.

 

Tra qualche giorno, partirò a Roma dove Giancomo mi attenderà.

 

Questo figlio è così dolce con me.

 

Dalla morte di Ricardo, egli è il mio solo sostegno.

 

Baci,

 

Paula

 

 

 

Notons :

 

La construction article + adjectif possessif :

I miei amici (les mes amis)

La mia solitudine (la ma solitude)

Il mio figlio (le mon fils)

 

L’absence des pronoms personnels sujet:

Sono : suis –« io sono » (je suis) existe mais est rarement utilisé

Partirò : partirai - et non « io partirò »

 

Egli :

En italien, il y a différentes manières de dire « il » ou elle. Même si « lui » (il) et « lei » (elle) existent, « egli » et « ella » sont des formes littéraires qui se réfèrent aux humains. « Essi » et « essa » ne concernent, quant à eux, que les choses et les animaux.

 

Remarquons la volonté linguistique de souvent vouloir distinguer l’homme de l’animal que ce soit en italien, anglais, finnois, néerlandais etc…

 

Manuel Gerber

Bruxelles

manuelgerber@gmail.com

 

 

dimanche, 24 janvier 2010

René Lalou : les témoignages sur la Guerre

 

J'ai trouvé le tome I de ce livre dans les affaires de mon grand-père. Publiée en 1946, L'histoire de la littérature française et contemporaine (1870 à nos jours) , de René Lalou, comporte d'assez beaux passages. 
En voici un, que je recopie à l'usage de ceux qui trouvent amusant de lire un critique du milieu du XXème siècle sur la littérature "contemporaine".

Le chapitre « les témoignages sur la guerre » est émouvant, guirlande des traumatisés de 14-18 (cette guerre votée par des députés qui ne la firent point, mais continuèrent leur tranquille vie tandis que la jeunesse masculine française était envoyée à la boucherie).
Des soldats revenants, beaucoup écrirent, sans espoir.

 

La guerre de 14-18 a brisé beaucoup d’œuvres de jeunes écrivains qui commençaient, comme Alain-Fournier et son Grand Meaulnes ; elle a ensuite donné des raisons d’écrire à ceux qui n’en auraient pas eu l’idée sans elle.


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phot Sara



I Le Feu, d’Henri Barbusse. 

 

(NOTE d'AlmaSoror : Comment un homme traumatisé par les millions de morts de 14-18 peut militer pour une cause qui fera des millions de morts, le Communisme ? Mystère, mystère…)

 

« …des choses épouvantables faites par 30 millions d’hommes qui ne les veulent pas ».

 

L’œuvre « militariste » de Péguy et de Psichari n’était point inhumaine mais évoquait avec gravité des problèmes urgents. De même, le roman de guerre ne fut point, dans l’ensemble, belliqueux. Il aurait fallu être aveugle à la durée et à l’immensité du carnage pour oser s’en réjouir. Les livres qui, de 1914 à 1918, connurent la faveur du public montrent assez bien les fluctuations de l’opinion durant cette période : aucun d’eux n’est coupable de sacrilège envers l’humanité.
Gaspard ne dépasse pas la facilité superficielle qui caractérise toutes les autres productions de René Benjamin : tout y est conventionnel : la guerre et ses à-côtés, les combattants et leurs infirmières. Mais le caractère de Gaspard, marchand d’escargots rue de la Gaïté, Parigot blagueur et héroïque, est de ceux auxquels, depuis Gavroche toutes les sympathies sont acquises. En 1915, on réclamait une détente : on la trouva dans ce journalisme sans prétention.


En 1916 parut le livre qui fut le plus grand succès de librairie de notre temps : le Feu, d’Henri Barbusse. Vingt ans avant, Barbusse avait débuté avec un recueil de poèmes, les Pleureuses, où se manifestait une sensibilité prompte à s’émouvoir devant les nuances les plus fugitives de la réalité moderne, mais qui ne parvenait point à les traduire sous une forme définitive. Le poème La Lettre, si proche encore dHenry Bataille :


