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Les gens bien

Ces deux dames du bus, leurs conversations, leurs métiers d'infirmières et d'enseignantes-infirmières, leurs jugements pleins de bienveillance et de moralisme sur leurs étudiants.

Leurs conjoints bricoleurs, leurs enfants, leurs maisons, leurs jardins, leurs terrasses, les hérissons qui picorent les restes qu'elles y ont laissés, les chats qu'elles traitent bien, leurs voitures, leurs vélos, leurs familles élargies, leurs collègues de boulot, leurs amis de longue date, les amis de leurs enfants.

Leurs loisirs intelligents (jardinage, cuisine, pleine nature), leurs compétences pour soigner les autres à l'hôpital jour après jour, pour mener une vie calme et tranquille à la maison année après année.

Les villes qu'elles habitent, leurs expériences professionnelles, et ce vide qui mangeait mon cœur en les écoutant parler.

Il y a, dans cette humilité des gens bien, sans étalage ni orgueil blessé, une parcimonie de prise de risque qui teinte leur engagement (enseignement, travail social et médical), d'une vénalité impalpable mais prégnante.

L'engagement leur évite le Sacrifice.

L’humilité leur évite la Chute.

La tolérance leur évite le Combat pour des principes.

Leur alliage de structure et de souplesse leur évite de subir la Révolte de leurs enfants ; ils savent les éduquer à fuir la Dérive.

Ce sont des gens qui mettent le bon sens au pinacle, toujours capable de s'adapter au neuf sans jamais rien inventer, toujours capables de conserver l'ancien pour eux, sans jamais le défendre publiquement.

En n'étant ni trop hauts, ni trop bas, ils évitent la guillotine qui menace les rois comme le crachat qui recouvre les parias.

Ils ne sont jamais exclus, eux mêmes d'ailleurs ne sont jamais en train d'exclure quiconque : simplement, les gens qui ne leur ressemblent pas sont exclus, par l'opération, non du Saint-Esprit, mais du corps social.

Ils recèlent des qualités de cœur, sans quoi leur existence serait mise en péril par la folie en eux ou autour d'eux.

Ils me fascinent sans m'intéresser. Je voudrais avoir tout ce qu'ils ont mais ne supporterais pas de vivre comme ils vivent et d'être ce qu'ils sont. Peut-être que ce qu'ils représentent à mes yeux, moi, je le représente pour d'autres. Ce qu'ils me font sans le savoir, je le fais à d'autres sans le vouloir.

Ce sont des personnes auxquelles je ne peux reprocher aucun tort réel, mais je n'arriverais pas à dire que ce sont de "belles personnes". Si tout le monde était comme eux, il n'y aurait pas de problème. Y aurait-il de la beauté ?

Il ne leur manque pas de force morale, ni d'un sens de la solidarité, ni d'intelligence, ni de diligence, mais peut-être qu'il leur manque le charme, ou la grandeur. On atteint la grandeur en étant immense, ou minuscule, pas en étant moyen, surtout si cette moyenne est calculée comme un outil de survie, une technique habile pour durer dans de bonnes conditions durant plusieurs générations. Leur intelligence, qui leur fait comprendre leur intérêt, devient par la même leur limite, une limite acceptée, encouragée, chérie.

Protégés de la haine et de la vindicte extérieures, comme de l'angoisse et de la destruction intérieures, les gens bien sont du même coup comme protégés de la grâce qui appelle vers l'Inconnu.

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lundi, 06 juin 2016 | Lien permanent

Sagesse des vélos de nuit

Il est dix heures et le bleu nuit vire au noir ; l'air est frais ce soir des premiers jours de mai. La sortie du métro Robespierre (ce doux agneau) m'offre un vent si doux que je voudrais le caresser. Mais c'est lui qui me caresse et me pousse à prolonger mes pas au-delà de l'immeuble qui m'appelle ; là où, depuis une loggia de béton, des adolescents fument et rient et partagent des rêves qui leur paraîtront brume demain. Mais demain n'est pas là ; c'est ce soir qui s'étire et qui chante un air presque tendre. Mon cœur sourit. Tout à l'heure, le sourire du frère appuyé contre la fenêtre a effacé la zizanie des compères hirsutes. Je marche alors que la ville de Montreuil-sous-bois (quel bois ?) s'enfonce dans la nuit. Les réverbères diffusent cette lumière orange que nos enfants peut-être ne connaîtront plus : la nuit des années 1980, la nuit des années 2000, cette nuit orange qui accompagne nos peurs urbaines et nos joies festives. Je tourne et opère un détour pour entrer par l'autre chemin, celui que je n'ai jamais pris. Je croise des grilles étranges qui nous séparent des parias, apartheid des villes françaises modernes, et je me glisse sous des colonnades de porches carrés comme des maisons dessinées par des enfants. Et c'est amusant comme il ressemble à l'enfant sage, ce vélo posé là qui attend je ne sais quoi dans une solitude à moitié réelle. Je m'immisce soudain au fond de son âme et j'expérimente la sagesse des vélos de nuit.

