samedi, 20 décembre 2008
Poussière de Cantor...
La Page mathématique de Laurent Moonens
ERRATUM
"La raison qui pousse à faire la seconde étape décrite dans la vidéo, pour définir la longueur d'une courbe, n'est pas celle exposée.
Comme l'auditeur attentif l'aura noté, il est possible de recouvrir un segmentde longueur 1 par deux disques de diamètres inférieurs à trois quarts, à savoir deux disques de diamètre 1/2, dont la somme des diamètres égale un.
La raison qui pousse à considérer la limite pour des échelles de plus en plus petites des longueurs à ces échelles, est exposée dans 'Un problème variationnel' (ci-dessous nommé "la ligne droite") et est d'une autre nature. Le nombre (très proche de zéro) d'heures de sommeil que nous avions eues la nuit précédent l'enregistrement de cette vidéo suscitera, j'espère, la clémence des lecteurs-internautes pour ce mensonge, désormais fixé à son support numérique".
Laurent Moonens.
Pour compléter la vision de cet article sur la poussière de Cantor, AlmaSoror vous conseille deux lectures :
Un problème variationnel, où comment se fait-il que le chemin le plus court soit le moins long...
Par ailleurs, vous pouvez accéder aux autres vidéos mathématiques d'AlmaSoror en cliquant, sur la colonne de gauche, sur la rubrique "Maths de Laurent Moonens".
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jeudi, 18 décembre 2008
Les brisés de l'école
Les brisés de l’école
Aux nuls. Aux ratés. Aux rêveurs.
Quoi de plus indestructible que la certitude intérieure des profs d’avoir raison dans leurs jugements ?
Les nuls en classe, les imbéciles, les lents, les « dans la lune » forment la horde des méjugés qui n’ont aucune défense puisque, le système étant juste et formel, ils sont objectivement mauvais.
Comment peut-on noter ?
Comment peut-on croire que l’on fait autre chose que de servir un système qui privilégie un certain type de gens pour mieux léser les autres ?
Pour ceux qui ont réussi, moyennement ou très bien, la nullité scolaire des autres est incompréhensible. Le parcours qualifié de « normal » leur a paru si évident !
Un ami me raconte que les professeurs disaient à ses parents qu’il était bon travailleur mais manquait d’intelligence et n’irait jamais loin.
Une amie me raconte sa révolte lorsque en classe (en France) de CM1, elle découvrit la signification scolaire du mot « choix ». Choisir la bonne réponse consistait à trouver la bonne réponse. Un tel dévoiement d’un mot qui représentait la liberté la plongea dans un abattement stupéfait.
Une amie qui visite les classes me raconte comme les profs disent de leurs élèves « ils n’ont pas d’imagination ». Mais l’imagination, pour ces profs, n’est qu’une discipline scolaire. Pour un imaginatif, ce qu’ils appellent imagination n’est qu’un exercice scolaire de plus.
Les mots invention, imagination, choix, art, créativité sont dévoyés par l’école : ce sont des mots scolarisés. Il vaudrait mieux qu’elle renonce à les utiliser. Ainsi que les mots « intelligence, raisonnement, argumentation, culture ». Car elle n’a rien à voir avec cela.
L’école est un système de mesure. Certains esprits ne comprennent pas les chemins de réussite au sein de ce système de mesure. Alors, qu’ils connaissent par cœur l’œuvre de Byron, qu’ils consacrent leur vie libre à l’étude de et qu’ils lisent Thucydide avec passion ne leur apportera rien au regard de la scolarité ni de la vie sociale. Ils sont des savants non agrées.
Quant à ceux que rien n’intéresse mais qui comprennent le système de mesure scolaire, ils peuvent étudier dans les plus grandes écoles, emporter tous les concours, et les grandes voies de la réussite sociale leur sont ouvertes, quelle que soit leur réelle culture et la profondeur de leur intelligence. Ils sont des savants agréés par l’Etat.
« Tu n’en feras jamais d’autres ». « Peut mieux faire ».
Faut-il espérer un changement ? Assez désespéré, je pense que tout système de sélection est pervers et minant pour certains.
Impossible de vouloir retourner dans un monde où la sélection se fait par la force physique, par la naissance…
Aux professeurs, faut-il préférer l’armée de psychologues, assistants sociaux, pédopsychiatres et éducateurs qui bâtissent ensemble l’Empire psychologique qui nous colonise de son idéologie insaisissable un peu plus chaque jour ?
Non. La régulation sociale par un Ordre psychologique dominant n’est pas meilleure.
Sachons simplement que les nuls, les ratés, les minables, les bons, les intelligents, les adaptés changent de camp en fonction des instruments de mesure de la société.
Axel RANDERS
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mardi, 16 décembre 2008
Indult Agatha Christie
Voici la requête que Yehudi Menuhin, Agatha Christie, Graham Greene, et d'autres artistes et intellectuels souvent non catholiques signèrent... pour sauver la messe traditionnelle de l'Eglise catholique, qui "appartient ainsi à la culture universelle aussi bien qu’aux hommes d’Église et aux chrétiens pratiquants".
Sous l'appel, vous trouverez la liste des signataires.
