vendredi, 30 octobre 2009

Les commentaires de Tieri sur le Blog AlmaSoror

 

musique : édith de CL

piano : Luke Gohst

Photo : Sara pour VillaBar

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podcast

 

mardi, 27 octobre 2009

Requiem La RSA/requiem vendéen

 

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podcast

Musique d'édith de CL

Photo de Sara

 

Vous écoutez une démo de l'introït du Requiem La RSA (vendéen). 

 

Le requiem La RSA (ou requiem vendéen) est brut, et c’est exprès.

C’est comme de la psalmodie très ancienne. On n’a pas encore développé l’art des mélismes, ces syllabes qui, comme la feuille d’automne, tourbillonnent en ondes avant de toucher le sol. Mais l’air est là, il est clair et facile. Le rythme ne passe pas par l’intellect. Un cousin, un fils non musicien peuvent le chanter. 

Quant aux paroles, qu’en dire ? Celles de la traditionnelle missa pro defunctis sont intemporelles, comme la vie, comme la mort, comme la foi. Il y a aussi l’ave maris stella, éclos au moyen-âge. La consécration à la Vierge de Saint Louis Marie Grignon de Montfort. Et une belle prière du Frère Christian de Chergé, de Tibhirine. 

 

lundi, 26 octobre 2009

Lettre de mon fils Hugues, XXIX septembre MMIX

 

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phot Sara

 


podcast

Chère maman-édith je t’écris une autre lettre. Quand je saurai très bien écrire de la main gauche est-ce que tu liras toujours mes lettres ? Arrête d’essayer que les autres te fassent monter sur leur moto car tu fais très bien aussi de la moto, tu pourras m’emmener sur ta moto. T’inquiète pour ton film et tes amis, tu les fais pour moi d’abord ensuite je les prête quand je veux. Tu vas quelquefois danser et faire la fête. Pour avoir des amis il faut lire des livres très vieux et regarder des très vieilles photos. J’aime bien mes cheveux, pour être heureux j’ai besoin que tu m’écoutes tout le temps sauf quand je joue. J’aimerais bien avoir des petites voitures et aussi un grand camion. Tu peux me prendre en photo même si tu ne me vois pas. J’ai des amis qui vont t’aider pour l’argent et pour faire tes dessins. Tu peux aussi faire beaucoup de bulles.
On va s’amuser. La mort on s’en fiche parce que c’est les autres qui meurent souvent, si c’est nous je te donnerai la main. Je t’aime, je vais t’aider à soigner maman et je vais te faire plein de baisers dans tes bras tout à l’heure,

HUGUES

 

 

jeudi, 22 octobre 2009

Réponse à Katharina

 

 

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Katharina chérie, c’est parce que ça fait quelques semaines que les effets de mes soirs d’exil intérieur de ces longs derniers mois se font sentir : j’écoute Exit Music (Radiohead), Into my arms et Weeping song (Nick Cave & the Bad Seeds), et je danse. Alors que la journée, en général, j’ai écouté les disques de l’année liturgique en chant grégorien, enregistrés par la schola Bellarmina de l’abbé Lorber. 
 

Au début, je ne sentais pas les effets. Peu à peu, j’ai compris que mon inconscient libérait des blocs de béton qui étaient enfermés là depuis trop longtemps. Ils ont coulé et sont redevenus sable et se sont écoulés partout, notamment sur ce blog que je te remercie de suivre assidûment. 
 

Et il y a eu ce pouilly fumé lors des déjeuners de la SGDL, à l’hôtel de Massa. Et il y a eu ces souvenirs réémergés au cours d’une danse avec quatre inconnus dans au fond d’un hôtel du quartier Saint Roch, à Paris. Et tout cela fait exploser les barrières dont j’ignorais l’existence, et toi même j’aurais tellement de choses à te dire. Mais ce sera quand tu reviendras. Depuis quand ne nous sommes-nous pas serrées dans les bras ? Tu m’as soutenue, défendue, aidée et aimée dans un moment où j’avais justement besoin de cela, et je ne l’oublierai jamais.
Pour toi Katharina, mille baisers de cette nuit parisienne qui commence et que je vais peut-être passer à Insomniapolis.
Merci et tendrement,

édith 

 

mercredi, 21 octobre 2009

Lettre de mon fils Hugues, XX septembre MMIX

 

 

 

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Siobhan par Nan Goldin

 

podcast

 

Très chère grande maman Edith, ça me fait plaisir quand tu joues du ballon avec moi et quand tu chantes des chansons inventées et quand tu parles comme les enfants et quand tu m’emmènes en voyage et j’aimerais faire de la moto, c’est pas grave si tu habites avec maman car tu es une grande quand même. 

