dimanche, 30 décembre 2012
Ces bêtes qu’on abat : Un appareil d’anesthésie innovant
C'est une saga qu'aucun scénariste n'aurait le courage d'écrire. Les films les plus gores ne sont que des comédies Walt Disney en comparaison. Les plus courageux d'entre vous auront sans doute du mal à la suivre jusqu'au bout...
C'est la saga interdite aux profanes.
AlmaSoror est fière de proposer sur son site l'extraordinaire saga de la viande. Celle qu'on ne lit jamais, celle dont on entend jamais parler, celle qui a lieu dans des endroits où l’œil citoyen ne peut pénétrer.
Si vous ne vous sentez pas capable de la lire, sachez que l'enquêteur l'a écrite. Sachez que des milliards d'individus la vivent aux portes de nos villes. Si vous n'êtes pas capable de la lire et que vous êtes capable de consommer le résultat, alors vous êtes un merveilleux citoyen du Meilleur des Mondes.
Voici donc le journal de Jean-Luc Daub, enquêteur dans les abattoirs français.
Ces bêtes qu'on abat peut s'acheter en version imprimée :
Ou bien se lire sur cette page qui lui est dédié.
Un appareil d’anesthésie innovant
J’ai pu visiter, en Bretagne, le premier abattoir de volailles français à s’être équipé d’un appareil d’anesthésie à CO2. Il en existait déjà pour les porcs, mais ils étaient souvent décriés à cause du stress qu’engendre ce genre de machine. En effet, il existe des fosses à CO2 où, pour y entrer, les porcs doivent être convoyés dans une nacelle (sorte de cage métallique) qui descend dans une fosse à plusieurs mètres. L’enfermement et la descente sont source de peur pour les porcs. De plus, le manque d’oxygène provoque chez eux une panique et des convulsions respiratoires.
Avec ce nouvel appareil, les volailles sont anesthésiées en douceur sans aucun stress. C’est le premier abattoir en France à s’être doté de ce matériel d’anesthésie à CO2 appelé CAS (Controlled Atmosphère Stunning). Le système d’anesthésie par atmosphère contrôlée permet d’obtenir un évanouissement des volailles sans aucune convulsion. La durée du passage des volailles dans l’appareil est d’environ 3 minutes. L’ensemble pouvant fonctionner à un rythme de 500 à 18 000 bêtes par heure. Dans cet abattoir, la suspension des volailles vivantes, par les pattes, accrochées sur une longue chaîne, a disparu. C’est également le cas de l’immersion de la tête dans un bac à électrolyse qui permettait, par un choc électrique, d’étourdir les volailles, mais souvent, celles qui avaient relevé la tête n’étaient pas étourdies, et étaient donc saignées conscientes.
L’installation répond à une demande de l’abattoir qui visait à l’origine l’amélioration de la qualité du « produit » abattu et transformé. C’est plus tard que les dirigeants se sont rendu compte des avantages que cet appareil présentait en termes de bien-être animal. L’éventail des équipements s’étend de l’abattoir ou des camions jusqu’aux conteneurs de ramassage. Ces derniers sont plus faciles à remplir. Un système d’ouverture en tiroir a été étudié sur les casiers. Les risques de
blesser les animaux ont été réduits. Je tiens à préciser ici que nous restons dans un contexte industriel et que les volailles proviennent d’élevages intensifs. Il est permis de penser que si elles n’ont pas eu de belle vie dans leur milieu d’élevage, par cet appareil elles ont une mort moins cruelle en comparaison d’autres abattoirs de volailles où elles sont suspendues par les pattes sur de longs rails.
