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mardi, 30 janvier 2018

Matin d'hiver

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Nous sommes toujours en vie, le plus souvent ennuyés par l'instant présent du quotidien écrasant, ou, quelquefois, stupéfait par une légère beauté qui passe, qui souffle, un éclat pur, un goût de joie.

Nous mourons, but de toute naissance. Un jour ou l'autre, tout disparait pour nous et nous disparaissons des horizons partagés. Entretemps, on ne sait pas très bien que faire. Les jours sont lourds à porter, ils trépassent et on les regrette. Des soucis s'interposent entre la vie et nous, gênant la respiration.

Les soucis, c'est la seule chose qu'il faudrait faire taire à jamais.

Seul face à la vie, sans la béquille des soucis, seul face à la respiration, à l'existence des choses mobiles et immobiles.

dimanche, 28 janvier 2018

en toi écho et résonance

« Si dans Récoltes et Semailles je m’adresse à quelqu’un d’autre encore qu’à moi-même, ce n’est pas à un “public”. Je m’y adresse à toi qui me lis comme à une personne, et à une personne seule. C’est à celui en toi qui sait être seul, à l’enfant, que je voudrais parler, et à personne d’autre. Il est loin souvent l’enfant, je le sais bien. Il en a vu de toutes les couleurs et depuis belle lurette. Il s’est planqué Dieu sait où, et c’est pas facile, souvent, d’arriver jusqu’à lui. On jurerait qu’il est mort depuis toujours, qu’il n’a jamais existé plutôt — et pourtant, je suis sûr qu’il est là quelque part, et bien en vie. Et je sais aussi quel est le signe que je suis entendu. C’est quand, au delà de toutes les différences de culture et de destin, ce que je dis de ma personne et de ma vie trouve en toi écho et résonance ; quand tu y retrouves aussi ta propre vie, ta propre expérience de toi-même, sous un jour peut-être auquel tu n’avais pas accordé attention jusque-là. Il ne s’agit pas d’une “identification”, à quelque chose ou à quelqu’un d’éloigné de toi. Mais peut-être, un peu, que tu redécouvres ta propre vie, ce qui est le plus proche de toi, à travers la redécouverte que je fais de la mienne, au fil des pages dans Récoltes et Semailles et jusque dans ces pages que je suis en train d’écrire aujourd’hui même »


Alexandre Grothendieck, IN Promenade à travers une œuvre qu’on peut lire par ici.

 

Ailleurs dans AlmaSoror :

Sur Grothendieck

Nécrologie de Nicolas Bourbaki

Semailles d'un fou

jeudi, 25 janvier 2018

Héroïne - Poème de l'hiver 2018

(Ami défunt qui écrivais un poème pour chaque saison, il fallait bien que quelqu'un prenne ta suite. Il y eut le poème de l'hiver 2017. Il y eut le poème du printemps 2017. Il y eut le poème de l'été 2017. Il y eut le poème de l'automne 2017

Voici celui de l'hiver 2018).

 

Petits enfants de lune qui ne voient jamais l’astre auquel ils rêvent,

vieillards aux dents d’or, aux cheveux d’argent,

femmes qui veulent oublier le viol consenti,

hommes qui tentent de dénoncer le vol de leur enfant,

la pluie drue transperce la ville froide à cet instant.

 

Et j’ai voulu donner au monde une sève, une écriture, une structure.

 

Mais la mathématique a obstrué mon esprit

et l’orgue de l’église a occupé des heures

quand je montais ses marches pour exercer mes doigts

dénuée de don, dénuée de partition, dénuée de foi,

comme d’autres se piquent d’héroïne ou de sauver le monde.

 

Et je n’ai jamais pu finir une phrase, achever une présence.

 

Car il y avait au cœur de ma vie cet être nu, l’Absence,

vêtue de probité invisible et tachée de vin blanc.

Des mains m’ont caressée certains soirs de janvier,

après la mort d’un père ou le deuil d’un enfant,

j’étais épouvantée par ma déviante langueur.

 

Et les années passaient sans délester leur beurre.

 

La pluie froide traverse le ciel jusqu’au trottoir.

Un mensonge a vieilli ton regard philosophe.

Je ne connais plus rien des jeunesses qui éclosent.

Tu es mon étranger, mon amour indifférent.

J’aurais voulu t’aimer un peu mieux, plus longtemps

 

Et l’hiver s’éternise aux heures des amants.

mardi, 23 janvier 2018

... de grandes exilées de l’histoire des idées...

