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dimanche, 21 octobre 2012

Grégoire de Tours III

Grégoire de Tours, Histoire des Francs, Edith de Cornulier, Cornulier-Lucinière

Le mardi 16 octobre 2012 nous nous rassemblâmes pour la troisième séance de lecture collective de L'histoire des Francs, de Grégoire de Tours.

Première phrase que nous lûmes : "Gondioc avait été roi des Burgondes ; il appartenait à la famille d'Athanaric, le roi persécuteur de qui nous avons parlé ci-dessus".

Et la dernière lue à 22h : "Lorsqu'il fut tué, ses biens furent versés au fisc".

Les officiants présents étaient :

Vincent P

Olivier

Pierre-Emmanuel

Dalila

Jean-Baptiste

Mavra

Laurent

Francis

Nicolas

Jean-Pierre

édith

 

Séance II

Séance I

Grégoire de Tours, Histoire des Francs, Edith de Cornulier, Cornulier-Lucinière

Ces bêtes qu’on abat : Une petite vache dans le box rotatif

 C'est une saga qu'aucun scénariste n'aurait le courage d'écrire. Les films les plus gores ne sont que des comédies Walt Disney en comparaison. Les plus courageux d'entre vous auront sans doute du mal à la suivre jusqu'au bout...

C'est la saga interdite aux profanes.

AlmaSoror est fière de proposer sur son site l'extraordinaire saga de la viande. Celle qu'on ne lit jamais, celle dont on entend jamais parler, celle qui a lieu dans des endroits où l’œil citoyen ne peut pénétrer.

Si vous ne vous sentez pas capable de la lire, sachez que l'enquêteur l'a écrite. Sachez que des milliards d'individus la vivent aux portes de nos villes. Si vous n'êtes pas capable de la lire et que vous êtes capable de consommer le résultat, alors vous êtes un merveilleux citoyen du Meilleur des Mondes.

Voici donc le journal de Jean-Luc Daub, enquêteur dans les abattoirs français.

 Ces bêtes qu'on abat peut s'acheter en version imprimée :

Ou bien se lire sur cette page qui lui est dédié.


Une petite vache dans le box rotatif

 

Je me souviens tout particulièrement d’un abattoir qui était classé « lanterne rouge » parmi les abattoirs, et juste en face duquel se trouvait le siège de la Direction des Services Vétérinaires. Arrivé vers 5 heures du matin, je me suis présenté à un responsable. Cette personne n’avait pas de temps à me consacrer et m’a laissé visiter les lieux seul. Je me suis équipé de ma blouse, mes bottes et mon casque et me je suis dirigé vers la porcherie. Il faisait un froid glacial ce jour-là. Des cris d’animaux s’échappaient des postes d’abattage. Une intense activité régnait.

 

Dans la porcherie, les porcs se comptaient par centaines. Ils attendaient leur tour avant la mise à mort. Le mélange des lots ne provenant pas du même élevage faisait que les porcs, déjà stressés par le changement d’environnement et par le transport, s’agressaient mutuellement en se mordant les uns les autres.

 

Un employé est venu chercher un groupe de cochons. Ces derniers ne voulaient pas avancer dans l’étroit couloir qui menait au poste d’abattage. L’employé les frappait sans ménagement à l’aide d’un bâton. Il les faisait entrer un par un dans un Restrainer où ils étaient étourdis en recevant un choc électrique entre les oreilles. Les cochons étaient ensuite expulsés sur une table, un employé les suspendait par une patte arrière et effectuait une saignée sous la gorge, en principe avant que l’animal ne se réveille.

 

Les cochons qui ne voulaient pas entrer dans le tunnel étaient poussés au moyen d’un fil électrique qui leur envoyait des décharges. Les animaux hurlants entraient de force dans le tunnel. Certains étaient mal étourdis et c’est en pleine conscience qu’ils étaient suspendus et saignés.

