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vendredi, 20 avril 2018

Nouvelles des jeunes loups devenus chiens de garde

Je connaissais ces jeunes garçons révoltés, panachés, libres, transgressifs, les voilà se proposant des « piqueniques entre couples avec les enfants », évinçant l'air de rien ceux de la bande qui n'ont pas souscrit au tandem obligatoire.

Le couple est un instrument de domestication exemplaire.

Le couple est le premier moyen que la société utilise pour attacher les adultes à ses lois, les aider à renoncer à leurs rêves, à leur pensée libre, à leur mode de vie propre.

Peu importe qu'un mariage ne dure que trois ou treize ans : mieux vaut plusieurs mises en couple intégrales qu'une longue histoire d'amour libre.

Peu importe qu'on s'allie à quelqu'un de l'autre sexe ou de son propre sexe. La règle est de s'allier, à deux, se comporter à deux, acheter à deux, revendre à deux, procréer ou adopter à deux, car deux est la première condition de la dissolution du Un.

Le mariage ouvert aux couples homosexuels a consacré l'atroce prédominance des « couples » et augmenté encore la traque mentale et psychologique de tous ceux qui vivent d'une manière autonome.

Il y a plus de points communs entre un couple catholique qui milite contre le mariage gay et un couple gay qu'entre ces gens et les individus autonomes. Les premiers ont commencé le grand renoncement de l'individualité et le grand commencement de l’égoïsme de l'entreprise affective et sociale qu'ils forment. Les seconds s'en tiennent écartés. C'est pourquoi on les harcèle de questions, de pitié, de désapprobation, de soupçons et encore de questions, jusqu'à ce qu'ils succombent à la norme du couple.

 

(Katharina F-B me fait remarquer ceci :

Un couple qui dure dans le temps, une famille qui persiste, devient, au fur et à mesure que les années passent, un pouvoir, donc un contre-pouvoir. Par contre, les incessants démariages et remariages permettent de diviser les loyautés affectives et d'anéantir les héritages.

Donc : la prédominance du couple alliée à la liberté de refaire couple et refaire famille plusieurs fois, est un double gage de domestication des esprits (par le couple) et d'anéantissement des patrimoines (par l'éclatement et la recomposition), soit du pain bénit pour la finance sans patrie).

mercredi, 18 avril 2018

Le plein et le vide

Des journées pleines de vide, il m'en faut pour t'aimer, éternité.

lundi, 16 avril 2018

Tbilissi

Tu disais des poèmes aux quatre saisons. Tu n'es plus. Il faut bien que quelqu'un te succède à cette valse de mots.

Alors voici,  après Le vieux majordome, le poème de l'hiver 2017 ; après Fazil, le poème du printemps 2017 ; après Dans la chambrée, le poème de l'été 2017 ; après Silentium, le poème de l'automne 2017, ; après Héroïne, le poème de l'hiver 2018...

Le poème du printemps 2018 :

 

Pavés trempés de Tbilissi et cette main dehors, froide et douce,

aux fraîcheurs tièdes du printemps, nous avancions,

nous devisions dans l'attente, chantant sans nous en rendre compte.

 

À des milliers de kilomètres de Tbilissi, le petit garçon attend les sauterelles.

Au bord du silence, patiente la nasse des deux étangs.

Des deux étangs émanent la tristesse de l'attente,

Dans l'attente, naissent les senteurs du printemps.

Du printemps frêle encore, après ce long hiver,

avant les torpeurs de l'été trop vert,

jaillissent les bulles du désir d'aimer, de partager ses sentiments.

Il ne connaît pas la méchanceté des villes, qui grondent leur impudeur jusqu'au ciel des éphémérides.

Ainsi finit le voyage d'hiver et ses chants de douceur obscurcis par le froid.

 

Dans dix ans, ce garçon sera l'homme qui s'éloigne,

au fond des rues qui partent de l'église Metekhi.

Les poings fermés, orphelin d'enfance et de parents,

Il sera le prince noir des coeurs des prostituées.

 

Pavés trempés de Tbilissi et cette main dehors, froide et douce,

aux fraîcheurs tièdes du printemps, nous avancerons,

nous deviserons dans l'attente, pleurant sans nous en rendre compte.

 

vendredi, 13 avril 2018

Le sexe, la mort, l'argent

Lorsque le sexe tient le haut du pavé et s'étale au su et au vu de tous, la mort disparaît. Elle s'efface de la pensée des enfants des hommes, qui se gardent bien de se souvenir de son existence. Et lorsque, comme une voleuse de vie, elle surgit, immédiatement on l'escamote. Il n'est pas question de veiller un mort, d'exposer le corps, les mots utilisés pour parler aux petits sont empruntés à l'irrationnel et à l'imaginaire, afin de détourner la réalité.

Lorsque la mort s'invite dans la culture et se vit au su et au vu de tous, le sexe disparaît. Il s'efface de la conscience collective des enfants des hommes, qui se gardent bien d'évoquer sa puissance. Et lorsque ses effets s'avèrent manifestes, immédiatement on l'escamote. Il n'est pas question de parler de sexe, de dévoiler la nudité, les mots utilisés pour parler aux petits sont empruntés aux contes de fées et à la religion, afin de répudier la réalité.

Entre le sexe et la mort, quel rôle tient ce maître-esclave, l'argent ? Entre le sexe et la mort, il erre comme une âme en peine. Il est cette âme en peine de sens, cette âme en quête de visibilité. Il a soif d'étancher les vrais soifs. Il a soif de redevenir enfin ce qu'il est : un auxiliaire de lien.