« J’ai commencé d’écrire ce texte comme on part en voyage vers un pays inconnu mais dont le nom a résonné à notre oreille intérieure, je m’y suis lancé à seule fin d’en explorer le titre, juxtaposition ou alliance de mots qui s’est imposée au fil du temps comme le résumé abrupt sinon abstrus de difficultés récurrentes ou ressassées et cependant, d’une certaine façon, ignorées. Une première constatation, ou thèse, comme on voudra, est que les mathématiques sont parmi les grandes oubliées de l’histoire des idées au vingtième siècle, malgré les apparences, malgré les malentendus, les trop bien entendus aussi. Affirmation paradoxale, j’en conviens, et qu’il n’est pas simple d’étayer mais qui du moins, si on la prend au mot, ouvre d’étonnantes perspectives. Oui, les mathématiques ont été de grandes exilées de l’histoire des idées depuis déjà plus d’un siècle et demi. Et cette expression d’‘histoire des idées’, délicieusement désuète par certains côtés, rappelle par ailleurs Michel Foucault, lui-même précieux interlocuteur de Paul Veyne qui se reconnaissait dans le mot d’ordre de son ami et collègue au Collège de France: l’histoire des idées ne commence véritablement qu’avec l’historicisation de l’idée philosophique de vérité. Je ne reprendrai pas telle quelle cette maxime bien difficile à étendre aux mathématiques, et pourtant elle m’accompagnera tout au long, ou nous accompagnera puisqu’il ne m’a pas semblé inutile ou impossible de proposer ce voyage à une lectrice, à un lecteur. A supposer que les mathématiques aient été en quelque façon éxilées’, où l’ont-elles été ? Réponse: Au Paradis. Ou plutôt en toutes sortes de paradis, qui perdent leur majuscule en se multipliant; le paradis du synthétique a priori, le paradis cantorien beaucoup plus tard, d’autres encore. Des paradis qui d’une certaine manière – qu’il conviendra d’élucider soigneusement –, les ont préservées, ces mathématiques, et de la « réalité », et par exemple du « travail », cette grande affaire du dix-neuvième siècle ».

 

Pierre Lochak, IN Mathématique et Finitude

dimanche, 21 janvier 2018

Ilyès

L’orgue et la mathématique, mes deux mains, les deux pôles de mon cerveau. Oui, et pourtant, depuis une semaine, que sont ces passe-temps devenus ? Je ne pense plus qu’à toi, Ilyès, à ce lit rempli de sang sur lequel tu gisais, mort déjà, quand Clarisse t’a trouvé. Et personne ne comprend. Une rupture récente, oui, un problème de travail, oui, des parents lointains, oui, mais rien d’original à tout cela et tant d’amis autour de toi ! Le grand écart entre l’islam de ton père et le catholicisme de ta mère, oui, mais il y avait les semaines de printemps à Taizé et les sourates que tu récitais à table. La langue turque, la langue arabe, la langue française, Balzac et Marceline Desbordes-Valmore, la musique baroque de Lully et celle, électronique, de ton ami Fazil, toute la beauté des couleurs de ton appartement petit mais charmant de la porte d’Orléans… Depuis ton affreux acte, je ne dors pas beaucoup, je ne monte plus les marches qui mènent à l’orgue de la cathédrale de Senlis, je n’ouvre plus le livre de Pierre Lochak, Mathématique et finitude. Je pense à moi, je pense à Clarisse, je pense à la mort. Ilyès, je pense à toi.

 

vendredi, 19 janvier 2018

L'or tranquille

L'amertume et le désir ont en commun d'avoir d'incessantes et incessibles ramifications. Aucune satisfaction ne les apaise, aucun soulagement ne les fait cesser au-delà de quelques instants, quelques jours, quelques semaines. Ces deux sentiments bardés de tentacules qui repoussent quand on les coupe, empoisonnent nos vies et détruisent tout le bien de notre cœur. L'amertume, comme le désir, distordent notre vision du monde, et se déversent sur les paysages qui s'offrent à notre vue avant même que nos yeux aient pu les découvrir. Se débarrasser du sentiment d'amertume et du désir sans fin, éliminer les joies et les peines trop dépendantes des circonstances extérieures, c'est le premier pas vers la sagesse, vers cette sagesse invisible à l’œil nu, qui permet à la personne d'accueillir le bonheur quand il vient, de surmonter la douleur et la déception.

L'amertume et la frustration (ou le sentiment de manque, d'incomplétude), causent de si grandes souffrances en nos cœurs qu'il faut savoir les abandonner définitivement. Mais en les laissant partir, on perd tant de choses chères : le souvenir d'un rêve, un espoir de revanche, une occupation qui comble les ennuis. Oui, car amertume et frustration stimulent nos cerveaux : que faire, sans elles ?

