samedi, 21 novembre 2009
Canada Valentina
Valentine morning se souvient de son enfance montréalaise dans cet enregistrement à la radio bordure de 2062. La nièce d'Edith Morning y raconte sa vie montréalaise après la mort de ses parents, chez sa tante qui les avait recueilli, elle et ses frères. Elle chante ensuite la chanson que leur mère bordure leur chantait pour les endormir, en leur parlant de son lointain pays.
Nous remercions l'institut de conservation des archives radiophoniques de Bordurie de nous permettre cette (rare) retransmission.
09:24 Publié dans Errances du coeur, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bordurie, folklore, 2062, edith morning, montréal, québec
vendredi, 20 novembre 2009
L’eau de vie de pomme (et les archives d’AlmaSoror)
Sais-tu que je bois de l’eau de vie, le soir, en dégustant mes bons fruits cuits, en écoutant le piano tendre de Ludovico Einaudi, mp3 volés à ma soeur un jour où je squattais son ordinateur, et sais-tu que je repense aux amitiés blessées, brisées, et aux rêves que je faisais lorsque j’avais quinze ans ? Et le piano accompagne ces moments lents et beaux et le feu crépite dans la vieille cheminée du vieil appartement du 13. Et la voix de mon frère dans ma mémoire, et le rire de ma soeur dans ma mémoire, et la présence-tension de mon père dans ma mémoire flottent autour de moi alors que leurs corps et leurs coeurs vivent leurs vies dans leurs villes.
Et le caméscope filme : car je succombe aux règles de l’art individualiste qui ne chante plus son Dieu, mais son image dans le miroir. J’installe la caméra et je dîne aux chandelles, seule avec le film que je suis en train de faire et qui dévoilera ce que fut une vie anodine, esthétisée par goût et par nécessité.
Et la musique se balance, nostalgique, tandis que mon regard intérieur remonte le temps, traverse ces années écoulées, retourne au Pérou, à la Casa Elena. Souvenir de visages et de voix si éloignées de ceux qu’on trouve par ici.
Quelquefois j’ai l’impression que la vraie solitude, la plus belle, la plus pure, la plus déroutante, la plus dangeureuse, est une invention européenne. Une des grandes découvertes qui ont détruit et construit le monde.
C’est au creux de cette drôle de solitude, frustration créatrice en mouvement insaisissable, que sont nées certaines photos et certains textes qu’AlmaSoror a publiés, depuis sa naissance en septembre de l’an 2006.
Et je voudrais me ressouvenirs des jours où je reçus, dans mon électro-boite aux lettres, ces textes qui firent le miel d’AlmaSoror et qui demeurent ses fondations.
21:05 Publié dans Rédac Chef, Traversées | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : esther mar, katharina flunch-barrows, antonio zamora, sara, nadège steene, axel randers, almasoror, vidéo, laurent moonens, kyra portage, alan turing, 20 septembre 2006, fredy ortiz
François-Joseph Westermann
La rubrique Exterminator rappelle que certains hommes sont fous et qu'ils obtiennent souvent un grand succès.
L'extermination d'autrui a toujours été une activité prisée.
AlmaSoror crée aujourd'hui la rubrique EXTERMINATOR en hommage aux exterminés ; nous espérons aussi, par cette série de courtes citations des bourreaux, contribuer à mettre au jour les méandres intérieurs de ce personnage très présent dans l'histoire des hommes : Exterminator.
Qui est Exterminatator ? Après avoir présenté Exterminator Sennacherib, qui massacra la population de Bablylone, voici Exterminator Westermann, l'homme qui écrasa la Vendée, en éventrant, incendiant, passant les chairs à la baïonnette.
« Il n’y a plus de Vendée. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé ».
(lettre au comité de salut public)
F-J Westermann, Révolutionnaire français, surnommé le boucher de la Vendée, a une rue dans le vingtième arrondissement de Paris.
13:47 Publié dans Exterminator | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : westermann, vendée, savenay, comité de salut public, révolution française, paris
jeudi, 19 novembre 2009
Dictionnaire de la délivrance psychique 2
22:23 Publié dans Dictionnaire de la délivrance psychique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dictionnaire, fonctionnaire, rouage, etat
mercredi, 18 novembre 2009
Karamazov-archivage I
AlmaSoror entame l'archivage de Karamazov, numéro spécimen d'un journal qui a failli exister, dans la décennie 1970.
Mais plutôt que d'être un début, Karamazov fut en fait une fin : la clôture d'une ère de rencontres au fond d'une cour du boulevard du Montparnasse, à Paris. Rencontres où se fermaient les bienpensances du dehors pour allumer les libertés des cerveaux.
Les songes, de Paul de Cornulier
Les songes, effrayés par l'alarme stridente,
M'ont laissés seul devant le réel morne et gris.
Ils s'estompent au loin ; ils ne sont que débris.
C'est l'heure d'affronter la journée triste et lente.
