mardi, 03 novembre 2009

Occident

 

 

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Toile sombre, de Sara, d'après la chanson Can't get enough de Barry White

 

 

Tu viens d’un continent où les gens s’assoient la nuit aux rives des fleuves, et prient et attendent que les ponts s’édifient. Ils prient et attendent. 
 

Je viens d’un continent où chaque homme est armé d’un outil et d’un livre et construit, seconde après seconde, brique après brique. Ils sont debout et ils construisent. 
 

Et nous nous sommes rencontrés sur l’autoroute du soleil, à l’endroit où l’eau vive abrite des diamants. Tu disais des prières et je creusais. Tu disais des prières et je sondais. 
 

Et nous marchons ensemble sur les routes du ciel, et nous parlons nos langues l’un après l’autre. Nos regards se cherchent, nos mains se trouvent. Nos mains se trouvent, nos cœurs se perdent. 
 

Je viens d’un continent où les gens s’assoient la nuit aux rives des fleuves, et prient et attendent que les ponts s’édifient. Tu viens d’un continent où chaque homme est armé d’un outil et d’un livre et construit, seconde après seconde, brique après brique.

édith de CL

 

lundi, 02 novembre 2009

Autour des ensembles dénombrables

 

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Chers amis,

relisons cette contribution mathématique de Laurent Moonens, qui parut dans le numéro d'AlmaSoror du mois de mars de l'an 2007. 
Vous pouvez télécharger le document pdf sur les ensembles dénombrables en cliquant sur ce lien : 

Danse autour des ensembles dénombrables

 

Pour en apprendre plus sur Laurent Moonens, voici sa page ; et quelques vidéos de lui sont visibles ici.

lundi, 26 octobre 2009

Lettre de mon fils Hugues, XXIX septembre MMIX

 

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phot Sara

 


podcast

Chère maman-édith je t’écris une autre lettre. Quand je saurai très bien écrire de la main gauche est-ce que tu liras toujours mes lettres ? Arrête d’essayer que les autres te fassent monter sur leur moto car tu fais très bien aussi de la moto, tu pourras m’emmener sur ta moto. T’inquiète pour ton film et tes amis, tu les fais pour moi d’abord ensuite je les prête quand je veux. Tu vas quelquefois danser et faire la fête. Pour avoir des amis il faut lire des livres très vieux et regarder des très vieilles photos. J’aime bien mes cheveux, pour être heureux j’ai besoin que tu m’écoutes tout le temps sauf quand je joue. J’aimerais bien avoir des petites voitures et aussi un grand camion. Tu peux me prendre en photo même si tu ne me vois pas. J’ai des amis qui vont t’aider pour l’argent et pour faire tes dessins. Tu peux aussi faire beaucoup de bulles.
On va s’amuser. La mort on s’en fiche parce que c’est les autres qui meurent souvent, si c’est nous je te donnerai la main. Je t’aime, je vais t’aider à soigner maman et je vais te faire plein de baisers dans tes bras tout à l’heure,

HUGUES

 

 

mardi, 20 octobre 2009

Agnus Dei du requiem La RSA (requiem vendéen)

 

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podcast
Musique d'édith de CL
Photo de Sara
Vous écoutez une démo de l'agnus dei du requiem La RSA (requiem vendéen).

 

Le requiem La RSA (ou requiem vendéen) est brut, et c’est exprès.

C’est comme de la psalmodie très ancienne. On n’a pas encore développé l’art des mélismes, ces syllabes qui, comme la feuille d’automne, tourbillonnent en ondes avant de toucher le sol. Mais l’air est là, il est clair et facile. Le rythme ne passe pas par l’intellect. Un cousin, un fils non musicien peuvent le chanter. 

Quant aux paroles, qu’en dire ? Celles de la traditionnelle missa pro defunctis sont intemporelles, comme la vie, comme la mort, comme la foi. Il y a aussi l’ave maris stella, éclos au moyen-âge. La consécration à la Vierge de Saint Louis Marie Grignon de Montfort. Et une belle prière du Frère Christian de Chergé, de Tibhirine. 