Je souffle sur mes désirs et je les laisse vivre sans suivre leur cours. Lorsque les sensations de frustration, de manque, débarquent à la surface de ma conscience, je les observe. Elles m'attaquent. Je les contemple et je les transforme en quête, en chemin, en pelle pour creuser la terre de mes couches d'être et descendre au fond de ma mine, là où se trouve le métal qui délivre : l'or tranquille.

mercredi, 17 janvier 2018

Des lettres

Dans cette vieille sacoche de cuir, des cartes postales sans intérêt, un carnet qui date de 1990, c'est à dire d'il y a 27 ans, puis des monceaux de lettres en vrac. Des lettres, des lettres, des lettres. Celles d'une femme mariée à un brave homme et maman de deux petits enfants adoptés en Asie, qui mentionne à son amant ses envies d'être fouettée, dominée, battue, pénétrée par tous les orifices le plus violemment possible ; celles d'une petite fille qui envoie des nouvelles enjouées à son papa en quémandant des réponses. L'amant et le papa, sont la même personne. La femme, je crois l'avoir vue plusieurs fois, il y a vingt ans. La petite fille, c'est moi.

« Est-ce ainsi que les hommes vivent »...

Mais pourquoi est-ce que cela me fait pleurer aujourd'hui ? Je suis grande, pourtant, j'ai trente-neuf ans et demi. Je n'avais jamais reçu de réponse à ces lettres. Il faut dire qu'elles étaient bêtasses. Presque fausses dans leur joie feinte. Ça ne valait pas, en effet, l'autre prose contenue dans la sacoche. Cette autre prose qui suscitait des réponses, des réponses en vers et en prose, en coups de fouet et en invitations au restaurant.

Quand les vieux hommes meurent, bien souvent, ils ne sont plus que de vieux hommes, qui ont cessé depuis longtemps d'être des amants. Sont-ils toujours des pères ? Je ne sais pas vraiment. Ils furent, c'est sûr, des enfants qui grandissaient trop tristement.

Une bibliothèque Cornulier - La littérature orale quechua

(La bibliothèque dont on vous parle fut créée, trente ans durant, dans un appartement au fond d’une cour du 13 boulevard du Montparnasse, avant de devenir une bibliothèque éparpillée).

Titre : La littérature orale quechua

de la région de Cuzco - Pérou

Auteur : César Itier (et les personnes dont il a recueilli les propos)

 

Editeur : Karthala

Genre : ethnologie et linguistique

 

Date de parution : 2004

Pays de l'auteur : France (Pérou pour les personnes dont César Itier a recueilli les histoires)

Nombre de pages : 230

 

Exergue :

Anteschà kay pacha paqarimuypi riki... Autrefois, à l'aube de notre monde...

Arrivée dans la bibliothèque : 2004 (acheté à Paris)

 

Première phrase :

"Dans les hautes terres du Sud du Pérou, les récits concernant l'origine de la société ont généralement pour protagonistes des êtres appelés "gentils" (hintil, de l'espagnol gentil "gentil, païen").

Première phrase de la page 70 :

"A travers ce reniement exemplaire, l'étoile exprime et impose le point de vue des gens de la vallée : les enfants d'une telle union ne pourront tirer un parti positif de leur double héritage génétique et écologique. Fils d'un homme de la puna et d'une femme-étoile-oiseau de la vallée, ils ne pourront prétendre être des hommes de la vallée mais seront des oiseaux de la puna".

Dernière phrase :

"Papanpiwan chay Tumaspiwan tayta kurakama kapunku, ari. (Elle rit). Chayllatan Luciaqa willarquyki".

Lui et son père étaient tous deux curés, oui. (Elle rit). C'est tout ce que Lucia peut te raconter.

COMMENTAIRE

Comme d'habitude avec les travaux des linguistes, des ethnographes, des sociologues, des anthropologues, ils nous ouvrent la grande porte sur des civilisations inconnues et chargées de magnificence, mais nous en donnent un tableau dénaturé par leur "analyse".

 

Une bibliothèque Cornulier : les titres

 

mardi, 16 janvier 2018

T 21

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« Cette enfant était aussi une grâce, elle m'a aidé à dépasser tous les échecs et tous les hommes, à voir plus haut ».

Général Charles de Gaulle

samedi, 13 janvier 2018

Esthétique inaccessible

Parmi les éléments qui paraissent essentiels dans l'écriture, que ce soit d'un billet de blog, d'un roman, d'un article de réflexion, viennent avant tout la beauté et la durabilité. La beauté, parce que l'esthétique est un des fondements de l'éthique. La durabilité, parce que la force d'un texte provient de ce qu'il peut conserver sa beauté, son pouvoir d'attraction et d'inspiration, son intérêt intellectuel, des décennies et même des siècles après avoir été écrit.

