vendredi, 26 mars 2010
L'incendie de Mars
L'incendie de Mars
par une voix d’outre tragédie.
La voix coulait dans l’appartement, dans la maison aux trois étages, dans la rue, dans le quartier. La voix profonde et chaude qui berça mes années de jeunesse, si jeunesse il y a. J’ai gardé les disques ; je n’ose plus les réécouter.
Le bras malade du tourne-disque brisé tournait sans lassitude, et les disques râlaient, crachaient leurs mystères chamaniques, leurs cris sourds et rythmés. Parfois, un tango gémissait des choses anciennes qu'on ne comprenait déjà plus. Les gens de la petite ville se moquaient de moi, de mes machines démodées. « Son tourne-disque est une antiquité ! » Aujourd’hui que le monde technique n’est plus, que nous n’avons plus que nos bras et nos champs meurtris, je ne regrette plus ma différence.
C’était l’époque où il pleuvait. Il pleuvait des nuées de gouttelettes qui tapotaient nos visages et nos cheveux, trempaient nos vêtements tissés industriellement de matières que nous ne connaissons plus. Plus que la possibilité de marcher tête nue et yeux nus sous le soleil, sans combinaisons de protections, plus que la possibilité merveilleuse d’entrer nus ou presque dans l’océan et de jouer avec les vagues, c’est la pluie que je regrette, la douce pluie que nous évitions, demeurant enfermés en nos maisons et appartements, cette pluie ruisselante qui rafraîchissait et ressemblait à la vraie vie.
De la fenêtre qui me fut attribuée à la dernière péroraison commune, j’observe les mots et les choses qui passent, passent, passent sous les panneaux d’énergie. Dans quelques centaines d’années, nos futures générations pourront, retirer ces panneaux. Alors dans sa splendeur dont la mémoire fait frissonner mes nuits, dans sa splendeur immodérée apparaîtra le ciel, et ils verront, et ils crieront, fous de joie, la merveilleuse beauté du monde.
La merveilleuse beauté du monde que nous avons détruit.
Je me souviens du jour où j’entendis que Mars avait pris feu. Entre ce jour et la catastrophe peu de semaines passèrent, mais les gens du commun n’étaient pas inquiets – ceux qui criaient au drame étaient pris pour des niais. Pourtant, en haut lieu comme en lieu scientifique, les personnes ne pouvaient ignorer ce qui attendait la planète terre.
Les gens regardaient la télévision, lisaient les journaux, cliquaient sur leur clavier d’ordinateur pour chercher des informations, mais peu reconnûrent que la planète allait mourir… De fait, elle n’est pas morte.
Nous étions presque sept milliards d’êtres humains à cette époque. Les endroits aujourd’hui sinistrés étaient habitables, les mers et les montagnes représentaient une partie infime du globe. Il n’y avait d’ailleurs pas de montagnes géantes.
La catastrophe fut un événement insupportable. Beaucoup ne se sont pas remis de la disparition des trois quarts de l’humanité, de l'effondrement des civilisations… L’avant catastrophe leur paraît un âge d’or et d’innocence enviable. Peu se souviennent de l’horreur. En ce qui me concerne, le jour de l’horreur fut un jour de purification. Je comprends beaucoup mieux le monde tel qu’il est aujourd’hui. Je m’en sens plus proche.
L’humanité grouillante colonisait chaque endroit de la planète, mettant à mort des milliards et des milliards d’animaux chaque année. Nous n'étions pas plus solidaires entre humains qu'envers les autres animaux.
Aujourd’hui, je me sens solidaire. La catastrophe fut un drame monumental, effrayant, criminel ; mais la sinistrose était là avant – c’est elle qui provoqua la catastrophe, et désormais nous faisons attention à notre vie, à nos frères humains et animaux, à nos objets, à notre terre.
L’incendie de Mars – je n’ai osé le dire à personne - je veux l’écrire aujourd’hui pour qu'un lecteur, un jour, sache à quel point ce fut beau.
