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dimanche, 31 juillet 2016

Nocturne express

 

à Erika Noulste que j'ai quittée,

à Max Farmsen que j'ai laissé partir.

Aux amours mortes, qui nourrissent d'amertume nos parfaites solitudes.

 

Il ne faut plus penser au cargo mort. Tu n'es plus près de moi, posant ta main sur mon épaule quand sonne minuit. Tu n'es plus celui qui chante un vieil air de Bourgogne pour répondre aux grenouilles des trois mares. Il ne faut plus penser à l'amour mort.

Il faut rêver encore, malgré le jour gris qui se lèvera à grand peine au terme de cette nuit où brillent, à travers la brume, les Ourses, la grande et la petite. Du salon du second étage, me parvient la musique du miserere d'Allegri, celle que doit écouter le vieil oncle, le menton sur sa main, le coude sur son genou, presque endormi dans la grande bergère tapissée, comme il fait tous les soirs, à cette heure tardive. Il faut rêver encore aux rives bleues du Bosphore.

Nous ne sommes que deux au château. Plus de cousins, plus d'amis : c'est septembre. Plus de jeux, plus de cris. J'ai presque oublié la musique des villes et le son des routes qui y mènent. Je ne quitte plus le Manoir des trois mares. Il ne faut plus bouger. L'ennemi s'approche, les ministres tendent la main au nouveau maître pour de l'argent. Nous ne sommes plus que deux au château, les livres interdits dorment sous les marches de l'escalier, les deux fusils de l'oncle sont apprêtés, je lis un manuel militaire du temps jadis pour apprendre à tirer.

 

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