Tu protèges bien Agnès et Sam et tu les fais rire. N’aies pas peur des policiers, ne vas plus à l’école, ne deviens pas prof, tu sais bien jouer de la guitare, j’aime beaucoup le ciel, la campagne, la mer et jouer à l’avion. 
 

Ecris encore des histoires qui font rêver et donnent envie de vivre. N’aies pas peur de l’argent car on en aura plein, écoute quelquefois les bruits du monde, tu joues avec les fleurs et les plantes. Papa ira bien sans toi, il t’appellera si il ou tu as besoin. 
 

J’aime beaucoup tes cheveux, tes oreilles vont être délivrées par les soupirs. 
 

La messe, l’église sont gentilles. 
 

Je t’aime, t’inquiète le petit garçon de papa est mon copain, il est content en vrai et moi aussi, je t’aime et vais rester toujours avec toi.
 

Je t’admire et toi aussi tu m’aimes,
 

HUGUES 

 

vendredi, 16 octobre 2009

Kyrie Eleison du Requiem La RSA (requiem vendéen)

 

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Musique : édith de CL
Photo : Sara

Vous écoutez une démo du Kyrie du requiem La RSA (vendéen).

 

Le requiem La RSA (ou requiem vendéen) est brut, et c’est exprès.

C’est comme de la psalmodie très ancienne. On n’a pas encore développé l’art des mélismes, ces syllabes qui, comme la feuille d’automne, tourbillonnent en ondes avant de toucher le sol. Mais l’air est là, il est clair et facile. Le rythme ne passe pas par l’intellect. Un cousin, un fils non musicien peuvent le chanter. 

Quant aux paroles, qu’en dire ? Celles de la traditionnelle missa pro defunctis sont intemporelles, comme la vie, comme la mort, comme la foi. Il y a aussi l’ave maris stella, éclos au moyen-âge. La consécration à la Vierge de Saint Louis Marie Grignon de Montfort. Et une belle prière du Frère Christian de Chergé, de Tibhirine. 

 

 

mardi, 13 octobre 2009

Sens et mystique des sens - Episode 9

Une histoire de l’art euro-américain de la décennie 2030.

 

Episode 9

Sens et mystique des sens a été publié en feuilleton de 44 épisodes l'été 2009, par le Newropeans Magazine.

 

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Deuxième partie

Les univers croisés de la musique, du cinéma et de la danse

 

« Les utopies de papier restent possibles si le chant préhistorique continue d’escorter ».

Tieri Briet

 

 

Les amis des étoiles et la cristallisation

 

« Mes amis sont venus des étoiles. Ils dansent d’une façon que tu ne comprends pas. Ils marchent avec des jambes qui ne se ressemblent pas. Leur visage est douceur ; leur amour est impalpable. Tu l’as su, tu le sais : je partirai avec eux ». 

Sur cette sublime déclaration s’ouvre le film Dying Cinema, de Jürgen Chêne. Les images de corridors bleus et de l’escalator défilent sur ces mots prononcés par la voix d’Anne-Claire Legendre, à l’époque diplomate du Quai d’Orsay et amante du cinéaste. Puis le visage de l’acteur Florian Guy, balafré sur la joue gauche, apparaît. Il joue un homme qui fut autrefois une femme et qui voit son amour partir avec des êtres longs et lointains, venus d’ailleurs dans le vaisseau fantôme. Cette scène ne s’effacera jamais de la culture humaine : c’est impossible. Nous ne pouvons oublier une telle splendeur. 

Cette splendeur : est-elle due au texte dit ? Non. Le texte est beau ; il est toutefois mortel, en lui-même. Est-elle due aux images, au mouvement du film ? Certes, l’image est magnifique. Mais elle est mortelle. A l’atmosphère ? L’atmosphère est émouvante, merveilleuse. Mais ce n’est pas cela. A quoi est-elle due ? 

