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lundi, 11 juillet 2016

Croisés et décroisés

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Chers cousins qui vivez parmi les cèdres du Liban,

vous avez ces bombes qui explosent sur les ailes de vos palais ancestraux ; nous avons nos bombes intérieures qui font éclater nos familles dans nos appartements urbains. Vous avez les hurlements de vos enfants qui rendent l'âme. Nous avons le silence des nôtres qui ne trouvent plus leur âme. Vous avez vos champs d'oliviers sous la lune, vos prières catholiques pleines de foi à l'ombre des belles mosquées d'où partent les poisons qui vous exterminent. Nous avons nos rangées de platanes le long des autoroutes, nos divorces laïcs et nos tristes familles recomposées, mal recollées. Vous avez l'espoir, peut-être, d'un lendemain sans guerre, et le désespoir féroce des ruines fumantes, des corps calcinés. Nous avons le désespoir des paix vides, des démocraties creuses, et l'espérance criminelle d'une guerre qui nous ferait vous ressembler un peu plus. Ne nous en voulez pas si nous n'avons même plus la force de vous plaindre. Vous vivez des nuits rouges, des jours noirs, là où le soleil se lève ; nous attendons dans la blancheur des cœurs, sous la grisaille du ciel, car ni le jour ni la nuit ne flamboient plus où le soleil se couche.

Sincèrement, avec amour et impuissance,

Vos cousins de Montrouge et de La Roche sur Yon

 

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