Je me souviens de la mer d’un bleu vert profond et scintillant, du rougeoiement invisible qui enveloppait le paysage au fur et à mesure que l’incendie se développait et que Mars se consumait. Je ne voyait que ce rouge diffus, n’apercevais pas la planète embrasée. L’annonce de la catastrophe ajoutée à la beauté étrangement nouvelle du paysage me mit dans une sorte de transe spirituelle impalpable, calme, état dans lequel je demeurai pendant tout le drame.
Je vis tant de gens mourir lors de cette tragédie. Lorsque les voix de la radio se turent, je crus à l’imminence de ma propre fin, que j’attendais depuis quelques jours. La mer montait, la mer montait jusqu’à nous, en une vague lente, incroyablement lente, invisible. Telle une marée, la mer montait. J’attendais, allongée avec d’autres sur un grand matelas au rez de chaussée, à hauteur de la terrasse, regardant arriver la mer qui allait nous recouvrir et nous noyer. Je ressentais cette future noyade plus comme un étouffement progressif, parce que malgré qu’elle s’approchait la mer ensevelissante me paraissait irréelle. L’incendie de Mars avait plongé depuis quelques heures la Terre dans un état de chaleur confuse, il me semblait que l’eau ne serait ni mouillée, ni violente, simplement une fraîche couverture bleue qui nous prendrait tous et nous ferait disparaître en son sein, jusqu’à ce que notre existence cesse.
J’attendais la mort, patiemment, me félicitant de la beauté du spectacle et de la gentillesse résignée et tranquille de mes compagnons. J’aurais pu être comme tant d’autres perdue d’angoisse au milieu des tours que les assassins-architectes construisaient alors en masse, ou j’aurais pu être isolée, en prison…
Dans les villes, ils devaient être au bistrot, dans les rues…
Moi, j’étais face à la mer qui venait lentement, avaleuse et silencieuse, sans vent. Dans la chaleur de l’incendie de la planète voisine, je me sentais bercée par des pensées passionnantes et profondes. Je me demandais pourquoi, alors que tant de gens avaient vécu jusqu’à leur mort en prenant la planète et la vie qui l’habite comme une évidence, fallait-il que nous voyions s’effondrer la grande entreprise de construction, c’est à dire de destruction, qu’avait été l’humanité depuis son réveil technique.
J’étais allongée sur un matelas, et la mer prenait possession de la colline, et montait. Elle arriverait bientôt sur la terrasse. Peut être que nous serions soudainement pris par la peur et la rage vaine de vivre. Pour l’instant, malgré l’imminence de la destruction ultime et son aspect inéluctable, dans un calme songeur, nous contemplions, et moi, prise dans mon rêve-pensée, je vécus le moment le plus beau de ma vie.
Je sais comment j'ai survécu, non pourquoi. J’ai vu des choses depuis.
Je n’ai plus honte de mes frères d’espèce. Dans chacun de leurs actes, dans chacun de leurs gestes et jusque dans chacun de leurs mots, le respect de la vie est ancré. Le respect de l’air et de l’animal, de la plante et de l’espace, du silence et du temps qui s’écoule au rythme qu’il veut ; le respect des choses qui naissent et des êtres qui poussent. Le respect des corps dans leur immatérialité, des esprits dans leur matérialité. Nous ne tuons plus : nous préservons, avec tendresse, crainte et attention. Nous qui avons tout perdu, nous ne ressemblons plus du tout à ceux que j’appelle désormais nos prédécesseurs, bien que j’en aie fait partie.
Nos descendants reverront le ciel. Quelle splendeur que d’avoir la liberté qui flotte au dessus de nos têtes, vaste, aux couleurs changeantes. Le ciel était notre principale image, notre seule vision de l’infini. Cette vision n’empêcha pas l’humanité de détruire ciel et terre. Nos descendants, quand ils verront le ciel, seront à nouveau vraiment humains : ils seront redevenus des animaux. D’ici là, chaque génération doit œuvrer à guérir le monde, pour qu’il puisse vivre à nouveau tout seul.