A la création, c'est-à-dire à la cristallisation de tous ces éléments et de tous ceux qu’ils suggèrent et que l’on ne voit pas : toutes les images, tous les mots, tous les songes que cette image fait instantanément naître dans l’esprit et la chair du spectateur, et dont il ne témoignera jamais à personne. L’œuvre jette des chaos et des symphonies dans les êtres qui y accèdent, chaos et symphonies qui vont faire partie de l’être humain et le modifier profondément, pour toujours. Dying Cinema nous a tous profondément marqués. Et ce film continuera à s’immiscer dans la vie intérieure de chaque individu et dans la vie collective de la communauté, parce qu’il y a eu cristallisation. 

Voilà pourquoi tant de gens sont des grands artistes, mais Jürgen Chêne est, lui, divin. 

 

Sa critique des hommes vieillissants qui sortent avec des jeunes femmes et des jeunes femmes fraîches qui sortent avec des hommes vieillissants a choqué, mais elle demeure d’actualité dans une certaine mesure, bien que de vieillissantes femmes riches et des jeunes garçons sans le sou aient fait le pendant, et que les histoires homosexuelles de ce type, pygmalion-pygmalié, sont également fréquentes. Mais au-delà de cette critique factuelle de ceux qui n’acceptent pas la vieillesse et de la confusion entre amour et pouvoir, le film est une véritable hymne à la figure mariale. La Vierge y est, en effet, magnifiée par l’utilisation de filtres de couleur bleus et verts sur les images où elle apparaît. 

Le film fit fureur. Il commence aujourd’hui à être étudié dans les écoles, ce qui évidemment lui fait perdre de sa force de rébellion. Mais n’est-ce pas ce qui est arrivé au chantre de l’école buissonnière Arthur Rimbaud ? 

 

A suivre...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

jeudi, 08 octobre 2009

Sens et mystique des sens - Episode 8

 

Sens et mystique des sens a été publié en feuilleton de 44 épisodes l'été 2009, par le Newropeans Magazine

Une histoire de l’art euro-américain de la décennie 2030.

Episode 8

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La résurgence du catholicisme et du monachisme et leur implication dans l’évolution de l’art du XXIème siècle n’est un mystère pour personne. 

Les manuels énoncent bizarrement que la résurgence du monachisme a mis en avant le grégorien. On comprend aisément ceux qui pensent ainsi. Mais ils déduisent cérébralement et font fi de la réalité historique. Le fait est que depuis le XIXème siècle, le chant grégorien montait comme une bête rampante, sans se faire trop remarquer, presque en marge du catholicisme, touchant tout aussi bien les musiciens et mélomanes que les fidèles catholiques. C’est la puissance de la musique grégorienne qui a entraîné les gens vers le monachisme. La musique a fait les moines. On a pu voir toute une population athée depuis deux siècles, se passionner pour cette musique et, par la musique, venir à la figure du Christ et à la vie monacale. On peut dire que le peuple des fidèles a donc été entièrement renouvelé, et que les nouveaux fidèles n’étaient au fond pas venus à l’Eglise par l’Eglise, mais entraînaient l’Eglise dans l’Art comme l’art les avaient attirés dans les églises.

 

Monastère de Saint Jean en Ville, 2048.

Je m’en souviens comme si c’était hier. Nous étions attablés, Monk David et moi, dans le jardin des Frères Suiveurs du Prêtre Jean. Il faisait chaud et sec et le vin blanc n’en finissait pas d’essayer de nous désaltérer. Je décrivais à David la beauté du nouveau Paris, qu’il ne connaissait pas : la forêt qui peuple les avenues et les boulevards de la ville, et qui en fait la plus grande cité forestière du monde. Les scooters volants qui volent au dessus des arbres et les vélos et les trottinettes qui roulent sous leur feuillage. 

C’était inimaginable il y a vingt ans, me dit Monk David. 