Les camions de ramassage ont été modifiés. Ils comprennent 22 conteneurs de 8 casiers chacun, composés d’un système de tiroir et de canaux pour l’écoulement des fientes et des ouvertures pour l’aération. Les casiers ont été conçus afin que les ailes et les pattes ne restent plus accrochées dans les ouvertures. À l’abattoir, les conteneurs sont déchargés très rapidement à l’aide d’un chariot élévateur qui les déplace un par un. Les conteneurs sont déposés dans une zone d’attente afin de laisser les volailles se reposer. L’attente recommandée est de 1h 30 à 2h. Dans cet abattoir, la lumière sera réduite et un ventilateur plus puissant sera mis en place.
Vidange des conteneurs : après un temps de pause, les conteneurs sont de nouveau déplacés et posés délicatement sur un système de chaînes qui les emmènent vers « un poste de vidange ». Cet endroit s’appelle « unité de déchargement autonome ». Aucune main d’œuvre n’est nécessaire, tout se passe automatiquement. Un système de chaîne, muni de crans de blocage, évite que les conteneurs ne s’entrechoquent. Les coups et les secousses qui stresseraient et apeureraient les volailles sont soigneusement évités. Les conteneurs arrivent devant un caisson cloisonné afin d’y être déversés l’un après l’autre. Une inclinaison du conteneur, provoquée mécaniquement, permet de faire sortir les volailles et de les faire glisser à l’intérieur du caisson. L’inclinaison est progressive et la chute est douce. Les volailles tombent sur un tapis épais qui amortit le moindre choc. (J’ai testé le tapis en mettant mon pied à l’intérieur, il absorbait les chocs, ce qui n’empêche pas que les volailles aient peur d’atterrir dans ce caisson.
Les ouvertures des grilles qui composent les casiers des conteneurs sont étudiées afin qu’aucune patte ni aile ne soient coincées. Ainsi, les casiers peuvent se vider sans que des volailles restent accrochées aux parois. Par sécurité, la présence éventuelle de volailles est détectée par des capteurs de mouvement qui effectuent une vérification du conteneur. Le cas échéant, il s’immobilise et une alarme avertit de la présence d’une bête. Le conteneur à vide continue son chemin vers un poste de nettoyage automatique. Il en ressort propre et prêt à être chargé pour un autre voyage.
J’en viens maintenant au poste d’anesthésie. Le tapis à l’intérieur du caisson entraîne les volailles à petite vitesse sur un autre tapis perpendiculaire au premier. Celui-là les dirige vers le tunnel d’étourdissement. Ce tapis reste à améliorer, car les volailles glissaient légèrement sur leurs pattes en tentant de reprendre leur équilibre. Le responsable m’a assuré que l’amélioration de ce tapis était en cours et qu’il allait être changé. L’anesthésie des volailles est relativement bien étudiée. Elles entrent et sortent dans le tunnel en restant sur le tapis toujours en mouvement.
L’anesthésie se déroule en deux temps : une première phase d’une minute en hyper-oxygénation. Oxygène + du CO2 à 30% où elles sont rendues somnolentes et inconscientes. Une deuxième phase de 2 minutes où, inconscientes, elles respirent du CO2 à 80%. Cette phase est irréversible. Après cet étourdissement, elles ne se réveillent plus en raison d’une mort cérébrale. Le cœur, lui, continue de battre. Des études ont démontré que si elles respiraient directement le CO2 sans l’oxygène, elles s’agiteraient et seraient dans un état de panique. Tandis qu’avec le passage d’une minute en oxygène, elles ne se débattent absolument pas pendant l’arrivée du CO2. Ce système permet donc d’éviter l’affolement, toute souffrance et, au bout du tunnel, une mort sans stress.
Accrochage et saignée. Les volailles sortent du tunnel par le tapis, et tombent dans un bac circulaire en inox disposé en forme de carrousel mobile. Des employés saisissent les volailles par les pattes et les accrochent sur un rail qui les emmène vers un poste de saignée automatique. Je n’ai vu aucune volaille réveillée lors de la saignée.