Nous espérons que nous avons dépassé le problème de la transmission de l’expérience. Nous espérons que l’expérience humaine passée puisse être partagée et ressentie dans ses profondeurs par tous, sans quoi nous craignons la fin de la vie pour toujours.
La civilisation dévastée, c’est le résultat du corps dévasté, de l’animalité dévastée, de la terre dévastée.
Edith de Cornulier Lucinière, 2005
Publié dans Ὄνειροι | Lien permanent | Commentaires (2) |
|
Facebook |
Imprimer |
Anvioù tud, Anvioù ar merc’hed, Anvioù-lec’h
Il était temps. AlmaSoror n'avait pas encore publié d'article en breton. C'est chose faite. Merci à Emmanuel de Kerdrel pour ce texte qui nous parle des noms et des prénoms en Bretagne.
Un diforc’h bras a zo etre Breizh ha Bro C’hall diwar-benn an dra-mañ. A-benn ar fin, d’am soñj, pa voe embannet al lezenn diwar-benn anvioù ar merc’hed dindan gouarnamant Edith CRESSON, e oa diwezhat evit ar vretoned dre m’hon eus-ni graet dalc’hmat an diforc’h etre anvioù ar baotred hag anvioù ar merc’hed.
Da skouer : an aotroù Mikeal KORNEG a zo dimezet gant Annaig AR GALL. Gant lezenn Cresson e oa posubl kemm an anvioù. Mat e oa. Met e Breizh, dimezet pe get, Mikeal KORNEG a chom Mikeal KORNEG. Ha, dreist-holl, Annaig AR GALL a chom Annaig AR GALL.
Da laret eo e Breizh, ar merc’hed dimezet a vir o anvioù. Hag an dud a lare gwechall :
- Penaos ‘mañ ar bed ganeoc’h Annaig AR GALL ?
Gwir eo, hiziv eo cheñchet an traoù un tammig evel e pep lec’h :
- Demat Annaig.
Ha pa zivize an dud etrezo diwar he fenn, ne fazïent ket : “Annaig AR GALL” an hini e oa, ha n’eo ket “Annaig KORNEG”. Ha memestra eo hiziv, dalc’hmat.
Bez ez eus ivez un dra all, gant anvioù-lec’h e plas anvioù an dud. Da laret : Huberzh AODREN* deus un ti-feurm anvet Kermorvan a zeu da vezañ « Huberzh deus Kermorvan ». Pe Aziliz LOSSOUARN dimezet gant Pêr AR BIHAN deus kêriadenn Kerbrug a zo “Aziliz deus Kerbrug”
Dont a ra soñj din eus ur gentel bennak e Skol-Veur Roazhon II, gant Yann Bêr PIRIOU pe Lukian KERGOAT n’ouzon ket dre just piv e oa, se a oa er bloavezhioù ’90, a gontas deomp kement-mañ : gwechall e veze graet gwernioù al listri gant gwez a gresk e lagennoù ar gwernioù. Cheñch o deus graet anvioù an dud dindan levezon** ar galleg. Evel-se an dud a oa “Gwern” o anv, pe “Ar Wern” pe ”Penwern”…. Ya, gwernioù al listri a dalvez e galleg “Le mat des navires”. Anvioù an dud a oa cheñchet evit dont da vezañ petra …. « Le Mat », « Ar Mat ». Ar ger « mat » a zo e brezhoneg « bon » e galleg, anvioù an dud a voe cheñchet a-nevez e galleg e « Le Bon » dindan levezon ar galleg. Hag ez eus ivez stummoù a-ziforc’h c’hoazh, evel « Guern », « Penguern » distaget <<gwerneu>> pe <<peñ-gwerneu>>…
Er penn kentañ, an dud a oa “Gwern” o anv, da laret eo e galleg “l’Aulne” a zo deuet a-benn ar fin da vezañ anvet gant ar stumm gallek “Le Bon” eta. Ar skouer-mañ a ro mat da gompren ar pezh a zo c’hoarvezhet e Breizh abaoe an Dispac’h bras.
