mercredi, 30 septembre 2009

Nous fumions dans les bars

 

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podcast

musique : édith de CL
piano : Luke Gohst
Photo : Sara 

 

mardi, 29 septembre 2009

Santa Marina de tous les saints

 

La ballade de VillaBar, c'est l'histoire des personnages nés au bar du Piston Pélican, en 2007, le dimanche soir quand on se retrouvait, photographes, écrivains, acteurs et piliers de bars, pour inventer ensemble. Les soirées n'ont plus lieu, mais les personnages poursuivent leur vie. Car la réalité s'est fait dépasser par la fiction de VillaBar. Et le monde de VillaBar est devenu plus vrai que nous. 


 

Soliloque d' Alicia-Pilar « la matadora » Desdemone-Cajas

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J’erre à Santa Marina sans savoir à quels saints me vouer
Je me rappelle des deux filles avec qui j’ai travaillé pendant plus de quinze ans dans un bar de Saint-Jean en Ville, en Louisiane française : Anita F.C. Trosh et Oriane Siette.

Nous savions rire ! Nous savions pleurer ! Deux dons qui ne sont réservées qu’à des âmes d’élite. Le Rire et les Pleurs sont un Art que peu de gens pratiquent avec hauteur.

Quel ennui en ce bas monde si mal peuplé. Riches et pauvres se rejoignent dans cette médiocrité qui les atteint tous. Nous ne sommes que quelques uns à nous élever au-dessus de cette bassesse, par la grâce de Dieu. Il y en a quelques uns par ici, Dieu soit loué. J’ai rencontré une jeune femme amusante, qu’on appelle Yeux Noirs. Elle semble s’élever au dessus des pensées et des actions habituelles.

 

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Il y a un jeune homme qui passe me voir pour pleurer et parler de musique. Quelle élégance, quelle soledad, quelle dolor étoilée dans ses yeux béants ! Quelle divine musique quand il prend sa trompette ! Un vrai poète, mi irlandais mi berbère, qui s'appelle Miles Yufitran.

 

Karim-Pierre Maalej-Miles Yufitran et Ozanne Sommertag.jpg

J’ai aussi un client qui ne manque pas de piquant, pas seulement dans sa barbe mais au fond de son cœur. Son nom fait trembler les gens d’ici. Il s’appelle Stanislas Tichy.

 

Sancha-Stan Tichy.jpgphot Sancha

Mais quel ennui, à part cela.

Ay, Madre de Dios !
Christo hijo de la Virgen, ayudame.

 

 

 

 

 

lundi, 28 septembre 2009

Elise et Hélène l'année dernière

 

Nuages sur la mer.jpg


podcast

Musique : édith de CL

Piano : Luke Ghost

Photo : Sara

 

Sens et mystique des sens - Episode 6

Sens et mystique des sens a été publié en feuilleton de 44 épisodes l'été 2009, par le Newropeans Magazine

 

 

Une histoire de l’art euro-américain de la décennie 2030.

 

 

Episode 6

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La science s’engouffre après l’art

Je rappelle, bien que ce ne soit pas notre sujet, que l’art encore une fois précéda la science sur ce point. L’idée de traduire les sciences en quechua, sioux, hawaiien, inuktitut, pour déceler les failles de raisonnement dans la langue d’origine, et pour être emportée par ces langues dans d’autres directions éventuellement bonnes, a été à l’origine des plus grandes découvertes scientifiques du XXIème siècle. La vulgarisation par la traduction est ainsi partie inhérente de la recherche scientifique. La réunification de la culture littéraire, technique et scientifique s’est faite grâce aux allers et retours entre les langues extrascientifiques –amérindiennes surtout-, et les langues officielle de la vieille Europe. Ce n’est que comme cela que la science est redevenue un jeu d’enfant. Avant, et cela ne s’était qu’accentué au cours des millénaires, l’invention intellectuelle ne s’adressait qu’à une élite. Les individus de notre société n’ont eu accès à leur haute science que lorsque les langues quechua, sioux, hawaiienne, inuktitut ont exigé un effort de pensée monumental pour une traduction correcte. Nous n’avons compris qu’au milieu du XXIème siècle que l’accès à la science et à la réflexion n’est qu’une question de langage. Il suffit d’avoir les outils – mais quand les outils sont intérieurs leur appréhension est subjective, donc aléatoire. 

Or, ce sont les artistes qui ont recouru les premiers à ces langues, et qui ont montré leur puissance d’évocation et d’enrichissement civilisationnel.  

Je citerai l’énigmatique sentence du génial David Ranch : « Le jour où les phares des voitures deviennent les phrases des voitures, l’analogie se fait langage ». Beaucoup ont fait semblant de comprendre cette phrase ; peu l’ont réellement vécue. 