Que nécessite alors un texte pour être beau et durable ? Pour être beau, il faut qu'aucune phrase ne soit fonctionnelle seulement, mais qu'elle marie le style et le fond de façon harmonieuse et inventive. Quant à la durabilité, elle s'obtient en s'élevant au-dessus des modes de langage, au-dessus des pensées à la mode, se délivrant des détails dus à l'époque pour toucher aux aspects universels du sujet. Il faut dès lors faire attention aux ellipses : souvent, l'on considère comme évident ou connu du lecteur des éléments qui ne sont connus qu'à nos contemporains. Un texte trop elliptique ou bardé de références à des choses de l'éphémère présent ne pourra garder la même force aux yeux des générations de l'avenir, qui ne pourront deviner ce qu'évoquent les allusions, les plus motivés devant se renseigner énormément pour recomposer le contexte dans lequel fut écrit le texte, tandis que le grand nombre des démotivés laissera tomber.

Une autre question se pose : tout a-t-il déjà été écrit ? Relire les Anciens, c'est se rendre compte qu'ils avaient tout pensé, malgré l'ignorance dans laquelle ils étaient de l'évolution du monde après leur disparition. Qu'écrire, après Aristote, Epictète, les évangélistes, Sénèque et Sophocle, Virgile ?

 

Kevin Mozloviet

mercredi, 10 janvier 2018

Ravins de soufre

Terakaft résonne dans l'appartement, une seule lampe allumée, une seule, toute petite, corps de boulier, abat-jour rouge. La bouteille de Côtes de Bordeaux du domaine de Lavialle me fait marrer avec son bouchon de traviole, mais c'est peut-être parce que je l'ai consciencieusement finie. Il y a une tour Eiffel à droite qui rayonne un halo bleu toutes les cinq minutes, un drôle de mur blanc un peu gondolé à gauche, un reste de riz au lait de chèvre sur ma langue et une prière au bord de mon cœur. Des appels amicaux ont rythmé ces jours et les nuits reviennent comme des vagues blanches de vide. J'ai vu la nuit orange aux lueurs enneigées (caresses allant aux peaux des seins avec verdeur), la stabilisation des racines jaunies et la mort verte et bleue des cristaux enchanteurs.

Ah ah ! Tu savais dire les mots en rafales et tu meurs sans rien croire, comme un lynx endormi, blessure déjà pourrie à la patte démise, poumons récalcitrants depuis l'enfance soumise.

 

Deux heures ont passé. Calme profond des cœurs troués. Une sonate au clair de lune est tombée dans le silence de la nuit. Mon neveu crie quand on le couche et babille quand on l'embrasse, à l'orée d'un petit village où paissent encore des chèvres (quelques unes), non loin de la très grande ville.

Reste auprès de moi, toi, même si tu n'existes pas, ne me quitte pas. J'ai besoin de ton image pour exister. J'ai besoin de cette voix que tu chantes en moi pour me réchauffer l'âme dans cet océan de lait caillé. J'ai besoin de ta carrure de bouvier des Flandres pour m'accompagner sur ce fleuve qu'on appelait jadis l'Achéron.

 

Ô ! que mon rire éclate ! Ô sur la terre amère !

 

Tu étais riche et tu es nu, vidé de ton sang. C'est elle qui t'a sucé, la petite sangsue, les plus grands arbres abdiquent parfois devant des mauvaises herbes. Et tu dansais à l'intérieur de toi, immobile, dans les fêtes foraines. Et tu souriais à l'ange de Fatima.

 

Mais je divague. Rien n'a bougé, pas une ligne de mon front, pas une ligne de mire, pas une ligne du livre. Rien n'a changé à la surface de la mer. C'est la saison du cœur : il pleut des ivresses sur les prés fauchés.

Une bibliothèque Cornulier - Hommage aux Indiens d'Amérique

 (La bibliothèque dont on vous parle fut créée, trente ans durant, dans un appartement au fond d’une cour du 13 boulevard du Montparnasse, avant de devenir une bibliothèque éparpillée).