Introïbo ad altàre dei...
... Ad Deum qui lætíficat juventútem meam.
Dans les années 1960, le Concile de Vatican II transforma radicalement la liturgie catholique.
Au delà de la messe et des prières fondamentales (le Notre-Père), l'esthétique et le déroulement de la vie des villes et villages à majorité catholique en ont été entièrement transformés.
Quelques artistes et intellectuels anglais réagirent par une lettre au Pape.
Pour Agatha Christie, Yehudi Menuhin (non catholiques), Graham Green et d’autres, la « modernisation » de la messe traditionnelle, célébrée depuis l’antiquité et codifié par Pie V en 1570, était une catastrophe pour l’histoire de l’esprit humain.
En effet, le chant grégorien et une immense partie de la musique classique, une grande part de l’inspiration littéraire européenne, sont issus de la sancta missa. Mais le déroulement de la messe lui-même constitue un patrimoine littéraire et liturgique immense.
A la suite de cette pétition, le pape autorise, par un indult, à prononcer la messe traditionnelle exceptionnellement. Ce texte est appelé l’« indult Agatha Christie », signataire la plus marquante de la requête pour sauver la messe traditionnelle en Angleterre.
Appel pour demander le maintien de la Messe traditionnelle.
« L’un des axiomes de la publicité contemporaine, aussi bien religieuse que profane, est que l’homme moderne en général, et les intellectuels en particulier, sont désormais pleins d’intolérance pour toutes les formes de la tradition et n’aspirent qu’à les supprimer pour les remplacer par quelque chose d’autre.
Mais comme bien d’autres affirmations de nos machines à publicité, un tel axiome est faux. Aujourd’hui, tout comme dans le passé, les hommes cultivés sont à l’avant-garde chaque fois qu’il s’agit de reconnaître la valeur de la tradition, et ils sont les premiers à sonner l’alarme lorsqu’elle est menacée.
Si quelque décret déraisonnable devait ordonner la destruction complète ou partielle des basiliques ou des cathédrales, ce seraient évidemment les hommes cultivés quelles que soient leurs croyances personnelles qui se dresseraient, pleins d’horreur, pour s’opposer à une telle possibilité.
Or, c’est un fait que ces basiliques et ces cathédrales ont été bâties pour la célébration d’un rite qui, il y a quelques mois encore, représentait une tradition vivante. Nous voulons parler de la messe catholique romaine. Pourtant, si l’on en croit les dernières informations en provenance de Rome, il existe un plan destiné à supprimer cette messe dès la fin de cette année.
En ce moment, nous n’envisageons pas l’expérience religieuse et spirituelle de millions de personnes. Le rite en question, dans son magnifique texte latin, a également inspiré quantité d’œuvres d’art inestimables, non seulement des œuvres mystiques, mais aussi des œuvres de poètes, philosophes, musiciens, architectes, peintres et sculpteurs, dans tous les pays et à toute les époques. Il appartient ainsi à la culture universelle aussi bien qu’aux hommes d’Église et aux chrétiens pratiquants.
Dans la civilisation matérialiste et technocratique qui menace de plus en plus la vie de l’âme et de l’esprit dans son expression créatrice originale — la parole, — il semble particulièrement inhumain de priver l’homme de formes verbales dans l’une de ses plus grandioses manifestations.
Les signataires de cet appel, qui est entièrement œcuménique et apolitique, proviennent de toutes les branches de la culture moderne en Europe ou ailleurs. Ils désirent attirer l’attention du Saint-Siège sur l’effrayante responsabilité qu’il encourrait dans l’histoire de l’esprit humain s’il refusait de permettre la survie de la messe traditionnelle, même si ce n’était que côte à côte avec d’autres formes liturgiques ».
Liste des signataires :
Harold Acton,
Vladimir Ashkenazy,
John Bayler,
Lennox Berkeley,
Maurice Bowra,
Agatha Christie,
Kenneth Clark,
Nevill Coghill,
Cyril Connolly,
Colin Davis,
Hugh Delargy,
Robert Exeter,
Miles Fitzalen-Howard,
Constantine Fitzgibbon,
William Glock,
Magdalen Gofflin,
Robert Graves,
Graham Greene,
Ian Greenless,
Joseph Grimond,
Harman Grisewood,
Colin Hardie,
Rupert Hart-Davis,
Barbara Hepworth,
Auberon Herbert,
John Jolliffe,
David Jones,
Osbert Lancaster,
F.R. Leavis,
Cecil Day Lewis,
Compton Mackenzie,
George Malcolm,
Max Mallowan,
Alfred Marnau,
Yehudi Menuhin,
Nancy Mitford,
Raymond Mortimer,
Malcolm Muggeridge,
Iris Murdoch,
John Murray,
Sean O’Faolain,
E.J. Oliver,
Oxford and Asquith,
William Plomer,
Kathleen Raine,
William Rees-Mogg,
Ralph Richardson,
John Ripon,
Charles Russell,
Rivers Scott,
Joan Sutherland,
Philip Toynbee,
Martin Turnell,
Bernard Wall,
Patrick Wall,
E.I. Watkin,
R.C. Zaehner
(Traduction la Documentation Catholique)
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