 

A suivre...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dimanche, 27 septembre 2009

Celle qui ne m'a jamais aimée

 

La ballade de VillaBar, c'est l'histoire des personnages nés au bar du Piston Pélican, en 2007, le dimanche soir quand on se retrouvait, photographes, écrivains, acteurs et piliers de bars, pour inventer ensemble. Les soirées n'ont plus lieu, mais les personnages poursuivent leur vie. Car la réalité s'est fait dépasser par la fiction de VillaBar. Et le monde de VillaBar est devenu plus vrai que nous. 
Lamentation de Venexiana Atlantica
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(Photo d'Isabelle Ferrier)

 

 

De conquêtes musicales en conquêtes musicales, de conquêtes amoureuses en conquêtes amoureuses, je vogue sur la planète Terre, la planète bleue, sans comprendre le sens de la vie des autres. Ils n’ont rien : ni gloire, ni flic, ni art. Quel enfer que leur sort. Je brûle mes ressources vitales pour ne pas manquer de ces trois drogues, qui sont les seules choses valables en ce monde, et quand je n’en n’aurai plus, j’écrirai mon autobiographie (j’ai déjà trouvé le titre, un clin d’œil à John, qui sera alors mort et enterré depuis mathusalem) et je crèverai.

On dit que j’aime les femmes, ce qui est faux. J’aime les hommes.
J’ai aimé John. Bien que je l’ai trahi plusieurs fois.
J’ai aimé Bob. Bien que je lui ai fait de grosses crasses.
J’ai aimé Stan. Bien que je l’ai toujours traité comme une merde.
J’ai aimé Andreï, le petit flic sans peur et sans reproche, bien qu’il m’ait prise pour une maman, ce pauvre gosse, et que je lui ai fait sentir bien salement que si les mères sont des grosses putes qui vous soutirent tout votre bien dans votre dos, alors oui, j’en suis une bonne.
J’ai aimé Nicodème, malgré son odeur pestilente de flic et sa gueule de haut fonctionnaire méprisant. Si je lui ai fait arracher un bout de crâne par un pote véreux, c’était pour son bien. D’ailleurs, il a beaucoup plus de succès depuis, professionnellement et affectivement.
J’ai aimé Mahalaoui, le pauvre gars qui traînait lamentablement dans les bas fonds d’une ville perdue loin derrière Saint-Jean en Ville.

Je n’ai jamais aimé Lilas. Je n’ai jamais aimé Yeux Noirs. Je n’ai jamais aimé Grisélidis. Je n’ai jamais aimé Galswinthe. Je n’ai jamais aimé Solveig. La seule que j’ai peut-être aimé, dans le fond de mon cœur – si ce muscle brasse réellement autre chose que le sang, pétrole du corps -, c’est … Fifi Exaltacion. Mais c’est elle qui ne m’aimait pas.

 

samedi, 26 septembre 2009

Un après-midi d'enfance au Pont Hus

 

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1982. Grand-Père P sur le perron (Pont Hus)

 

 

podcast

Musique : édith de CL
Piano : Luke Ghost 

vendredi, 25 septembre 2009

An Angel Runs

 

 

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Phot Sara

 

 

 

An angel runs
Thru the sudden light
Thru the room
A ghost precedes us
A shadow follows us
And each time we stop
We fall 

 

James Douglas Morrison

 

jeudi, 24 septembre 2009

Une ruelle, au crépuscule

 

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podcast

Musique édith de CL

Piano : Luke Ghost

mercredi, 23 septembre 2009

Sens et mystique des sens - Episode 5

 

 

Une histoire de l’art euro-américain de la décennie 2030.

Sens et mystique des sens a été publié en feuilleton de 44 épisodes l'été 2009, par le Newropeans Magazine

 

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Pépites du déclin et pérennité d’une folie 

 

On le sentait venir, le déclin. Nous : le Groupe des Trente Feuilles. Nous ne voulions pas y croire, mais à plusieurs reprises, nous eûmes, en groupe complet ou restreint, des échanges sur ces myriades d’auteurs qui copiaient nos hérauts sans en avoir le sel

Certes, il y eut le déclin. Mais qui aurait pu croire à l’éternité d’une démence ?

« On se dit qu’à 20 ans on est les rois du monde, et qu’éternellement on aura dans les yeux tout le ciel bleu ». Mais le temps des illuminations s’éteint comme tous les temps, et bientôt les artistes sont de pâles copies d’artistes ; les œuvres deviennent insipides ; et les critiques agitent des drapeaux qui ne disent plus rien à personne. 

Pourtant, de cette décennie 2030, on a gardé, outre le souvenir d’une époque formidable de création, une série d’œuvres que nous sommes nombreux à penser immortelles. Et plus le temps creuse l’abîme qui nous sépare de la décennie démente, plus le nombre de ceux qui clament son importance augmente. 

Alors nous qui avons vécu, vibré, porté, aimé ces années qui défilaient avec leur lot d’or et de feu, nous avons gagné l’éternité. C’est déjà ça. 

