dimanche, 06 décembre 2009
Le blog d’AlmaSoror est-il un roman en chantier ?
J’ai oublié mon rêve : il ne restait que le mot “romanblog” au réveil.
La nuit était noire et la chambre, grande et vide. Mon lit n’était habité que par moi. Le mot romanblog trônait dans le silence de l’immeuble et les images qui l’avaient sans doute fait naître avaient disparu. Que fallait-il que je fasse ?
Alors c’est un roman écrit à plusieurs mains, à plusieurs coeurs. Loin de nos corps qui oublient de vivre, recroquevillés devant l’écran d’ordinateur, les doigts crochus sur le clavier en plastic.
Le blog d’AlmaSoror est un roman écrit par ceux qui contribuent, qui envoient des textes selon notre charte, cette charte qui n’a pas bougé depuis l’entrouverture de la porte en septembre 2006 : intemporel. L’air du temps change avec les époques, mais toujours il est irrespirable.
Signé : quelques uns.
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samedi, 05 décembre 2009
Notre-Dame de Paris
Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être
Enterrer cependant Paris qu'elle a vu naître ;
Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher
Comme un loup fait un boeuf, cette carcasse lourde,
Tordra ses nerfs de fer, et puis d'une dent sourde
Rongera tristement ses vieux os de rocher !
Bien des hommes, de tous les pays de la terre
Viendront, pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, et relisant le livre de Victor :
- Alors ils croiront voir la vieille basilique,
Toute ainsi qu'elle était, puissante et magnifique,
Se lever devant eux comme l'ombre d'un mort !
Gérard de Nerval
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vendredi, 04 décembre 2009
Etat civil sans regard
Le regard et les morts d'un homme
“Au fond, quel merveilleux phénomène que l'oeil de l'homme, ce joyau entre toutes les formations organiques, lorsqu'il s'ajuste pour concentrer son éclat humide sur une autre forme humaine ! Précieuse gélatine composée d'une substance aussi commune que le reste de la création, il montre, tout comme les gemmes précieuses, que les diverses matières n'importent point en soi et que tout est dans leur assemblage ingénieux et heureux. Mucilage enchâssé dans une caverne osseuse, une fois privé de l'âme il est destiné à pourrir quelque jour dans la tombe, à se dissoudre de nouveau en boue liquide ; mais aussi longtemps que subsiste en lui l'étincelle de vie, il sait jeter d'admirables ponts éthérés par dessus tous les gouffres de l'extranéité qui se peuvent interposer entre un humain et un autre".
Thomas Mann
Photos de Sara
C’était tes yeux qui disaient tout. Tes lèvres ne murmuraient jamais. Il y avait les souvenirs chauds de l’Espagne et le froid blanc de Finlande. Les traces des doigts sur les vitres, la maison de bois dans laquelle on n’allait jamais. Croyait-on alors que nous vivrions pour toujours ? Le mystère de ma jeunesse m’est fermé. Je n’ai plus la clef. Je ne comprends plus qui j’étais.
Je me souviens de quelqu’un dont j’oublie le visage et le nom de famille, avec qui je vivais et que je pensais accompagner toute ma vie.
Il ne me reste que ce regard qui me connaissait et qui ne se doutait pas de ce que je serai devenu, quarante ans et des poussières plus tard.
Ce regard d’une femme qui vit peut-être encore, quelque part.
Comment se peut-il que le temps passe autant ? Que les êtres s’oublient ? Que les hommes changent au point que je ne suis plus celui qui vivait alors, au fond de la Scandinavie ?
Nous mourrons mille fois ; seul notre Etat Civil nous reconnaît au delà de ces morts. C’est parce que notre Etat Civil est un marquage dénué de réalité humaine.
David Nathanaël Steene

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jeudi, 03 décembre 2009
Engels et le dépérissement de l'Etat
Etrange de savoir à quel point Engels croyait à l'abolition de l'Etat quand le communisme nous a réalisé le contraire...
