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samedi, 04 novembre 2017

Le mariage et la moraline

Le mariage assurait la mémoire claire des lignées et la pérennité des patrimoines jusque vers les années 1970. Depuis, les lignées se complexifient, et se complexifiant, se délitent, tandis que les patrimoines sont réduits en morceaux avant même la mort de leurs possesseurs. 

Le thème de la filiation cristallise les douleurs éternelles des uns et des autres, mais personne ne se rend compte que depuis la suppression, fort heureuse, des enfants illégitimes, le mariage a perdu les trois quarts de son utilité traditionnelle. Vis-à-vis des enfants le mariage n'est plus garantie de rien, seule la reconnaissance parentale vaut. 

Le thème du patrimoine choque les amoureux alors que le mariage a toujours été d’abord une organisation de la transmission du patrimoine, même très modeste. On a beau ne pas en parler, dans la plupart des cas, le divorce appauvrit les enfants du premier lit puisque le bien commun acheté par les parents est vendu et que les biens suivants, seront plus récents et partagés avec les nouveaux conjoints, dans des configurations parfois complexes qui mettent les enfants d'une famille recomposée dans des situations financières très différentes.

Durant toute la période de débats politiques autour du « mariage gay », le débat sur la famille comme institution de la filiation et du patrimoine n’a pas eu lieu.

D’un côté les tenants d’un catholicisme pétri de moraline provinciale criaient à un écroulement de la civilisation avec des arguments d’enfants de douze ans maniant des concepts trop grands pour eux (« rupture anthropologique, écologie humaine, blessure de l'âme »). D’un autre côté, les tenants de « l’égalité des droits » qui exigent que l’État reconnaissent administrativement un état amoureux, et pour qui avorter d’un enfant malade ou avoir un enfant quand on le souhaite sont des droits inaliénables. Avec, dégoulinant sur ce débat sans intelligence ni universalité, des cascades de suggestion sucrées sur « l’amour », « le couple », « l’engagement », « le droit des femmes à posséder leur propre corps », « l’orientation sexuelle », notions utopiques qui ne reflètent ni la rigidité et l’hypocrisie des catholiques, ni l’instabilité structurelle des libéraux. Quant au sujet de la procréation médicalement assistée et de la gestation pour autrui, qui donc est capable d’en parler en restant raisonnable, c’est à dire sans être pris à la gorge par l’émotion du droit à l’enfant ou par l’émotion du droit de l’enfant à avoir un père et une mère ? Si peu de gens… Et ceux là n’ont pas la moindre chance de s’exprimer dans un champ de bataille miné par les écrasantes laves d’émotion charriées par les uns et les autres.

Il est difficile de discuter en société lorsque on professe une opinion qui ne relève pas d’un clan moral précis, représenté par des porte-paroles médiatisés. La première suspicion des uns et des autres, c’est la méchanceté. C’est très très très méchant de désirer élever un enfant sans père ou sans mère, vous diront les uns, c’est très très très méchant de s’intéresser au droit à l’existence d’un trisomique âgé de huit mois dans le ventre de sa mère, vous diront les autres. Que vous parliez avec un militant de "l'égalité des droits" ou avec un militant "provie" et "profamille", soyez sûr que vous ferez face à la même mine déformée par la douleur que votre cruauté malsaine lui fait subir ; soyez sûr que le moindre désaccord sera perçu, à ses yeux, comme une idée profondément nuisible, voire criminelle.

C’est très très très méchant de votre part de ne pas être d’accord avec votre interlocuteur : cela fait de vous un pervers, cela fait de vous un agent du malheur, cela fait de vous un pourvoyeur de désespoir.

J’aurais voulu naître longtemps avant ou longtemps après ces transformations sociétales.

 

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