Une personne contrôle l’état des volailles à l’entrée du tunnel. Celles qui sont déjà mortes, celles qui sont en mauvais état, et celles qui n’ont pas la taille standard sont retirées et jetées dans une poubelle à côté du poste. En principe, les volailles sont tuées avant d’être jetées. Cependant, et c’est un des bémols de cette visite, j’ai aperçu un poulet vivant dans la poubelle. Je l’ai signalé au responsable qui a demandé à l’employé de le tuer. Ce dernier l’a saisi par le cou et a exercé une torsion pour le briser. La dislocation du cou est autorisée pour la mise à mort des volailles à usage gastronomique traditionnel reconnu selon l’annexe IV point 4 de l’arrêté du 12 décembre 1997 relatif aux procédés d'immobilisation, d'étourdissement et de mise à mort des animaux et aux conditions de protection animale dans les abattoirs.
Cependant, son application est subordonnée à l’étourdissement préalable des animaux. Il serait préférable, pour que les volailles refusées aient également une mort sans douleur, de leur apposer un signe distinctif, comme un élastique rouge autour du cou, de les laisser passer dans le système et de les enlever à la sortie du tunnel, une fois qu’elles sont mortes après respiration du CO2.
Bien que ce matériel et son installation aient un coût élevé, l’anesthésie des volailles pratiquée avec ce nouveau système le rend à mes yeux très concluant. Le déchargement des camions est effectué avec douceur, les conteneurs sont manipulés sans brutalité. Ils sont vidés automatiquement, sans contact physique, sans attraper les ailes ou les pattes des animaux (comme cela se pratique dans les autres abattoirs) et dans une sorte de calme continu. Un tapis roulant achemine les volailles à petite vitesse, mais permet d’en réguler un grand nombre. Cela est préférable à la suspension des volatiles en pleine conscience par les pattes, les obligeant à se débattre sur de longues distances jusqu’au poste d’abattage. Le directeur lui-même reconnaissait que le système antérieur était plutôt cruel (et dire qu’il en reste beaucoup en fonction !). Les conditions de travail du personnel sont également améliorées.
Enfin, l’anesthésie comprend une première phase de somnolence, par l’apport d’oxygène, ce qui empêche les volailles de s’agiter et d’être apeurées en recherchant de l’air. Le CO2 intervient en deuxième phase et les endort définitivement, mais toujours en douceur. Lors de la suspension et de la saignée, elles ne ressentent plus rien, car sur le plan cérébral, elles sont déjà mortes. Le cœur continue de battre et la saignée s’effectue sans problème. Ce système devrait être étendu aux autres abattoirs de volailles, palmipèdes, lapins…. Il serait également souhaitable d’étendre ce système d’anesthésie aux abattoirs de porcs et notamment dans les abattoirs industriels. Les systèmes actuels et les appareils à CO2 existants apeurent terriblement les animaux et les mettent même dans un état de souffrance.
Alors, au risque de choquer ceux qui sont pour l’abolition des abattoirs (qui n’interviendra que lorsque les consommateurs cesseront de manger de la viande, ce qui ne serait pas pour me déplaire), je recommande vivement ce nouvel appareil aux responsables d’établissements d’abattage.
Bovin déchargé mort loin des quais d’un marché à bestiaux…
Phot Jean-Luc Daub
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vendredi, 28 décembre 2012
J'ai erré sur Internet,
sans but, mais aux aguets, et j'ai cherché à travers ses labyrinthes où nourrir mon coeur, en ces jours de défaite entre deux fêtes, en cette trêve des confiseurs.

Et j'ai trouvé la France sauvage, film d'Augustin Viatte et de Frédéric Fèbvre (2012), et Les Vendéens, de Jacques Dupont (1993).
Deux épopées, celle de la vie animale au creux des terriers et dans les hautes branches, sous les eaux et à l'intérieur des fleurs, dont les caméras cachées volent des instants magiques.
Et celle de la Révolution et de sa contre-révolution, dont les archéologues de l'INRAP retrouvent des traces sous les villes de l'Ouest.
