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vendredi, 18 novembre 2011

Vigny aux temps électros

"Toi que tes compatriotes appellent aujourd'hui merveilleux enfant ! que tu aies été juste ou non, tu as été malheureux ; j'en suis certain, et cela me suffit. - Âme désolée, pauvre âme de dix-huit ans ! pardonne-moi de prendre pour symbole le nom que tu portais sur la terre, et de tenter le bien en ton nom".

Alfred de Vigny, in Dernière nuit de travail, écrit du 29 au 30 juin 1834

 

"Vigny, attristé par la faillite de "l'esprit pur", ému par tant de suicides d'artistes, voulut porter sur la scène cette grande pitié du poète et de l'homme de lettres. En février 1833, deux jeunes poètes, Escousse et Le Bras, s'étaient asphyxiés, et déjà on avait vu succomber sous la misère un Hégésippe Moreau, un Charles Lasailly, un Aloysius Bertrand. Au moment même des représentations de Chatterton, Emile Boullaud, qui venait de commencer une traduction en vers des Lusiades de Camoëns, se laissa mourir plutôt que de tendre la main. Les journaux étaient pleins de récits désespérés. L'opinion commençait à s'émouvoir et des protestations contre cet état de choses commençaient à se faire entendre cà et là. Balzac défendait alors la même cause que Vigny dans sa Lettre aux écrivains français (1er novembre 1834).

Beaucoup plus que la lecture de Goethe où il avait rencontré la figutre de Torquato Tasso, personnage susceptible et inquiet, ces faits expliquent que Vigny ait repris la thèse qui lui était chère de l'homme supérieur victime de son propre génie. N'était-ce pas déjà le sujet de Moïse ? On retrouvera dans le désespoir du poète les accents désabusés du prophète."


Henri Maugis

 Henri Maugis, Alfred de Vigny, Chatterton, Edgar Varèse, poème électronique

Phot. Mavra Nicolaievna Vonogrochneïeva


A propos d'asphyxie dans une chambre solitaire au XIXème siècle, il nous faut mentionner Alexina (Herculine Abel) Barbin, hermaphrodite né(e) dans une famille paysanne de Charente. Son intelligence, sa culture, son catholicisme et son désespoir se lisent dans ses Mémoires, que l'on retrouva auprès de son lit, rue de l'Ecole de Médecine, à Paris.

Paix aux poètes, paix aux hermaphrodites. Honneur à vos âmes belles et tourmentées.

H.L.

Commentaires

Paix aux poètes, paix aux hermaphrodites, paix à sa majesté des mouches. Pourquoi ai-je écouté la Valse triste, de Sibélius, après avoir lu votre article ?

Écrit par : Kartonrxos | jeudi, 24 novembre 2011

Je ne sais pourquoi vous l'avez écoutée, cette valse triste, mais j'ai suivi votre idée et ai lu le texte d'Hélène en écoutant la valse triste jouée par Karajan
(ici :)
http://www.youtube.com/watch?v=OoUBZ43M2WY

Écrit par : AlmaSoror | jeudi, 24 novembre 2011

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