Emmanuel de Kerdrel (13/3/10)
*Aodren a zo ur raganv ar paotred… evel Hoel…
**Michel NICOLAS a oa skrivet ul levr mat-kenañ e galleg, a zo e dalbenn : “Histoire de l’Emsav” a gomze “rouleau compresseur de l’Etat français et de véritable ethnocide”
Publié dans Le corps | Lien permanent | Commentaires (2) |
|
Facebook |
Imprimer |
jeudi, 25 mars 2010
Sara et les trésors livresques
Il est 22h34 et je reviens des Sables d'Olonne. La mer était bleue, si sage que la tempête récente paraissait impossible. Pourtant, les rochers et la jetée défoncés témoignaient.
Retrouver Paris est toujours difficile : la grande ville fait peur, elle rappelle que le monde tourne comme un bal fou. Sur le site de Livres au trésor, la revue de Bobigny, on peut lire une entrevue avec Sara en regardant certaines de ses images.

Comment est né votre 1 er album, À travers la ville ?
À la réflexion, je crois que À travers la ville est né de ma fascination pour les films muets, pour Huston, Fellini et pour certains auteurs ou films dont les images m'ont éblouie. Le jour où j'ai commencé ces images, je n'avais ni l'intention ni l'idée de faire un album pour la jeunesse. Seulement la nécessité de créer des images. Ce jour-là, il me manquait du matériel pour peindre. J'ai pris ce que j'avais : du papier C anson , du papier recyclé, du papier journal et je les ai déchirés. J'avais besoin de me montrer que les images portent leur sens en elles-mêmes, sans que des mots les accompagnent. Bien sûr, ce sens de l'image est au-delà de sa représentation : l'arrangement des formes, des couleurs, le trait sur la feuille, la façon de déplacer le pinceau parlent. Déchirer, c'est créer une forme aléatoire, un trait incertain, que l'œil termine, finit d'imaginer, se décide à interpréter. C'est comme une écriture.
Un souvenir a guidé cette histoire : celui d'un clochard enchanté par la présence de son chat sur un banc du boulevard Sébastopol, à Paris. J'ai imaginé la rencontre de cet homme avec ce chat. J'ai fait là une sorte de petit film sur papier.
On peut lire la suite ici
| Lien permanent | Commentaires (0) |
|
Facebook |
Imprimer |
mercredi, 24 mars 2010
Ostende-Biarritz
Quelqu'un m'avait posé les premières questions à Ostende, la ville qui me rappelait la fantastique Ciudad de la bande dessinée Nolimé Tangéré.
Un autre homme m'a posé les deux dernières questions à Biarritz, longtemps après. Mais "longtemps" ne veut rien dire. Dans les deux villes j'ai eu l'impression d'être suspendue entre le rêve et le désir, hors du temps.
Quand on se laisse aller à répondre du coeur, le résultat est surprenant pour soi-même.

Qu'est-ce qui vous révolte le plus au monde ?
La maltraitance des corps ; puis celle des coeurs ; la laideur des choses "fonctionnelles".
Ce qui vous fait frémir pour la génération qui vient... ?
La surpopulation, la surcolonisation de la terre. Le manque d'espace, de culture, d'élégance, de raffinement.
Qu'est-ce qui vous rend le plus heureux dans votre vie ?
La lumière. Le bien-être. la beauté des oeuvres. La cuisine partagée. Un petit resto de temps en temps. La liberté de penser, de vivre, de ressentir. La tranquillité entre deux êtres. Les bonnes nouvelles. La beauté des lieux et des atmosphères. La facilité de la vie. Les projets.
Les choses accomplies qui vous rendent le plus fier... ?
