samedi, 21 novembre 2009
Canada Valentina
Valentine morning se souvient de son enfance montréalaise dans cet enregistrement à la radio bordure de 2062. La nièce d'Edith Morning y raconte sa vie montréalaise après la mort de ses parents, chez sa tante qui les avait recueilli, elle et ses frères. Elle chante ensuite la chanson que leur mère bordure leur chantait pour les endormir, en leur parlant de son lointain pays.
Nous remercions l'institut de conservation des archives radiophoniques de Bordurie de nous permettre cette (rare) retransmission.
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mardi, 17 novembre 2009
L'amour en trois volets
"le bonheur ne saurait se trouver qu'aux deux pôles des
relations humaines, - là où les mots n'existent pas encore et là où
ils n'existent plus - dans le regard et dans l'étreinte. Là seulement
se situent l'inconditionnel, la liberté, le mystère, l'élan
irrépressible"
Thomas Mann
I
Lutte contre le soliloque mental perpetuel
la vie intellectuelle polémique est comme une tentation du démon. Elle veut nous détourner de la bonne bouffe, des relations agréables avec les humains, les chats et les chiens qui nous entourent, des étoiles qui scintillent à l’écart des villes et de la construction d’une belle oeuvre suivie au long cours. Elle brandit de séduisants hameçons auxquels il est difficile de ne pas prendre et la plupart de ces hameçons sont pourvus de vers pêchés dans l’actualité.
Ne plus penser, etouffer la profusion de mots afin que surgisse le silence. Les mots qui coulent dans la tête toute la journée, pollution mentale, nous tue. Le mental est pollution, il devrait se taire la plupart du temps.
II
noyade et délivrance
(écoutez La voix vibrante de Loreena Mc Kennit)
L’homme écoutait sans cesse la voix de l’Irlandaise chanter “tango to Evora”. Il sombrait dans la folie de se noyer dans une voix inconnue et cela rappelait la bande dessinée pour les enfants, en deux volumes : Marion Duval et La voix d'Elisa Beauchant ; Athaque à Ithaque (un autre homme y sombre pour une autre voix).
La voix faisait taire tout ce qui parle et pense et laissait monter les sensations. la voix était sensation, et se fondre en elle, c’était retrouver le chemin de la petite enfance, l’époque de l’observation des fourmis loin des autres enfants, et surtout, loin des grands. Quand le temps et l’argent n’avaient pas encore mangé le rêve de la vie.
III
L'amour, la fumée
...et c'est ce que nous recherchons, tous, dans l'amour. Nous voulons nous noyer dans un être plus beau et plus grand que les autres. Nous voulons oublier les détails qui tuent. Nous cherchons à broyer nos biles pour entrer dans la lumière, la belle lumière du monde incréé.
... et c'est ce que nous recherchons, tous, dans l'amour : la fumée des premiers jours.
XY, alias José Vengeance Dos Guerreros
18:35 Publié dans Errances du coeur, José Vengeance Dos Guerreros | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : josé vengeance dos guerreros, amour, marion duval, yvan pommeaux, fumée, soliloque
lundi, 16 novembre 2009
Effigies
Par Marin Dupondt-M
A ma soeur bleue marine
Je t’aime, je te quitte, ta guitare m’a trahi en chantant ce sommeil qui nous tint à l’écart, qui nous tint éloignés l’un de l’autre, l’un de l’autre, trop de temps.
Je viens, tu repars, et les drogues qu’on achète n’éssuient plus ce chaos, ce chaos qui oppresse, qui opprime nos poitrines en roulant sur les bords des instants.
Toi, tu regardes dans la brise nos écarts et les chiens te comprennent, et les chiens te soutiennent et je reste, bien trop seul bien trop cuit, bien trop noir pour tes chants.
Rire, dans le ciel, pleurer, dans les vagues, crier dans le drame des corps qui cherchent l’éclaboussure de joie, et c’est toi, ma tendresse qui disais, qui disait il fait froid, il fait faim, prends moi dans tes bras. Et c’est toi, ma tendresse, qui disais, qui disait il fait froid, il fait faim, prends-moi dans tes bras.
