lundi, 19 octobre 2009

De la supériorité des bassonistes

 

La ballade de VillaBar, c'est l'histoire des personnages nés au bar du Piston Pélican, en 2007, le dimanche soir quand on se retrouvait, photographes, écrivains, acteurs et piliers de bars, pour inventer ensemble. Les soirées n'ont plus lieu, mais les personnages poursuivent leur vie. Car la réalité s'est fait dépasser par la fiction de VillaBar. Et le monde de VillaBar est devenu plus vrai que nous. 

 

Monologue rageur de Solveig Bassone

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Phot Isabelle Ferrier

Je hais les trompettistes. Comme tous les bassonistes, j’éprouve un profond mépris pour les gens qui s’imaginent faire de la musique en soufflotant dans des demitubes qu’ils prennent pour des instruments à vent.
Miles Yufitran obtient de grands succès auprès d’une population grande en nombre et petite en intelligence mélomane. Hélas. Mais comment pourrais-je l’envier ? J’ai la chance d’être adepte d’un instrument exceptionnel, qui façonne le caractère, le corps et la mélomanie, année après année, répétition après répétition.
Miles Yufitran et moi sommes invités à jouer ensemble dans le même orchestre au mois de ventôse. J’hésite. Puis-je m’abaisser à cela ?Je crois que oui : c’est ainsi que je mettrai en avant la splendeur du basson et le ridicule des trompettes, saxophones et autres clarinettes. Et puis, cette carrière de soliste tourne en rond.

samedi, 17 octobre 2009

Les yeux bouffis de ciel

 

La ballade de VillaBar, c'est l'histoire des personnages nés au bar du Piston Pélican, en 2007, le dimanche soir quand on se retrouvait, photographes, écrivains, acteurs et piliers de bars, pour inventer ensemble. Les soirées n'ont plus lieu, mais les personnages poursuivent leur vie. Car la réalité s'est fait dépasser par la fiction de VillaBar. Et le monde de VillaBar est devenu plus vrai que nous. 

 

 

Complainte larmoyée de Miles Yufitran

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phot Karim-Pierre Maalej

 

Ma trompette fait la gueule. Alors je la laisse tomber et je bois. C’est dur d’être un musicien. On est des poètes du sable, à la moindre vague notre œuvre est détruite, effacée à jamais. On balance du vent dans les oreilles des gens et ils nous remercient en ne comprenant pas le fond de notre âme. On zone, on boit, on crève jusqu’à l’aube, et on se réveille avec une mélodie qui pince le cœur. Alors on attrape la trompette, on souffle nos douleurs dedans et ya un voisin qui crie : «Ta gueule ! »
Mais on continue quand même.
La rue est belle, les poubelles aussi sont belles, tout peut être beau quand on a les yeux remplis de ciel. Ma musique, mon amour, tu m’entraînes loin des hommes, alors parfois je te hais. Puis je me souviens que si tu m’entraînes si loin des hommes, c’est pour m’emmener plus près des étoiles.

dimanche, 11 octobre 2009

AlmaFrater

 

La ballade de VillaBar, c'est l'histoire des personnages nés au bar du Piston Pélican, en 2007, le dimanche soir quand on se retrouvait, photographes, écrivains, acteurs et piliers de bars, pour inventer ensemble. Les soirées n'ont plus lieu, mais les personnages poursuivent leur vie. Car la réalité s'est fait dépasser par la fiction de VillaBar. Et le monde de VillaBar est devenu plus vrai que nous. 

 

 

Complainte cynique de Joan Yufitran

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Phot Isabelle Ferrier

Mon cher William, 

 

Comme vous avez gardé votre naïveté depuis Stockholm... Et quel amusement de vous retrouver ici, à Santa Marina. Le monde est petit ou ésotérique... pour permettre de telles retrouvailles. Vous surveillez la petite rousse et son amante Carotte Feliccio. Qu'ont-elles fait pour attirer ainsi votre attention ?
Carotte fait partie de mon écurie, avec Galeswithe Albanel.

 

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Elles cognent dur. Mais je sais que vous n'aimez pas ce monde des combats interdits. Moi, je le préfère à votre douceur hypocrite. Vous êtes un privé. Vous êtes donc tout aussi vendu que moi. Mais moi, j'en suis consciente.

Et puis j'ai une douleur bien plus grande que celle d'avoir trahi mes frêles idéaux de jeunesse.

