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lundi, 28 novembre 2016

Stabat memoria

 

Pergolèse, je suis si vieille par rapport à l'âge que tu connus. C'est toi pourtant qui me ravives et me consoles, les longs soirs de novembre. Jeune homme, ta musique accompagne mieux encore que l'Armagnac la lenteur des ennuis nappés de froidure. À côté de moi, dorment plus d'une vingtaine de tomes édités avant la guerre de 1939-45. Leurs titres : Les hommes de bonne volonté. Le drapeau noir ; Prélude à Verdun ; Recherche d'une église ; ces volumes dévorés par de jeunes gens devenus des vieillards aujourd'hui. Se souviennent-ils de leurs frémissements en lisant Jules Romains ?

Je divague, peut-être à cause du frimas, peur-être à cause du vin. Je divague, peut-être à cause de moi, peut-être à cause de toi à qui je pense, ce soir. Toi dont je sais le nom. Toi dont j'ai su la peau. Toi dont je ne sais plus rien.

 

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