 

L’abattage rituel musulman était pratiqué dans le local d’abattage des bovins. L’employé avait fait rentrer une vache de petite taille dans le box rotatif. Il a fait basculer le box, mais la vache, petite, se plaça mal à l’intérieur. Il fit alors plusieurs mouvements de rotation. L’animal étant toujours mal positionné, l’employé laissa le box en position tête en bas. La tête était de travers. L’employé, alors, prit un bâton qu’il enfonça dans la gueule de la vache pour tenter par des mouvements de mettre la tête en position droite. N’y parvenant pas, il décida alors, d’enfoncer ses doigts dans les cavités orbitales des yeux de l’animal. C’est ainsi qu’il parvint à tourner la tête. Étant sacrificateur, il égorgea ensuite la vache en pleine conscience. Des employés m’ont dit que ce n’était pas la première fois qu’il s’y prenait de la sorte vu que le box rotatif était inadapté, et que personne ne lui disait rien.

 

Ce même jour, une vache était couchée, attachée dans un passage à l’extérieur. Avec un petit tractopelle, les employés voulurent la traîner sur le sol jusqu’au local d’abattage d’urgence. Ils avaient déjà attaché une patte arrière de l’animal avec une chaîne et étaient prêts à la tirer avec leur petit tracteur. Je me suis interposé. J’ai pu obtenir son abattage sur place, là où elle se trouvait immobile. Il a fallu que je négocie avec le vétérinaire pour empêcher la manœuvre qui allait être exécutée.

 

Avant de quitter l’abattoir, je m’assurai de l’état des porcs qui se trouvaient dans la porcherie pour y être abattus le lendemain. Je fis l’étrange découverte de voir deux animaux dans une caisse. Un petit cochon au regard triste, qui était blessé, avait été déposé dans un chariot roulant. Une truie avait été mise dans une caisse roulante assez étroite puisqu’elle n’avait que la place de s’asseoir. C’est dans cette position qu’elle se trouvait. Les abattages sur la chaîne des porcs étaient terminés, et les locaux, le Restrainer, le matériel avaient été nettoyés. Autant vous dire que j’ai vu rouge ! Je suis allé trouver le vétérinaire inspecteur pour lui montrer les deux animaux qui n’avaient pas été pris en charge et qui devaient vivre une nuit supplémentaire, péniblement, dans l’abattoir. Le vétérinaire, dont les compétences étaient larges, mais qui se limitait à l’inspection des carcasses de viande avait bien compris mon mécontentement. Il est alors parti rechercher les employés dans les vestiaires. Il les a obligés à remettre toute la chaîne d’abattage des porcs en route pour mettre fin à la vie de ces deux animaux. Les employés n’étaient pas très contents et me jetaient des regards haineux. Ils rétorquèrent au vétérinaire, qui ne semblait pas être au courant : « Mais, on fait toujours comme cela… ». L’inspecteur vétérinaire mandaté par les services vétérinaires répliqua : « Ah, je comprends maintenant pourquoi je retrouve tant de cadavres de porcs le matin lorsque j’arrive ! ».

 

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Vache n’en pouvant plus d’être prisonnière dans un camion au plafond très bas.
Phot Jean-Luc Daub

 

 

 

vendredi, 19 octobre 2012

La minute hypocondriaque III

La minute hypocondriaque, sitcom préférée de tous les névrosés !

 

(On peut voir Francis Coffinet dans Jean Croque
On peut voir Jean-Pierre Bret dans John Peshran-Boor...)

jeudi, 18 octobre 2012

Apnéiste des villes du Nord

 Une journée d'octobre

Par David Nathanaël Steene

Edith de Cornulier-Lucinière, francis Coffinet, freediving, apnée, no limit, Louise Attaque, Meursault,Craig Armstrong, Christophe Bertrand, Nino Rota, Carlo d'Alessio, Tom Waits, The Doors, Maurice Fanon, Monteverdi, Eric Serra, Schubert, Patti Smith, Shudder to think, biosphere

Dimanche... Rien à faire... Mais l'ordinateur est allumé.

10h49, je m'assois avec un café. J'écoute un documentaire sur l'océan abyssal, quelque fois je regarde les images. Je suis amer, car je ne suis pas chasseur de corail, ni plongeur « no limit ». Je suis cadre commercial et j'habite rue Berthillot.

Le café est presque froid.

 

Midi 57

Je me lève du fauteuil et me rends compte alors que j'étais assis de façon très inconfortable. Que s'est-il passé ? Ah oui, un café, un peu de musique et puis... La rêverie s'est installée. D'elle, j'ai tout oublié.

Je vais, je viens, dans le couloir, dans la cuisine, j'ai faim sans courage de manger, je cherche des choses à faire.