Les voici :
I

II
Un texte, "L'homme des mégalopoles ou le rêve de liberté", avait été publié sur l'ancien site d'AlmaSoror en décembre 2006, et repris sur ce blog par ici...
Publié dans Clair-obscur, La place, Sleipnir, Super flumina babylonis | Lien permanent | Commentaires (2) |
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mardi, 25 décembre 2012
L'artiste comme le public tirent leur dignité de leur exigence

Photo d'une vitrine de boutique sablaise
Extraits des Entretiens sur la musique, de Wilhelm Furtwaengler (1947)
Ces entretiens furement menés par Walter Abendroth. Ils furent traduits en 1953 chez Albin Michel par J-G Prod'homme et F.G. C'est un exemplaire de cette édition que j'ai trouvé par terre, dans un carton de livre laissés là exprès, rue du Cherche-Midi, un jour d'août 2011.
Les Sables, entre mer et lac de Tanchet
A : Ne serait-ce pas le devoir de la critique que d'expliquer l'idée que se fait le public, et de soi-même, et de ses propres jugements ?
F : Elle ne le peut pas – quand bien même elle le voudrait et s'imaginerait le pouvoir. Car elle-même fait partie du public.
Si la réaction immédiate du public est souvent injuste, son jugement définitif est pourtant fondé. J'ai donné déjà la raison de ce paradoxe : c'est qu'il faut du temps pour entendre un artiste et répondre à son œuvre. Et il en faut d'autant plus que l'artiste sera plus original et l’œuvre profonde. Il est tout naturel que, de prime abord, le public oppose de la résistance à ce qu'il ignore. Et pourtant, il est absolument certain qu'à la longue il sera vaincu par la nouveauté – si toutefois elle est vraiment de qualité.
Tâchons donc de nous rendre compte de ce qui se passe entre l'artiste et le public. D'abord, l'un et l'autre ne deviennent vraiment « eux-mêmes » que dans leur rencontre, et par cette rencontre. Tant que l'artiste n'a pas dompté son public, tant qu'il n'a su en réveiller et aiguiller les inconscientes aspirations vers l’œuvre d'art, ce public – et au lieu de dire : « le public » on dirait aussi bien « le peuple » - ne prend ni conscience de soi-même, ni qualité de public, mais reste ce qu'il était tout d'abord : une foule quelconque, indéfinie.
Qu'en serait-il, par exemple, de toute notre « vie musicale » si – supposition paradoxale – Beethoven n'avait pas écrit ses symphonies ? Prédécesseurs et successeurs de Beethoven, et surtout Beethoven lui-même, ont, en fait, créé, par l'action de leurs œuvres, ce que nous avons depuis appelé « le public de concert ». Ce public-là est sans doute autre chose qu'une foule amorphe et passive. Depuis que des maîtres l'ont formé, il porte en lui une échelle de valeurs. Il a des exigences ; l'artiste y devra suffire. Et l'artiste, à son tour, a des exigences envers le public – exigences auxquelles le public ne demande qu'à répondre : car c'est d'elles qu'il tire sa véritable dignité. C'est qu'il y a public et public : il y a grande différence selon qu'une foule « devient un public » à l'occasion d'une course de chevaux ou d'un combat de boxe, ou à l'occasion d'une symphonie de Beethoven. La qualité – qui seule importe – de son « unanimité de public » ne sera pas, dans le cas sportif, le même que dans le cas musical.