 

 

dimanche, 18 octobre 2009

Lubitel Tszalaï

De mère bordure et de père canadien, Valentine Morning a grandi dans ces deux langues ; mais, à la mort de ses parents, elle décide de se remémorer, jour après jour, les histoires, chansons et expressions bordures, parce qu'elle sait - sa mère le lui a répété toute son enfance - que cette langue est en voie de disparition. Elle et son frère jumeau chantent tous les jours à leur petit frère Archibald des chants bordures du répertoire maternel, et ce n'est que plus tard, à l'adolescence, qu'elle décide de suivre les conseils de sa tante, l'écrivain Edith Morning, qui a recueilli les trois enfants : écrire & créer en langue bordure. 


A l'ombre de sa célèbre tante, Valentine Morning créée son univers dans la mémoire religieuse de sa mère et d'une enfance coupée en deux par le drame de la perte de ses parents, et dans la persévérance de ceux qui savent que leur oeuvre ne peut toucher les frénétiques qui les entourent, mais ne sera pas avalée par le temps comme tant d'oeuvres qui révoltent un succès temporel.  
 

Lubitel Tszalaï parle de ce lubitel qui avait appartenu à sa mère et avec lequel toutes les photographies qui lui restent de son enfance ont été faites. Ce lubitel, qui appartient aujourd'hui à son frère Seymour Morning, jumeau tendrement chéri, est l'un des trésors d'un monde perdu que les trois enfants se sont partagés pour emmener dans la vie, et se consoler quand le regard des autres s'éteint et qu'on peut ressortir ses trésors abîmés. 

 

Nous vous proposons d'écouter la chanson Lubitel Tszalaï, extraite de l'album Tovaritch-Bokop in Québec :

 

podcast

 

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phot "Bastia de nuit" par Sara

 

 

vendredi, 16 octobre 2009

Kyrie Eleison du Requiem La RSA (requiem vendéen)

 

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podcast
Musique : édith de CL
Photo : Sara

Vous écoutez une démo du Kyrie du requiem La RSA (vendéen).

 

Le requiem La RSA (ou requiem vendéen) est brut, et c’est exprès.

C’est comme de la psalmodie très ancienne. On n’a pas encore développé l’art des mélismes, ces syllabes qui, comme la feuille d’automne, tourbillonnent en ondes avant de toucher le sol. Mais l’air est là, il est clair et facile. Le rythme ne passe pas par l’intellect. Un cousin, un fils non musicien peuvent le chanter. 

Quant aux paroles, qu’en dire ? Celles de la traditionnelle missa pro defunctis sont intemporelles, comme la vie, comme la mort, comme la foi. Il y a aussi l’ave maris stella, éclos au moyen-âge. La consécration à la Vierge de Saint Louis Marie Grignon de Montfort. Et une belle prière du Frère Christian de Chergé, de Tibhirine. 

 

 

mercredi, 14 octobre 2009

No man's land

 

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phot Sara

 

 

Nous n'osons plus penser. Les barrières de mots nous contiennent dans la zone de non dits. Nous n'osons plus rêver. Car nos rêves ressembleraient trop aux royaumes interdits. Nous n'osons plus vivre : car la vie ressemble à ce feu qui nous est interdit. Nous n'osons plus chanter. Nos voix pourraient trahir nos désirs endormis. Nous n'osons plus pleurer : quelles larmes pourraient couler sans éroder les frontières de la morale proclamée ? Et la vie est administrative. Et la vie est scientifique. Réaliste, nous sommes le flot d'êtres qu'elle entraîne vers le bout du tunnel. 

Et toi, qui regardais d'un air différent quand les boites de nos vies se sont croisées, toi qui a levé le doigt, toi qui portais une bague, une chaîne et un long manteau noir... Toi dont la barbe paraissait fragile, toi dont les yeux semblaient noyés, où cours-tu ? Maintenant que le flot a changé de latitude, que les longitudes se sont mélangées, que les contremaîtres de la grande marche des hommes sont morts, où cours-tu ?