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lundi, 05 mai 2014 | Lien permanent

Hier et ce matin

Orgueil et estime de soi

Dans le métro qui me ramenait de la rue de Rome vers Duroc à une heure avancée de la nuit, je me demandais si la présence de l'orgueil n'était pas lié à un défaut d'estime de soi. N'est-ce pas quand la dignité me semble atteinte, entravée, blessée, que l'orgueil s'engouffre dans la brèche pour ne pas laisser prise à la glu de l'humiliation ? Une personnalité sans humiliation est une personnalité sans orgueil, dans laquelle l'estime de soi peut s'écouler sans nuire à autrui (cette personnalité existe-t-elle ?).

Concurrence et jalousie

En longeant le boulevard du Montparnasse sous la lune, je croyais déceler que, contrairement à ce que j'avais cru, la comparaison n'est pas le résultat de la jalousie. Concurrence et comparaison prennent leur source dans le simple fait d'avoir des yeux pour voir l'autre et des doigts pour imiter et reproduire ce qu'il fait, ce qui mène à distinguer des différences. Ces différences, quel esprit ne peut s'empêcher de les mesurer et de les classer ? L'apprentissage amène la comparaison qui invite à la concurrence, et toutes deux créent la jalousie. 

Aussi je ne crois plus que "la folie est attachée au cœur de l'enfant". L'enfant pur découvre ses dons d'imitation et tombe dans la folie de la jalousie.

Claviers d'ordinateur et chaussures

Un jeune homme m'a dit hier que les claviers de nos ordinateurs étaient les endroits les plus sales et surtout les moins sains de nos maisons. Je me suis alors demandé s'il était moins hygiénique de poser ses chaussures sur son oreiller ou de poser son oreiller sur l'écran d'ordinateur. Les méandres de ces réflexions me sont revenues le soir au moment du second verre de Gewurztraminer, qui les a recouverts de leur fleuve alcolosucré.

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samedi, 11 janvier 2014 | Lien permanent

Chronoposologie des Orteaux

saumur, piano, rue des orteaux

Entre un coup de soleil et un orage, on voyait là-bas les tours de Bagnolet, on entendait dans la pièce la musique de Cantemir par Jordi Savall.

Après quelques verres, on découvrait l'angélique sourire d'une coloc voyageuse. 

Encore plus tard on approfondissait l'apprentissage tâtonnant des symphonies fantastiques dans une pénombre qui laissait distinguer le visage émouvant d'une amatrice de hiatus.

L'aurore se levait quand même au bout d'un long silence.

Debout devant la baie vitrée, en face des étagères de bandes dessinées, on lisait un texto écrit par un revenant.

Plus tard (toujours plus tard), devant un café bizarre, un banc portait nos rêves vagues. Je refoulais les inquiétudes, je bravais le gris du ciel. Ton joli sourire flottait au milieu de ton mystère. Attendais-tu quelque chose ?

Dans les rues, la pluie lavait les traces de flou. Sous l'auvent du métro peut-être, des mots interdits dormaient au fond d'un coeur.

Personne ne connait le numéro du bus qui t'emporta, même pas toi.

C'était Paris, un jour de juin. C'était Paris. Alors pourquoi me souvenais-je d'un piano ancien, d'une maison de Saumur ?

Il semblerait qu'à vingt ans de distance, les instants fragiles s'appellent et se répondent.

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jeudi, 20 juin 2013 | Lien permanent

eh coco ? de Mavra Nicolaïevna Novogrochneïeva

Mavra Novogrochneïeva est membre de la confrérie de Baude Fastoul. Elle est une des photographes attitrées d'AlmaSoror et tient par ailleurs un blog monomaniaque sur sa passion des grues.

En décembre 2013, elle répond à l'appel d'AlmaSoror, qui propose d'écrire un texte contenant :

oh mon âme
le plus vieil été du monde
c'était si pur
ta mère absente
coco

Le résultat est l'autobiographie déchirante du flingue Coco, que connaissent déjà les lecteurs des Mémoires d'une voyouse


eh coco?

« Coco, eh coco?

Coco c'est moi, c'est le flingue. Et la voyouze, de temps en temps, elle me parle. Moi j'aime bien. Elle me raconte sa vie et elle me montre quand elle aime bien les paysage, les gens. Elle me sort et elle vise. Moi j'aime bien.