 

13h12

Je m'habille

 

13h26

J'ouvre le frigidaire, je mange des choses un peu à l'envers et je ris en songeant à certaines scènes de la semaine passée. Je ne me souviens plus de ce qui se passa hier. J'aimerais être avec quelqu'un, sans être pourtant trop dérangé.

 

14h14

Je regarde l'heure, elle est symétrique. Il y a un vieux carnet d'il y a dix ans, qui traîne depuis tout ce temps. Je vais écrire un poème.

 

16h

Assis, puis debout, puis assis, allant chercher de temps en temps de la lumière du dehors à la fenêtre surélevée des toilettes, j'écris un poème. J'en pleure presque. Il est raté, mais cela lui donne une certaine beauté.

Je suis revigoré par cette création ; je vais faire un café.

 

17h01

J'ai bu du café, relu mon poème, ouvert des livres et je viens de mettre une liste musicale sur mon ordinateur. Le premier morceau coule : C'est Mom's Mercedes, des Shudder to Think.

18h49

Oh la la, quelles musiques viennent de couler dans cette pièce tellement vide que j'ai presque l'impression de ne pas exister.

Shudder to Think, Patti Smith, Biosphere, Schubert, Eric Serra, Monteverdi, Maurice Fanon, The Doors, Tom Waits, Louise Attaque, Carlo d'Alessio, Craig Armstrong, Christophe Bertrand, Nino Rota.

Je vais me changer, pour être beau ce soir.

 

19h37

Je me suis douché, changé, rasé et je suis beau, prêt à sortir dans la ville. J'ai l'air fort dans le miroir, ce qui me fait sourire.

 

20h23

En fait, je ne vais pas aller à la soirée d’Édith de Cornulier-Lucinière. Elle me fait peur avec ses nouvelles idées, et puis je ne supporte pas les conversations du dimanche soir. Je vais rester ce soir chez moi, et j'ouvre la bouteille de Meursault d'oncle Thomas.

J'écoute une musique des Voyageurs des 7 songes et Francis Coffinet. Le Meursault s'invite et modifie l'essence même de la musique et du poème.

...« révolution de chair et de conscience au coin du plexus solaire »...

Alliage étrange de Meursault et de Francis Coffinet : la nuit s'ouvre doucement. Le feu intérieur se consume, avale le vide extérieur. Je suis l'apnéiste des villes du Nord.

 

DN Steene

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mardi, 16 octobre 2012

La propriété foncière dans la civilisation noire

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Maurice Delafosse (1870-1926) est l'auteur d'une oeuvre africaniste de toute intelligence, écrite à l'orée du XX° siècle.

Il est également l'auteur de deux familles, une africaine et une française, qui ont gardé de chaleureuses relations intercontinentales.

Il s'opposa à Blaise Diagne, autre grand homme à cheval entre Afrique et France, sur la question de la levée de contingents africains lors de la guerre de 1914-18. Delafosse était contre ; Diagne y était favorable.

Dans son ouvrage intitulé Les Nègres, Delafosse s'efforce de nous donner une idée de la vision du monde nègre, et de la comprendre non pas d'après nos propres conceptions, mais en entrant à l'intérieur des conceptions africaines. Voici un passage sur la propriété foncière dans la civilisation nègre.

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"Chaque parcelle de terre est considérée comme une divinité. L'homme ne peut en devenir propriétaire, mais il en peut user, à condition d'en avoir obtenu l'autorisation de cette parcelle elle-même, moyennant un sacrifice et selon des rites déterminés. Toutefois, la terre ne se lie pas à un individu, ou du moins ne se lie à un individu qu'en tant que celui-ci représente une collectivité. En l'espèce, c'est l'ancêtre, fondateur de la famille, qui, ayant rencontré une parcelle vierge de toute occupation et de toute prise de possession, a conclu avec elle, en quelque manière, un contrat, en vertu duquel il en a obtenu la jouissance exclusive, à perpétuité, pour la collectivité issue de lui.