 

Des milliers d'être à peine entrevus essaient de se rencontrer à nouveau dans le flot qui se désordonne. Le tunnel est malade ; ses canalisations fuient. C'était la nuit affective dans le gros flot de boites. Ce sera la nuit financière et nous nous chercherons pour nous aimer.

 

Deux femmes se tenaient par la main. Les voilà figées dans leur posture mortuaire. Elles s'étaient révoltées trop tôt. Elles furent des modèles proscrits. Elles méritaient cette épitaphe sur mon bras.  

 

Et nous errons à la recherche de nos coeurs, qui ne résonnaient plus depuis si longtemps. Chacun essaie de récupérer le sien, car les contremaîtres de la grande marche des hommes n'existent plus.  Il n'y a plus d'administration. Il n'y a plus de noms. Il n'y a plus de flot cohérent. Chaque bête sauvage cherche son coeur. 

 

 

édith de CL

dimanche, 11 octobre 2009

AlmaFrater

 

La ballade de VillaBar, c'est l'histoire des personnages nés au bar du Piston Pélican, en 2007, le dimanche soir quand on se retrouvait, photographes, écrivains, acteurs et piliers de bars, pour inventer ensemble. Les soirées n'ont plus lieu, mais les personnages poursuivent leur vie. Car la réalité s'est fait dépasser par la fiction de VillaBar. Et le monde de VillaBar est devenu plus vrai que nous. 

 

 

Complainte cynique de Joan Yufitran

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Phot Isabelle Ferrier

Mon cher William, 

 

Comme vous avez gardé votre naïveté depuis Stockholm... Et quel amusement de vous retrouver ici, à Santa Marina. Le monde est petit ou ésotérique... pour permettre de telles retrouvailles. Vous surveillez la petite rousse et son amante Carotte Feliccio. Qu'ont-elles fait pour attirer ainsi votre attention ?
Carotte fait partie de mon écurie, avec Galeswithe Albanel.

 

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Elles cognent dur. Mais je sais que vous n'aimez pas ce monde des combats interdits. Moi, je le préfère à votre douceur hypocrite. Vous êtes un privé. Vous êtes donc tout aussi vendu que moi. Mais moi, j'en suis consciente.

Et puis j'ai une douleur bien plus grande que celle d'avoir trahi mes frêles idéaux de jeunesse.

J'ai perdu un frère. Oh, bien sûr, il est toujours vivant, et il erre, de ville en ville, de port en port, traînant sa trompette, ses yeux de poète insomniaque et ses souffrances vides. Mon frère était mon seul amour, depuis toujours et à jamais.

Miles, tu me hais. Pour combien de temps encore ? 
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phot Sara

 

 

 

samedi, 10 octobre 2009

Songe solitaire de l'oiseau en cage

 

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podcast
musique : édith de CL
piano : Luke Gohst
photo : Sara

 

 

vendredi, 09 octobre 2009

Extrait du journal de Mavra

 

La ballade de VillaBar, c'est l'histoire des personnages nés au bar du Piston Pélican, en 2007, le dimanche soir quand on se retrouvait, photographes, écrivains, acteurs et piliers de bars, pour inventer ensemble. Les soirées n'ont plus lieu, mais les personnages poursuivent leur vie. Car la réalité s'est fait dépasser par la fiction de VillaBar. Et le monde de VillaBar est devenu plus vrai que nous. 

