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samedi, 09 février 2019

አንቺን ክፎ አይንካሸ

Souvenir nostalgique de ces années de violence morale et d'oppression sourde, trempées d'espérance et de rage d'avancer. C'était la jeunesse et les rêves éthiopiens, péruviens, hawaiiens. C'était la pureté du désir linguistique.

Pour survivre, je me suis normalisée. Et bien qu'RV m'ait dit pendant notre déjeuner, à la Cantinella, que j'étais rock n'roll, je sais moi à quel point je suis devenue banale, j'étais romantique et je suis mondaine, j'étais idéaliste et je suis ambitieuse, j'étais politique et je suis professionnelle.

J'adorais les idées et les êtres, je ne comprenais strictement pas qu'on puisse être double ou même mesuré. Je croyais en la force de caractère et la fidélité à une haute vision de l'être humain, de l'être tout court.

Pourquoi ai-je tant changé ? Parce que je faisais souffrir beaucoup de monde, surtout ceux qui m'aimaient. Mais je les faisais vibrer aussi ! J'ouvrais des portes, des fenêtres, des mondes. Je n'ouvre plus rien.

Il reste des restes. Des restes de langues, des restes d'idées, des restes d'images. Des souvenirs. Des mémoires profondes qui ressurgissent parfois, par exemple quand résonne la voix de ጥላሁን ገሠሠ.

Trahir ses idéaux de jeunesse pour rassurer sa mère, pour se rassurer soi-même, parce que l'on sait que les rides et la pureté ne se marient que sur un trottoir ou au fond d'un HLM dont on sera un jour viré.

Petite jeune fille qui courait derrière les révoltes, si tu existes encore, ce soir je pense à toi et je t'aime. Que rien de mal ne t'arrive.

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