Un jour, on est allé au bout du monde. C'est là qu'il y avait eu le plus vieil été du monde, avec des dinosaures. La preuve, les arbres, énormes. C'était si pur, pas de bruit dans la forêt sauf quelques bruissements, et puis la résonance de quand elle vise sur un arbre. Le ricochet sur les tronc. C'était si pur.

Oh mon âme, elle pleure en se souvenant. Après la forêt, les arbres, elle a été prise de nostalgie ma voyouze, et elle a voulu voir sa maison. Elle aurait pas dû. C'est ça qui l'a perdue. Elle a pleuré et elle m'a raconté: "tu sais pas ce que c'est, ta mère absente pendant des jours, la peur dans la nuit, toute seule, c'est pour ça que je t'aime mon coco, eh coco, mon poteau."
Puis elle a visé, une dernière fois, c'était elle qu'elle visait, la voyouze. Elle me manque ma voyouze. »

 

Mavra, 18 nov 2013 entre 21h et 22h

 

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samedi, 07 décembre 2013 | Lien permanent

1984, de Martin

Martin et la barmaid d'AlmaSoror, anciens élèves du lycée Buffon, ne s'étaient pas vus depuis bien longtemps, lorsqu'en décembre 2013, il répondit au mail d'AlmaSoror, qui proposait d'écrire un texte contenant :

oh mon âme
le plus vieil été du monde
c'était si pur
ta mère absente
coco

 

1984

C'était un soir frais du début de l'automne – ou de la fin de l'été. L'année ? 1984. Sa jeunesse me damnait, Ô mon âme, je croyais vivre enfin le grand amour, mais ce n'était que le plus vieil été du monde, celui qui même aux senteurs des tilleuls le chaud appel des étourneaux étourdis par l'accouplement. C'était si pur, ta tendresse. Nous étions libres (ta mère absente), et heureux. Coco courait au loin devant nous dans les bois dont nous remontions les sentiers chaque soir, jusqu'à la cabane en haut de la colline. Qu'es-tu devenu ? Je l'ignore, et de par les maisons que j'ai visité cet été, nul ne le sait. Je n'ai jamais si si je t'ai donné ou blessée. Incapacité de me juger moi-même, Ô mon grand amour, seule que j'ai aimée.

Martin

 

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samedi, 07 décembre 2013 | Lien permanent

Rougevent

 

Mavra Nicolaïevna Novogrochneïeva, vent rouge, rougevent

Souffle le vent rouge, sur la plaine ouverte comme un cœur enfantin. Dort le fils, au fond de la maison. Murmure la femme, une douce chanson. D'anciennes paroles fendent la campagne, personne ne les entend. Dans la chapelle close la Vierge pleure doucement. Elle attend. Moi j'erre dans ce monde mort, dans ma vie moderne et sans chaleur. J'ai mon casque de motarde et mes bottes de ville. Je marche sur la route qui déchire les champs d'orge. Ce soir, lune d'orge.

Le vent rougeoie. Il n'a pas d'haleine, ni de tiédeur. Il n'a pas d'odeur. Il souffle sans cesser de songer aux mauves et aux violettes qu'il faut aérer. Les boutons d'or montrent leur or et disent souriants qu'ils ont droit aussi à la chaleur caressante du vent.

Pourquoi les hommes frissonnent-ils à la porte du bar dont le rideau métallique s'ouvre ou se ferme ? Le vent n'apporte pas le froid.

Et le fils dort, et l'homme est loin, et la femme chante, et les oiseaux picorent des brindilles et des graines. Je vais partir ce soir. La plaine ne se plaint pas dans sa solitude. Aujourd'hui le vent est rouge.

 

Edith CL

 

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mardi, 28 août 2012 | Lien permanent | Commentaires (9)

In Tlicuilitl, poème nahuatl

Michel Launey, Carlos Lopez Avila, Mexique, nahuatl, aztèque, Texcoco, Nezahualcoyotl

Ce poème nahuatl, intitulé le foyer, est beau dans sa grande simplicité. Il a été traduit en français par Michel Launey, dans un numéro spécial de la revue Amérindia qui réunissait tous les textes nahuatl compilés par le Mexicain nahua (aztèque) Carlos Lopez Avila, qui passa sa vie à recueillir les éléments de sa propre culture avant qu'ils ne soient recouverts par la cendre, le sang et le coca-cola.

 

On doit la composition de ce poème à Nezahualcoyotl, grand homme d'Etat du Mexique mort en 1472, c'est à dire peu de temps avant que l'arrivée des Européens ne provoque la mort d'environ 90% des habitants autochtones du Mexique.

Il faut savoir que le foyer, situé au centre de la maison mexicaine (indienne) est le lieu du feu et de la cuisson des aliments. C'est le domaine de la femme et la source de chaleur et de nourriture.