Mais encore : Même lorsqu'il s'agit du seul domaine des événements artistiques, nous constatons des différences de cette sorte. Wagner appelle « Effekte » (effets extérieurs), les effets qui ne visent qu'à « frapper » la foule et qui peut-être l'emballeront momentanément, mais n'en feront pas une véritable communauté. L'Effekt, disait-il, est par définition « effet sans cause », - et c'était précisément à l'époque de Wagner, à l'époque de l'avènement des grands virtuoses, que les musiciens se mirent à rechercher ces « effets sans cause », et à s'en servir. Mais ainsi, pour la première fois, les rapports du public avec l'artiste devinrent le problème qu'ils sont aujourd'hui : c'est alors que commença, de l'un à l'autre, cette progressive aliénation qui, à présent, met en question toute notre « vie musicale ». Vouloir faire de l'effet à tout prix : ce fut là, dès l'époque de Wagner et de Liszt, le signe que l'on allait vers la désaffection. Et, par la surenchère de l'effet, on cherchait éperdument à garder un contact qui menaçait rupture, et à maintenir entre les musiciens sur l'estrade et les auditeurs la « vraie communauté ».
Mais voilà : transformer un public en « vraie communauté », ne fut-ce que momentanément, - il faut pour cela des œuvres qui sachent empoigner l'individu, non pas en tant qu'individu isolé, mais comme faisant partie d'un peuple, comme faisant partie de l'humanité, comme créature habitée par une étincelle divine. C'est seulement grâce à de telles œuvres qu'un public prend pleine conscience des forces latentes qu'il porte en lui ; et ce n'est que de ces œuvres-là qu'au plus profond d'eux-mêmes les hommes ont vraiment besoin, en dépit de leurs réactions superficielles, de leurs arbitraires entraînements et de leurs prédilections momentanées. Ce qui n'empêche pas que, dans la vie musicale de tous les jours, toutes les fois qu'il les rencontre, le public oppose la plus vive résistance à de telles œuvres, et ne s'abandonne que de mauvaise grâce. En quoi le public ressemble à une femme qui ne trouve son bonheur qu'à céder à la contrainte.
A : Voulez-vous dire par là que l'effet produit sur le public serait plutôt un argument contre une œuvre ?
F : Ce serait raisonner de façon hâtive et simpliste. Qui nierait, par exemple, la valeur des œuvres d'un Beethoven à cause de leur effet sur le public ? Au contraire, c'est précisément « le fait Beethoven » qui nous permet le mieux de comprendre ce qu'est l'effet authentique et « légitime ». C'est que les œuvres de Beethoven produisent leur effet absolument et exclusivement par ce qu'elles sont – par leur essence, non par leur façade. Et encore : si Beethoven a cette efficacité, c'est grâce à la clarté avec laquelle il exprime ce qu'il a à dire. Le maximum de clarté dans l'expression est, pour l'artiste, la manière – la seule bonne manière – de tenir compte de son public. Goethe l'a bien dit : « Si quelqu'un a quelque chose à dire, qu'il me le dise clair et net. Pour ce qui est des choses problématiques, celles que je porte en moi me suffisent ». Mais pour répondre à cette exigence, il faut que tout d'abord on ait vraiment quelque chose à dire ; et que l'on puisse oser se montrer sans apprêt ni voile, tel que l'on est – et cela n'est évidemment pas donné à tout le monde. Et tous ceux qui dans la vie, et même (et surtout) dans leur art, s'expriment de façon tarabiscotée, j'ai peur qu'ils n'aient, le plus souvent, de bonnes raisons pour éviter la manière simple et directe.
Il y a des œuvres qui font de l'effet parce qu'elles visent à en faire et s'y efforcent. Il en est d'autres qui, pour faire de l'effet, n'ont qu'à exister. Et c'est pourquoi l'action des unes à la longue s'exténue, alors que le Temps ne semble point entamer l'efficace des autres.
Wilhelm Furtwängler
1886-1954
(photo trouvée sur Internet)
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lundi, 24 décembre 2012
Trois photographies
Toutes trois ont été prises à Paris par votre serviteuse, Edith de Cornulier Lucinière ; la première en 2006 dans une pièce sombre d'un appartement de Montparnasse, un soir de fête, de littérature et de photographie.
La seconde, en 2011, rue de Rennes... Merci à celle qui posa.
La troisième en 2012, dans le quartier de la Madeleine. J'ai rêvé depuis de cet enfant qui est le mien et que vous ne connaissez pas.
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