Je t’écris et la lampe écoute.
L’horloge attend à petits coups
Je vais fermer les yeux sans doute
Et je vais m’endormir de nous…


montre assez clairement les bornes de ce lyrisme familier. Dans L’Enfer, Barbusse se posait en successeur de Zola, et ce roman renfermait de vigoureuses descriptions. Mais l’écrivain avait en même temps cédé au désir d’y dresser une espèce de somme philosophique de son époque. C’était là de sa part un contre-sens sur son propre talent : s’il existe des esprits pour qui les idées ne comptent que selon leur valeur abstraite, Barbusse représentait l’autre extrême. Il appréhende des idées leur rayonnement sentimental ; en face d’une notion intellectuelle, il déploiera toutes les notions d’un cœur généreux, jamais il ne la peindra dans son impartiale nudité. La pensée de l’auteur de l’Enfer égalait en simplicité celle de la Couturière qu’il a chantée :


Elle croit à la beauté,
Elle croit à l’harmonie,
Elle se sent infinie,
Les lèvres dans la clarté.



Nous avons rappelé l’énorme succès du Feu : peut-être le dut-il d’abord à son extraordinaire accent de sincérité ; pour la première fois un écrivain apportait à ses lecteurs, sans aucune interposition littéraire, la vérité, une description exacte de la vie dans les tranchées. Mais cette popularité ne fut point un triomphe de surprise : le Feu réunit en effet toutes les qualités du réalisme humanitaire de Barbusse. Dans ce « journal d’une escouade », il s’est presque toujours interdit de dépasser son expérience personnelle et le point de vue du simple soldat ; de là, l’intensité des pages où, racontant une journée sans incident, une corvée ou une attaque, il évoque avec le relief de leur précision concrète la durée, la boue, les instincts élémentaires. Son émotion, assez vibrante pour dédaigner tout artifice, ressuscite, avec une sympathie virile ou un humour attendri, ses compagnons de combat qui ne furent point des héros, mais, plus glorieusement, des hommes. Même l’âpre satire qui stigmatise la division de la patrie en « deux pays étrangers, l’avant et l’arrière », n’est point une opposition factice : elle naît de cent petits faits qui gardent leur force. Surtout elle est dominée par le sentiment poignant que, si les civils oublieront vite ce qu’on souffert pour eux les combattants, ces derniers eux-mêmes n’en garderont point une mémoire intacte : « on est plein de l’émotion de la réalité au moment, et on a raison. Mais tout ça s’use dans vous. »


Le Feu représentait la guerre dans toute son horreur, plus haïssable encore d’être peinte avec cette tragique sobriété. Barbusse eût failli à l’honnêteté en ne cherchant point quel remède éviterait le retour « des choses épouvantables faites par 30 millions d’hommes qui ne les veulent pas ». Quelques pages du Feu indiquaient nettement sa volonté de pacifisme : une aube d’espoir se levait sur ce champ de bataille sinistre. Il était donc inévitable que Barbusse apparusse à beaucoup d’anciens combattants comme un guide et qu’il lui fût impossible de se soustraire à cet honneur. Persuadé par l’exemple de Zola que le roman peut devenir un instrument d’apostolat politique, il écrivit Clarté où l’affabulation romanesque voile mal son dessein de démontrer que, selon la conclusion des Paroles d’un combattant, « la seule voix humaine qui s’harmonise avec la nature elle-même, la musique pensante de l’aube et du soleil, c’est le chant de l’Internationale ». Tout jugement sur la portée d’ouvrages comme Élévation ou sa biographie de Staline dépend de l’opinion que l’on professe envers l’activité de militant à laquelle il a tout subordonné ; mais ses plus violents adversaires ont dû reconnaître la générosité avec laquelle Henri Barbusse a servi jusqu’à sa mort la cause du progrès humain qu’il prenait déjà l’engagement de défendre dans les admirables Lettres à sa femme (1914-1917).

 

René Lalou

 

samedi, 23 janvier 2010

Vivre en meute...

 

Nous les loups.gif

Une sorte de suite à Nous, les loups...
podcast

 Nous, les loups, sur Une bibliothèque au 13

vendredi, 22 janvier 2010

Propriétés locales & Propriétés globales

 

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Port de Concarneau - Sara

 

 

Salve, amici !

Voici le document pédéhaif de la contribution mathématique que notre cher ami Laurent Moonens nous proposait au mois de novembre de l'année 2007 :

 

Propriétés, locales et globales

 

A propos de Laurent Moonens...