mardi, 17 novembre 2009
L'amour en trois volets
"le bonheur ne saurait se trouver qu'aux deux pôles des
relations humaines, - là où les mots n'existent pas encore et là où
ils n'existent plus - dans le regard et dans l'étreinte. Là seulement
se situent l'inconditionnel, la liberté, le mystère, l'élan
irrépressible"
Thomas Mann
I
Lutte contre le soliloque mental perpetuel
la vie intellectuelle polémique est comme une tentation du démon. Elle veut nous détourner de la bonne bouffe, des relations agréables avec les humains, les chats et les chiens qui nous entourent, des étoiles qui scintillent à l’écart des villes et de la construction d’une belle oeuvre suivie au long cours. Elle brandit de séduisants hameçons auxquels il est difficile de ne pas prendre et la plupart de ces hameçons sont pourvus de vers pêchés dans l’actualité.
Ne plus penser, etouffer la profusion de mots afin que surgisse le silence. Les mots qui coulent dans la tête toute la journée, pollution mentale, nous tue. Le mental est pollution, il devrait se taire la plupart du temps.
II
noyade et délivrance
(écoutez La voix vibrante de Loreena Mc Kennit)
L’homme écoutait sans cesse la voix de l’Irlandaise chanter “tango to Evora”. Il sombrait dans la folie de se noyer dans une voix inconnue et cela rappelait la bande dessinée pour les enfants, en deux volumes : Marion Duval et La voix d'Elisa Beauchant ; Athaque à Ithaque (un autre homme y sombre pour une autre voix).
La voix faisait taire tout ce qui parle et pense et laissait monter les sensations. la voix était sensation, et se fondre en elle, c’était retrouver le chemin de la petite enfance, l’époque de l’observation des fourmis loin des autres enfants, et surtout, loin des grands. Quand le temps et l’argent n’avaient pas encore mangé le rêve de la vie.
III
L'amour, la fumée
...et c'est ce que nous recherchons, tous, dans l'amour. Nous voulons nous noyer dans un être plus beau et plus grand que les autres. Nous voulons oublier les détails qui tuent. Nous cherchons à broyer nos biles pour entrer dans la lumière, la belle lumière du monde incréé.
... et c'est ce que nous recherchons, tous, dans l'amour : la fumée des premiers jours.
XY, alias José Vengeance Dos Guerreros
18:35 Publié dans Errances du coeur, José Vengeance Dos Guerreros | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : josé vengeance dos guerreros, amour, marion duval, yvan pommeaux, fumée, soliloque
mardi, 18 août 2009
Requiem pour la liberté
Il est une question qui ouvre des abymes. Pourquoi attachons-nous les bêtes ?
Ma première abysse : le souvenir d’un prisonnier américain, vu sur la télévision d’un voisin, enchaîné, comme dans les bandes dessinées de Lucky Luke. Le pénitencier dans lequel il vivait emmenait ces hommes, pour la plupart noirs, travailler dans les carrières ou d’autres types de grands travaux.
Il racontait à la caméra : « Chez moi il y avait un chien qui était attaché à une chaîne devant la maison. J’ai écrit à ma famille pour leur dire de détacher le chien. C’est trop horrible d’être enchaîné ».
Pourquoi laissons-nous les chiens sous la table lorsque nous mangeons tous ensemble un festin ? Les grondant lorsqu’ils tentent de participer.
Parce qu’ils sont sales ?
On l’a dit de beaucoup d’humains qu’ils étaient sales aussi – trop sales pour toucher ce que nous touchions.
Parce qu’ils ne comprennent rien ?
Pour cela on gardait les enfants et les Indiens loin des endroits de fête et de décision.
Parce qu’ils ne ressentent rien ?
Certes, ils ne ressentent pas plus que ces bébés qu’on opérait sans anesthésie, pensant qu’ils ne ressentaient pas la douleur.
Lorsqu’on parle des sentiments, de la conscience, de la propreté, de la profondeur des autres, parle-t-on d’autre chose que de soi ?
Je sais que mon chien ressent parce que je sais ce que c’est que de ressentir.
Je sais que mon chien aime parce que j’ai aimé.
Je sais que mon chien jalouse parce que j’ai jalousé.
Je sais que mon chien a sa dignité parce que j’ai le sens de ma dignité.
Je sais que le cochon aussi. Et le bouc. Et le mouton. Et l’éléphant. Et le rat.
Et le poisson ? Je ne sais pas.
Je n’ai pas d’écailles, pas de nageoires… je suis modelée par mes vertèbres alors je sais que je ne sais pas.
Que ressentent donc ceux qui ne voient pas autrui ressentir ?
Il semble que chaque être doit être à sa place pour la tranquillité d’esprit de Monsieur et Madame : le chien sous la table, la chèvre à l’autre bout du champ, l’enfant en bout de table, etc.
Or, on voit mal de quelle morale, de quelle nature, se dégagerait une place « normale », naturelle des êtres vivants…
Cette histoire de places m’interpelle. Deux sujets font tressaillir les gens, du fond de leurs tripes : ce qu’ils dénoncent comme la « confusion des genres » et « l’anthropomorphisme ».
Or, on pourrait leur rétorquer qu’eux, font du racisme du genre et de l’anthropocentrisme. Ces batailles de mots ne devraient pas oblitérer les vraies questions : pourquoi sommes-nous affolés de l’intérieur lorsqu’on « change la place » des hommes et des femmes, des humains et des bêtes ?
José Vengeance Dos Guerreros
16:49 Publié dans ANIMA L, José Vengeance Dos Guerreros | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : animalité, antispécisme, liberté, esclavage, prisons