AlmaSoror
Avoir appris des langues rares et avoir compris des choses au Pérou
Connaître et écrire de la poésie
La robe rouge de Dana
Ma prise de conscience sur les animaux
Toutes les chansons que je connais par coeur
Publié dans Ὄνειροι | Lien permanent | Commentaires (2) |
|
Facebook |
Imprimer |
mardi, 23 mars 2010
à Venise après Giorgione Édith et les pigeons
Il fait nuit à l'heure où j'écris et je repense à ce séjour vénitien, dont la photo est issue. Nous avions claqué tout notre argent pour un aller-retour à Venise dans la journée, car il y avait pour la première fois depuis très longtemps tous les tableaux de Giorgione rassemblés. Venise était belle et depuis ce fameux saut de puce de 2003, mon oreille "déconne". Merci, Venise ! Et j'ai ri jaune en lisant la Mort à Venise, de Thomas Mann. Pourtant, je crois que la "maladie" passera un jour, quand je n'aurai plus besoin d'elle - ou, peut-être, quand elle n'aura plus besoin de moi.
Publié dans Super flumina babylonis | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
Facebook |
Imprimer |
lundi, 22 mars 2010
Tout autour de la tombe
J'aurais mis plus de dix ans à lire intégralement les mémoires de Chateaubriand. Je reproduis quelques passages, où il tourne autour de sa tombe... 3 passages d'outre tombe. (Bien avant lui Eschyle disait... "un viellard est une ombre errante à la clarté du jour").
Il fait un grand soleil d'hiver et je trouve que ce sont les plus beaux. Ils donnent une lumière blanche qui tombe en nappes éclatantes, mais diffuses. Cette lumière m'enthousiasme et lorsqu'elle un vent léger la traverse, alors la vie vaut la peine d'être vécue. Joseph Campbell disait que ce n'est pas "un sens à la vie" que nous cherchons tous, comme des loups affamés. C'est la sensation d'être vivant.
Merci aux froids soleils d'hiver et au vent léger de me donner l'impression éclatante de vivre.
| "Cette société, que j'ai remarquée la première dans ma vie, est aussi la première qui ait disparu à mes yeux. J'ai vu la mort entrer sous ce toit de paix et de bénédiction, le rendre peu à peu solitaire, fermer une chambre et puis une autre qui ne se rouvrait plus. J'ai vu ma grand-mère forcée de renoncer à sa quadrille, faute des partners accoutumés; j'ai vu diminuer le nombre de ces constantes amies, jusqu'au jour où mon aïeule tomba la dernière. Elle et sa soeur s'étaient promis de s'entre-appeler aussitôt que l'une aurait devancé l'autre; elles se tinrent parole, et madame de Bedée ne survécut que peu de mois à mademoiselle de Boisteilleul. Je suis peut-être le seul homme au monde qui sache que ces personnes ont existé. Vingt fois, depuis cette époque, j'ai fait la même observation; vingt fois des sociétés se sont formées et dissoutes autour de moi. Cette impossibilité de durée et de longueur dans les liaisons humaines, cet oubli profond qui nous suit, cet invincible silence qui s'empare de notre tombe et s'étend de là sur notre maison, me ramènent sans cesse à la nécessité de l'isolement. Toute main est bonne pour nous donner le verre d'eau dont nous pouvons avoir besoin dans la fièvre de la mort. Ah ! qu'elle ne nous soit pas trop chère ! car comment abandonner sans désespoir la main que l'on a couverte de baisers et que l'on voudrait tenir éternellement sur son coeur ?"
"En ce temps-là, la vieillesse était une dignité; aujourd'hui elle est une charge".
"Toute notre vie se passe à errer autour de notre tombe ; nos diverses maladies sont des souffles qui nous approchent plus ou moins du port. Le premier mort que j'aie vu, était un chanoine de Saint-Malo ; il gisait expiré sur son lit, le visage distors par les dernières convulsions. La mort est belle, elle est notre amie ; néanmoins, nous ne la reconnaissons pas, parce qu'elle se présente à nous masquée et que son masque nous épouvante".
|
Publié dans Fragments, Sleipnir | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
Facebook |
Imprimer |