J'ai perdu un frère. Oh, bien sûr, il est toujours vivant, et il erre, de ville en ville, de port en port, traînant sa trompette, ses yeux de poète insomniaque et ses souffrances vides. Mon frère était mon seul amour, depuis toujours et à jamais.

Miles, tu me hais. Pour combien de temps encore ? 
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phot Sara

 

 

 

vendredi, 09 octobre 2009

Extrait du journal de Mavra

 

La ballade de VillaBar, c'est l'histoire des personnages nés au bar du Piston Pélican, en 2007, le dimanche soir quand on se retrouvait, photographes, écrivains, acteurs et piliers de bars, pour inventer ensemble. Les soirées n'ont plus lieu, mais les personnages poursuivent leur vie. Car la réalité s'est fait dépasser par la fiction de VillaBar. Et le monde de VillaBar est devenu plus vrai que nous. 

 

Report sur le journal personnel de Mavra Nicolaïevna Vonogrochneïeva

 

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phot Sara

Journal – Santa Marina

Ce soir, je suis contente. J'ai enfin pu contacter Esteban Mendoza. Il paraît qu'il ne faut plus l'appeler de la Kevinade. Je m'abstiens donc. Une lubie sans doute. De toute façon cela ne m'intéresse pas. C'est un gentil garçon en apparence du moins. Je me méfie. Disons qu'il n'est pas trop méchant et pas trop fourbe. Je le surveille car je suis toujours sur mes gardes, prête à frapper, mais jusqu'ici je n'ai pas eu à m'en plaindre. Il me livre régulièrement la marchandise. Je l'ai vu à Santa Marina avec Cyril van der Welde et Wilfrid Chardon. Je n'aime pas ça. C'est hommes sont prêts à tout. Moi aussi. Cela se terminera mal.

Je suis plus inquiète du comportement de Cyril Van der Welde. Il a un visage trop ouvert et trop franc pour être honnête. Et s'il était honnête, je m'en méfierai encore plus. Je ne connais pas d'honnêtes gens. Ils finissent toujours par trahir quelqu'un. Cyril Van der Welde se méfie de moi, je le sais et plus il se méfie, plus il semble sympathique et ouvert. Je ne sais pas vraiment à quoi il joue mais je crois qu'il a découvert d'où je venais. Tant pis. Au besoin, je le supprimerai. Il a un allié dans la place, le fameux trader, Wilfrid Chardon. Un type qui joue trop et qui ne m'apprécie pas. Il avait misé sur moi lors de mon combat contre ce pauvre Andreï Takov, ce petit flic qui s'est dérobé. Peur de perdre ou esprit chevaleresque ? Il perdra s'il continue car je n'aurai ni pitié, ni considération. Il est trop jeune et trop inexpérimenté mais dans quelques années, s'il vit toujours, il deviendra dangereux. Il a une bonne étoile. Je pense qu'il s'en sortira. A moins que mon étoile ne soit meilleure que la sienne.

Pour le moment, Stanislas Tichy est à l'écart. Il tourne autour de cette petite Lilas L.S. Snuk. Cette fille commence à m'être sympathique et elle m'aide sans le savoir à faire tomber de la sorte tous les hommes qui s'approchent d'elle. Ils sont hypnotisés et me laissent tranquille un temps. Cela m'avait été bien utile lorsque William Spade avait commencé à s'intéresser à moi.

Je déteste Natacha Philippovna. Depuis quelques temps, elle s'acoquine avec son ancienne rivale Emma Lonsdale. D'abord elle est russe. Ensuite elle est fonctionnaire. Dactylo à l'ambassade russe. Cela me déplaît car elle pourrait bien trouver à me nuire. Peut-être pourra-t-elle cependant m'être utile si elle peut être soudoyée. Après tout, si elle s'est rapprochée de la petite américaine Emma Lonsdale, il faut bien que l'une ait soudoyé l'autre. Si c'est Emma Lonsdale, abattue par la mort de son frère, qui vend des informations aux russes, c'est encore plus dangereux. Pour moi du moins car cela voudra dire que j'aurais plus de mal à venir à bout de Natacha Philippovna. Je dois tirer cela au clair rapidement. Avant d'être moi-même piégée.

Ma seule alliée pourrait être Ginna Gashwin. La petite serveuse. Elle n'est pas vraiment honnête et elle a tenté de tuer Lilas L.S. Snuk en l'empoisonnant. Cela me convient. J'ai de quoi la faire chanter au besoin. Pour le moment, elle se contente de me donner quelques renseignements lorsque j'en ai besoin. On entend beaucoup de choses dans les bars de Santa Marina. Elle s'est éprise d'un type sans histoire, Rock Grahïm-Diaz. C'est très bien. Cela l'occupe pour le moment et elle se tient tranquille.