 

Sans doute, le patriarche, qualifié du titre de « maître du sol » ou « chef de terre », peut répartir l'usufruit de la parcelle familiale entre les diverses fractions de la famille, voire même entre des individus. Il procède à cet égard à des allotissements renouvelables chaque année, de manière que le partage soit équitable, que ce ne soient pas toujours les mêmes qui aient les mauvaises terres, que la rotation des cultures ou [44] le système des jachères puissent être effectués, que des lots soient mis en réserve pour des éventualités diverses ou constitués en domaine banal. Il peut même, avec l'agrément des anciens, autoriser des étrangers à s'installer sur une portion du sol familial et à la cultiver, soit pendant un temps déterminé, soit pour une durée indéfinie. Mais il n'a pas qualité pour céder, aliéner ni même diviser le droit et le privilège acquis sur la parcelle familiale par le fondateur de la famille.

Lui-même n'a sur cette parcelle que les droits qu'a tout membre de la collectivité, et aucun de ces membres, le chef comme les autres, alors même que l'usage local lui attribue un champ individuel, n'est propriétaire de ce champ.

L'inaliénabilité des droits fonciers est un principe tellement enraciné dans l'esprit des nègres, qu'à leurs yeux la conquête d'une région n'entraîne nullement l'acquisition de droits quelconques sur le sol de cette région. Et les conquérants les moins alourdis de scrupules ont généralement respecté cette loi.

En fait, la propriété absolue, comportant la faculté d'aliénation, n'est pas plus inconnue des nègres qu'elle ne l'est des Européens. Seulement, chez eux, la terre ne peut faire l'objet d'une telle propriété. Il en est de même de tout ce qu'elle porte ou produit spontanément (cours d'eau, mines, poisson ou gibier, forêts, plantes isolées), tant que l'intervention humaine n'a point dénaturé la destination primitive de ces choses.

Le travail, ou plus exactement, peut-être, l'action productrice de l'homme, est considéré comme la seule source de la propriété, mais il ne peut conférer le droit de propriété que sur l'objet qu'il a produit. Or, si le travail de l'homme peut remuer le sol et le faire produire, on ne peut dire que le sol lui-même soit le produit de ce travail, non plus qu'on ne peut le dire d'une rivière, d'un gisement de minerai de fer ou d'or, d'un éléphant ou d'une antilope, d'un arbre qui a poussé tout seul. Mais, si des hommes ont semé du grain sur leur terre familiale, la récolte obtenue est leur propriété absolue ; s'ils ont retiré du vin de palme d'un rônier poussé sur cette terre, cette liqueur est aussi leur propriété absolue. Il en sera de même mais avec certaines réserves, du gibier tué ou capturé à la chasse, des arbres abattus par la main de l'homme, etc. Il en sera de même, à plus forte raison, des animaux domestiques que l'on a élevés, des objets que l'on a fabriqués, des captifs que l'on a faits a la guerre et des sommes obtenues en échange de tout objet dont l'on était propriétaire ou du travail que l'on a fourni Le travail, source de toute propriété, peut avoir pour auteur une collectivité ou un individu. Dans le premier cas, la propriété acquise sera naturellement collective ; elle sera individuelle dans le second cas, mais, presque toujours, se trouvera grevée de quelque droit au profit de la collectivité. Ainsi l'individu qui s'engage comme ouvrier sur un chantier ne peut disposer, en droit indigène, de la totalité du salaire qui lui est attribué : il est admis en effet que, la collectivité familiale ayant été privée du concours de ses bras pendant la durée de son engagement, cet individu doit l'indemniser en conséquence.

Aussi la coutume exige-t-elle qu'il remette son salaire entre les mains du patriarche, qui opère au profit de la famille le prélèvement jugé équitable, et restitue le reste à l'ouvrier".

 

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lundi, 15 octobre 2012

Laideurs du monde moderne

Architectes et urbanistes, nous haïssez-vous tant ? Que vous construisiez ainsi des bâtiments, des villes entières, où le cœur humain qui les hante aboutit irrémédiablement à un seul désir : se piquer jusqu'à l'oubli, ou se jeter dans le vide.

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Merci, architectes, pour cette beauté qui nous donne envie de vivre et d'aimer.

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Merci, administrateurs, pour cette beauté qui nous donne envie de vivre et d'aimer.

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Merci, urbanistes, pour cette beauté qui nous donne envie de vivre et d'aimer.

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 Merci, élus et politiques, pour cette beauté qui nous donne envie de vivre et d'aimer.

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Photos de Mavra Nicolaïevna Novogrochneïeva