Paul de Cornulier
21:06 Publié dans Karamazov | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : paul de cornulier, sara, songes, karamazov
mardi, 17 novembre 2009
L'amour en trois volets
"le bonheur ne saurait se trouver qu'aux deux pôles des
relations humaines, - là où les mots n'existent pas encore et là où
ils n'existent plus - dans le regard et dans l'étreinte. Là seulement
se situent l'inconditionnel, la liberté, le mystère, l'élan
irrépressible"
Thomas Mann
I
Lutte contre le soliloque mental perpetuel
la vie intellectuelle polémique est comme une tentation du démon. Elle veut nous détourner de la bonne bouffe, des relations agréables avec les humains, les chats et les chiens qui nous entourent, des étoiles qui scintillent à l’écart des villes et de la construction d’une belle oeuvre suivie au long cours. Elle brandit de séduisants hameçons auxquels il est difficile de ne pas prendre et la plupart de ces hameçons sont pourvus de vers pêchés dans l’actualité.
Ne plus penser, etouffer la profusion de mots afin que surgisse le silence. Les mots qui coulent dans la tête toute la journée, pollution mentale, nous tue. Le mental est pollution, il devrait se taire la plupart du temps.
II
noyade et délivrance
(écoutez La voix vibrante de Loreena Mc Kennit)
L’homme écoutait sans cesse la voix de l’Irlandaise chanter “tango to Evora”. Il sombrait dans la folie de se noyer dans une voix inconnue et cela rappelait la bande dessinée pour les enfants, en deux volumes : Marion Duval et La voix d'Elisa Beauchant ; Athaque à Ithaque (un autre homme y sombre pour une autre voix).
La voix faisait taire tout ce qui parle et pense et laissait monter les sensations. la voix était sensation, et se fondre en elle, c’était retrouver le chemin de la petite enfance, l’époque de l’observation des fourmis loin des autres enfants, et surtout, loin des grands. Quand le temps et l’argent n’avaient pas encore mangé le rêve de la vie.
III
L'amour, la fumée
...et c'est ce que nous recherchons, tous, dans l'amour. Nous voulons nous noyer dans un être plus beau et plus grand que les autres. Nous voulons oublier les détails qui tuent. Nous cherchons à broyer nos biles pour entrer dans la lumière, la belle lumière du monde incréé.
... et c'est ce que nous recherchons, tous, dans l'amour : la fumée des premiers jours.
XY, alias José Vengeance Dos Guerreros
18:35 Publié dans Errances du coeur, José Vengeance Dos Guerreros | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : josé vengeance dos guerreros, amour, marion duval, yvan pommeaux, fumée, soliloque
lundi, 16 novembre 2009
Effigies
Par Marin Dupondt-M
A ma soeur bleue marine
Je t’aime, je te quitte, ta guitare m’a trahi en chantant ce sommeil qui nous tint à l’écart, qui nous tint éloignés l’un de l’autre, l’un de l’autre, trop de temps.
Je viens, tu repars, et les drogues qu’on achète n’éssuient plus ce chaos, ce chaos qui oppresse, qui opprime nos poitrines en roulant sur les bords des instants.
Toi, tu regardes dans la brise nos écarts et les chiens te comprennent, et les chiens te soutiennent et je reste, bien trop seul bien trop cuit, bien trop noir pour tes chants.
Rire, dans le ciel, pleurer, dans les vagues, crier dans le drame des corps qui cherchent l’éclaboussure de joie, et c’est toi, ma tendresse qui disais, qui disait il fait froid, il fait faim, prends moi dans tes bras. Et c’est toi, ma tendresse, qui disais, qui disait il fait froid, il fait faim, prends-moi dans tes bras.
Marin Dupondt
22:05 Publié dans Errances du coeur, Marin Dupondt | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : marin dupondt, villabar, rupture, chiens
dimanche, 15 novembre 2009
L'Occident
... Et l'astre qui tombait de nuage en nuage,
Suspendait sur les flots son orbe sans rayon,
Puis plongeait la moitié de sa sanglante image,
Comme un navire en feu qui sombre à l'horizon ;
Et la moitié du ciel pâlissait, et la brise
Défaillait dans la voile, immobile et sans voix,
Et les ombres couraient, et sous leur teinte grise
Tout sur le ciel et l'eau s'effaçait à la fois ;
Et dans mon âme aussi pâlissant à mesure,
Tous les bruits d'ici-bas tombaient avec le jour,
Et quelque chose en moi, comme dans la nature,
Pleurait, priait, souffrait, bénissait tour à tour ! ...
Ô lumière ! où vas-tu ? Globe épuisé de flamme,
Nuages, aquilons, vagues, où courez-vous ?
Poussière, écume, nuit ; vous, mes yeux ; toi, mon âme,
Dites, si vous savez, où donc allons-nous tous ?