J'ai appris que la mère de Esteban Mendoza va venir à Santa Marina. Une ennemie de plus. Je mettrai la petite Ginna sur le coup, il faudra aussi que je trouve un autre allié. Je crois que ce sera Yeux Noirs. On dirait que les gens sont hypnotisés par elle. Ce doit être son côté mystérieux.

 

Les romans photos villabariens sont consultables dans cette armoire web 

mercredi, 07 octobre 2009

Une histoire qui finit

 

La ballade de VillaBar, c'est l'histoire des personnages nés au bar du Piston Pélican, en 2007, le dimanche soir quand on se retrouvait, photographes, écrivains, acteurs et piliers de bars, pour inventer ensemble. Les soirées n'ont plus lieu, mais les personnages poursuivent leur vie. Car la réalité s'est fait dépasser par la fiction de VillaBar. Et le monde de VillaBar est devenu plus vrai que nous. 

Une rumeur sue par Mavra Nicolaïevna Vonogrochneïeva

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Photos Isabelle Ferrier
 

Aliénor Fizbée et Andreï Tarkov ont rompu ce matin. Hier au soir encore, pourtant, ils étaient tous deux au bar du Fort Ban.

 

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Elle, si belle et douce, comme d’habitude. Lui, mystérieux et complexe, d’une élégance égale. Il a mené quelques combats de boxe.

 

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Andreï et Aliénor sont partis tôt.

 

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Ils avaient l’air très amoureux, bien que discrets, comme toujours : aucun des deux ne s’abaisserait à des gestes publics.
Après leur départ, j’ai observé Stan et Yeux noirs se faire la cour. C'était très différent.

 

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Puis j’ai parlé avec une diplomate coréenne, Tiam Noc Jong, qui m’a félicité pour mes matchs et m’a donné de l’argent. Les Coréens nous aiment beaucoup, nous, les soviétiques.

 

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Et je suis rentrée seule : c’est ce que je préfère. Ce matin, Aliénor m’a laissé un message vocal : c’en est fini de leur histoire. Andreï repart vers Santa Marina. Son travail d’inspecteur l’y attend. Elle, elle reste. Elle dit qu’elle va essayer de se remettre, mais qu’elle ne pourra jamais l’oublier.

 

 

 

 

 

 

 

jeudi, 01 octobre 2009

Extrait du journal de Mavra

 

La ballade de VillaBar, c'est l'histoire des personnages nés au bar du Piston Pélican, en 2007, le dimanche soir quand on se retrouvait, photographes, écrivains, acteurs et piliers de bars, pour inventer ensemble. Les soirées n'ont plus lieu, mais les personnages poursuivent leur vie. Car la réalité s'est fait dépasser par la fiction de VillaBar. Et le monde de VillaBar est devenu plus vrai que nous. 

 

report sur le journal intime de Mavra Nicolaïevna Vonogrochneïeva

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Je me suis retrouvée sur Saturne, entourée d'ennemis. Europe est et restera le plus grand satellite de Jupiter et de l'Univers. Mais cette fois, j'ai bien failli être sacrifiée avec Callisto. J'avais pris le visage de Mavra Nicolaïevna Novogrochneïeva et Callisto celui des Yeux Noirs. Trahies ? Je me demande bien si ce n'est pas Callisto, trop heureuse de prendre tant d'importance. Pour qu'on la regarde, pour que l'on s'intéresse à elle, elle serait prête à vendre son âme au diable.

 

Je me suis rebellée. J'ai survécu. Je retournerai près de Jupiter et nous vaincrons ensemble Saturne.

 

 

mardi, 29 septembre 2009

Santa Marina de tous les saints

 

La ballade de VillaBar, c'est l'histoire des personnages nés au bar du Piston Pélican, en 2007, le dimanche soir quand on se retrouvait, photographes, écrivains, acteurs et piliers de bars, pour inventer ensemble. Les soirées n'ont plus lieu, mais les personnages poursuivent leur vie. Car la réalité s'est fait dépasser par la fiction de VillaBar. Et le monde de VillaBar est devenu plus vrai que nous. 


