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lundi, 04 août 2014

Lu dans les toilettes d'un bar à la station Robespierre (Montreuil)

"étonnement de ce que je vis. Nous sommes en pays envahi et occupé mais personne ne le dit. Chacun met sa souffrance sur le compte de son échec individuel, chacun met son regret de l'identité perdue sur le compte de son incapacité personnelle à envisager la modernité inaccessible à sa piètre intelligence. La morale a avalé toute la politique. Certains sans vergogne surfent sur la vague. Les autres assistent à la défaite, au milieu d'une bataille qui n'a jamais été livrée. Dans ce monde qui ne ressemble à aucun épisode historique, l'individu isolé a trois choix : folie, soumission ou désespoir. Il ne reste plus aucun fil qui relie les hommes et les femmes de ce pays. Il ne reste aucun point de vue d'où apercevoir une lueur, s'il y en a une. Témoignage du 2 août 2014 écrit sur un portable entre les stations Mairie de Montreuil et Robespierre et recopié ici dans les toilettes de ce bar qui n'échappe pas au destin des vaincus".

Un dessin d'un homme seul poignardé par un croissant accompagnait ce texte, que je lus en écoutant la voix chaude de Gil Scott-Heron traverser la cloison.

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