Marin Dupondt
22:05 Publié dans Errances du coeur, Marin Dupondt | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : marin dupondt, villabar, rupture, chiens
mardi, 10 novembre 2009
Rémy de Gourmont à propos du célibat
| phot Sara
On s'est efforcé, depuis une centaine d'années, d'identifier deux états qui n'ont pourtant que peu de rapports ensemble, l'état d'amour et l'état de mariage. C'est tout à fait nouveau dans l'histoire des mœurs. Les anciens n'y avaient jamais songé ; les modernes, non plus. Il a fallu, pour permettre une telle association d'idées, la renaissance chrétienne qui a caractérisé ce siècle fameux par ses incohérences. Cela permet de parodier quelque peu le dire de Pascal sur la justice et sur la force. Les moralistes, ne pouvant vaincre l'amour ni faire qu'il devînt chrétien, l'ont mis dans le mariage où ils étaient sûrs de le déshonorer et même de l'assassiner. Certes, il serait plus commode et peut-être plus agréable même de trouver l'amour dans le mariage plutôt que d'aller le chercher au hasard des chemins de la vie, mais s'il s'y rencontre quelquefois il n'y fait que de brèves stations pour laisser ensuite fort désemparés ceux qui se sont laissé prendre à un tel piège. L'amour est passager et le mariage est permanent. Ce sentiment et cette institution sont à peu près contradictoires. D'ailleurs l'amour n'est délicieux que dans ses commencements, ou bien il faut avoir le génie d'aimer pour en renouveler constamment la ferveur. Des amants parfois prennent en eux cette volonté, ils reçoivent cette grâce, à force de la désirer, mais les époux, confiants dans leur sécurité, croient d'abord qu'elle est une des conséquences du mariage et sont fort étonnés de voir qu'elle leur échappe. Ils s'ennuient, l'un en face de l'autre, à regarder des yeux qui ne parlent plus, des bouches sans baisers. L'amour ne dure pas, il se renouvelle. Or, le mariage s'oppose à ce renouvellement. Donc l'amour et le mariage sont incompatibles. Le mariage a d'autres buts et d'autres mérites.
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10:48 Publié dans Errances du coeur, Fragments | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rémy de gourmont, célibat, mariage, amour
samedi, 07 novembre 2009
Les pierres peuvent-elles aimer ?
Dans mes bras j’aurais voulu qu’il se passe autre chose. Dans tes bras j’aurais voulu qu’il se passe quelque chose. J’ai erré seul trop longtemps, peut-être, pour être capable aujourd’hui de vivre autre chose qu’une rencontre fantômatique, trop réelle sur le plan corporel, trop irréelle sur celui du coeur. Mais nous sommes la somme des aléas de nos vies de bêtes de somme et tu es une fleur rouge et belle et blessée comme les femmes qui tiennent debout sans rire et sans pleurer, dans leurs bureaux, leurs métros et leurs maisons qu’elles tiennent au bout de leurs deux bras tendus tels des troncs d’arbre mort.
Dans mes bras j’avais des projets qui n’ont pas eu lieu. Dans tes bras, j’aurais voulu des découvertes que je n’ai pas trouvé. J’ai fermé les serrures trop fort peut-être, de ces endroits de moi où l’enfance avait enfoncé des pieux. Car la jeunesse, deuxième brillance parfois de la vie, a ses fulgurances et ses espoirs, mais elle ne répare pas ce qui eu lieu de prime abord, quand on était trop petit pour décider et pour penser trop loin des grands.
Alors laissons-là notre histoire perdue. L’amour est trop grand pour nos vies ? Celui que nous voulions vivre à deux en tout cas est trop loin de la route où l’on s’est rencontrés. Requiescat in pace. Requiescat.
Et ta question initiale me revient chargé d’un sens plus lours qu’avant : peut-on aimer les pierres ? Est-ce que les pierres aiment ?
David Nathanaël Steene
15:22 Publié dans Errances du coeur, The Steene Siblings | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : zoo, david nathanaël steene, pierres, chagrin d'amour
vendredi, 06 novembre 2009
amour fantôme de Nadège
Toi dont j’ai vu le visage un jour dans la foule je t’aime depuis, malgré que j’avais baissé les yeux, de peur et de trouble, je te réinvente au fil des jours et j’imagine cette voix qui doit parler quelque part et que je n’ai jamais entendu. T’appelais-tu Karel Hactetsky, comme je l’avais cru deviner ? étais-tu pianiste et franco-slovaque ? Avais-tu connu le train Paris-Belgrade à l’époque où les rails n’avaient pas été refaits ? Ces questions n’ont, au fond, aucune importance. Ce qui compte, c’est que tu reviens me voir dès que je t’appelle, toujours le même, chaque fois différent, et qu’ainsi ton visage, sans que tu le saches, a changé le cours de ma vie. Merci à toi, l’inconnu de l’aéroport de Bâle. Sois heureux dans tes sphères, où et qui que tu sois.