Je fermais les yeux pour tenter d’apprécier ce qu’il disait. Et c’était vrai. Ce jour là, nous prîmes, le Monk et moi, conscience que l’art avait donné au monde beaucoup plus que l’art. La Renaissance artistique avait fait renaître les forêts, les rivières, les fleuves, les collines et les sous bois. Comment imaginer, il y a vingt ans, que les petits enfants iraient à la nage à l’école dans les eaux de la Seine ? Comment imaginer il y a vingt ans que la plupart des habitations privées de Paris se nicheraient dans les arbres ? Ce fut l’occasion, pour mon compagnon et moi, d’évoquer notre ami défunt Axel Randers et certaine conversation que nous eûmes vingt ans auparavant, quand Monk David n’était encore que Mike Roderick-Dupont, l’acteur godelureau. 

Oui, toutes ces beautés émergées du XXIème siècle prennent leur source dans le renouveau du cinéma, de la littérature, de la danse et de la musique que permit 1930. Dans la cave de Châtillon, les cinq inconnus de 1930, en créant le premier opus de musique beith, ne réinventaient pas seulement la musique. Ils renouvelaient toute notre façon d’être au monde ; ils nous enseignaient qu’être dans le monde, c’est être le monde, et que l’art n’est pas autre chose qu’une nouvelle façon de prier. 

 

A suivre...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

samedi, 03 octobre 2009

Sens et mystique des sens - Episode 7

 

Sens et mystique des sens a été publié en feuilleton de 44 épisodes l'été 2009, par le Newropeans Magazine.

 

Une histoire de l’art euro-américain de la décennie 2030.

Episode 7

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Quand les îles et la langue d’Hawai’i sont devenues la source de création 

C’est Phil Brouckeare qui tombe en dépression nerveuse grave au milieu de l’année 2031. Les témoignages concordent. Citons celui d’Ondine Frager : « On avait dîné chez Phil et il avait bu plus encore que d’habitude. Axel m’a ramenée à la maison sur sa moto. Axel marchait à nouveau, après son cancer du thorax. C’était juste avant que son autre cancer se déclenche et il avait repris la moto et la méditation contrebaroque. Axel me dépose à deux heures du matin au 13 boulevard du Montparnasse, à Paris. A cinq heures, le téléphone me réveille en sursaut : c’était Max – Max Farmsen, qui écrivait pour le petit journal Steene’s Door. Max m’explique que Phil a sauté par la fenêtre et qu’il est à l’hôpital ». Et Ondine Frager de raconter comment elle se précipite à l’hôpital, pour se retrouver au milieu d’un groupe d’amis éplorés : ils avaient interdiction de voir Phil, qui était blessé aux deux jambes, mais peu grièvement – habitant au premier étage il était d’abord tombé sur une voiture avant de glisser sur le trottoir glacé du mois de décembre (on se rappelle que l’hiver de l’année 2031 fut particulièrement froid à Paris). 

Phil Brouckeare guérit vite ses jambes mais sa dépression, elle, n’est jamais vraiment partie. Au cours de périodes de rémission il nous aura offert une œuvre musicale émerveillante. Pour l’heure, coaché par Axel Randers, il découvre les joies et les profondeurs de la méditation contrebaroque. Elle est devenue à la mode, certes, depuis ; mais qui peut se targuer de la pratiquer réellement ?

Issue des techniques de yoga indien et des exercices spirituels de Saint-Ignace de Loyola, impliquant le corps, l’esprit et l’âme, elle est une alternative immensément bénéfique aux médicaments psychiatriques. Parallèlement à cette plongée dans l’univers méditatif contrebaroque, Phil rencontre Keone Kamahamaha Johnson, surfeur hawaiien et grand spécialiste de la langue et de la culture hawaiienne. Keone Kamahamaha Johnson, quand il était un enfant de trois ans, avait été abandonné par sa famille hawaiienne. Ou plutôt, les services sociaux américains l’avaient enlevé de force à sa famille, trop pauvre et trop différente de la psychologie américaine. Des années plus tard, il avait rencontré son grand père, et lui avait promis d’apprendre la langue ancestrale et de la transmettre. Suivit, pour Keone Kamahamaha Johnson qui avait enterré son grand père quelques semaines après l’avoir enfin retrouvé, une longue période d’immersion dans sa culture natale. Il passa d’abord quelques années sur l’île de Niihau, où subsistaient quelques personnes dont le hawaiien était la langue maternelle. Il s’entretenait avec elles plusieurs heures par jour. Il apprit par cœur tous les textes écrits ou dictés en hawaiien et relevés par les ethnologues, linguistes, pasteurs et prêtres qui s’étaient intéressés à cette culture, et par les hawaiiens eux-mêmes. Puis il partit vivre un an dans un bateau, solitaire, au large d’Hawai’i, recueillant des fruits sur des atolls déserts pour manger de la nourriture fraîche. L’objectif de cette année : ne penser qu’en hawaiien. 