 

Quelques points supplémentaires

 

L’influence de la littérature quechua et sioux dans les dialogues cinématographiques : qui n’en n’a pas débattu, avec morgue, arrogance intellectuelle, dans les salons des principautés d’Europe ? Et pourtant le sujet est plus important qu’une simple distraction de dilettantes qui se donnent de l’importance. A long terme, il est possible que nous nous rendions compte que les langues quechua et sioux ont profondément influé sur le développement, non seulement des dialogues de cinéma, mais des dialogues de la vie réelle

Je noterai quelques points essentiels qui démontrent cette influence. 

Le sioux – lakota et dakota – a influencé nos manières de parler à partir des films de David Ranche. Nous avons adopté  les particules de fin de phrases, en fonction du sexe de la personne. Si les Sioux réservaient l’usage de la particule masculine aux hommes et celui de la particule féminine aux femmes, c’est pour s’adapter aux mutations fréquentes qu’opéraient ses personnages et à leur sentiment intérieur vis-à-vis des modèles masculin et féminin, que Ranche a adopté les particules de la vieille langue amérindienne. Très vite, les populations du monde ont adopté ces particules, sans toutefois faire la distinction que les Sioux font, entre les modes assertif et interrogatif. La possibilité de préciser son sexe intérieur à chaque dialogue était d’une urgence intellectuelle certaine à cette époque d’émergence de la queeritude. Les milieux traditionnels et religieux, qui avaient combattu longtemps cette queeritude avant de l’adopter, ont été, curieusement, les premiers à employer les particules sioux dans les langues courantes (français, allemand, anglais, arabe). Dès 2034, l’abbé Jehan Nord de La Thrace énonce que les particules sioux nous sauveront de la confusion culturelle, dans un article sur la nécessité de ne pas associer le sexe symbolique du prêtre (masculin) et de l’Assemblée (féminin) à leurs sexes biologiques effectifs (In Le symbole du Poisson ne passera pas). 

Les personnages de films avaient donc, dans toutes les langues, la possibilité d’exprimer notre sentiment sexué intérieur afin de mieux faire comprendre au spectateur leur état mental. Cette nouveauté fut adoptée par le public dans la vie courante à une grande vitesse. 

L’autre apport linguistique amérindien nous vient du quechua, et est né de la traduction du film  Ch’askamantam kani en vu de la réalisation des sous titres. 

Après ce film, le mode d’énonciation quechua, c'est-à-dire la façon que le locuteur quechua a de mentionner, dans chacune de ses phrases, la source d’information, est devenu répandu dans toutes les œuvres. La particule –si indique que l’on sait la chose par ouïe dire. Elle est utilisée aussi pour exprimer que quelque chose a eu lieu en rêve, ou bien dans un état de conscience assez modifié pour que la particule –mi soit trop osée.  La particule –mi indique que l’on sait de façon empirique ce que l’on énonce. Si on l’emploie, c’est qu’on est sûr de ce qu’on dit.  La particule –cha est étrange, elle énonce une sorte d’incertitude agacée. La réplique la plus célèbre de Ch’askamanta kani – celle qui poussa les traducteurs à conserver les particules d’énonciation dans la traduction, ce qui était particulièrement osé, voire biscornu pour l’époque -, est celle de l’héroïne Marisa Tika lorsqu’elle danse sur l’herbe devant la maison de son enfance. Sa mère lui crie : « Comment vas-tu redevenir sage si tu laisse le vent t’emporter comme ça ? » et Marisa Tika répond : Imacha ! Ce que les traducteurs vers le français ne purent que traduire : commentcha ! A savoir : « qui sait ? Je n’en sais rien ! On verra bien ». Nous n’avons plus besoin de dire tant de phrases pour toutes ces choses si simples. Ainsi, j’entendais causer hier deux garçons d’environ huit ans sur l’avenue de Sumer, à trois heures de l’après-midi. L’un des garçons racontait à son ami qu’il avait rêvé qu’il embrassait sa professeur d’astrophysique. Il a prononcé « Je l’ai embrasséssi ». A l’époque où j’ai grandi, cette phrase eut été impossible : il n’y avait pas de –si. Et pour dire Je l’ai embrasséssi, qui signifie selon le contexte « je l’ai embrassée en rêve », ou bien, « je l’ai embrassée, du moins, c’est ce que je crois, mais je ne suis pas sûre parce que j’étais complètement ivre », il fallait prononcer tout cela. 

 

A suivre...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mardi, 22 septembre 2009

Des équations cubiques aux nombres complexes

 

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Île d'Hoedic - Agnès 

 

 

C'était la troisième contribution mathématique de Laurent Moonens à AlmaSoror. Plongeons, plongeons, plongeons dans les méandres des équations cubiques et des nombres complexes

 

 

Pour en apprendre plus sur Laurent Moonens, voici sa page ; et quelques vidéos de lui sont visibles ici.

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