Nadège Steene
15:19 Publié dans Errances du coeur, The Steene Siblings | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nadège steene, poitou-charentes, paris-belgrade, amour fantôme
samedi, 31 octobre 2009
La nuit, la guerre

AlmaSoror se désespère quelque fois. Comme lorsque deux personnes qu’elle aime et qui la nourrissent commencent à se haïr. Siobhan et Katharina vous vous déchirez mais nous vous aimons toutes les deux. L’une d’entre vous est belle d’une étrange façon ; l’autre est belle d’une manière bizarre. Etrange Siobhan qui s’envole et ne redescend jamais vraiment des hauteurs où elle flotte sans pesanteur et sans apesanteur, juste entre les lignes invisibles du ciel. Katharina bizarre qui défend des trucs indéfendables et réessaie toujours de devenir autre chose alors qu’on s’était habitué à ce qu’elle venait de devenir.
Et que dire de vos coeurs ? L’une d’entre vous est celle à qui l’on n’ose rien dire parce qu’on ne sait pas ce qu’elle pense. L’autre est celle qu’on appelle à n’importe quelle heure du jour où de la nuit, sans songer au décalage horaire, parce que Paris et Buenos Aires bruissent la nuit et s’aiment depuis longtemps, parce que Insomniapolis est le seul lieu où l’on vit vraiment, parce que les voix n’ont pas besoin d’avion. Siobha, sache que tu es glaciale et attachante. Katharina, insupportable et hilarante, sache que tu sauves quand tu ne raccroches pas pendant trois heures.
Et que dire de vos corps ? L’une d’entre vous est celle qui est noyée sous les pullovers d’un grand frère imaginaire, achetés dans un magasin pour les sportifs adolescents. L’autre est celle qui marche tout en haut, loin de nous, portée par les hauts talons aiguille qui font clac clac et qui respire le rouge à lèvres et le parfum des temps perdus. Siobhan, on devine sous les longs morceaux de toile et de laine que tu as des jambes et des bras et qu’ils sont très blancs. Des tâches de rousseur doivent faire écho aux reflets qu’on voit dans tes cheveux quand tu te penches au bord de la cheminée. J’ai peur que tu aies des cicatrices à cause des chutes lors de tes décollages et atterrissages et à cause de ton bricolage chez toi. Katharina, quel fragrance ce soir ? Tu marches et deux, quatre, sept, dix hommes emboitent le pas pour obtenir un sourire et une prolongation chez toi. Mais tu es habituée et tu marches (clac-clac) et tes bas résille reluisent dans la nuit tandis que ton buste se fait parfois statue parfois roseau et que tu parles avec ta voix de fumeuse à mi temps.
Et que dire de vos vies ? L’une d’entre vous disparait souvent dans sa ville malade où personne ne veut aller et là on devine des magasins où elle achète la base et des grandes promenades solitaires, des copains dont elle ne parle jamais et la même vue, le matin, sur les toits et les champs au loin, en buvant un café trop chaud dans la tasse d’hier. L’autre vit là bas et fait rêver à force d’être si belle, si classe, si loin et si chaleureuse, toujours entourée de monde, d’un monde qui papillonne et qui change et qui importe peu, c’est le décor, or seul le décoeur compte. Le décor des corps tourbillonne et le décoeur du coeur s’alimente de petites excursions dans les rares régions de la vraie amitié. Siobhan, un jour je prendrai le train pour venir voir cette ville “sans rien” que tu décris et qui te fais rire, je boirai dans ta tasse et tu m’apprendras à voler comme les oiseaux, enfin. Katharina, je sais que j’ai promis mais je déteste tant prendre l’avion. Et l’argent ne coule pas à flots, contrairement au vin rouge que tu aimais. Et l’Amérique du Sud m’a laissé des morsures que le sel creuse trop. Mais j’ai promis et un jour je viendrai hanter la calle San Juan d’où tu m’écris des choses parfois gentilles, parfois cruelles, et j’irai prier pour ta conversion à la figure du Christ dans l’église qui t’a vu passer tant de fois en hauts talons et avec des hommes toujours différents, toujours avec le même genre de barbe, toujours tellement inexistents à tes côtés.
AlmaSoror se désespère quelque fois, quand elle se rend compte que ses soeurs nourricières se sont déclarées la guerre. Mais son amour est incorruptible. Ce n’est pas la neutralité suisse, c’est l’incendie intégral pour chacune.