 

Soliloque d' Alicia-Pilar « la matadora » Desdemone-Cajas

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J’erre à Santa Marina sans savoir à quels saints me vouer
Je me rappelle des deux filles avec qui j’ai travaillé pendant plus de quinze ans dans un bar de Saint-Jean en Ville, en Louisiane française : Anita F.C. Trosh et Oriane Siette.

Nous savions rire ! Nous savions pleurer ! Deux dons qui ne sont réservées qu’à des âmes d’élite. Le Rire et les Pleurs sont un Art que peu de gens pratiquent avec hauteur.

Quel ennui en ce bas monde si mal peuplé. Riches et pauvres se rejoignent dans cette médiocrité qui les atteint tous. Nous ne sommes que quelques uns à nous élever au-dessus de cette bassesse, par la grâce de Dieu. Il y en a quelques uns par ici, Dieu soit loué. J’ai rencontré une jeune femme amusante, qu’on appelle Yeux Noirs. Elle semble s’élever au dessus des pensées et des actions habituelles.

 

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Il y a un jeune homme qui passe me voir pour pleurer et parler de musique. Quelle élégance, quelle soledad, quelle dolor étoilée dans ses yeux béants ! Quelle divine musique quand il prend sa trompette ! Un vrai poète, mi irlandais mi berbère, qui s'appelle Miles Yufitran.

 

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J’ai aussi un client qui ne manque pas de piquant, pas seulement dans sa barbe mais au fond de son cœur. Son nom fait trembler les gens d’ici. Il s’appelle Stanislas Tichy.

 

Sancha-Stan Tichy.jpgphot Sancha

Mais quel ennui, à part cela.

Ay, Madre de Dios !
Christo hijo de la Virgen, ayudame.

 

 

 

 

 

dimanche, 27 septembre 2009

Celle qui ne m'a jamais aimée

 

La ballade de VillaBar, c'est l'histoire des personnages nés au bar du Piston Pélican, en 2007, le dimanche soir quand on se retrouvait, photographes, écrivains, acteurs et piliers de bars, pour inventer ensemble. Les soirées n'ont plus lieu, mais les personnages poursuivent leur vie. Car la réalité s'est fait dépasser par la fiction de VillaBar. Et le monde de VillaBar est devenu plus vrai que nous. 
Lamentation de Venexiana Atlantica
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(Photo d'Isabelle Ferrier)

 

 

De conquêtes musicales en conquêtes musicales, de conquêtes amoureuses en conquêtes amoureuses, je vogue sur la planète Terre, la planète bleue, sans comprendre le sens de la vie des autres. Ils n’ont rien : ni gloire, ni flic, ni art. Quel enfer que leur sort. Je brûle mes ressources vitales pour ne pas manquer de ces trois drogues, qui sont les seules choses valables en ce monde, et quand je n’en n’aurai plus, j’écrirai mon autobiographie (j’ai déjà trouvé le titre, un clin d’œil à John, qui sera alors mort et enterré depuis mathusalem) et je crèverai.

On dit que j’aime les femmes, ce qui est faux. J’aime les hommes.
J’ai aimé John. Bien que je l’ai trahi plusieurs fois.
J’ai aimé Bob. Bien que je lui ai fait de grosses crasses.
J’ai aimé Stan. Bien que je l’ai toujours traité comme une merde.
J’ai aimé Andreï, le petit flic sans peur et sans reproche, bien qu’il m’ait prise pour une maman, ce pauvre gosse, et que je lui ai fait sentir bien salement que si les mères sont des grosses putes qui vous soutirent tout votre bien dans votre dos, alors oui, j’en suis une bonne.
J’ai aimé Nicodème, malgré son odeur pestilente de flic et sa gueule de haut fonctionnaire méprisant. Si je lui ai fait arracher un bout de crâne par un pote véreux, c’était pour son bien. D’ailleurs, il a beaucoup plus de succès depuis, professionnellement et affectivement.
J’ai aimé Mahalaoui, le pauvre gars qui traînait lamentablement dans les bas fonds d’une ville perdue loin derrière Saint-Jean en Ville.

Je n’ai jamais aimé Lilas. Je n’ai jamais aimé Yeux Noirs. Je n’ai jamais aimé Grisélidis. Je n’ai jamais aimé Galswinthe. Je n’ai jamais aimé Solveig. La seule que j’ai peut-être aimé, dans le fond de mon cœur – si ce muscle brasse réellement autre chose que le sang, pétrole du corps -, c’est … Fifi Exaltacion. Mais c’est elle qui ne m’aimait pas.