 

nahuatl, aztèque, Michel Launey, Carlos Lopez Avila, Texcoco, Le foyer, Mexique, Nezahualcoyotl

 

In Tlicuilitl (Le foyer)

 

No nantzi icuac ni miquiz

Xi nech toca mo tlicuilpa

Ihuan icuac ti tlaxcalmanas

Ompa nopampa xi choca

 

O ma mère, quand je mourrai

Enterre-moi sous ton foyer

Quand tu iras faire des galettes

Pleures-y pour moi

 

Ihuan tla aca mitz tlahtlania

No nantzi ! Tlica zenca huel coza ti choca ?

Xi tlananquili, catca xoxoque cuahuitl

Ihuan in poctle te chochoctia

 

Et si quelqu'un te demande

« Ma mère, pourquoi pleures-tu tant ? »

Réponds-lui que le bois est vert

Et que la fumée pique les yeux

 

Nezahualcoyotl

Tlacuatzo tlatecutl Tetzcoco

 

Nezahualcoyotl (Dernier roi de Texcoco)

 

 

 

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jeudi, 28 juin 2012 | Lien permanent

Le retour de flamme du marquis de Varembon

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Photo Sara

Cette note fait suite à Mademoiselle de Tournon frappée au coeur

 
"Ses funérailles étant commandées, les plus honorables qu'il se pouvait faire - pour être de grande maison comme elle l'était, même appartenant à la reine ma mère -, le jour venu de son enterrement, l'on ordonne quatre gentilshommes des miens pour porter le corps, l'un desquels était La Bussière, qui l'avait durant sa vie passionnément adorée sans le lui avoir osé découvrir, pour la vertu qu'il connaissait en elle et pour l'inégalité, qui lors allait portant ce mortel faix et mourant autant de fois de sa mort qu'il était mort de son amour.

Ce funeste convoi étant au milieu de la rue qui allait à la grande église, le marquis de Varembon, coupable de ce triste accident, quelques jours après mon partement de Namur s'étant repenti de sa cruauté, et son ancienne flamme s'étant de nouveau rallumée (Ô étrange fait !) par l'absence, qui par la présence n'avait pu être émue, se résout la venir demander à sa mère, se confiant peut-être à la bonne fortune qui l'accompagne d'être aimé de toutes celles qu'il recherche ... Il arrive justement sur le point que ce corps, aussi malheureux qu'innocent et glorieux en sa virginité, était au milieu de cette rue. La presse de cette pompe l'empêche de passer. Il regarde que c'est. Il avise de loin, au milieu d'une grande et triste troupe de personnes en deuil, un drap blanc couvert de chapeau de fleurs. Il demande que c'est...."

Ciel ESC_large_ISS022_ISS022_E_58496.jpg
 
Pour savoir la suite, précipitez vous à la librairie la plus proche et demandez les "Mémoires" de Marguerite de Valois dans la collection créée et dirigée par Martine Reid "Femmes de lettres", chez Folio (Gallimard 2010) pour la modeste somme de 2 euros.
 

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mercredi, 16 juin 2010 | Lien permanent

Traversée du bitume

 

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Motarde sablaise, par Sara

 

 

(un billet d'Edith)

 

Contrairement à ce que vous croyez, je n'ai besoin de personne en Harley-Davidson. Cela vous fait peur. Vous vous dites : « elle n'est pas humaine, puisqu'elle roule seule en Harley Davidson ». Vous avez tort : certains humains sont solitaires. Il y a les ermites du désert et les ermites de montagnes. Il y a les ermites de la mer et les ermites du fond des villes. Il y a les ermites de la route. J'en suis.

 

Mes coups de colère vont au vent, mes coup de blues à l'herbe des bas-cotés. J'ai du sable dans mes chaussures et une maison vide, très loin d'ici. J'ai peur d'y retourner, car il y avait des voisins dont les pensées faisaient trop de bruit dans le silence des nuits.

 

De temps en temps, je vois un homme s'approcher avec son blouson de cuir et sa cigarette, sur une moto presque aussi belle que la mienne. Il m'offre une cigarette. On compare les garages. On s'encourage pour le bout de route qui nous reste. Je me souviens des prénoms de ces hommes qui partagent la route : Michel. Albert. Alain. Christophe. Églantine. Robert. Jean. Pierre-Noël.

 

J'ai trente-deux ans. Plus qu'un an avant l'âge du Christ. Je me demande ce que cela fera de rouler sur le bitume à tout bringue, à cet âge là, droite sur la moto, tranchant l'horizon horizontal pour faire une croix.

 

Edith de CL

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mercredi, 15 septembre 2010 | Lien permanent | Commentaires (5)

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