16:44 Publié dans Errances du coeur, Hommages, Katharina Flunch-Barrows, Rédac Chef, Siobhan H | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : katharina flunch-barrows, buenos aires, dunkerque, almasoror, siobhan hollow, guerre
mercredi, 28 octobre 2009
Il fallait. Sur un air de Radiohead
Il fallait.
C'est la phrase que tu as dit lorsque nous l'avons découvert dans cet état.
Et c'est la phrase qui accompagne mes insomnies, depuis.
Il fallait.
Il fallait que la chanson Exit Music enveloppe tout l'immeuble cet après-midi là.
Il fallait que tes mains soient gantées ; il fallait que mes épaules se recroquevillent de froid.
Il fallait que la douche soit grise, il fallait que l'hiver soit dur, il fallait que le vent souffle trop vite sur nos vies.
Il fallait que la voix de cet anglais décadent ait bercé nos amours et nos gestes, il fallait qu'elle accompagne aussi ce moment là.
Et dans son appartement où tout traînait sens dessus dessous, la fin de la chanson nous parlait trop durement.
Mais je l'aimais, et j'espérais qu'elle nous avait aimés.
Edith de CL
13:20 Publié dans Errances du coeur, Horizons funèbres | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : angoulême, radiohead
mardi, 27 octobre 2009
Amour trop triste
Tu sais, je n’écris plus jamais de lettres d’amour. C’est trop triste. Nos coeurs battent et crèvent d’aimer et d’être aimer et plus jamais nous ne pouvons croire en vrai à une histoire belle quand nous avons connu la brisure de l’âme. Alors ne m’en veuilles pas si je ne sais pas bien quoi te dire. J’aime que nous soyions proches et que nous soyions ensemble même lorsque nous sommes loin. J’aime l’idée que cela pourrait continuer encore longtemps. J’ai peur quelquefois d’être tout seul au moment de ma mort. Il n’y aurait personne autour et plus tard mon corps ne serait qu’une histoire anonyme et hygiéniste pour ceux qui le retrouveraient. On se dirait alors que c’est bien triste, mais ce qui est triste c’est surtout et plutôt cet amas d’histoires avortées. J’avais lu ce livre d’un libertarien américain, how to disappear completely and never be found, et j’avais pensé à tous ces abandonnés aux peines immenses et béantes à jamais. Moi, je ne disparaitrai jamais sans rien dire. C’est la seule chose que je peux te promettre. Pour le reste, je suis désolé.
Et toi tu veux faire comme dans ce film de Pedro Almodovar, La Ley del deseo - la loi du désir : tu veux écrire une lettre d’amour parfaite et me l’envoyer pour que je la signe et te l’envoie. Et ça te faire rire jaune et ça me fait rire noir et tout est blanc autour de nous. Nous n’avons pas les mêmes histoires passées : nous n’avons pas d’autre solution que d’essayer de partager ce temps qui nous est offert en tâchant de nous comprendre et de nous pardonner.
David Nathanaël Steene
15:06 Publié dans Errances du coeur, Horizons funèbres, The Steene Siblings | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
lundi, 26 octobre 2009
Lettre de mon fils Hugues, XXIX septembre MMIX
Chère maman-édith je t’écris une autre lettre. Quand je saurai très bien écrire de la main gauche est-ce que tu liras toujours mes lettres ? Arrête d’essayer que les autres te fassent monter sur leur moto car tu fais très bien aussi de la moto, tu pourras m’emmener sur ta moto. T’inquiète pour ton film et tes amis, tu les fais pour moi d’abord ensuite je les prête quand je veux. Tu vas quelquefois danser et faire la fête. Pour avoir des amis il faut lire des livres très vieux et regarder des très vieilles photos. J’aime bien mes cheveux, pour être heureux j’ai besoin que tu m’écoutes tout le temps sauf quand je joue. J’aimerais bien avoir des petites voitures et aussi un grand camion. Tu peux me prendre en photo même si tu ne me vois pas. J’ai des amis qui vont t’aider pour l’argent et pour faire tes dessins. Tu peux aussi faire beaucoup de bulles.
On va s’amuser. La mort on s’en fiche parce que c’est les autres qui meurent souvent, si c’est nous je te donnerai la main. Je t’aime, je vais t’aider à soigner maman et je vais te faire plein de baisers dans tes bras tout à l’heure,
HUGUES
15:10 Publié dans édith de cornulier, Errances du coeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sara, hugues de cl, lettres d'un fils