À toi, grand Tout, dont l'astre est la pâle étincelle,
En qui la nuit, le jour, l'esprit vont aboutir !
Flux et reflux divin de vie universelle,
Vaste océan de l'Etre où tout va s'engloutir !
Alphonse de Lamartine
22:10 Publié dans Fragments | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alphonse de lamartine
Du prisme de Sennacherib
La rubrique Exterminator rappelle que certains hommes sont fous de sang et de destruction ; et qu'ils obtiennent souvent un grand succès.
L'extermination d'autrui a toujours été une activité prisée.
AlmaSoror crée aujourd'hui la rubrique EXTERMINATOR en hommage aux exterminés ; nous espérons aussi, par cette série de courtes citations des bourreaux, contribuer à mettre au jour les méandres intérieurs de ce personnage très présent dans l'histoire des hommes : Exterminator.
Qui est Exterminatator ? Nous commençons avec Sennachérib, l'homme qui se vanta d'avoir rasé Babylone sans laisser de survivants.
"Dans les rues et sur les places traînaient des corps, que personne n’enterrait. La ville a été prise par la famine. Alors commença la tuerie. Je n' ai pas épargné les habitants, ni vieux, ni jeunes. J’ai couvert de leurs corps tous les quartiers. J' ai tout raflé et tout détruit, les maisons ont été ravagées par le feu des fondations aux toits. J’ai creusé des fossés le long de la ville, j’ai inondé ce lieu, j’ai détruit les bâtiments jusqu'aux fondations. J'ai anéanti (Babylone) plus que le déluge ne l’avait fait"
Sennacherib (vers 700 avant Jésus Christ)
Propos extrait du prisme de Sennacherib, conservé au musée de Chicago.
( On peut lire, en anglais, les ouvrages de Daniel David Luckenbill ; en polonais, celui de Piotr Biziuk)
14:19 Publié dans Exterminator, Horizons funèbres | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sennacherib, musée de chicago, sara, villabar, babylone, piotr biziuk, daniel david luckenbill, stèle de taylor, prisme de sennacherib
samedi, 14 novembre 2009
Une éducation en l’an mille quelque chose
Un passage émouvant du livre de l’historienne Joan Evans, La civilisation en France au Moyen Âge (1930)
« Guibert de Nogent, né en 1053, nous a laissé un petit tableau très triste de son éducation d’enfant élevé par un gouverneur particulier.
« Quand on me mit à l’étude, j’avais déjà, en vérité, commencé les rudiments, mais je pouvais à peine assembler les éléments les plus simples, lorsque ma mère aimante, préoccupée de me voir étudier, songea à me mettre à la grammaire… L’homme, à qui ma mère projetait de me confier, avait commencé à apprendre la grammaire à un âge avancé, et il était d’autant moins versé dans cet art qu’il en avait eu très peu dans sa jeunesse. Cependant il était si modeste que son honnêteté remplaçait son absence de savoir… Donc, lorsque je fus confié à ses soins, il m’enseigna avec une telle pureté et me garda avec un tel zèle… Qu’il m’empêcha complètement de prendre part aux jeux communs, ne me permettant jamais de sortir sans être accompagné, ni de manger hors de la maison, ni d’accepter aucun présent sans sa permission… Tandis que les autres enfants de mon âge allaient partout à leur guise… Pour ma part, j’étais enchaîné par des contraintes incessantes, et je restais assis dans mon petit manteau de clerc, regardant comme un animal apprivoisé les bandes d’enfants qui jouaient. Mais tandis qu’il m’importunait tant, et que ceux qui nous connaissaient pensaient que mon esprit d’enfant s’affilait à l’extrême, grâce à ces douleurs continuelles, tous les espoirs n’en furent pas moins déçus. Car il ignorait lui-même complètement l’art de la composition, en poésie comme en prose ; si bien que j’étais en butte à une grêle pénible et presque quotidienne de reproches et de coups, lorsqu’il voulait me forcer à apprendre ce qu’il ne savait pas lui-même… La nature fatiguée devrait parfois trouver un remède dans la diversité du travail. N’oublions pas que Dieu forma le monde non pas uniforme, mais avec les changements du jour et de la nuit, du printemps et de l’été, de l’automne et de l’hiver, nous ranimant ainsi par le changement des saisons ».
AlmaSoror avait déjà cité cet homme, ici.
A propos de l’éducation des enfants à cette époque, Joan Evans ajoute : « Saint Anselme est le seul que l’on entende rappeler au maître que les enfants sont des êtres humains comme lui, et qu’ils ont besoin de « miséricorde, de douceur, de pitié, de paroles joyeuses, de patience charitable, et de beaucoup de réconfort de ce genre ».
Ainsi, l’homme qui a dit « fides quaerens intellectum » était aussi un frère des enfants…
20:15 Publié dans Fragments | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : saint anselme, joan evans, 1053, an mille, guibert de nogent, éducation, moyen Âge