Lorsqu’il sortit de cette année de solitude hawaiienne, il parcourut le monde pour transmettre : transmettre la langue hawaiienne, sa culture, les mots, les mythes, les idées, les tournures de phrases… Il ne choisissait pas ses élèves : tout ce qui s’intéressait à Hawaii l’intéressait. Grâce à Keone Kamahamaha Johnson, le hawaiien, qui n’était presque plus rien, est devenue une langue phare de la culture mondiale. 

Quand Phil apprit avec Keone la langue hawaiienne, elle n’était pas à la mode. C’est lui, Phil, qui le premier l’utilisa comme langue d’art. Il créa deux opéras électroniques et quatre messes contrebaroques dans les années 2032-33. Si cette intense créativité fut suivie pour lui d’une dépression nerveuse à nouveau grave, son œuvre eut un effet retentissant sur les artistes et le public mondial. Des millions de gens se mirent à apprendre le hawaiien, des lieux se créèrent dans les villes du monde entier où l’on ne parlait que le hawaiien, ces fameux pu’uhonue où se rassemblaient les « fatigués du travail », les « fatigués du couple », « les fatigués de l’habit », qu’on appela plus tard, sous un terme unifié, les tigués

S’il est presque rebelle aujourd’hui de composer une œuvre musicale, filmique ou littéraire dont les dialogues ou textes principaux ne sont pas en hawaiien, il faut se souvenir qu’il y a trente ans la langue hawaiienne n’était qu’un parler polynésien en voie de disparition. 

Mais si la langue et la culture hawaiienne ont imprégné nos œuvres d’une façon océanique et aérienne, pour reprendre les termes d’Elise R-R, la maestra de la villa Moonsmile, l’autre apport à l’art du XXIème siècle est venu de la résurgence du catholicisme et d’une myriade d’ordres monastiques tombés en désuétude depuis des siècles.

 

A suivre...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

lundi, 28 septembre 2009

Sens et mystique des sens - Episode 6

Sens et mystique des sens a été publié en feuilleton de 44 épisodes l'été 2009, par le Newropeans Magazine

 

 

Une histoire de l’art euro-américain de la décennie 2030.

 

 

Episode 6

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La science s’engouffre après l’art

Je rappelle, bien que ce ne soit pas notre sujet, que l’art encore une fois précéda la science sur ce point. L’idée de traduire les sciences en quechua, sioux, hawaiien, inuktitut, pour déceler les failles de raisonnement dans la langue d’origine, et pour être emportée par ces langues dans d’autres directions éventuellement bonnes, a été à l’origine des plus grandes découvertes scientifiques du XXIème siècle. La vulgarisation par la traduction est ainsi partie inhérente de la recherche scientifique. La réunification de la culture littéraire, technique et scientifique s’est faite grâce aux allers et retours entre les langues extrascientifiques –amérindiennes surtout-, et les langues officielle de la vieille Europe. Ce n’est que comme cela que la science est redevenue un jeu d’enfant. Avant, et cela ne s’était qu’accentué au cours des millénaires, l’invention intellectuelle ne s’adressait qu’à une élite. Les individus de notre société n’ont eu accès à leur haute science que lorsque les langues quechua, sioux, hawaiienne, inuktitut ont exigé un effort de pensée monumental pour une traduction correcte. Nous n’avons compris qu’au milieu du XXIème siècle que l’accès à la science et à la réflexion n’est qu’une question de langage. Il suffit d’avoir les outils – mais quand les outils sont intérieurs leur appréhension est subjective, donc aléatoire. 

Or, ce sont les artistes qui ont recouru les premiers à ces langues, et qui ont montré leur puissance d’évocation et d’enrichissement civilisationnel.  

Je citerai l’énigmatique sentence du génial David Ranch : « Le jour où les phares des voitures deviennent les phrases des voitures, l’analogie se fait langage ». Beaucoup ont fait semblant de comprendre cette phrase ; peu l’ont réellement vécue. 

 

A suivre...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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