 

samedi, 01 août 2009

Etrange texte d'Esther Mar

 

 

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phot Sara

 

VillaBar 6 = Hymne à Baudelaire, au Nouveau Testament et à Aragon. 




 La dernière auberge raconte une histoire ouverte, onirique. Loin des scénarios aussi limpides que balisés les mots suggèrent plus qu’ils ne racontent, ils dévoilent plus qu’ils ne confessent. J’ai eu l’impression aussi que cela parlait du jour et de la nuit. Un ange se promène au Manoir de VillaBar et tente d’entraîner les fêtards du Manoir sur les routes de perdition. Il y parvient, et Dieu-Saturne n’y peut rien : il arrive trop tard pour sauver ses ouailles.



 La dernière auberge n’est-elle pas une variation sur le thème de Dorian Gray ? Lys de Fleur fête son anniversaire au Manoir. Au beau milieu de la soirée, alors qu’elle souffle les bougies de son gâteau, elle entrevoit une très belle femme plus âgée qu’elle : elle comprend que cette femme, c’est elle-même, ou plutôt, ce serait elle-même si elle acceptait de vieillir. Heurtée, elle se lève, tombe, et ne sortira plus de son coma.

Car les fêtards de VillaBar festoient pour oublier la mort et contrer la vieillesse. Mais lorsqu’ils arrêtent de tourner, la vérité réapparaît.



Or, nous devons au moralisme profondément catholique – bien que souvent peu orthodoxe – d’Esther une conclusion qui en inquiétera certains, en soulagera d’autres. Ne pas vieillir, ne pas mourir, c’est possible. Hélas, c’est justement le chemin de la damnation.

Notre héroïne Lys de Fleur, entrant dans son coma puis dans la mort, est donc sauvée. Ceux qui meurent sont sauvés de l’éternité damnatoire, tandis que ceux qui suivent l’ange demeurent jeunes et beaux, certes, mais en enfer.

Il ne reste plus qu’à apprécier l’enfer. Sara dit qu’après lecture de Dante, le lieu ne lui semble pas si désagréable que le paradis et le purgatoire. Peut-être. Mais l’enfer d’Esther, à peine décrit, juste ébauché, ne me donnait pas envie.



Esther Mar a prit des libertés. Elle a renommé John Peshran-Boor (alias Jean-Pierre Bret) Saturne, et Venexiana Atlantica, morte, a donné son visage à l’Ange du Mal. 



Un symbolisme inquiétant entoure l’Europe, personnifiée par le personnage de Mavra (créée par Sara, reprise par Iris Ducorps, puis Antonio Zamora, puis par les auteurs du blog des personnages de VillaBar).



Bref,  la dernière auberge, sixième roman photo villabarien, est un monde de symboles qui tranche avec l’univers joyeux et léger d’Antonio Zamora (cinquième VillaBar, Le Chevalier de l’Amour) sans trancher avec VillaBar. 

 

(2008)

 

mardi, 19 mai 2009

Les étoiles parachèvent

 

Un film de VillaBar

 

Je poursuis une étoile aux quatre coins du monde

Tout au long de ma vie j’ai connu plein d’étoiles

Des étoiles filantes, étoiles vagabondes

Qui m’ont toujours quittée, et m’ont toujours fait mal.

 

Je recherche l’étoile insoumise et fidèle

Qui voudra me guider vers une belle mort

Puisqu’au bout de la vie le néant nous rappelle,

Ne pas perdre de temps, ne pas perdre le nord.

 

Je poursuis une étoile et quand j’en vois briller

Je m’approche éblouie mais l’étoile me brûle

J’insiste et quand je tends les bras pour l’attraper

Les poussières s’effeuillent et son éclat s’annule.

 

Je déambule seule et rêve d’une étoile

Qui me montre ma route une route nouvelle

Loin des routes construites aux panneaux qui signalent

Je veux tracer ma voie à l’ombre du réel.

 

Mais les étoiles hélas sont très loin dans le ciel,

Et celles que l’on voit n ‘existent déjà plus

Seule je dois franchir les broussailles cruelles

A l’écart des humains retors et convaincus.

 

J’aurais voulu trouver l’étoile de mes rêves,

Et je l’aurais suivie sans la quitter du cœur

Mais les étoiles hélas dans les cieux parachèvent

Leur songe sage et grave au large des malheurs.

 

 

paroles d'édith de cornulier lucinière

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