Opération de délestage (jeudi, 25 novembre 2021)

Si je décide et parviens à chasser le fiel de ma vie, si désormais je connais la bonne humeur, l'énergie morale et physique, le bien-être et la joie de vivre du matin au soir, que vont devenir ces élans de négativité que j'ai toujours si bien connus ? Rien ne se perd, rien ne se créée, tout se transforme, n'est-ce pas ? Ou alors un grand volet de malheur, de pessimisme et de négativité peut disparaître, s'effacer, se dissoudre dans l'inexistence ? Après tout, pourquoi pas ? Oui, mais tout ce temps libre, toute cette énergie qui va surgir, délivrée, qu'en ferai-je ? Lorsque j'avais arrêté de fumer, en l'an 2004, j'avais gagné deux heures par jour, ces moments passés à fumer mais aussi à penser à fumer, à préparer ma fumerie, à préparer le café ou à accomplir la promenade qui accompagnerait la cigarette. Deux heures de vide dans un jour, la rencontre avec ce rien, ce temps, ces respirations, fut un défi. On ne sort pas d'une cage heureux sans en être préparé. Alors, si d'un coup ce malheur qui m'habite le matin au réveil, à certaines heures du jour, puis le soir avant le coucher, puis la nuit dans mes angoisses, si tout ce malheur s'en va comme un traître, qui vais-je devenir ? Une femme qui souris dès l'éveil, joyeuse de se lever, trouvant agréables l'action et l'inaction, l'administration de sa vie quotidienne et la marche vers ses rêves, adorant équitablement la banalité des jours et les bonnes surprises occasionnelles ?

Et mes proches, qui souffrent de mon pessimisme et de mon aspect destructeur, qui s'en plaignent, qui le trouvent hardcore à supporter, comment s'accoutumeront-ils à ce bonheur de chaque instant qui les inondera ? Ne chercheront-ils pas à me replonger dans mon bain de plaintes qu'ils détestent, afin de ne pas perdre celle qu'ils connaissaient, de ne pas être troublés dans leur chair par un si grand changement de paradigme ?

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