Hommage aux Indiens d'Amérique, amérindiens, Ernesto Cardenal, Jacques Jay, Orphée - La différence, poésie, Nicaragua, espagnol du Nicaragua, Paul de Cornulier

Titre : Hommage aux Indiens d'Amérique

Auteur : Ernesto Cardenal

 

Traducteur de l'espagnol du Nicaragua : Jacques Jay

Editeur : Orphée - La Différence

Genre : Poésie

Eléments de signalement : l'édition, bilingue, présente les textes en espagnol et dans la traduction française

Date de parution : 1970

Date de cette édition : 1989

Pays de l'auteur : Nicaragua

Nombre de pages : 120

Format : petit

Censure : non

 

Arrivée dans la bibliothèque : Offert par Paul de Cornulier le 11 mai 2001

 

Première phrase :

"De noche leas lechuzas vuelan entre las estelas..."

De nuit les chouettes volent entre les stèles

Première phrase de la page 30 :

"A la caida del Imperio
el indio se sento en cuclillas
como un monton de cenizas
y no ha hecho nada sin pensar..."

A la chute de l'Empire
l'Indien s'est assis accroupi
comme un tas de cendres
et il n'a rien fait que penser...

Dernière phrase : 

"Supervigila la labrada de las estelas,
diseña los nuevos templos,
entrega las tabletas con los eclipses."

Il surveille la taille des stèles,
dessine les nouveaux temples,
Il remet les tablettes avec les éclipses.

Page de garde :

"Ernesto Cardenal. Né en 1925, prêtre, homme politique nicaraguayen, il est le chantre de l'histoire tragique indienne dans une oeuvre qu'il veut "extérioriste".
L'un de ses livres devint vite célèbre, Homenaje a los indios americanos (1970). Ces chants évoquent - incluant parfois textes sacrés, mots originaux, ou longues citations dans la langue castillane de la conquête - le funèbre destin des peuples précolombiens du Nord ou des Andes, en appelant à la révolte contre les nouvelles colonisations du profit."

 Une bibliothèque Cornulier : les titres

 

mercredi, 03 janvier 2018

Une bibliothèque Cornulier - Au Maroc

(La bibliothèque dont on vous parle fut créée, trente ans durant, dans un appartement au fond d’une cour du 13 boulevard du Montparnasse, avant de devenir une bibliothèque éparpillée).

Au Maroc, Pierre Loti, Hélène Lammermoor, Islam, Europe, Don Juanisme, exotisme

(Pierre Loti)

Titre : Au Maroc

Auteur : Pierre Loti

Editeur : Calmann-Lévy (rue Auber)

Genre : Lotisme !

Date de parution : 1890

Date de cette édition Ce n'est pas écrit sur le livre...

Pays de l'auteur : France

Nombre de pages : 358

 

Dédicace :

à Monsieur J. Patenotre, Ministre de France au Maroc

Hommage d'affectueuse reconnaissance

P.L.

Arrivée dans la bibliothèque : je l'ignore...

Au Maroc, Pierre Loti, Hélène Lammermoor, Islam, Europe, Don Juanisme, exotisme, Eugène Delacroix
Maroc, par Eugène Delacroix

Première phrase : 

"Des côtes sud de l'Espagne, d'Algésiras, de Gibraltar, on aperçoit là-bas, sur l'autre rive de la mer, Tanger la Blanche."

Première phrase de la page 100 : 

"Et la terre s'émiette sous les sabots de leurs chevaux, on en voit sauter de tous côtés des parcelles noires qui semblent de la mitraille...

Faut-il qu'ils aient détroussé des voyageurs, pour pouvoir s'offrir un tel luxe !"

Dernières phrases : "O Moghreb sombre, reste, bien longtemps encore, muré, impénétrable aux choses nouvelles, tourne bien le dos à l'Europe et immobilise-toi dans les choses passées. Dors bien longtemps et continue ton vieux rêve, afin qu'au moins il y ait un dernier pays où les hommes fassent leur prière...

Et qu'Allah conserve au sultan ses territoires insoumis et ses solitudes tapissées de fleurs, ses déserts d'asphodèles et d'iris, pour y exercer dans l'espace libre l'agilité de ses cavaliers et les jarrets de ses chevaux ; pour y guerroyer comme jadis les palatins, et y moissonner des têtes rebelles. Qu'Allah conserve au peuple arabe ses songes mystiques, son immuabilité dédaigneuse et ses haillons gris ! Qu'il conserve aux musettes bédouines leur voix triste qui fait frémir, aux vieilles mosquées l'inviolable mystère, - et le suaire des chaux blanches, aux ruines......................................................................."

COMMENTAIRE

Pierre Loti est paradoxal : grand défricheur des contrées exotiques et farouche ennemi du monde moderne. Comme Don Juan qui préfère les femmes vierges et couche avec elles une par une il préfère les contrées exotiques et les déflore une par une.

Voir à ce sujet l'article d'Hélène Lammermoor

 

Une bibliothèque Cornulier - Les titres