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dimanche, 13 février 2011

Deutsche Grammophon : Concerto n°1 pour piano en ré mineur, op 15. Le texte de la pochette (III)

 

(phots Sara)

 

Jardin du Luxembourg, Sara

 

Nous poursuivons notre entreprise de recopiage des pochettes de certains disques 33 tours, parce que ces textes étaient intéressants et bien écrits, et qu'ils risquent de tomber aux oubliettes.

 

Voici le texte de la pochette du disque Deutsche Grammophon, collection PRESTIGE, « Johannes Brahms, Concerto n°1 pour piano en ré mineur », interprété par le pianiste Émile Guilels et dirigé par Eugen Jochum (orchestre philharmonique de Berlin).

1972

 

Voici la troisième partie du texte, qui parle du chef d'orchestre, Eugen Jochum. La première présentait l'oeuvre ; fut ensuite annoncé le pianiste, le grand Emil Guilels.

 

 

Saint-Eustache, Colbert, Sara

 

Eugen Jochum a une conception métaphysique de la musique. Son extérieur – mince silhouette élancée, profil de savant, chevelure argentée – trahit à ne pas s'y méprendre l'artiste centré sur l'univers spirituel, le descendant du type de musicien intellectuel tel que l'a fixé Furtwängler. En s'entretenant avec Eugen Jochum, on a l'impression d'avoir affaire à un esprit universel ; il parle avec la même compétence des problèmes formels chez Bruckner que des questions de style chez Hölderlin, de l'histoire de l'art et de la civilisation de Rome que de la philosophie contemporaine. Trois courants de formation l'ont profondément marqué : le foyer d'enseignants, musicien et ouvert dont il provient, la sévère éducation classique qu'il reçut au lycée des bénédictins de Saint-Étienne à Augsbourg et le catholicisme empreint de joie et de largesse d'esprit tel que le lui enseigna son ami Romano Guardini, théologue et philosophe.

On a, de manière un peu inconsidérée, catalogué Jochum comme l'interprète Brucknérien par excellence. Certes, son enregistrement de l'intégrale des symphonies de Bruckner a-t-il fait date dans l'histoire de l'édition phonographique et largement contribué à augmenter l'audience du compositeur, mais nombre de ses autres enregistrements sont tout aussi remarquables, qu'il s'agisse des symphonies de Beethoven, de Brahms et, tout récemment, de Haydn. Il a signé un merveilleux « Cosi fan tutte » et on ne peut dissocier son nom de celui de Carl Orff. C'est en grande partie grâce à lui si « Carmina Burana » est devenue une oeuvre populaire.

 

La compréhension qu'Eugen Jochum a de l'oeuvre de Brahms – il tient Brahms pour le plus parfait maître de composition du siècle dernier – fut reconnue dès 1936 et distinguée par l'attribution de la médaille Brahms de Hambourg. Ce qui importe avant tout à Jochum, c'est le contenu spirituel de la musique, des grands enchaînements, c'est ce qu'il y a derrière les notes – attitude qui le prédestine tout particulièrement à être l'interprète de Brahms ainsi que le prouve, s'il en était encore besoin, le présent disque.

 

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