 

Report sur le journal personnel de Mavra Nicolaïevna Vonogrochneïeva

 

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phot Sara

Journal – Santa Marina

Ce soir, je suis contente. J'ai enfin pu contacter Esteban Mendoza. Il paraît qu'il ne faut plus l'appeler de la Kevinade. Je m'abstiens donc. Une lubie sans doute. De toute façon cela ne m'intéresse pas. C'est un gentil garçon en apparence du moins. Je me méfie. Disons qu'il n'est pas trop méchant et pas trop fourbe. Je le surveille car je suis toujours sur mes gardes, prête à frapper, mais jusqu'ici je n'ai pas eu à m'en plaindre. Il me livre régulièrement la marchandise. Je l'ai vu à Santa Marina avec Cyril van der Welde et Wilfrid Chardon. Je n'aime pas ça. C'est hommes sont prêts à tout. Moi aussi. Cela se terminera mal.

Je suis plus inquiète du comportement de Cyril Van der Welde. Il a un visage trop ouvert et trop franc pour être honnête. Et s'il était honnête, je m'en méfierai encore plus. Je ne connais pas d'honnêtes gens. Ils finissent toujours par trahir quelqu'un. Cyril Van der Welde se méfie de moi, je le sais et plus il se méfie, plus il semble sympathique et ouvert. Je ne sais pas vraiment à quoi il joue mais je crois qu'il a découvert d'où je venais. Tant pis. Au besoin, je le supprimerai. Il a un allié dans la place, le fameux trader, Wilfrid Chardon. Un type qui joue trop et qui ne m'apprécie pas. Il avait misé sur moi lors de mon combat contre ce pauvre Andreï Takov, ce petit flic qui s'est dérobé. Peur de perdre ou esprit chevaleresque ? Il perdra s'il continue car je n'aurai ni pitié, ni considération. Il est trop jeune et trop inexpérimenté mais dans quelques années, s'il vit toujours, il deviendra dangereux. Il a une bonne étoile. Je pense qu'il s'en sortira. A moins que mon étoile ne soit meilleure que la sienne.

Pour le moment, Stanislas Tichy est à l'écart. Il tourne autour de cette petite Lilas L.S. Snuk. Cette fille commence à m'être sympathique et elle m'aide sans le savoir à faire tomber de la sorte tous les hommes qui s'approchent d'elle. Ils sont hypnotisés et me laissent tranquille un temps. Cela m'avait été bien utile lorsque William Spade avait commencé à s'intéresser à moi.

Je déteste Natacha Philippovna. Depuis quelques temps, elle s'acoquine avec son ancienne rivale Emma Lonsdale. D'abord elle est russe. Ensuite elle est fonctionnaire. Dactylo à l'ambassade russe. Cela me déplaît car elle pourrait bien trouver à me nuire. Peut-être pourra-t-elle cependant m'être utile si elle peut être soudoyée. Après tout, si elle s'est rapprochée de la petite américaine Emma Lonsdale, il faut bien que l'une ait soudoyé l'autre. Si c'est Emma Lonsdale, abattue par la mort de son frère, qui vend des informations aux russes, c'est encore plus dangereux. Pour moi du moins car cela voudra dire que j'aurais plus de mal à venir à bout de Natacha Philippovna. Je dois tirer cela au clair rapidement. Avant d'être moi-même piégée.

Ma seule alliée pourrait être Ginna Gashwin. La petite serveuse. Elle n'est pas vraiment honnête et elle a tenté de tuer Lilas L.S. Snuk en l'empoisonnant. Cela me convient. J'ai de quoi la faire chanter au besoin. Pour le moment, elle se contente de me donner quelques renseignements lorsque j'en ai besoin. On entend beaucoup de choses dans les bars de Santa Marina. Elle s'est éprise d'un type sans histoire, Rock Grahïm-Diaz. C'est très bien. Cela l'occupe pour le moment et elle se tient tranquille.

J'ai appris que la mère de Esteban Mendoza va venir à Santa Marina. Une ennemie de plus. Je mettrai la petite Ginna sur le coup, il faudra aussi que je trouve un autre allié. Je crois que ce sera Yeux Noirs. On dirait que les gens sont hypnotisés par elle. Ce doit être son côté mystérieux.

 

Les romans photos villabariens sont consultables dans cette armoire web 

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