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jeudi, 12 octobre 2017

Suite de poèmes répétitifs pour hautbois. Le concerto des pas perdus

Poursuivons donc l'écriture (avec une technique minimaliste ou répétitive) de la suite de douze poèmes répétitifs pour hautbois. 

Il y a quelques jours nous présentions Il était une fois. 

Voici maintenant :

II Le concerto des pas perdus

J’ai perdu un bémol en marchant lentement. Dégage le passage, purée de pois, disperse-toi le vent.

J’ai mangé un fa fade en sortant ce matin de la maison blafarde. Porte grinçante, son émouvant.

J’ai jeté une trille à la brise du temps. Dégage le passage, purée de pois, disperse-toi le vent.

J’ai bu le si des anches en sirotant gaiement. Gorge chuintante, son surprenant.

J’ai vécu trop d’instants sans y penser vraiment. Dégage le passage, purée de pois, disperse-toi le vent.

 

Il n’y a plus d’air à Londres, plus de fête à Paris, plus de danse à Sofia, plus de cloches à Tihany.

Il y a plus d’oubli, dans les villes où le soir s’éternisait jadis.

 

J’ai perdu quelques pas en sifflant tristement. Dégage le passage, purée de pois, disperse-toi le vent.

J’ai vomi un la dièze en entendant mourir un vieil enfant dans l’hôpital du matin. Râle malade, son déchirant.

J’ai lancé la dernière croche à un chien-mendiant. Dégage le passage, purée de pois, disperse-toi le vent.

J’ai pissé le trop-plein d’un concerto baroque. Vidange étrange, cantabile.

J’ai laissé fuir les ans sans vivre ni aimer. Dégage le passage, purée de pois, disperse-toi le vent.

 

Il n’y a plus d’air à Londres, plus de fête à Paris, plus de danse à Sofia, plus de cloches à Tihany.

Il n’y a plus de villes pour chanter les départs des amis.

 

 

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