"Le prolétariat s'empare de la puissance de l'Etat et transforme les moyens de production tout d'abord en propriété de l'Etat. Mais par là il s'abolit lui-même en tant que prolétariat ; par là, il abolit toutes les différences et tous les antagonismes de classe, et par là aussi, l'Etat en tant qu'Etat. L'ancienne société qui se mouvait dans les antagonismes de classes, avait absolument besoin de l'Etat, c'est à dire d'une organisation de la classe exploitrice de l'époque, faite pour assurer la persistance de ses conditions extérieures de production, notamment, en conséquence pour maintenir par la force la classe exploitée dans des conditions d'oppression exigées par le mode de production existant (esclavage, servage, travail salarié). L'Etat était le représentant officiel de la société toute entière, sa synthèse en un corps visible, mais il ne l'était que dans la mesure où il était l'Etat de la classe qui elle-même représentait pour son époque la société toute entière : dans l'Antiquité, Etat des citoyens propriétaires d'esclaves ; au moyen âge, Etat de la noblesse féodale ; de nos jours, Etat de la bourgeoisie. Mais, du fait qu'il devient enfin le représentant effectif de la société toute entière, lui-même se rend superflu. Dès qu'il n'y a plus de classe sociale à maintenir dans l'oppression ; dès qu'avec la domination de la classe et la lutte pour l'existence individuelle antérieurement fondée sur l'anarchie de la production, disparaissent aussi les collisions et les excès qui en résultaient, il n'y a plus à réprimer rien de ce qui rendait nécessaire un pouvoir spécial de répression, un Etat. Le premier acte par lequel l'Etat se manifeste réellement comme représentant de la société toute entière, la prise de possession des moyens de production au nom de la société, est en même temps son dernier acte caractéristique d'Etat. L'intervention d'un pouvoir d'Etat dans les rapports sociaux devient superflue dans un domaine après l'autre, et entre ensuite d'elle-même en sommeil. Le gouvernement des personnes fait place à l'administration des choses et à la direction d'opérations de production. L'Etat n'est pas aboli ; il meurt".
Engels, in Anti-Dühring
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mercredi, 02 décembre 2009
Un théorème d'Hermann Weil
Laurent Moonens, dans le numéro d'AlmaSoror du 20 juin 2007, nous avait proposé la contribution mathématique suivante, qui discutait
un théorème d'Hermann Weil :
Un théorème (quel joli et intense mot) d'Hermann Weil
(Faut cliquer sur le lien ci-dessus pour obtenir le téléchargement du pédéhaif de l'article)
Pour en savoir plus sur le docteur Moonens... Osez cliquer ICI
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mardi, 01 décembre 2009
Music Airbags
Music Air bags, vous me sauverez la vie en atténuant l’impact du réel.
Music Air Bags, vous me projeterez loin des routes balisées, vous éclabousserez mon aura de poussière, vous ferez planer nos vies, en mélangeant les arias de la haute musique classique européenne aux électro-batteries des scènes musicales underground des villes américaines des années 90 et 2000.
Mais les portes de la ville tiède sont closes à qui n’a point la carte magnétique demandée par les Kapos.
Les bars n’ont plus de bière à vendre ; on n’y peut plus fumer. Qui peut dire par où sort la grande dictature du monde ?
Les méxicains sont éreintés. Leur yeux sont pleins de larmes. Où est Aztlan ? Où est Aztlan ?
Qui reviendra les emmener ?
Loin de nos côtes sur l’île de Pâques de grands visages gardent les secrets des sacrifices passés, qui faisaient trop mal pour durer. Les grands visages attendent le dieu qui les a inspirés.
Et moi ? J’erre dans Paris la belle, j’erre dans Paris la vieille et dans Paris la jeune. Mes yeux sont trop salés ; j’attends le guide, j’attends le signe.
Je veux rentrer à Occismor.
édith de Cornulier Lucinière
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lundi, 30 novembre 2009
Dictionnaire de la délivrance psychique 3
Administration :
L’administration est l’entreprise de l’Etat, dont l’objet est la réification de la langue, de la pensée, de la culture et des êtres humains.
De la naissance à la mort, du nom au genre, de la vie de famille à la vie professionnelle, de la santé à l’éducation des enfants, de la science aux arts, de la vie de la pensée à la vie corporelle, de l’organisation de la maison et du paysage à la religion, des langues parlées sur le sol qu’elle tient sous son emprise aux idées prononcées sur des supports par les gens qu’elle a sous sa domination, aucune parcelle de vie humaine n’échappe à sa discipline.
Ce pouvoir s’exerce de droit et de force. De droit, en vertu d’un contrat léonin qui la lie au nouveau né, contrat qui ne pourra être modifiée que par sa volonté à elle. De force, par l’emploi de la force physique et par l’impossibilité matérielle et psychique de subsister hors de sa surpuissance.
Citations :
« Je sais maintenant que ma patrie est classée dans des dossiers, je l’ai vue sous les espèces de fonctionnaires habiles à effacer en moi les dernières traces de patriotisme. Où donc est ma patrie ? Ma patrie est là où je suis, où personne ne me dérange, où personne ne me demande qui je suis, d’où je viens et ce que je fais. »
(Le Vaisseau des morts)
B Traven
"Un homme dans un fichier est pour ainsi dire déjà un homme mort".
E Von Salomon
Sous la direction de Conan Kernoël
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